‹ Spet années en Chine; nouvelles observations sur cet empire, l'archipel Indo-Chinois, les Philippines et les Iles SandwichChapitre 23 sur 36 · IT · texte numérisé non relu

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Les sainpanes sont des baU^îimc de fbme piRliculièN et d'une dimension moyenne. >■

Les Chinois se servent, en guiàe de fourchette^ d)ft4eu|[ petites baguettes qu'ils tiennent dans une main , -et arec lesquelles ils saisissent leurir -aliments , qui sont toujours découpés par petits morceaux.

. ,82 à 93 d^^ç i^ tl^j9rin0iiiâtrA)ci0f ^f^vheit é^u^iH^t àp 2? k 27 4egrés d/e f^fdui 4^ li^umuf.

Lé'pflas célèbre président de la Compagnie àix hong , dej[>di*P^hàh*ii-Qua, a été Hovlta. Voici ce qu'on lit à son stijet dans iitié lettre 4e Canton dû 27 février 1832 ( The Môrnln^'fféràld) : << ïl' Vient d'arriver ici un évéhement trèk împofllht pour le monde commercial ; le riche capita- Uété' èhihôis 'ftoviLa, chef de la ' Compagnie du hong, a h^fal]iii tout i^ppbtt dé commerce a,vec la Compagnie des Ihdéà^OrièntâleS et ion côknlté. C'ésiî là un coup terrible p6tit cènl (Jtiî ôrtl prêté leur argent à divers négociants de éétté'Cômpaghîè, parte que 6*ëtaîent les grandes richesses et le crédit de Hovka qtii garantissaient principalement ces emprunts. Le vieux Hovka a surtout à se plaindre de n^avoir pas été remboursé de 3^0,000 piastres ( 1,890,600 fr.) que la Compagnie lui doit , tandis qu'elle venait d'expé-

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dier deux millions de piastres ( 10,800,000 fr.) en Angleterre. Une injustice aussi flagrante a excité une indignation gélifie , mèvie en Angleterre .

La icholane ou tchoulam est une fleur qui croît en Chine.

On distingue deux softes de grillons , dont Tun habite les maisons, principaleraeiil auprès des foyers, dans les endroits chauds et humides , et se reconnaît à son désagréable sifflement ; Vautre, qui habite les champs (field cricket), est de l'espèce des cigales, dont il ne difll^re que par sa couleur brune; et c'est là le grillon dont les Chinois se servent pour leurs amusements. En traversant la Sibérie, je m'étais arrêté un jour auprès de la route pour prendre du repos, lorsque je remarquai mes deux domestiques chinois occupa à r^arder attentivement dans Therbe. M'étant approché, je vis que Tobjet qui exckait leur intérêt était un de ces grillons qui défendait de toutes ses forces une petite butte déterre sur laquelle se trouvaient deux ou trois femelles, et à peine était-il parvenu à terrasser un assaillant qu'un autre se présentait et donnait lieu à un nouveau combat. Mes deux Chinois ne pouvaient se rassasier de te spectacle, et s'étonnaient d'ayoir retrouvé en Sibérie leur passe4emps j[avori. Ceci prouve d'abord que ces insectes sont naturellement dans un état d'hostilité, et pui»à quel point les CbiuM aiment ce divertissement national.

Cent kaiti fout un pékul, quiécjuivant à kn<^. 60«&7 6^ .

Les hordes, dont je vetix parler, sont les Mantchoures et

les Tartares conqaérants de la Chine.

Les mandariniers produisent la meiHeure espèce d'oranges, très grosses, mais aplaties; la peau, n'est point adhj* rente au fruit. Cet arbre est de l'espèce des citronniers.

Sott8 la dënominatién de tchope on entend généralement tous les papiers et documents d'affiiires.

Fan-Maay , mot chinois qui signifie diables étrangers.

Voici quelques détails , puisés à diverses sources, sur les cérémonies des mariages en Chine; en les confrontant avec ce qu'en rapporte l'auteur, on remarquera que les légères différences qu'il peut y avoir proviennent de ce quQ les usages des Chinois du midi de l'empire diffèrent de ceuxdes habitants du nord; d'ailleurs il est bien rare que plusieurs personnes, observant un fait à diverses époques, se rencontrent dans leurs jugements.

Éxihiii fum traiuétionéu Chinais par M. Clarck ( Hmry

Matthieu Clark).

Lorsiju'Mne jeune fille en Chine atteint l'I^e dedifHze.ou treize ans, on s'occupe de la marieif^ et sa famille çhfirg^ un ami de lui chercher un époux. L'ami, après avoir fixé son choix sur un parti conv^ahle, va trouver les parents du jeune homme et leur remet en écrit , et sur une feuille de papier rouge, Tannée ^ le mois, lé jour et Theure de la naissance de la jeûne personne. Si les cnoses paraissent convenir, lès parents du jeune homme lui remettent a leur tour une feuille semblable. Ces préliminaires accomplis , on entre en conférence, et si les convenances se trouvent dans

^ çhQÎ^ ^^4>r9q»^> oa pr^iseifto.k veài^ .du< f«tev à la

future, et le père de pi^UiHJav éitoit^

Les grands parents sont appelés ensuite à donner leur consentement; et ceci fait , le mariage est considéré comme définitivement conclu. On choisit u^ jour pour la signature du contrat, et ce jour-là le futur envoie à la jeune fille des présents consistant pu. parures et d'autres objets de prix, sans compter des boites de fruits confits; il reçoit en retout dtes chaussures, etc. '

Aptes que ées formalités ont été rempKes,ilsepassèplii- «iènrs mots, cit nrème pàrfbiâ troié ôti quatre ans, jusqu'au jouir <m!i 1d fàmiltedu fotilii ètîvoiei la niaisoià de la tûbiife d'énéi^hieis p&tés ^6tis la fdrme de draj^ns et d'oiseaux ; on y jbitit parfois dés montons, des ][)brcs, des oies et dès sucteries, du vin et inèi&ie des monnaies d'argent.'La fhiure répond à cette prévenance en envoj^.iril de ^kn côié divers vêtements

à. son futer ifoux^ Alors se fixe le joui;oà les^ cbue^s ^ ecmftfat seront remplies* Ce jkmt aigrivé^ la jeime bohloMs reçoit la dot et des présents, et il^envoie les ekaises à po^ teur destinées à sa fiancée et aux parents. Ces diaises oi^t divines formes et le oortége se compose d^un grand nombre de^^is portant torches et lanternes, ^t de troupes* d6 mUr skiens et de chanteurs plus ou moins nombreuses, suivant b fortune de la maiiëe. La jeune épouse arrivée, snn mari {a.ieiçoit et la conduit dans une chambre désignée d'avance. Là elle ôte son voile, et son mari la voit pour la prmiène ^; c'e^t aussi dans cet appartement que se réunissent les patenta ât. convives de la noce : enfin le signal dif départ est donné par un faisceau de baguettes brisées que l'on jette au milieu de Tappartement | comme marque de l'espoir qu'ont les assistants de voir une postérité nombreuse sortir de cette union. -

Dès le lendemain la mariée adopte la coiffure de femme, coiffui^ iiniferme que toutes les femmes mariées portent en Chine; puis elle met une robe rouge pour aller à la pagode aVe^son mari, suiviede musiciens, remercier les dieux; de te on va saluer les tombes des ancêtres, pour finir par une Vikifèaiix parents. Le soir de ce jour, les anciennes compagne de b jeune femme viennent la voir et se joignent

aux nombreux convives qu'on a invités la veille pourpretidre p^rt au repas de noce.

Le troisième jour les deux époux se rendent séparément chea les parents de la mariée, et de ta le mari riecondurt sa femme thés elle , oh l'attendent des amis qui quelquefois Ini adressent des pbisanterieis auxquelles l'usdge lui défend de se soustraire^ '

C'est le quatrième jour seulement que la femme prend la

^UrectMm du ménage; elle s'en occupe plus ou jBoias, suivaot son niig; mais même les jeunes femmes des classes élevées doivent préparer le thé elles-mêmes et Tofirir aux parents de leurs maris lorsqu'ils viennent les visiter.

Les époux en Chine jouent donc un rôle complâ»ment passif; tout s'arrange sans qu'ils aient à dire un seul mot. Ce sont les pères et mères qui disposent de tout sans que les futurs puissent exprimer leur opinion ; dans le cas d'ab* sence des pèreâ et mères, ce sont les plus proches parents qui les remplacent.

Dans les mariages de' veufs, les choses se passent aotremeni; les parties contractantes choisissent alors librement.

Extrait d^un auteur ruêêe.

Usages suivii à la conclusion des mariages à Pékin»

Les Chinois n'attachent pas au mariage la même importance que nous, jce qui provient de ce qu'il n'est fondé chea; eux que sur la seule publicité avec laquelle on l'a fêté, sans qu'il ait été constaté par une cérémonie religieuse ou un acte civil.

