‹ Spectroscopie biologique (volume 2)Chapitre 36 sur 75 · COLORATIONS DIVERSES · texte numérisé non relu

COLORATIONS DIVERSES

le sang n’était qu’exceptionnellement incolore ; il était le plus souvent rosé, devenant brunâtre à l’air, ayant une teinte dichroïque verdâtre et il n’a jamais apparu bleu franc, mais quelquefois franchement rose vermillon. Chez les langoustes et surtout les homards, le sang est plus ordinairement incolore ou bleuté, suivant le degré d’oxydation, mais il y a quelquefois mélange d’une teinte brune. Chez la squille, la teinte bleue est plus prononcée. Chez les palémons, les crevettes, crangons vulgaires, la galalhée striée, je l’ai trouvée couleur bleue ou brun verdâtre.

Ces variations ne sont pas en relation directe avec la couleur des téguments, car chez le carcinus vulgaire, le sang peut avoir une couleur plus rosée que chez les crabes rouges et en particulier les dromies et les pagures. La raison de ces variations semble actuellement établie; en effet, Regnard et Jolyet avaient bien vu que le sang des crabes renfermait deux matières colorantes diverses, l’une bleue, l’autre rouge. F rédéricq retrouva le pigment rouge chez le homard, et en 1882, Pouchet attribuait encore à ces deux pigments une fonction commune. C’est Halliburton qui a le mieux étudié l’origine et les fonctions de ce pigment, qui doit être considéré

TÉTRONÉR YT H H 1 N K

comme l'analogue de celui qui colore eu rouge les « joues » des faisans el d’autres oiseaux, c’est-à-dire la lélronérvthriue.

La lélranéryt/irine peut être extraite facilement du sang des homards où des langoustes, en précipitant sur un filtre les substances albuminoïdes par l’alcool, qui dissout la matière colorante. Celle-ci, après évaporation, et desséchée, se présente sous forme d’écailles amorphes colorées en rouge. J’ai aussi retrouvé ce pigment, mélangé à l'hémocyanine, dans le résidu de la dialyse du sang de crabes.

La tétronérythrine appartient au groupe des Lipochromes dont elle présente les caractères spectroscopiques.

En effet, ainsi que l’a décrit Halliburton ('), une solution alcoolique concentrée de couleur orangée, rouge foncé, donne un spectre dans lequel la région rouge du spectre est. absorbée jusqu’à la ligne C, tandis que l'extrémité bleue est absorbée à partir de la ligne l’i, ou un peu a droite de celle-ci. Dans une solution plus étendue, on observe au niveau de F une légère bande qui se détache de la plage d’absorption complète du bleu et du violet.

(’) Halliburton, — Blood of cruslacea, p. 3-.>.6.

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