PIGMENT DES APLYSIES
ne doivent pas leur coloration aux phénomènes de dilîraclion. Krulvenberg (*) en a figuré un tableau schématique qui doit être consulté par ceux qui voudraient poursuivre ces études.
. Aplysine. — Le liquide violet desaplysies, ou limaces de mer, représente des caractères très particuliers qui l’éloignent de la plupart des autres pigments des mollusques ; en effet, ce liquide ({ue les aplysies excitées ou effrayées émettent comme moyen de défense, s’éloigne par ses propriétés chimiques et spectroscopiques des pigments respiratoires ou d’origine animale; en somme, ainsi que l’a soutenu Ziegler, le spectre de l’aplysine jirésente avec celui des couleurs d’aniline une grande analogie.
Ce serait un mélange de rouge d’aniline et de violet d’aniline, dont les caractères de l’un ou l’autre des composants dominent suivant l’action des acides ou des alcalins.
De fait, le liquide coloré abandonné dans l’eau de mer à la putréfaction passe par des colorations violette, rouge, grenat, orangé et jaune et donne des spectres très dillerents.
Par exemple, le liquide étant exprimé et dis- ^
(') KRüKEMiKRo. — Griindzüge einer Yergleich ende der phgsiologie der Farb^toff und des Farben, Heidelberg, i88-h
Hesocquk — Speetioscopie biologique, ill 7
SPECTHE DE l’aPLYSINE
sont dans l’alcool puis filtré, il présente, suivant l’ép;iisseiir, un sj)ectre d’absorption pi’esque continu, ne laissant, passer que les rayons rouges ; mais à une épaisseur moindre, on aperçoit un renforcement de l’obscurité au niveau de la raie D des deux cotés, puis au niveau de la raie F et enfin entre 13 et F.
Dans une solution alcoolique diluée, on voit le spectre formé d’une bande large et foncée de F à E s’étendant jusqu’à 55o À ; sous une épaisseur plus faible, on ne distingue plus que deux bandes, l’une plus foncée et plus large au niveau
Fuj. 8.
Spectre ilu pigment île l'aplysie en solution alcooli([ue.
de F de 48o à 5oo \ et l’autre à droite et à gauche de E s’étendant de 5ao à 54o l.
L’oxalate de potasse colore le liquide en orangé et donne un spectre continu de E à F et audelà avec une diminution progressive de l’obscurité de E à I).
Le lluorure de sodium produit une couleur carmin foiîcé avec spectre d’absorption s’éten-
BKACTIONS SI'ECTRO-CHIMIQUES
(lant (lu milieu de l’espace CD à F, avec renforcements à droite et à gauche de D et entre h et F l’espace intermédiaire étant moins obscur.
l..orsqne le liquide exposé à la lumière et à l’air s’est décomposé et a pris une teinte de bière foncée (ou teinte de l’urine rouge jaune de Neubauer), on observe, sous une épaisseur convenable, un spectre bien plus compliqué.
Par exemple, j’ai noté après une macération d’un mois dans l’eau, l’obscurité du spectre de A à D et au-delà, jusqu’à G6o À, une première bande commençant à droite de G s’étendant de 645 à 63o X, une deuxième bande moins foncée au niveau de D de 690 à 670 X et une troisième bande la plus foncée s’étendant de E à F qu’elle déborde en devenant moins obscure, juscju’à 470 X où le spectre n’est plus éteint.
Ces observations ont été faites sur quarante aplysies recueillies soit à Concarneau, soit à Heaulieu-sur-Mer dans la Méditerranée. Elles sont confirmatives à bien des égards de celles de Moselev et de Mac-Munn qui ont observé des aplysies, celui-ci sur la côle ouest de l’Irlande, celui-là aux îles du Cap Vert.
Il semble résulter de ces réactions que le li quide des aplysies est une humeur mixte, mais il n’est pas prouvé que la coloration en soit due