La mère du futur, ou, s'il l'a perdue, une de ses parentes les plus proches et les plus âgées, charge une femme, dont c'est la profession, de se rendre auprès d'une famille où elle fait un choix. L'ambassadrice dépeint le jeune homme sous les couleurs les plus favorables, et si le parti convient, les parents de la jeune fille font répondre que la proposition, est agréée et désignent un jour pour Ten*

lie vue* Peadant tout ce temps les Jeuues geas ignoieot souveot qu'on s'occupe d'eux.

Au jour indiqué^ la mère et les parentes âgées du fotur arrivent au r^idez^vous , et la jeune fille a soin de leur préstenter elle-même le thj et des pipes ; car en Chine, et principalement dans le nord, les femmes fument et même beaucoup. La conversation s'engage ensuite» mais la future ne s'asseoit qu'autant qu'elle y est invitée.

Quelquefois sa mère, désirant connaître son futur gendre, l'invite à passer chez elle ; mais sa fille n'assiste jamais à ces sortes d'entrevues.

Aprèsavoir consenti de part et d'autre au mariage, on fixe un jour où les parents du jeune homme app<»rteront à la future les présents, consistant en parures de tète, anneaux et boucles d'oreilles. C'est là ce qui ratifie la promesse de mariage, et cette circonstance a souvent lieu lorsque les futurs sont encore enfants; il arrive aussi en pareil cas, si la jeune personne appartient à une famille pauvre, que les parents du futur se chargent de son éducation.

Après cela le déviai choisit un jour favorable pour la cé^ lébration du mariage, tandis que les jeunes filles, parentes delà future, s'occupent à lui préprer un trousseau ; il c(Misiste ordinairement en linge, habits^ meubles, etc.

Quelques jours avant la noce des invitations et des billets de faire-part sont réciproquement envoyés par les deux familles aux parents et connaissances.

La veille du jour fixé pour la noce, des tentes et nattes sont dressées dans les cours des deux maisons du fiancé et delà fiancée; on loue des chaises, des tabourets et des tables que l'on y place. Le jour même du mariage les invités se réunissent chez l'une ou l'autre des deux familles, sui-

vaut kar J)iUel d uivita^on, et ik ont 6oiÉ-4i6«e munir de présents en aident; cet argent est àép€%é dans les dqveloppeBde6l>iUet8 d'invitatfon; et le doiiâteiiii a soin d^liMérire dettus son nom et la somme contenue, pour' qu'il lui «oit rend» nn cadeau égtti quand l'ooéasion se présentera. U^ repas a lieu ensuite; les hommes mangent sous Ig tent^ dieBséodans la conr, et les femmes dînent dans l'intérieur delà maison ; après quoi chacun se retire, à l'exception des parents les plus prochas. Toute cette étiquette est également si|ivie aux deux dînera qui ont lieu en m^me lemps chez le futur et la future.

Quand les convives sont retirés^ on procède en grande céréikionie au transport du tfousseau daçs la maisoti du marié; les objets sont portés séparément, et le^ parents et atnis île la future suiveat sur des chars. Dès qu'il voit lé centre s'approcher, il part «t va chez sa future bell^i'-iière pour la remercier, tandis que l'on prépare le thé et lés pi* pesqa;i seront offisrts aux arrivants. Le cort^ est ensuite introduit dans les appartements, oh Ton étale le trousseau et où chacun s'emprésséi à placer tous les olijets de la matiièvequi leur est la plus favprable ; apirf^^quoi ils se dispo^ sent à partir, tandis que les parents du mari fout semblant de vouloir les retenir : tous les efforts sont vains ^ et le cortège affecte de son côté de recourir à h {bfoe pour parvenir i» s'échapper.

Au moment marqué pour le mariage, qui se fait chez let» Chinois au milieu du Jouf et chez les Mantchoures la nuit en le mati», le futur envoie an palanquin, accompagné de la femnle cfoia négocié, le mariage et de que^ues amis, pouroheréh^sa£aneée< La future attend, d^trati^ ce temps, seule et i^étue de plusieurs habits ouatés, quelque chaleur

(ft^'Uliil^. Alor^ aile 8e. jette aux pieds de «es parétits, fttft se^ i^éws i tottles lesifemniesptaiiz jeunes fiBes qui l^eti- ^ureUt/età'Baseait esfin dâns.le palanquin^ dont o^ renijet li o|ef.à U femiàe' charge d^escoder hm^riée,pout qu elle le. reftifittb à l'époux ; après quoi on se mef en route . ' , L» cortège est piécédd, s'il fait jour, par des homthes' parlastt sur leurs épaules, suspendues à des bâtons, des' espèces de cages de forme cubique 6ui* lesquelles sont peints diirers attributs qui représentent le bonheni^^ la Ictéffivàé^ etc* ; s'il fait nuili, ces cages sont rempkcëes par des lanternes spbériques à. cornes peintes de même. Le costume des poi^- ^turs est une robe à ceinture rouge j ils ont sur la poitriD<ef et sur le dos des, figures peintes qui représentetit te bûnkettr; (euf tita est doifiéede chapeau^ à plumçs rouges. Vieniient ensu^tQ les trompettes, timbaliers et autres ïâttsiciéti^ ptë-^ cé4?nt le pdUnqMÂn» et la marche est fermée par tous \e^ par^ptP «jt cOimaisaaaoes de la famille.

Au moment où le palanquin entre dans la cour de la maison du fiancé, on lance force fusées accompagnées des sons d'une musique très discordante pour des oreilles européennes. Le Cntur s'approche alors du palanquin en présence de sa mère et offre la main à sa fiancée, couverte d^iii voik rduge^ poior raider à en descendre. Ghe2 lès Mantùhouies VifsageTeutqiieles futurs enjambent par-dessus un atroy imeAèdie et une selle. De la cour on passe dans les appartements^ où, si les famille^ ne sont pas de haute éon* ditioh, le fiancé enlève avdc le crochet d*un fléau de balance le toile de sa future. Daâs tous les eas, c'est alors qUe les jebnes gens se voient pour 1» prettiièsre fois.

Après i^eb commence le reptai^ de hocc-Lès deut fûtarà t^ontassit^ à'^6^ l'un de l'autre, et ils'doi vent boite de deux

coupes liées emieiiible pair un cordon rouge , emUème de riodissolubilité de l'Union qu'ils contractent. Pendant le repas, qui se prolonge jusqu^au lendemain matin, le fiancé se lève souvent pour aller offrir des meilleors plats kux convives, tandis, que. la fiancée au contraire est obligée de demeurer à sa place jusqu'à la fin du repas , et doit en ^utre endurer que ses parents luiépilent avec de petites pinces le haut du front et les tempes.

Quand enfin les convives sont partis, les nouveaux ma^ ries ( car alors on les considère comme tels ) s'approchent tour à tour de chacun des parents, se mettent à genoux et se prosternent trois fois. Les parents donnent alors à la mariée divers petits civets destinés à la coifiiire.

Quelques jours après, les parents vont rendre vbite aux personnes qui ont assisté à k noce de leurs enfants ; quant à ceux*ci, ils demeurent renfermés pendant quinze jours, après lesquels leur première visite est chez les parents de la mariée*

VEasl'lndia magatin contient sur ce sujet l'artide suivant.

Quoique les Chinois, à Taide de Tagriculture et de leurs nombreuses relations intérieures, soient à peu près enétat de se passer du commerce étranger, ils le maintiennent parce qu'ils en sentent l'importance. Le gouvernement chinois reçoit chaque année par cette voie 650,000 livres sterling, sans compter le revenu du trésor de Canton, qui, dit-on , est le plus avantageux de tout l'empire. Ceci wxt à prouver qu^ le gouvernement trouve des avantages à soutenir ces relations. Les habitants de Canton et des envi-

rons, ainsi que toute cette classe nombreuse de la population qui s'occupe de la culture et de la préparation du thé, sentent combien ils sont redevables à ce commerce. Jitequ'à pré^nt les rapports avec les Européens , exception faite des Russes^ se bornaient au seul commerce de Canton ; mais depuis quelques années, et sans que l'on s'y soit opposé, un commerce considérable de contrebande, principalement d'opium , s'est établi par les ports au nord-ouest de la capitale. Bien que l'on cultive le thé sur les côtes, c'est par terre qu'il arrive généralement à Canton, à cause qu'il est défendu aux Chinois de le transporter par mer. Malgré cette défense 9 il arrive beaucoup de thé par cette voie dans l'archipel indien et même à Canton. Les négociants conviennent que c'est dani cette ville que les affaires de commerce secrètes se traitent avec plus ^e facilité et de promptitude. La Compagnie des Indes vend ordinairement moins de produits des manufactures anglaises qu^elle n'en achète de celles de la Chine. Les tissus de laine se vendent principalement dans le nord de l'empire. Les principaux produits de l'Inde que l'on apporte en Chine sont l'opium et le coton. La Compagnie n'exporte maintenant que du thé , particulièrement du noir; le thé vert est plutôt acheté par les Américains. Les Russes ne sont point admis à Canton, parce qu'ils jouissent du commerce par terre. Les rapports commerciaux avec let^ Français, les Suédois, les Hollandais, les Danois et les Autrichiens, sont très insignifiants. On traite bien les Américains çn Chine, et l'on accorde la prééminence à leur commerce, à cause de la grande importation de piastres; aussi ce commerce n'a été interrompu qu'une seule fois depuis

E£traii en rtqipmrt du tomUé Ou FurUtMkt hitannifue.

