COLORATIONS ACCIDENTELLES
bile dans le 2® aide-mémoire de Spectroscopie biologique nous dispense d’insisler sur ce sujet.
Les colorations accidentelles de l’urine n’ont pas, à notre connaissance, été l’objet de recherches spectroscopiques, cette lacune devrait être comblée ; j’ai recherché la matière colorante de la santonine dans une urine fortement teintée, en rouge orangé chez un enfant ayant absorbé de ce vermifuge, j’y ai trouvé une bande située en h et F dépassant celle-ci, elle n’est pas caractéristique car elle ressemble à celle de l’urobiline. .Mais elle s’accompagne d’obscurité dans le bleu, l’indigo et le violet, ce qui rapproche ce spectre de celui des urines ictériques.
ClIArMTHE III
SI‘ECTHOSGOPIE DES PRODLITS MÉDIATS
De Blainville a désigné sous ce nom « lesproduils de l’organisme résultant du mélange de substances introduites dans l’économie avec des liquides sortis de celle-ci, mélange dans lequel les substances qui y concourent ont subi des modifications ()arliculières qui en font des esjiéces de produits nouveaux (') ».
Les produits médiats sont : le méconium, le cbyle et les excréments ou fèces.
Méconium. — Le méconium est le produit contenu dans l’intestin du fœtus qui, s’accumulant à partir de la fin du troisième mois de la gestation, est expulsé après la naissance, quelquefois même pendant l’accoucbement.
(') De Bcainvili.e. — Cours de 2')hysiolof/ie , Paris, 1888, t. Il, p. i5 et t. III, p. 3')0.
MKCONIÜM
Il est caractérisé ])ar sa coloration briin-vortlùlro et sa consistance vis(|ueuse. Du quatrième au sixième mois, la coloration du méconium est d'une teinte jaune claire, et du cinquième au sixième mois, ou y constate la matière colorante de la hile. Du septième au neuvième mois, et à la naissance, le méconium est vert foncé dans le cæcum et aussi dans l’intestin.
Le méconium, à la naissance, est essentiellement constitué par un mucus visqueux contenant les produits de la desquamation intestinale, c’est-à-dire des cellules épithéliales cylindriques plus ou moins colorées par dos pigments ])i l ia ires , e t s U r I O U t il es gra i ns o u gr u rneau x de m atière colorante de la hile, bien décrits par Robin (Trailé des humeurs, p. ,3 1 8), L’action de l’acide nitrique sur ces granules est analogue à la réaction de Gmeliu, mais la couleur rouge domine. On peut donc examiner avec le spectroscope, celte réaction dans le méconium ; la présence des acides biliaires a été mise en doute, mais on a ])u y constater l’existence de l’acide lauro-cholique.
En somme, ainsi que l’a dit Mott ('), lernéco-
(q Mott. — Practii.ioner Aur;., iSç)o.
SPECTROSCOPIE DU MECONIUM
Ilium ne serait que de labile concentrée et, par conséquent, on y recherchera avec les jirocedés spectroscopiques et les réactifs de la hile, les pigments biliaires, la bilirubine, la biliverdine, les acides biliaires.
En outre, l’analyse spectroscopique a démontré l’absence de la stercobiline et de l’hydrobilirubineet de l’urobiline dans le méconium, alors qu’on peut retrouver cette substance dans les excréments des enfants, très peu de temps après la naissance, dès qu’ils ont pris une petite quantité de lait.
Enfin, lloppe-Seyler a extrait du méconium une matière colorante pourprée, présentant une faible bande d’absorption à gauche de D, une autre plus large et plus foncée entre I) et E, ce pigment serait un produit d’oxydation de la bilirubine.
L’élude spectroscopique du méconium mérite d’attirer l’attention des observateurs au point de vue médico-légal au tant qu’au point de vue obstétrical.
