CHAPITRE PREMIER
Sl’KGTKOSCOPIE DE L’UHI.NE. EKODIUNES
I/un'ne pi’éseiitG ù l’état normal une coloration jaune ambrée ou jaune cilron plus ou moins foncée, passant au rouge jaune, variable suivant les diverses heures de l’émission, et dans des conditions pliyslologirpies déterminées; mais sous rinlluence des états pathologicpies ou de l’absorption de certains médicaments, dans les empoisonnements, l’urine offre les colorations les plus variées, c’est pourquoi Vogel, dans son échelle des couleurs de l’urine, a divisé les nuances de coloration de l’iirine en trois groupes. L’urine jaune à laquelle appartiennent les nuances jaune pâle, jaune clair, jaune; l’urine rouge avec les nuances jaune rouge, rouge jaune et rouge ; enfin l’urine brune avec les nuances brun rouge, rouge brun, brun
COLORATION 1)K l’l'HINF.
noir; or, celle échelle est loin de comprendre toutes les teintes telles que la coloralion noire dans la mélanurie, la coloration verdâtre ou brun pâle des urines ictériques, les colorations spéciales dues à certains médicaments, la rhubarbe, le séné, le bois de campêcbe, le café, la térébenthine, le goudron, l’hydroquinone, l’arbutine, la naphtaline, la fuchsine, l’alizarine, le carmin, la santonine. Cette simple énumération montre qu’il y a de nombreux sujets d’observation dans la speclroscopie de l’urine. Je n'y ajouterai pas môme la liste complète de tous les pigments et des matières colorantes que les chimistes ont décrites, et dont la synonymie est fort complexe, mais je me contenterai de résumer les résultats les plus précis qui peuvent intéresser rurologie, au point de vue de la séméiologie prati(|ue, de la pathologie générale, et de la physiologie générale de la nutrition.
11 est difticile d'établir une classilication naturelle des matières colorantes de Turine, cependant, l’on peut distinguer entre elles trois groupes principaux, les pigjuents colorants normaux de Turine, les pigments ayant une origine anormale, et les pigments accidentels dus à l’excrétion par les reins d’une substance colorante ingérée et absorbée dans l'intestin.
CHROMOOKNES
Les pigments anormaux présenttnit une analogie de composition et d’origine avec les pigments normaux de l’iirine et d’autres pigments tels que ceux de la bile et du sang, qui rendent quelquefois indécise la limite entre ces deux groupes. C’est ainsi que l’indogène, l’iirocrvthrine, ont pu être considérés j)endant longtemps comme n’existant pas dans l’état de santé normal, ou bien que l’hématoporpliyrine pigment anormal peut se rencontrer en très petites quantités à l’état normal; l’urobiline normale et les urobilines pathologiques ont été d’abord analysées et dosées sans qu’on les distinguât entre elles comme il est possible de le faire actuellement. Mais il existe dans le mode d’origine des pigments urinaires proprement dits, un caractère commun oilrantune grande importance, c’est-àdire que les pigments urinaires sont jiroduits par des substances cbrornogènes éliminées par les reins. Ces cbrornogènes, qui peuvent d’ailleurs avoir une coloration faible, produisent jiar leur exposition à l’air, par divers réactifs et [irobablement aussi piuidant leur évolution à travers les voies urinaires (les bassinets et la vessie), des pigments particuliers, dont les divers degrés d’oxydation sont l’origine des nombreuses substances colorantes qui ont été décrites par les
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chimistes et dont les propriétés spectroscopiques présentent une analogie très évidente.
Le tableau suivant est un essai de classification répondant à ces considérations :