Les prÎQcipavx oljets d'importatipn en Chine sont lés tissus en lame et ep coton de fabricutiou angUîse. Si les Européens^ au lieu 4'^^^ borné$ au aeul port de Canton, qui est dans le nûdi de TempIrQ^ avMf^iit la faoulté d'aborder aussi dans les ports du n^d^QQ plaoerait 8an94oale ujpe grande quantité de oe^ ti$s^s dans les prûYÎncës aroisinantes où les hivers sont trè^ iroidi. Outreiles marobawtises anglaises , pn appprte en Chine beauoéup de {uroduits ée rinde e^ de l'archipel indien, comme dons degiroâe, poivre et tripangue qui ^t une espèce de mollusque des mevs de l'archipel indien , dont Timpiortation annuelle s'est élevée à troi$ millions de fi^ancs et augiàettte toue les jours, ce qui provient du cas extrême ({n'en font les Chinois. On apporte beaucoup d'horl(^erie d'Europe, suirtout des moiitrès anglaises : les Chinois sont dané Thabitode d'en a^otr deux sur euxî ces montre! d'ailleurs sont préferéeë par la raison que les horlogers de Canton ne savent réparer que les mpntres anglaises^

Dans rinde au coiitr4ir6 le èhoii est très rare^ ce <)ih provient sans doute de ce qu'on ne sait point le cultiver convenablement.

Il a été exporté de Canton en Europe ^ dans le cours de Tannée 1830, 30,000 livres de thé.

Le taël équivaut à 7 francs 65 centimes.

N(ms prébekltons ici un fragment extrait des rehseignemeats que te comité du Parlement d'Angleterre a fassem- Més sur be qui concerne le commerce du thé en Chine; ces notions isont le résultat de quatre mille questions adressées ]pair \é cdinlté à divers marchands et voyageurs.

V L'arbrisseau qui produit le thé croît et se cultivé plus ou flàtfihs dans toute la Chine; niais ce sont cependant le<^ localités mohtueuses et sur le penchant des montagnes, entre les 32® et 83* d^és de latitude, que Ton considéré cotiime lui convenant le lAieux. Il parah que la qualité do thé dépend beaucoup du lieu où il a crû ; sous ce râppoii il à de Nhalogie avec la vigne, qui se cultive également daiis beaucoup de pays, et dont les produits diffèrent souvent d'titie localité à uiie localité voisine. De même aussi que lé vin, dans les pays vignicoles, c^est le meilleur thé en Chine qui s'exporte en plus grande quantité. Cela se coh^it, puisque le transport de ces deux produits est le même, quelles que soient les qualités. Au reste, les productions étrangères sont apportées de loin pour les classes riches, et par conséquent celui qui boit lé meilleur vin dé Champagne boit aussi lé meilleur thé. Le peuple eu Chine le boit dé la qualité la plus inférieure. Remarquons, à l'égard des diverses espèces de thé, que nos botanistes considèrent le thé vert comme complètement différent du noir, taridÎ9 que les marchands de Canton le regardent comme uiPd variété dans Tespèee , dont la différence provient du tertoir, de la culture et de la préparation , ainsi que de la

saison où la récolte a eu lieu. Le thé vert, qui ne s'em^oie qu'en Russie, dans les Etats-Unis, à Calcutta ^ dans quelques villes du continent européen, provient des provinces de Kian-Nan, Kian-Si et Ché-Kiang. Le thé noir, qui s'exporte pour l'Angleterre, yient de la province de Fo- Kien , exception faite d'un tiers de la quantité , auquel les Anglais donnent le nom de bohéa, et qui vient du district de Yo-Piog, au nord-ouest de la province de Canton. Autrefois le thé vert se cultivait dans les endroits où l'on cultive actuellement le noir, el vice versa. Dans la province deFo- Kien, on récolte les bourgeons de l'arbrisseau au commencement du printemps pour en préparer le pékao, qui est l'espèce la plus recherchée. Une petite quantité de ces bourgeons se mélange avec le thé congo , pour lui communiquer une odeur aromatique. On suppose que le thé pékao, qui s'exporte pour la Russie , est mélangé avec une petite quantité d'autres feuilles. C'est au commencement de mai que Ton recueille les feuilles, d^à complètement ouvertes ; six mois après a lieu la seconde récolte, et la troisième à la fin de l'été. Cette dernière récolte donne un thé sans force ni arôme. Les deux premières récoltes, mélangées avec plus ou moins de pékao, donnent le meilleur thé. Les habitants du Fo-Kien cultivent une grande quantité de thé dans des enclos destinés à cet objej. Les feuilles récoltées par chaque famille sont portées au marché, où on les vend à des gens d'une classe particulière qui s'occupent de la préparation , qui consiste à sécher d'abord les feuilles en plein air sous des toits, et puis ensuite dans des chambres fortement chauffées. Après cela les marchands les trient par espèces, et , le séchage achevé , expédient le thé dans des boites sur lesquelles chaque qualité est inscrite. On se sert d'une ma-

Céline à vanner pour séparer les feuilles les plut Itères, qui servent à préparer le thé hyson. Quelque chose qui ressemble à de petites fleurs, qui se remarque dans certaines espèces de thé ver^, provient, à ce qu'il paraît, de ce qu'on grille légèrement les feuilles dans des vases en tôle en les remuant pour qu'elles se roulent. Cette manipulation exige une adresse particulière , et les ouvriers qui y sont employés sont payés en conséquence.

De tous les produits de la Chine, le thé est l'objet de commerce le plus avantageux pour les Chinois; car ils en ont le monopole. La quantité qui s'en exporte annuellement en Europe et en Amérique, par Canton et la Russie, s'élève à soixante-dix millions de livres (poids anglais), c'est-àdire :

En Russie. 28,000,000 de liv.

Angleterre et ses colonies. . . . 30,000,000

États-Unis. 7,000,000

Hollande 3,000,000

Allemagneet autres États d'Europe. 2,000,000

Total. . . . 70,000,000 En reproduisant ici ces renseignements curieux, nous ferons observer cependant que la quantité de thé apportée annuellement en Russie par Maymatchin , indiquée ci-dessus, est très exagérée; car il résulte des documents commer* ciaux, concernant la quantité de thé apportée annuellement de Kiachta à la foire de Novgorod, ainsi qu'aux autres marchés, qu'elle est loin d'approcher de vingt-huit millions de livres. L'erreur vient sans doute de ce que ceux qui ont transmis ces renseignements au parlei^oent d'Angleterre n'étaient pas à même de s'en procurer d^ certains sur la Russie.

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D'après des données récentes, la population de la Chine s'élève à 149,268,066 habitants des deux sexes, et avec les provinces qui en dépendent à 184,000,000. Elle a 1659 villes et une armée de terre et de mer de 3,709,818

soldats et marins.

KuaieSf nom que les Européens de Canton donnent par dérision aux Chinois, ce qui tient à ce que la majeure partie des noms propres commencent par la sjllable kua.

ParseSy sectaires indiens ; ce sont les mêmes que les Gyè^ bres, adorateurs du feu en Perse.

Taïpe est le nom d'un détroit.

lut jm^seng ou jin-chin (panax 5, folia, s. Radix China) est une racine très chère et dont les Chinois font grand cas. Elle croit sauvage dans la Mantchourie chinoise, et îpriucipalement dans l'Amérique du Nord. Les Chinois la considèrent comme un remède universel ou comme un excitant énergique.

On trouve cette racine en Amérique, à partir du Bas- Canada jusqu'à la Géorgie, sur une étendue d'un million six cent mille mètres ; elle atteint à sa perfection dans la partie sud-ouest des monts All^hanis. Il s'en trouve aussi,.

mais rarement, auprès de New-Yorck et de Philadelphie; C'est dans les terrains gras, sur le versant des coteaux, dans les endroits couverts et frais, qu'elle croil:. L'homme le plus habile à la récolter ne peut en ramasser plus de huit à iQteuf livtes par jour.vCette racine n'a que rarement un pouce d'épaisseur, et encore faut-il pour cela qu'elle soit âgée de ipiinze ans. Sa forme est ovale et quelquefois bifurquée; ses semences sont de couleur pourpre et adhèrent entre elles. La racine a une odeur et une saveur aromatiques. La semence ne se conserve pas.

Un missionnaire français a découvert cette racine en àmériqite, et s*étant convaincu qu*elle était semblable à celle qui croit en Mantchourie, on commença à en exporter en Chine, oi!i on la vendit, dans le principe, au même prix que l'or; mais les Chinois s'étant aperçus de son infériorité, ce commerce tomba.