Le chyme ou produit de la digestion contenu dans l’intestin n’a pas été jusqu’à présent l’objet d’études spectroscopiques, les différences de coloration qu’il olîre sont déterminées par la nature des aliments ou substances ingérées ; il v aura
SPECTROSCOPIE DES EXCREMENTS
donc iilililc très grande de rechercher dans les expertises médico-légales, les réactions spectroscopiques qui pourraient caractériser des matières colorantes particulières dans le chyme,
Spectroscopie des excréments. — Les matières fécales sont constituées par les résidus des aliments non digérés, mélangés aux produits de sécrétion ou d’excrétion du tube digestif, leur coloration est due à la présence de la hile et des produits alimentaires ; elle est modifiée par la nature des aliments, et par diverses conditions pathogéniques. C’est ainsi que la coloration habituellement brune, plus ou moins foncée, est j)lus prononcée encore avec le régime carné, devient brun jaunâtre avec le régime mixte de viande et de féculents, verdâtre par le régime herbacé.
Dans la rétention biliaire et, en général, lorsque la hile n'est pas excrétée dans l’intestin, les selles prennent une coloration grisâtre, terreuse, jaune mastic.
Les excréments peuvent renfermer des pigments d’origine alimentaire, très variables, en particulier les matières colorantes du vin, naturelles ou artificielles, et d’autres pigments, la chlorophylle, j)ar exernj)le, à la suite de l’ingestion abondante de végétaux, épinards, etc.
MÉLÉNA
Les selles ronges, noires, d’aspect de suie ou de marc de café, renferment des ])igmenls sanguins, dans des cas pathologiques, comme le Mèléna, où le sang provenant de l’estomac ouépanchédans le tube digestif est plus ou moins altéré par les liquides gastro-intestinaux et présente les modifications de la méthémoglobine ou de l’hémafine.
On retrouve même, à l’état normal, à la suite de l’ingestion de boudin, de l’bémaline acide.
Dans tous les cas, il est facile de constater, avec le spectroscope, les caractères de ces dérivés de riiémoglobine et de les distinguer des diverses colorations brunâtres ou noirâtres dues aux aliments ou à certains métlicaments, les sels de bismuth, le calomel, surtout si l’on combine les examens spectroscopiques avec (pielques réactions chimiques simples, telles que l’eni|)loi d’un acide, d’une base ou dusnlfured’ammonlum.
Stercobiline. — Van Lalret Masius ont décrit sous ce nom un j)igment qu'on extrait des matières fécales, où il est normalement contenu en quantités (*) variables, et où il représente
(q Van Laik unu Masius. — CcnlruIbluU. f. mcd. Wissensch., 1871, n<> 2-j.
MacMun.n, — Clinical Chemistnj of Urine, LonJon, 1889, p. 107. 1.'
iJisQUK. — Zeilschr. phys. Chc)nie,\\, 25g.
STIÎRCOBILINE 79
l’excrûlion des pigments biliaires avec les Iransfonmilions que leur ont fait subir rinlestin.
L’extraction de la slercobiline se fait en traitant les matières fécales par l’alcool mélangé d’acide sulfurique (17 parties d’alcool et 3 d’acide sulfuriipie). L'extrait élendu d’eau est agile avec du chloroforme (pii absorbe le pigment, il est séparé dans un enlonnoir à robinet, soutiré et isolé par l’évaporation.
On obtient aussi la stercobiline par le procédé que Mac-Munn emploie pour prc*parer l’urobiline, c’est-à-dire le mélange des fèces avec l’acétate et le sous-acétate de plomb, l’action de l’alcool mélangé d’acide sulfurique, enfin la séjiaration par le chloroforme (j). 17).
