‹ Spet années en Chine; nouvelles observations sur cet empire, l'archipel Indo-Chinois, les Philippines et les Iles SandwichChapitre 22 sur 36 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Ile de Luçon. — Productions. •— Alimentation économique.

— Filets à poisson. — Commerce. — Navires à Acapulco. •—Richesses des couvents. — Commerce extérieur anéanti.

— Gouvernement de Tile. — Le choléra à Manille. — r Révoltes. — Étrangers assassinés. — Comment je fus sauvé.

' — Mort du consul danois et des chirurgiens français. — Insouciant sang-froid du capitaine général. — Fermeté du chef de l'artillerie. — Mon neveu échappe par miracle. — Mort du capitaine général. — - Caractère des Tagalitz et avantages que Ton tiurait pu tirer de cette colonie. — Conclusion de l'ouvrage.

L'Île de Luçon, la plus considérable de celles des Philippines que possède l'Espagne, renferme plus d'un million d'habitants. Parmi le grand nombre de ses abondantes productions, nous citerons le coton, le café, l'indigo, la canne à sucre, le riz , le maïs, le tabac et le froment, dont le produit, sous une meilleure administration, pourrait s'accroître considérablement, en même temps que les prix baisseraient en pro-

portion, la main-d'œuvre n'étant nulle part à aussi bon marché. Dans l'état actuel des choses on s'occupe peu d'améliorations, et les procédés de fabrication et de culture qu'emploient la ma^ jeure partie des habitants sont ceux qui étaient en usage lors de l'établissement de la colonie.

Diverses cotonnades et une toile tissée avec une plante d'une espèce particulière qui res-^ semble au lin se fabriquent dans l'île. Ces produits étant renommés pour leur beauté et leur solidité se vendent aisément dans les autres îles du groupe des Philippines , comme aussi dans l'archipel Oriental, L'extrême bon marché de ces objets excita d'abord ma surprise, mais elle cessa pourtant lorsqu'on m'eut appris à quel point la main-d'œuvre coûtait peu.

Parmi les diverses espèces de poissons que la mer fournit en grande quantité, ceux de l'espèce des sardines et du riapuha {^) abondent principalement. La mer rejette aussi sur les écueils une herbe marine d'une espèce particulière qui, cuite et réduite en bouillie , se transforme en une sorte de gelée qui est un bon aliment. Avec du sucre elle a un goût agréable, est très nutritive et coûte si peu qu'un homme peut s'en rassasier pour environ quinze centimes. Le riz,

dont la classe inférieure fait usage, est aussi à fort bon compte : il est rare qu'il vaille plus de trois francs le pékul. Luçon produit encore une espèce de pomme de terre sucrée, des ignames en grande abondance, et beaucoup d'autres produits du sol qui, pour la plupart, sont très sains et très nutritifs. Il en est de même d'une sorte de fruit qu'ils nomment plantane^ et dont on distingue sept espèces : on le mange cru et rôti. II serait même superflu d'énumérer tous les genres d'aliments que produit cette terre fertile, et que la nature fait naître sans exiger le travail de l'homme.

Les habitants de l'île de Luçon, et généralement tous ceux des Philippines, sont d'habiles pécheurs; ils pèchent le menu poisson avec un filet quadrangulaire, aux quatre coins duquel sont attachés des perches en bambou, dont les extrémités sont attachées ensemble et fixées à un levier qui tient lui-même au mât du radeau sur lequel voguent les pêcheurs. Ce filet se descend dans l'eau pendant l'espace d'un quart d'heure, d'où on le retire ordinairement avec huit à dix poissons. Si l'eau est limpide, on met un appât dans le filet; mais cela est rare , car les eaux du golfe et des rivières de

Manille sont généralement troubles. Je pense que ces filets soQt d'invention chinoise, car j'en ai vu de semblables, mais d'une grande dimension, sur les côtes de la Chine. Les mats et les leviers en étaient scellés dans les rochers du bord, et c'était au moyen de cabestans qu'on les retirait. Ajoutons que si l'on pêche beaucoup de menu poisson, ce n'est toutefois qu'à une certaine époque de l'année.