Dans les Etats chinois le droit de récolter le jin-seng appartient à l'empereur, qui donne des ordres particuliers pour que la récolte s'en fasse avec la plus grande attention. Elle commence en automne, quand la racine est parvenue à sa complète maturité, et se prolonge pendant l'hiver ; après quoi on la sèche et on lui fait subir une manipulation particulière qui la rend à demi transparente. £n Amérique le jin-^eng se récolte au printemps, lorsque les racines sont encore très humides, d'où il résuite qu'en se desséchant elles se contractent , et puis s'écaillent ou deviennent si dores qu'on ne peut plus en faire usage. <]e sont les fermiers, les colons et des gens qui y emploient leurs heures perdues qui s'occupent de cette récolte pour le vendre, après la dessiccation, à des marchands qui le paient d'un franc à HB franc et demi la livre, et le- transportent dans des villes

«le commerce oii ils le revendent à deux francs. Il y a aujourd'hui des Américains qui préparent le jin-seng et connaissent le secret de lui donner de la transparence. Il en résulte que ce commerce s'accroît, et les racines préparées ainsi se vendent à Philadelphie de 30 à 40 francs la livre^ et à Canton on en donne jusqu'à 400 francs. La quantité de ces racines exportée annuellement en Chine s'élève de huit à treize mille kilogrammes.

Outre l'Amérique du Nord, cette plante curieuse croît encore, comme il a été dit précédemment, en Mantchourie, auprès du fleuve Amoui, dans la direction de la.Daourie russe. A Pékin on la nomme Jm»senff^ en langue mantchoure orchoda, et en langue mongole kouminine. Le chef cosaque Navoséloff, administrateur des peuplades nomades daourières, permettait à quelques chefs de traverser la rivière pour venir sur le territoire russe déterrer cette précieuse racine dont la valeur égalait celle de l'argent.

Nous trouvons encore la description suivante de cette racine dans un ouvrage chinois dont on doit la traduction à M. Kamensky, et qui a été insérée dans la LXVIP partie des travaux delà Société libre économique (Russie). «Lejin-seng a une tige d'environ un décimètre de longueur, d'une couleur rouge clair. Les feuilles en sont très vertes et de la grandeur d'une pièce de deux sous. La tige en sortant de la racine se partage en cinq ou six branches articulées , à chacune desquelles tiennent cinq feuilles ; chaque branche a l'épaisseur d'une plume d'oie. A l'extrémité de ces branches se trouvent de petites fleurs rouges à quatre étamines qui donnent des graines de la même couleur, ressemblant au millet. L'espèce de membrane qui les recouvre est si délicate que le moindre attouchement peut l'endommager. Le

jin*8eiig croirdans les lieux frais abrités du soleil^ mais on n'en trouve pas dans les bois marécageux. En automne, lorsque les autres plantes jaunissent, lejîn-seng fleurit au contraire, et il est du plus beau yert. £n hiver, quoique ses feuilles tombent, elles ne perdent pas leur couleur; les feuilles sont raboteuses et couvertes d'aiguilles très déliées. La racine, lorsqu'on Farracbe de terre, a un peu plus de trois décimètres de longueur sur huit à treize centimètres d'épaisseur, de couleur blanche. Lorsqu'elle est desséchée son volume diminue de beaucoup. Son goût est sucré et sa qualité échauffante. Desséchée, elle a l'apparence de cire jaune extérieurement et demi-blanche dans l'intérieur. Pour l'employer on enlève la partie extérieure, et l'on ne se sert que de la partie blanche. Gomme remède, cette racine entretient les forces vitales, conserve la chaleur naturelle, chasse les humeurs, éclaircit les idées, calme les battements du cœur, aide à la digestion, etc.; elle convient principalement dans les affections des poumons et de la rate. »

J'ai vu le vase dont M. Dobel fait mention. Tout ce qu'il en dit est de la plus exacte vérité. Il le conservait chez lui à Saint-Pétersbourg en 1833.

Pour donner une idée plus nette de l'état des troupes chinoises, nous reproduirons ici un article déjà inséré dans un journal russe sur une revue de ces troupes qui a eu lieu à Pékin en 1827.

« Sur un ordre de l'empereur, deux tsy (corps) de Mantchoures^ dont l'un portait le nom de corps du drapeau blea

^t Tautre de drapeau bUa à bordures rougesy furent désignés pour être passés en revue leâ mars 1827. Us seréu* nirçnt le matin du jour fixé dans une plaine voisine de Pékin 9 auprès de la route qui conduit de la porte Ane-Bine« Mine ou Apo-Dine (porte de la Paix) à la pagode Houansi. Il faut observer que Farmée chinoise se compose de huit tsj mantchoures, huit mongob et huit chinois. Les deux corps destinés à la revue étaient disposés de la manière suir vante :

i>es militaires^ après être venus un à un et sans armes, furent placés sur deux rangs qui représentaient deux lignes parallèles, semi-circulaires, distantes entre elles d'un peii plus de vingt mètres. Le corps du drapeau bleu occupait le côté gauche et l'autre le côté droit.

Les principaux drapeaux étaient placés &ur les extrémités des rangs, les guidons fichés en terre à la distance de qua* Ire à six mètres Tun de l'autre.

Les armes des soldats étaient attadiées sur des chat* rettes; les flèches, liées par faisceaux de cent ou au-delà, étaient placées à terre et disposées de la même manière que les guidons. Les dards en étaient rouilles, et celles de l'extérieur étaient seules garnies de plumes. D^ns quelques endroits, pour dissimuler ce désordre, les flèches avaient été mises dans des espèces de corbeilles. Des coutelas de combat dans leurs fourreaux, et des flèches dans leurs carquois, se trouvaient placés auprès des drapeaux sur de petites tables basses recouvertes en feutre rouge. Une partie de ces pre^ mières armes étaient tellement rouillées qu'il eût été impossible de les tirer du fourreau, tandis que d'autres n'avaient même que des lames de bois.

Sur la place où se réunissaient les troupes on avait élevé

jime sorte de pavillon en nattes. C'est là que les comoian'» dants et officiers des deux corps attendaient l'arrivée des chefs militaires chaigés de passer la revue.

Ces chefs arrivèrent à neuf heures, le premier en grade, portant le titre de prince, dans un palanquin, et les deux autres en cabriolet, précédés de quelques gardesniu^corps Àe l'empereur à cheval, et c'est ainsi qu'ils passèrent au son des bourènes entre les rangs du corps du drapeau bleu^ et arrivés au pavillon ils y entrèrent. Les bourènes sont des coquilles en forme de conques dont les Chinois font usage en guise de trompettes : leur vrai nom chinois est hay-lo.

Alors les offiâ^s des deux corps commencèrent à apporr *ter successivement dans le pavillon les tables sur lesquelles étaient les armes pour être passées sous les yeux des chefs. Ceci fait, on servit du thé et des pipes au prince et à ses deux acolytes, après quoi il sortit avec F un d'eux et se retira. Quant au troisième, il continua la revue jusqu'à l'extrémité du corps du drapeau bleu, et suivit l'exemple des deux premiers.

C'est ainsi que se termina cette revue. Les militaires sans armes se retirèrent comme ils étaient venus, et les armes, replacées sur les charrettes, fiirent emmenées. »

Voici encore quelques détails sur Tarmée chinoise que nous empruntons à un article de r Abeille du Nord. Il est dû à M. Léontieff, qui a longtemps habité Pékin.

te II y a chaque année une grande revue des vingt-quatre divisions de l'armée day-tsinienne'^ réunies à Tsih-Chen^*>

* Day'-Tism» nom de la Chine en languç chinoise.

** Tjin-Ckefi, véritable nom de la capitale' de la Chine.

et qui a lieu dans la plaine de Yan-€hen-Ya, au sud-est et à une lieue et demie de la ville.