.l’ai emjiloyé ce procédé de préférence, pour extraire la stercobiline des selles des nourrissons, il est d’une application jiratique et moins répugnant, parce qu’il suffit de laveries couebesdans le précipité d’acétate de plomb, puis do filtrer pour obtenir des quantités suffisant à l’analyse, il est d’ailleurs utilisable pour les f(’?ces, en général ; les selles vertes comme les selles jaunes renferment la stercobiline. Enfin, Mélui emploie le sulfate d’ammoniaque acidulé par l’acide sulfuri(pie (2 Vo) iijoute en forte; quantité à la bouillie dos fcces triturées dans l’eau, et filtrées.
sPEcrnoscopiE de la stercobiline
Ce sont toujours les mêmes moyens qui servent à isoler Turobiline de l’urine ; et l’on ne s’étonnera pas que, pour plusieurs chimistes (Mac-Munn, Disqué), il y ait sinon identité du moins analogie et relation intime entre la stercohiline et rurobiline.
La solution chloroformique présente une coloration plus ou moins foncée suivant le degré de concentration, ou l’épaisseurexaminée; variant du jaune au jaune orangé et au brun rougeâtre, elle est légèrement dicbroïque, présentant un certain degré de fluorescence verdâtre. Comme pour l’urobiline, l’action de l’ammoniaque, puis du chlorure de zinc, accentue la fluorescence, donnant une coloration verdâtre, puis brunâtre.
Un certain nombre d’auteurs donnent, comme caractéristique spectroscopique de la stercobiline, un spectre qui serait analogue à celui de l’iiydrobilirubine, c’est-à-dire une bande très foncée, large, entre B et F, et dilTuse à ses deux extrémités, d’autres ont décrit en outre une bande entre D et E moins foncée, qui se divise en deux parties dans les solutions faibles, ce qui est le spectre identique à celui de l’urobiline pathologique ; enfin, les solutions ammoniacales, traitées par le chlorure de zinc, présentent une quatrième bande du côté du rouge.
STERCOUIUNR
Ce spectre de quatre bandes dilTérencierait la stercobiline de rhydrobiIirul)ine, d'autant plus qu’on observe aussi certaines dilTérences dans le spectre produit par la soude, l’ammoniaque seule, le chlorure de zinc seul. L’on a aussi objecté aux divers modes de préparation, qu’ils ne présentaient pas la certitude absolue de l’isolement d’un pigment unique.
J’ai étudié avec soin les réactions spectroscopiques de la stercobiline, et j’ai pu constater que la plupart des dilTérences Indiquées dans la descriplion du spectre de la stercobiline, tiennent à la concentration des solutions observées. En effet, avec une solution très concentrée à forte épaisseur ayant la couleur de vin de Porto, l’on observe trois plages d’absorption en larges bandes d’absorption, la première dans le rouge jusqu’à B, la seconde au niveau de 1), commençant à gauche de D vers 0.3 O ). et s’étendant dans le vert d’abord très peu foncée puis progressivement plus accentuée au niveau de E, puis diminuant d’intensité et rejoignant une bande très noire s’étendant de b à F. Au-delà de F, le bleu, l’indigo et le violet ne sont pas complètement éteints.
A une épaisseur moindre, c’est-à-dire avec une concentration dix fois moindre. On observe une bande foncée dans le rouge jusqu’à C; la bande
Héxocque — Spectro.'popio biologique, III
SPKCTRE DR DA STERCOHILINE
en D est divisée en deux parties, l’une à gauche très peu foncée vers G3o à Goo X, l’autre à droite de 58o X environ, très faiblement obscure, mais s’étendant jusqu’à 53o X, enfin une bande noire très accentuée de h à F, 617 à 58G X. Par Faction
aBCD EéF G
Fi(i. 6. — Spectre de la stcrcoldline.
de l’animoniaque, puis du chlorure de zinc, on observe aussi quatre bandes ou jtlages avec une concentration moyenne, présentant une couleur vin de Madt-re.
Origine, transformations et rôle de la stercobiline. — La stercobiliue se rencontre dans les fèces de l’homme à toutes les époques de la vie, j’ai constaté ([u’elle présente les mêmes caractères chez l’adulte et chez des nourrissons, dans les premiers mois de l’allaitement, comme ]>lus tard, Vierordt(‘), au moyen de son spectropbotomètre, a déterminé la quantité destercobi-
(1) ViERORDT. — Jahresb. f. Thier. Chem., 1875, p. i5a.