Il est vraiment fâcheux que le gouvernement espagnol ne se soit jamais occupé convenable* ment des Philippines, et qu'il les ait considérées comme une colonie secondaipe, dépendante d'une autre colonie (l'Amérique du Sud), et qu'il n'ait pas autorisé le commerce direct avec l'Espagne. Cependant si l'on observe que non-seulement les lies Philippines, mais encore les îles Babuyanes et Marianes, dépendent du capitaine général de Manille, on reconnaît que les posses* sions espagnoles dans ces mers sont considérables. Autrefois tout le commerce que Manille était autorisé à £Eiire se bornait à expédier un bâtiment chaque année pour Acapulco, lequel était naturellement très richepient chargé. Depuis lors ce droit est étendu à deux bâtiments par an. Le chargement appartenait à la Com-

p^gnie espagnole des Philippines^ à de riches coavents et à des particuliers aisés de la ville. Chaque employé du gouvernement avait le droit d'expédier par ces bâtiments une quautité déterminée de marchandises suivant son grade. Il lui était loisible de profiter lui-même de son droit ou de le céder à un tiers. Souvent de riches couvents ont prêté de l'argent à intérêt et dans ce but à de pauvres employés du gouvernement, en prenant en même temps l'assurance du navire à leur charge. Le chargement de la galiote qui se rendait à Âcapulco était connu pour être si riche que les corsaires en temps de guerre guettaient soigneusement son passage, sachant bien ce que pouvait leur rapporter une prise semblable.

A l'époque de mon premier séjour à Manille, il n'était permis qu'à un très petit nombre de navires d'y aborder; c'étaient deux bâtiments ven^iiit de Madras avec l'autorisation de la Compagnie des Philippines, un navire portugais de Macao, une ou deux'^jonques chinoises, ou bien enfin quelques. bâtiments indigènes de l'archipel Oriental. Il arrivait aussi de loin en ^loin que quelque navire américain y abordait sous le prétexte de manque d'eau et de provisions. En pa-

rcil cas, le capitaine, après avoir obtenu la per* mission d*entrer dans le port , demandait qu'il lui fût permis de Tendre une partie de son chargement pour avoir de quoi payer les vivres qui lui seraient fournis. Une fois cette formalité remplie, il vendait communément toute sa cargaison et la remplaçait par des produits de Manille. Le gouvernement de File, en faisant semblant de ne s'apercevoir de rien, n'agissait que dans son propre intérêt , car par là les revenus s'accroissaient, tandis que ce commerce faisait prospérer la colonie. La seule production qui ne se vendît pas bien autrefois était le sucre; d'énormes tas de cassonade demeuraient sans emploi durant des années dans des magasins particuliers, et il était rare que le sucre se vendît à plus de 30 centimes le kilogramme; mais en 1820 le prix s'éleva tellement que le kilogramme put être vendu facilement à 75 centimes.

Il existe une mine d'or dans l'île de Luçon, mais il paraît que les Espagnols ne s'en sont pas occupés et qu'ils n'ont pas poussé loin les recherches ; ajoutons que de toutes les colonies qui possèdent des richesses minérales, celles des Philippines sont les moins connues. Quant aux forêts, elles sont de la plus grande beauté ,

et le tek qui y croit ne le cède guère à celui de Java, car les bâtiments coiistruits avec ce bois peuvent durer de quarante à cinquante ans. Les palmiers de Luçon se subdivisent en soixantedix espèces différentes, dont une mérite principalement de fixer lattention par la propriété qu'elle possède de se conserver dans Teau ; aussi Yz^peWe-t'-on palmier à pilotis. Le môle du port de Manille, qui a été construit dès l'origine sur des pilotis semblables, est encore d'une solidité parfaite; non-seulemènt ce bois se conserve dans l'eau, mais il s'y durcit et finit par se transformer en une espèce de pierre.

Malgré la population considérable de ces îles, on en exporte chaque année une grande quantité de riz pour la Chine, bien que sa culture laisse encore beaucoup à désirer. Tous les fruits des tropiques y croissent aussi en abondance. Les ananas et les mangos y sont sans pareils ; mais le premier de ces deux fruits est dangereux quand on en abuse, car il engendre alors des fièvres pernicieuses; quant aux mangos bien mûrs, on peut en manger sans inconvénient. Nous regrettons de ne pouvoir donner une description détaillée de tous les fruits succulents et inconnus en Europe qui y croissent ; celte énumération

étendue dépasserait de beaucoup les bornes de cet ouvrage. Le gibier y est en grande quantité : il consiste surtout en canards, perdrix, pigeons sauvages, sangliers et chevreuils. Des singes, des perroquets et une foule d'oiseaux du plus ri-^ cfae plumage peuplent les forêts de Luçon. Le chasseur aurait donc de quoi se satisfaire amplement sans les énorùres serpents qu'il est exposé à rencontrer. Quelques-uns de ces reptiles sont très dangereux, d'autres au contraire, et principalement lés grands iserpents, les beaux serpents verts et tes serpents d'eau , ne sont nullement à redouter. Mais ce qui dégoûte et incommode le plus les étrangers, ce sont les scorpions et les mille-pieds ; la piqûre de ces insectes,.bien qu'elle ne soit pas mortelle, est pourtant vénéneuse, occasionne une douleur insupportableet produit une enflure qui dure plusieurs heures. Ces hôtes incommodes s'introduisent dans les maisons et pénètrent jusque dans les lits, si les domestiques chargés de maintenir la propreté n'y font pas beaucoup d'attention. Les lézards parcouren t toutes les murailles des chambres, et quoiqu'ils soient tout-à-fait inofiensifs, leur aspect a quelque chose de repoussant; itiais comme ce sont eux qui font la guerre aux mou-

ches et aux eonsins, dont ils se nourrissent, on ne s'attache pas à les détruire.