Le jour de la revue est fixé par le gouandi lui-même (l'empereur), et ordinairement pour un des premiers jours de novembre. La plaine de Yan-Chen-Va est très vaste; elle est bordée au nord par une chaîne de hautes montagnes qui s'étendent de l'ouest à l'esté et le blé dont elle est ordinairement ensemencée est entièrement récolté à l'époque de la revue. Les divisions qui y concourent alternent entre elles de manière à ce que celles qui sont passées en revue dans l'année présente ne l'aient pas été dans la précédente. J'appris par un Albazinskquois *, nommé Ërhétchoup, faisant partie de la division mantchoure du drapeau jaune à bordure rouge^ que le gouandi avait fixé la revue au 3 no-* vembre. Gomme je l'avais tenu sur les fonts et que je l'employais à traduire en chinois et en mantchoure les papiers qui m'étaient nécessaires, il demeurait auprès de moi, dans la maison de la mission russe : nous convînmes de nous rendre de nuit au lieu de la revue. Qui n'aurait été curieux de voir les troupes day-tsiniennes qui ne se rassemblent qu'une fois par an en aussi grand nombre ! Je m'attMidais à voir un beau spectacle, à trouver chez ces troupes de l'ordre, de la régularité, et à être témoin de belles évolutions, non pas sans doute aussi parfaites qu'en Russie, mais du moins rehaussées par le prestige d'un certain luxe oriental dans l'habillement et l'armement. C'est dans ces dispositions et avec le projet de communiquer ensuite à mes compatriotes le résultat de mes observations sur

* AlbasÎD&k, ville de la Manlchourie, près TAmour, cédée aux Chinois par let Eusses en 1716.

une solennité que peu d'Européens peuvent voir, qu'après avoir obtenu l'autorisation du chef de la mission je fis louer une voiture, et donnai Tordre au portier de se tenir prêt à ouvrir la porte pendant la nuit. A minuit le voiturier entra dans la cour, et nous attendit pendant que nous faisions notre toilette et prenions le thé. Nous partîmes à deux heures après minuit, et nous Iratnâmes au clair de la lune sur la boue gelée des rues sans rencontrer âme qui vive. Les seuls khon-ouzé'di (gardiens), assis dans leurs guérites à la faible clarté de petites lampes, frappaient des coups avec leurs bâtons. En entendant le bruit de la voiture qi^ les inégaUtés de la terre gelée cahotaient de côté et d'autre, ils pensaient que c'était quelque dignitaire qui passait, et frappaient plus fort et plus souvent poi|r témoigner de leur vigilance. Quelques-uns, lorsque nous passions devant leurs guérites, nous criaient : Chouy? (qui vive?); mais il est d'usage de ne point y répondre. En suivant ainsi et au pas la muraille qui entoure le palais impérial, nous arrivâmes à la rue Ane-Dine-Mine-Da-Tsé, nom qui lui a été donné parce qu'elle conduit droit à la porte Ane-Dine (de la Paix). Dans cette large rue nous trouvâmes des soldats allant un à un et des officiers en tché (cabriolet) qui se rendaient au lieu de la revue. Quelques soldats avaient des flèches et des arcs à la main ; d'autres portaient sur l'épaule de très petits fusils, et d'autres enfin, qui sans doute n'y allaient que pour faire nombre, n'avaient point d'armes du tout.

A la porte de la ville, qui n'était ouverte qu'à moitié, la garde examinait, à l'aide de lanternes en papier qu'on tenait à la main et d'autres qui étaient placées sur de grands trépieds, tous ceux qui se présentaimit pour sortir. Pendant la nuit les fonctionnaires du gouvernement ne peuvent

sortir de la ville qu'auUnl que Tordre de les laÎMer passer a été donné, et alors on ne permet plus à personne, sous quelque préteacte que ce soit, d'y rentrer; et vice versé, des fonctionnaires peuvent rentrer si la garde ep a reçu T^dre , mais alors aussi il n*est plus permis à qui que ce soit d'en sortir. Cette nuit Jà nous trouvâmes également dans l'intérieur de la ville, auprès des portes intérieures qui sont pratiquées dans la muraille, formant un demi-cercle devant les principales portes, un certain nombre de gardes très occupés à examiner les sortants, et qui même, comme des douaniers, regardaient dans l'intérieur des voitures. De cette porte nous suivîmes des rues étroites par lesquelles nous parvînmes à la plaine de Yan-Chen-Ya,

Dans une plaine découverte se trouvait un longue file^ s'étendant de l'est à l'ouest, de grandes lanternes sur lesquelles étaient collées des feuilles de papier rouge portant des inscriptions qui indiquaient les noms des divisions qui j étaient réunies. Ces lanternes étaient suspendues à des perches devant chaque division^ à partir de l'est de la division du drapeau rouge. Les militaires qui se pressaient auprès de ces lant^nes paraissaient occupés à se rassembler et a se plater à leur rang. Notre voiture s'arrêta à l'ouest d'un tertre sur lequel était une grande tente Weue tournée vers le nord; à Test et à l'ouest de cette tente étaient de grandes lanternes suspendues à de longues perches et qui servaient à éclairer la tente; au midi, à Test et à l'ouest de cette grande tente , de plus petites avaient été dressées pour le doutoune et Xe/ou-dou-toune-ove (chefs militaires). Auprès d'elles se serraient des officiers et d'autres militaires mêlés à des marchands de glao-bine (petits pains cuits dans des fours portatifs), de Isine-mi-Uhgéott (espèce de gruau) et

4e fnan-4ooa (petits pains cuits à la vapeur); quelques paysans étaient occupés çà et là à nettoyer la place. Après avoir examiné ce qui se passait sur le tertre, nous nous dirigeâmes vers les troupes , et après avoir fait une centaine de pas nous approchâmes des canons. J'étais curieux d*exa* miner ces pièces, que, actuellement encore, personne dans tout l'empire daytsinien n'est en état de fondre, attendu que l'artillerie daytsinienne ( si tant est qu'on puisse lui donner ce nom pompeux) emploie les pièces enlevées aux Hollandais dans la petite Boukharie, ou bien celles qui ont é\é coulées sous la direction des missionnaires, il y a plus d'un siècle. Je les examinai et vis qu'elles étaient mon^ tées sur des affûts en bois à quatre roues, et fixées par dea cordes remplies de nœuds. Jugez dç mon étoni^mentl je passe à d'autres pièces et ma surprise redouble en voyant que les affûts eux-mêmes ne devaient leur solidité qu'aux cordes avec lesquelles on les avait noués. Les canons en )>roi^ze et en fonte, qui n'avaient au plus quç dix décimètres de longueur, étaient braqués sur. le tertre. Trois de ces pièces étaient préparées pour le tir, et les autres, placées des deux cdtés, étaient cachées par des abris en nattes. Etait-ce pour dissimuler leur état de dégradation ou bien pouf les garantir de l'humidité? c'est ce que je laisse apprécier à d'autres. Il est vrai pourtant que je n'osai pas prolonger davantage l'examen , pour ne pas éveiller l'attention des soldats qui se tenaient auprès de ces pièces, et qui auraient pu reconnaître que je n'étais qu'un étranger curieux. Il y avait également là de grandes timbales qui sont portées par quatre hommes sur des bâtons disposées en croix. Les soldats commencèrent alors à se placer par rangs devant des^ tentes en t^ile bleu, destinées aux chefs militaires.

Après avoir jeté un coup d'oeil sur ce qui se passait, je retournai à ma voiture et attendis que les chefs qui devaient passer la revue fussent arrivés au tertre. A l'orient le ciel commençait à pâKr; la lune perdit son éclat, et, s'inclinant vers l'occident, disparut. Les lanternes devant les rangs furent toutes descendues et éteintes. Enfin ceux que le gouandi avait désignés pour inspecter les troupes arrivèrent en palanquins et entrèrent dans la tente qui était sur le tertre. Le principal d'entre eux donna l'ordre de descendre les lanternes suspendues sur les côtés de la tente. Les troupes étaient alors rangées en trois lignes très longues, s'étendant de l'est à Fouest. Le singulier son des bourènes, qui partit de dessus le tertre, retentit aussitôt parmi elles ; puis les trois canons dont j'ai parlé firent chacun et successivement une décharge. Le récit que je vais faire , aussi bizarre en lui-même qu'il sera nouveau pour tout militaire, surprendra sans doute.

Pour charger un canon, on y met une certaine quantité de da-yao ( poudi:e grossière composée principalement de charbon mêlé à de petites parties de nitre et de soufre), ou remplit la lumière d'une poudre plus fine où le nitre domine, et au moment de tirer on y met le feu avec une mèche de papier tordu ; le feu s'étant communiqué à la charge, le da-yao commence à pétiller, le canon avance et recule, et ce n'est qu'une minute après que le coup part. Je n'ai point été témoin oculaire de ce que je rapporte là, mais je le tiens des canonniers eux-mêmes D'après cequej'aipu voirdeloin, et à en juger par la fumée, les canons devaient être inclinés à un angle de vingt d^és et au-delà. Au tir du canon succéda l'exercice à feu ; mais un vingtième seulement des soldats tiraient en commençant par le milieu des rangs et

finissant par les extrémités ; chaque rang tirait à son tour, en faisant préalablement un mouvement en ayant, au sou désordonné des timbales dont il a été fait mention. Cette sorte de fusillade se répéta six fois, et lorsque toutes< les troupes eurent repris leurs positions primitives, elles firent entendre un cri général qui fut répété cinq fois. Après cela chaque rang effectua un mouvement de retraite, accompagné d'une fusillade semblable à la précédente, pour reprendre ensuite sa première position. Là commença un feu de file général dans lequel les soldats des derniers rangs tiraient en l'air pour ne pas blesser leurs camarades et de crainte aussi que la charge ne se répandît par terre; car les Chinois ne savent pas bourrer leurs fusils et ignorent l'usage des baguettes. C'est ainsi que l'infanterie , au nombre de vingt mille hommes, termina ses évolutions.

Pendant cet exercice, la cavalerie, des officiers et de simples soldats étaient rassemblés à la gauche et à la droite du tertre, auprès des principaux drapeaux rangés en forme de petits arcs de cercle. Cette cavalerie, au signal donné par les bourènes, se transporta au côté opposé dans le désordre le plus complet ; ceux qui avaient de bons chevaux couraient en avant, et ceux qui étaient mal montés suivaient à peine. Cette débandade termina la revue! Les chefs qui l'avaient passée partirent ; après quoi les commandants , les officiers et même les simples soldats se dispersèrent sans observer aucun ordre. Ceux des soldats, qui étaient armés de fusils avaient pour habillement des justaucorps en nankin bleu bordé de blanc; ce costume les distinguait des autres qui, étant sans armes, ne se tenaient dans les rangs que pour augmenter lejiombre.

Paryii^iïil faut entendre un épais cylindre en fer de sept

à huit décimètres de longueur, noitci par le manque de soin, et fixé à un bois de fusil sans baguette ni batterie. Cette dernière partie de Parme est remplacée par une verge de (m courbée, dont l'extrémité est hifurquée pour y placer mie mèche en papier imbibée de salpêtre, avec laquelle on allume la poudre sur lé bassinet qui est à tout-à-fait ouvert.

Voilà comment se passa cette revue, que j'ai décrite sans exagération et avec la plus exabte vérité. >»

Voici la lettre du roi des îles Sandwich, Riho-Riho, fils du roi Taméaméhi , écrite en français par son secrétaire, M. Rives. On verra clairement par le. style que sa prétention à être Français est dénuée de fondement, et il n'était en effet qu'un Anglais qui avait s^ourné longtemps dans les colonies françaises.

Ce a5 mars 1 8ao.

 Sa MajeêU Impériale VEmperear de toutes les Russies.

« Ayant toujours entendu dire que Foire JUajesie est un souverain très bon et fort magnanime, je suis porté de'croire qu'EUe ne permettra jamais à ses sujets de faire du mal à personne impunément.

«J'écris cette lettre par la voie de votre consul général, M. Dobel , actuellement ici , pour informer Votre Majesté que la Compagnie américaine-russe s'est comportée très inimicdlement envers moi, car elle a envoyé des navires et des hommes pour prendre une de mes îles, nommée Wahoo.

Outre cela ^ elle prétend avoir acheté Tîle Àtoovay du roi Tôrnarée; aussi a-t-elle fait des réclamations pour avoir cette île et le paiement pour un des navires, avec les effets, échoué par les Russes sur nos côtes. Mais comme le roi Tomarée est tributaire de nous^, il n'avait aucun droit de vendre cette île. La réclamation pour des objets vendus et pour le navire qtie les Russes eux-mêmes ont échoué sur nos côtes est également injuste. Je suis donc très sûr que Votre Majesté écoutera mes plaintes, et qu'Elle ne permettra dorénavant à ses sujets de venir en ennemis chez une nation qui désire toujours la paix et l'amitié avec Votre Majesté Impériale et tout le monde. Comptant très fortement sur la générosité et la grandeur de votre àme, je demande que nous soyons amis, et que Votre Majesté Impé* riale me donne votre aide et votre protection pour affermir mon pouvoir et mon trône, laissé à moi seul par mon père Tamahamahéa, mort depuis le 8 mai de l'année 1819.

K Ne sachant pas nous-mèmela langue française, j'ai commandé à notre secrétaire, un Français, M. Rives, d'écrire cette lettre, dans laquelle je prie Votre Majesté Impériale d'avoir la bonté de la recevoir avec la môme confiance, comme si elle fût toute écrite de ma propre main. Pour montrer l'attachement que j'ai pour votre nom, votre gloire, je viens de donner à votre consul général un double oanou*, fait par les natives de mes îles, dont je prie Votre Majesté de vouloir bien accepter comme une marque du: grand respect et estime de votre humble serviteur,

« RIHO-RIHO , « Rai dis tUs Sandwich . »

* C'était une double pirogue.

Voici ce que les missionnaires Teyermann et Bennet rapportent sur les îles Sandwich et les autres îles de la mer du Sud. Ces renseignements ont été publiés à Londres en 1832. Nous les donnons en prévenant qu'on ne doit point y ajouter une foi trop explicite, attendu que, recevant des fonds de la communauté, ils devaient préconiser les succès de leurs confrères , sans quoi les secours leur auraient été supprimés.

i< C'est peu que les naturels du pays, après avoir détruit les temples païens (maraï), aient élevé des églises chrétiennes ; mais TEvangile a encore totalement changé leur caractère, adouci leur cœur et ouvert leur entendement. S'étant convaincus de la fausseté de leur religion, ils commencèrent à comprendre que leurs anciennes lois et leurs coutumes n'étaient fondées que sur de faux'principes. Plus nous observons ce changement et plus il nous parait miraculeux ! D'hommes sauvages, cruels, inhumains et enracinés dans les vices les plus affreux, ils sont devenus modestes, généreux et conciliants. Une fois un naturel du pays nous fut envoyé; nous étant mis à causer avec lui, sa douceur, sa bonté et l'honnêteté de ses sentiments nous frappèrent. Lorsque par la suite nous eAmes pris des renseignements à son ^ard, nous apprîmes que cet homme avait été autrefois un des païens les plus cruels, et qu'il s'était signalé p^r des traits révoltants d'inhumanité. »

Voici ce que le major Bourney dit du commerce que font les Chinois avec Ava, dans ce qu'il a publié sur les Bir-» mans.

f( Les marchands chinois fréquentent chaque année A va, entre les mois de janvier et d'avril. Ils s'arrêtent dans deux endroits remarquables du district de Youne-Nane. Chaque caravane se compose ordinairement de cinq cents à mille individus. Us restent en diemin de vingt-cinq à trente jmirs. Les marchandises se transportent dans des corbeilles en bambous sur des chevaux ou des mulets, et consistent en chaudronnerie (l'exportation du métal non ouvré étant prohibée), en soie gr^e, en peaux de qualités supérieures , miel, papier, grandes marmites et poêle» en fèr, chapeaux de paille, éventails, noix, fruits secs et cuHs, thé en bafles, etc. Pour tous ces objets les Chinois ne reçoivent en échange que du coton. Les Birmans accordent de grands avantages aux marchands chinois. Il est digne de remarque que la majeure partie de ces caravanes se compose de Chinois mahoméfans , dont quelques - uns lisent l'arabe. » Enfin le major Bourney suppose qu'on pourrait, avec le temps, pénétrer en Chine par la voie de Youne-Nane , en entretenant de bonnes relations avec les Birmans.

Nous extrayons du journal qui se publie à Canton ( The Canton Register) la description suivante des colonies chinoises dans rile de Formose.

c( Pendant le r^ne de la dynastie Ming , les îles Pong- Hou (Piscadores) éprouvèrent divers changements. Tous leurs habitants furent une fois transportés, et en même temps, dans la province de Fo-Kien ; mais ils en revinrent, fondèrent de nouvelles colonies et les fortifièrent contre les pirates qui s'étaient emparés de l'île. En 1430, l'eunuque Yan-Chan-Parou fut porté par la tempête sur les

cotes de Formose. En 1564, Lin-Taou-Kin, à Taide de pirates japonais^ ravagea les côtes de la Chine. L'amiral You* Taïeve le suivit jusqu'aux îles Pong-Hou et le força à se réfugier dans l'ile de Formose; mais ign<Nrant la direction qu'il avait prise, il ne l'y suivit pas. Lin-Taou-Kin ne demeura pas longtemps à Formose, et après y avoir crudlement massacré beaucoup d'halstants^ il se rendit par mer dans la provJnoe de Canton. En 1621, un Chinois, an seivîoe du Japon, aborda avec quelques Japonais à Formose^ où un certain Hing*-Hé-Loung l'y jcôgnit, et e'isst depuis ce temps que les Chinois commencèrent à fonder des établissements à Formose. Hing^Bé-Loung et ses compagnons l'abandonnèrent, à ce qu'on dit, bîentdt; mais s'il en est règlement ainsi , c'est qu'ils y revinrent de nouveau peu de temps après. Ce (ut vers le même temps, d'auprès ce que rappcwtent les Ustpriens chinois, que les Hollandais abordèrent jpowr la première fois à celte tle , oà ils entrèrent par une ruse empruntée à Didon, dont l'hBtdirè était assurément inconnue aux Chinois. Comme ùû lènr avait refusé une petite portion de terrain qu'ils avaient demandée, ils insistèrent pour qu*on leur en cédât au moins, et pour une forte somme d'ai^ent , autant qu'une peau, de bœuf en pourrait contenir. L(»8que ks Chinois eurent eon^ senti à cette demande, ils découpèrent la peau en lanières très étroites qu'ils nouèient ensemble, et s'étant appropriés de la sorte un terrain considérable, y construisirent le fort Zélandais. L'année suivante ils s'emparèrent de Pong-faoo, l'une des plus vastes îles, et y construisirent paiement un fort. A partir de cette époque les habitants de la province de Fo-Kien établirent un commerce rentier avec For* mose. .