La population nombreuse de Luçon et des îles environnantes, population qui s'élève à trois millions d'habitants, ne suscita pas d'obstacles au gouvernement jusqu'à l'année 1820, grâce à l'heureuse influence du clergé. A cette époque l'espritd'intrigue et d'insubordination, qui depuis longtemps s'était glissé parmi les métis, trouvant un nouvel élément d'excitation dans la pu* blication de nouvelles institutions politiques sous le nom de JVao Constitution (^) , éclata parmi les classes inférieures, et le feu de la sédition se propagea rapidement. Au reste le soulèvement ainsi que le massacre des étrangers, qui se prolongea pendant deux jours, ne doivent pas être attribués à cette seule cause, car les autorités locales elles-mêmes n'y demeurèrent pas éïrangères .

En effet les autorités et le clergé considéraient avec envie les avantages dont jouissaient les étrangers qui s'étaient établis à Luçon, et auxquels on était pourtant redevable de l'amélioration de l'agriculture et de l'industrie manufacturière ; ce fut principalement cettacause qui les^ décida à en venir aux dernières extrémités pour

effrayer par un exemple les étrangers qui penseraient désormais à venir s'établir dans Tîle. Mais le meurtre et la sédition n'étaient pas les

seuls fléaux qui dussent s'étendre sur Luçon ; bientôt le choléra, apporté del'Inde par un navire, éclata avec violence et ajouta les ravages de l'é* pidémie aux maux qui pesaient déjà sur l'île* Rien ne saurait donner une idée du courage et du dévouement que montrèrent les médecins étrangers, alors même que la maladie sévissait avec le plus de violence à Tondo et Binondo.

C'étaientsurtout les pauvres qu'ils s'appliquaient à soulager en leur distribuant gratis les remèdes convenables. Malheureusement des Espagnols malintentionnés profitèrent de ces tristes circonstances pour répandre le bruit que le mal était dû aux étrangers, qui, pour se débarrasser de la population indigène, semaient le poison. Quelques individus de Tondo et Binondo, où, comme nous l'avons dit, la maladie sévissait avec le plus de force, vinrent compléter l'exaspération d'une populace avide de sang. Un soulèvement eut lieu, et les médecins étrangers tombèrent les premiers sous les coups des assassins ; après quoi le peuple se porta avec furie vers les demeures des étrangers, dans l'intention de les dé-

truire toutes. Dans ces graves circonstancesi non-seulement les autorités n'agirent pas pour ramener Tordre, mais l'on vit même des agents de police marcher à la tête des rassemblements et leur désigner les maisons qu'il fallait piller de préférence. Pourtant le capitaine général avait été prévenu à temps, et le consul danois lui avait même écrit deux fois pour lui dépeindre sa position et celle de ses^mis, qui étaient venus chercher un refuge chez lui. Que fit le capitaine général ? Il traversa la ville entouré de ses gardes, vit les corps ensanglantés des médecins français, qui, après le massacre, étaient demeurés étendus à la place où ils avaient péri, vit aussi le rassemblement tumultueux qui s'acharnait à enfoncer la porte du consul danois, et n'eu continua pas moins son chemin avec un sang-froid inexplicable. Aussi qu'en résulta-t-il ? Un quart d'heure après la porte s'écroula, et le malheureux consul, sa famille et les amis qui l'entouraient furent massacrés ! Tous les Européens éprouvèrent le même sort, et il n'est point d'indignités que n'aient commis les assassins sur le corps des victimes; après quoi ils réunirent ces malheureux restes aux meubles des maisons, et le tout fut brûlé en place publi*

que. Cette scène de carnage dura pendant trois heures sans qu'un seul soldat fût sorti du fort pour y mettre un terme !

- Les séditieux, après en avoir fini avec les Eor ropëens, voulurent s'en prendre aux rich^ Chinois; mais comme beaucoup d'Espagnols avaient des marchandises dans les magasins de ces Chinois ^ de fortes plaintes s'élevèrent de leur part et contribuèrent aux mesures qu'on se décida à adopter trop tard. Celui du reste qui s'opposa seul et avec énergie à la continuation de ces scènes sanglantes fut le commandant de l'artillerie; les représentations qu'il fit au capitaine général furent si fortes qu'en sortant de chez lui Cet officier annonça qu'il allait faire avancer son artillerie et tirer à mitraille sur tes rebelles. Une démarche aussi décidée obligea le capitaine général à sortir de son inertie et à déclarer la ville en état de siège, en ajoutant que si tout ne rentrait pas immédiatement dans l'ordre il ferait agir la force armée. Cette mesure produisit l'efiet lé plus salutaire, et une heure après la publication de la proclamation il ne restait pas un seul insurgé dans les rues.