« L^ Chinois jouirent paisiblement de leurs conquêtes jusqu'à i'avéneitient au trône de la Chine de la dynastie actudlei alors les étn^ants chinois demandèrent à Hing- Hing-Kounha^ plus connu sous le nom de Kock«Sine4Ii9 fils -de Hine-Hé^Lounha, de chasser les Hollandais et de réunir 4es polBsessiOtiB hollandaises àux siennes. Kock-Sine-Hi» qui se sentait asl^ fort pour résister aux Tarbres^ conquérants de fa CSijne^ ne ^v>oolut pas d'abord suivre ce conseil; mais cependant^ ùnté ans api^, il ^otra par «urprisè^ et à là fa* veur d>ttu^|âi|s hfoijiilkrd , dans Taë^Yane^prindpale ville

Ab6 ÇoUâudaiii ^ les força à abandonner Ptle et s'en déclara lé^E^é Apr^^a movt 5 sott fila Hine^Kine^ et après lui son neveu Bi|ig«>Kih-Chvaiie> occupèrent successivement le t#tee démette petito royauté. Aucun d'eux n^était doué de qnafiléè «émarej^Ués^ et Id dernier fot forcé à se soumettre à l'empereur Khang-Hi| ceci eut lieii en 14)63. La politique de la dynastie chînoisa âctuelte, par rapport à Formose, a omirisié è empêcher que cette Ile devienne le refuge des mécontent» t^ des Criminels. En conséquence, dn^ge de ton» ceilx qui vont à Fprinose un droit triés considérable, •anisiconipter qu'on leur susdite en outre beaucoup de difficultés* BtalgtA toute» ces précautions » l'île est souvent le théâtre de graves désordtes et leé naturels sont continuel'^ lemettt en guerre avec le» colons chinois. »

'iTyphoni^,- ce sotit des ouragans qui agitent la mer de la Chine au changemeht des moussons en vents périodiques.

Afin de fournir de nouveaux termes de comparaison en-

tre ce qui se trouve dans cçt ouvrage sur les émigrations et les colonies chinoises et les renseignements rassemUés par le parlemejnt d'Angleterre, nous transcrivons ici un article tiré d'une feuille contemporaine.

¥ Les Chinois expédient diaque année un grand nombre de jonques avec des marchandises pour Sincapor 5 la Gocbinchine, Java, le Japon, et en général pour tous les Etats limitrophes. Malgré la mauvaise constructi^i des jonques, qui leur occasionne de graves avaries, ce commence a beaucoup d'activité. Les droits de douane qu'en pw çoit le gouvernement ne montent qu'aux deux tiers des droits payés par les Européens; ea outre > les Chinois ont l'avantage de sortir des différents ports de leur pays, tandis que les £ur ropéens sont bornés au seul port de Canton. Ce qui facUtte beaucoup ce commerce, c'est le grand nombre de Chin<NS éublis dans divers Et^its limitrophes.

K Les Chinois émigrent généralement des provinces .qui s'adonneiit au commerce extérieur , c'est-à-dire de Canton, Fo-Kien, Ché-Kien et Kian-Nin ; mais les émîgrants de, ces deux dernières provinces ne vont qu'à Tonquin et aux îles Philippines. Les autres se dispersent dans tous les Etats voisins où ils peuvent trouver occupation et protection ; mais des raisons politiques font qu'on ne les reçoit pas dans quelques pays où qu'ils y sont opprimés; dans d'autres, ce sont eux qui n'y vont pas volontiers à cause de l'éloignement ou du défaut d'espace. Des vues politiques les excluent complètement du Japon , comme les Européens , et la même cause fait qu'pn n'en reçoit que peu en Cochinchine : les Espagnols et les Hollandais, lorsqu'ils possédaient les Philippines, les considéraient avec la plus grande méfiance. L'éloignement, mais surtout une population aussi consi-

dérable qu'industrieuse , empêchent qu'ils aillent s'établir dans les possessions anglaises de Tlnde-Orientale , où ils sont peu nombreux. Les artisans chinois, tels que cordonniers et autres , n'habitent que les grandes villes , comme Calcutta, Madras et Bombai. On sait que dernièrement beaucoup de Chinois sont partis pour l'île de Mavrikia.

« Un Chinois ne quitte son pays qu'avec l'espoir d'y revenir, bien que très peu réalisent cette espérance. Les frais de l'émigration ne sont pas considérables; la traversée dans une jonque, de Canton à Sincapor, ne coûte pas plus de 6 piastres ( 32 fr. 40 cent.), et 9 (48 fr. 60 cent.) de Fo-Kien. Une somme aussi modique est acquittée sur le prix du premier engagement du colon , mais rarement d'avance. Les émigrants appartiennent à la classe ouvrière; ils emportent communément un paquet de quelques habits, rarement neufs, avec un vieux matelas et son coussin sur lequel ils dorment. A peine arrivés, leur situation s'améliore sensiblement; ils retrouvent des compatriotes de leur village, et souvent mèipe des parents et des amis. Aussitôt on leur fournit de l'ouvrage dans un pays qui ressemble au leur, mais où le travail a une valeur double, tandis que tous les objets de consommation indispensables coûtent moitié moins.

f( Les Chinois, sous le point de vue physique comme sous le rapport mpral, l'emportent sur tous les peuples et peuplades chez lesquels ils s'établissent. Leur taille a environ deux pouces de plus que celle des Siamois, et trois pouces de plus que celle des Cocbinchinois , des Malais et des Javanais. Us sont musculeux et bien faits. Leur supériorité est encore plus remarquable sous le rapport de leur aptitude à tout faire et à tout observer. On en trouve la

preuve dans la différence des salaires que reçoivent les artisans : à Sincapor , le Chinois reçoit 8 piatres ( 43 fr. 30 cent.) par mois ; Thabitant de la côte de Goromandel 6 ( 8:^ fr. 40 cent.), et le Malais 4 (3t fr. 60 cent.). Ainsi le travail du premier est estimé à un quart en sus du second et au double dû troisième. Mais dans les métiers où Vhalnleté et l'adresse sont le résultat d'un apprentissage, la différence est encore plus frappante ; ainsi le charpentier chinois reçoit 1 3 piastres ( $4 fr. 80 cent.) par mois, rindien 7 (37 fr. 80 cent.) et le Matais, qui ne fait que les deux métiers de couvreur en paille et de scieur de }ong> seulement 5 (37 fr.).

«Différents colons Chinois vivent séparés, non-seulement des étrangers, mais même entre eux; cek provient de ce qu'il y a une grande dissemblance entre les coutumes des différentes provinces. Ceux du Fo-Kien passent pour être plus sociables. Les colons de la province de Canton se partagent en trois dasses : ceux de la ville de Canton et de ses environs , ceux de Macao et des tles de la rivière, ceux enfin des districts montueux de la province. Les premiers, outre leur passion pour le commerce, sont habiles dans divers métiers, et ont des dispositions particulières pour les recherches et les travaux des mines; ce sont ceux que l'on emploie principalement aux mines d'argent de Tonquin, Bornéo et Malacca, comme aussi à celles de plomb de cette presqu'île et de Banka. Les Chinois de Macao et des îles ne sont pas estimés de leurs autres compatriotes; mais la troisième classe, qui est la plus nombreuse, est aussi la plus inférieure et ne s'adonne qu'à la navigation et à la pèche. C'est parmi ces derniers colons que les Européens recrutaient autrefois des matelots.

Ce sont de tous les Chinois ceux qui sont le moins dociles et les plus disposes à se révolter. H existe encore une autre^ classe de Chinois, établis dans l'empire dès Birmans, qui, sous beaucoup de rapports, l'emportent sur les précédents : à l'exception d'un petit nombre d'émigrants de la province de Canton qui trouvent le moyen de se rendre à Ava par mer, ils sont tous de la proyijGice de Jounane, et, suivant moi, bien inférieurs pour l'intelligence et Ta* dresse à ceux de Canton et du Fo-Kien^ Enfin ceux qui sont de races mélangées se distinguent de toutes ces catégories par la parfaite connaissance de la langue, des meaurs et des coutumes des pays où ils vivent; mais quant à l'industrie et au comme^oe, ils n'occupent pas une. place distinguée. C'est ps^rmi eifx qne les Européens prennent. Iomfs courtiers, changeurs^ etc. ; il est rare qu'ils s'adonnent à d^ n^tiers. Les cohmr-de toutes les catégories s'occupent volontiers de culture, mais rarement comme simples ouvriers, du moins s'ils peuvent l'éviter. Ils s'occupent à peu près exclusEivemfint de la propagatioct et de 1« culture de l'acacia indic^ ( cachou ) dans la détroit de Maboca , du poiwe à Sùm et du sucre dans cette même île, à Java et dans les iks Fhili|^nea.

cDJffiSientsdecotttumes, d'habitudes et même de langage ou d'idiome, conservant un attachement général et les préjugés de leurs provinces, les colons chinois se querellent, se battent et le sang coule dans ces démêlés, qui pourraient inquiéter les établissements européens, si Ton ne comptait sur la faiblesse des Chinois. De tous les Asiatiques qui se sont fixés dans l'Inde anglaise, ce sout les plus soumis et ceux qui occupent le moins les tribunaux de leurs affaires, bien qu'ils soient plus nombreux et plus riches

que les auttes. La population chinoise, dans les Etats voisins de la Chine, peut s'évaluer approximativement comme il suit :

Philippines 15,000

Bornéo 120,000

Java 46,000

Colonies hollandaises près du détroit

deMalacca 18,000

Sincapor 6,200

Malacca , 2,000

Pennangue 8,500

Presqu'île Malaise 40,000

Siam 440,000

Cochinchine 15,000

Tonquin 25,000

En tout 734,700

«( La nature de cette population a ceci de remarquable qu'elle oontientbeaucoup de jeunes hommes, et un très petit nombre de femmes et d'enfants. Cela provient de ce que les lois en Chine défendent en général l'émigration, et punissent de mort l'homme qui a quitté l'empire. Les femmes et les enfants s'y soumettent, ou pour mieux dire, les coutumes et les préjugés nationaux s'opposent à ce qu'ils abandonnent leur pays natal : onnevoitpointdefemmesparmiles émigrants. Us s'allient volontiers avec les femmes des pays où ils vivent, et leurs descendants se mariant entre eux bu bien avec des Chinoises, après quelques générations ils ne se distinguent plus des naturels du pays ni par les traits ni par le teint du visage. Partout où les Chincûs se sont établis depuis longtemps, comme à Java, Siam, la Cochin-

cbiae et aux îles Philippines, les métis forment une population très nombreuse; mais là où ils sont depuis peu de temps, la différence du nombre des femmes à celui des hommes est considérable. Ainsi à Sincapor sur 6,200 Chinois il n'y a que 360 femmes, et qui encore ne sont Chinoises que de nom. On peut se faire une idée de l'étendue de Témigration annuelle des Chinois, en observant qu'il en est arrivé à Sincapor 3,500 en 1835 et 5,500 en 1826. A Siam il en arrive annuellement 7,000; on cite une jonque qui en a amené à la fois 1,200. Le nombre de ceux qui rentrent en Chine est paiement considérable , mais de beaucoup inférieur à celui des sortants. Il s'en trouve aussi quiémigrent deux fois.

« Ainsi il existe hors de la Chine une population chinoise qui s*étend à un million d'âmes. Elle entretient des relations suivies avec la mère-patrie, et a encore ceci de remarquable que nulle part elle ne forme d*£tat indépendant, mais se soumet toujours aux lois du pays qu'elle habite. C'est d'après elle qu'on a jugé du caractère des Chinois, de leur industrie et du penchant qu'ils ont à s'approprier les coutumes et l'industrie européennes. On en a même déduit des données statistiques assez curieuses; ainsi, d'après la quantité de thé qu'emploie une famille chinoise à Sincapor ^ en tenant compte du d^é de richesse de cette colonie par rapport à la Chine, on peut conclure qu'il s'en consomme en Chine près de huit cent quarante-six millions de livres, c'est-à-dire vingt fois plus qu'on n'en consomme en Angleterre.

« A Sincapor une famille composée de six individusi consomme soixante-dix livres de thé ; en Chine une famille pareille en consommerait moitié moin3, ce qui provient du

difféfenl digfé dViUaace dea cbsses inféiiéures dans les deux pays. Ainsi |>oar une popub^K de œnt (parante millionfi d'habitants» coi peut eistimet la ooosoaunaticm à

huit ceot quarante-râ mille livres.

«Le commereeqve fiût la ^3iiiiepar ses jonques, cdlesde . Siam et d'autre», est évalué à quatre-tingt miUe tcmnes, en prenant trois cents tonnes pour moyenne du p<^ d'un de ces bâtiments. Le comité du parlement st, accordé à ce commerce une attention très particulière, à cause de la possibilité prétendue, mais contestée, de remplacer le commerce de Gantoa par celui des indigènes, dans le cas ou let Chinois fermeraient ce port aux étrangenr. )i

Extrait des notes du voyageur JkUton.

lie (fat est d'une escdlente qualité t ur tout le rivage de Bornéo , mais jîl est loin d'être comparable à. celui de l'iaté^ rieur du paya.. Ce sont ka Dayaks on indigènes qui fabriquent les meilleutea lames de poignard* C'est surtout le pÀys sous l'autorité de Sdâgj qui se distingue dass cette industrie; ses fers de lanoe et ses p<Mgnards sont les meilleurs de toute file. On coÉqple quarante-neuf fenges dans k seul district de Marpaeu. Maïs quant aux sabies et aux p<4gnards dont Seldgy fait lui^méne usage, ils viennent â'nne contrée plus au nord, éont les habitants sont encore dans Tétat de nature, sans demeure fixe, ne se nourrissent que de fruits, de serpents et de singes, mais fabriquent cet acier supérieur qui donne lieu aux fréquentes attaques des Dayaks . Les outils fabriqués avec cet acier coupent facilement le fer forgé et même l'acier. Nous avons vu nous-mème gratter

ainsi de& lames de canif au point de les amincir assez pour qu'elles se bridassent. Une autrefois nous pariâmes contre Sel^iy qu'il ne couperait pas avec son sabre un canon de fusil; mais lui, sans nous r^ndïe, posa le caînon srur une pièce de bois, et le coupa par morceaux sans qu'on s'en ap^çût à la lame.

L'importation et l'exportation des trois colonies de Pennangue , Malacca et Sincapor s'est augmentée d'année en année; en 1823 elle Calait 8^000,000 de piastres, et en 1825, 15,000,000. La population s'est accrue de quarante à cent mille âmes.

Extrait 4ei documents officiels duparlemetU d^Ang[kferre^si$r le

commerce de l'opium en Chine.

Toute la consommation actuelle de l'opium en Chine peut s'évaluer de treize à quatorze mille caisses, représentant .une valeur de 70 à 75 millions de francs. En s'en tenant au dernier diiffre, la caisse se partagerait entre £x mille individu», eti supposant la population totale du pays do cent quarante millions d'âmes. La caisse pèse un peu plus d^ cent cinquante livres; ainsi donc 1» livre se partage entre soixante-six individus; résultat imasense } L'accroissement de l'importation provient sans doute de ce qu'une fois l'habitude prise de faire usage de ce narcotique il devient indispensaUe d'en augmenter successivement la dose pour obtenir le degré d'ivresse désiré ; il y a même du danger à renoncer brusquement à cette fiineste haUtude. Il est à

remarquer que la valeur de Topium importé en Chine équivaut à peu près à celle du thé qui s'en exporte.

Le oommerce.de Topium s'est accru, comme le tableau suivant l'indique, dans les dix dernières années, à partir de 1818.

Années. importé eo Chine. : CaiBses valant.

1818, 4,580 3,159,250 piastres.

Toute cette quantité d'opium a été importée du Bengale. Il vient en outre environ cinq mille caisses d'opium du Levant.

Le café parait appelé à remplacer avec le temps l'usage des boissons fortes; du moins a-t-on observé dans F Amérique du Nord que, depuis la fondation de la SociéU de Tempérance j l'usage du café s*€st considérablement accru. £n 1 82 1 il s'en est consommé aux États-Unb quatorze millions neuf cent soixante-trois mille livres, et en 1830 viugt-sept millions huit cent mille livres, c'est-à-dire près du double. En Europe même le café devient d'année en année une branche de commerce plus importante, et il est digne de remarque qu'en 1830^a consommation a dépassé la pro-

duction. En effet, il a été exporté cette année-là de File de Java quarante-denx millions cinq cent soixante mille livres, et de Sumatra (dans l'Inde-Orientale) treize millions quatre cent quarante livres, et de cette énorme quantité il a été consommé, en Angleterre seulement vingt-un millions sept cent vingt-huit mille livres.

70 à 80 d^és Farenheit font à peu près de 17 à 22 degrés Réaumur au-dessus de zéro.

50 à 60 degrés Farenheit font à peu près de 8 1 3 degrés Réaumur au-dessus de zéro.

Les Tagalitz (Tagales) sont les habitants de File de Luçon.

Riapuhuy dim. riapnchka^ espèce de petit poisson qui se pèche dans la Neva et dans les lacs de Ladoga et d'On^a. C'est le SalmO''Marœnulo.

Nao Consiùuii'an^ nouvelle charte promulguée à Manille en 1820, sur Tordre des Gortès, dans la teneur adoptée par Ferdinand Vil. Le résultat a démontré à quel point cette mesure fut mal calculée et nuisible.

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