' On apeine à se figurer la quantité de marchandises composant des chargements préparés dans

les magasins, qui furent lacérées, brûlées on jetées àJ'eau dans cette échauffourée. Quanta moi, si j'échappai au massacre, j'en fus redevable à une incommodité qui me retenait alors à Macao avec ma famille, pour y recevoir les soins du chîcurgiëD de la factorerie britannique. Mài$ ma maison avectout ce qu'elle contenait^, ainsi que moa jardin, furent détruits de fdnd eti comblé ! Je perdis là une plantation précieuse que j'avais reiQueillie au risque du plus grand péril dans une des îles Sandwich, et que j'avais cultivée dans l'iniention d'en enrichir la Russie. Ma maison fut donc entièrement détruite, et ce qui tient du prodige 9 c'est que mon neveu, qui s'y trouvait alors, parvint à échapper aux assassins, et voici comment. Quand il vit approchei^le rassemble^ ment, son premier soin fut de barricader la porte de la maison ; mais ayant reconnu ensuite le npmbrjS des assaillants il se décida à l'ouvrir ; déjà le poignard était levé sur sa poitrine, quand un soldat que la curiosité avait porté à suivre le rassemblement et qui connaissait mon neveu, prit sa défense et parvint à contenir les séditieux jusqu'au moment où un de leurs chefs vint le réclamer. Cette circonstance ne l'aurait point soustrait au sort qui le menaçait si l'on n'avait

su qu'il était médecin. Aussitôt on le mena chez des cholériques, et le succès qui couronna les soins qu'il leur donna changea tellement les dis-* positions de ses persécuteurs qu'ils passèrent de la haine à la vénération.

Cependant le feu de la sédition n'était pas éteint ; bientôt il y eut une nouvelle émeute prin*^ cipalement dirigée contre les Espagnols. Le ca« pitaine général, qui avait montré tant de faiblesse à la première, déploya une grande sévérité; mais le succès avait trop enhardi les meneurs, et il périt lui-même sous les coups des assassins ! Le peuple prit alors tant de goût aux soulèvements qu'il en fit éclater bientôt un troisième qui fut le dernier, car il ne tarda pas à être apaisé par l'arrivée d'un nouveau capitaine général et d'un surcroit de garnison.

Tels furent les troubles de Manille, qui sembleraient faire croire à un caractère de cruauté de la part des habitants, opinion que je dois chercher à rectifier, car les habitants de Luçon sont même bons de leur nature , et les scènes affreuses que je viens de décrire n'étaient que le résultat de menées démagogiques et de l'influence du choléra ; ce peuple est d'ailleurs le plus gai des Asiatiques^ L'intelligence et la facilité à s'in-

struire ont ëlé dévolues aux Tagalitz; ils aiment la musique, et grand nombre d'entre eux jouent bien de la guitare, du violon et du piano. Ce qui ne convient pas à ce peuple, ce sont les travaux qui exigent de la force; aussi les abandonnentils à des Chinois, moyennant salaire; d'ailleurs ils font de bons matelots et de braves soldats. Ils ne pensent qu'à jouir de la vie dans leur beau climat , et le dolcefar niente est en un mot leur occupation favorite, sans compter les amusements du pays , dont le principal est le combat de coqs.

Je doute qu'il y ait nulle part des coqs aussi forts et aussi ardents qu'à Luçon ; quand il s'agit de les faire combattre, on arme leurs pattes d'éperons meurtriers, dont la forme se rapproche du sabre. Dans une des courses que je fis dans ces différentes îles, j'eus occasion d'assister à un combat de cette espèce qui se vidait en présence d'une assemblée nombreuse de Tagalitz ; là on me montra un homme qui avait perdu à ce jeu non-seulement son argent, ses biens fonds, sa maison, enfin tout son avoir, mais encore sa femme et ses enfants, qui étaient devenus la propriété du gagnant.

Les Tagalitz sont très bons cavaliers ; leurs

chevaux, quoique de petitd taille, sont pleins d'énergie, vifs et in&tigables. Jamais ils ne leur permettent de se coucher , et malgré toute la pitié que m'inspiraient mes propres cheyaux , je ne pus jamais persuader à mon cocher de renoncer à l'habitude du pays; il m'assurait que ce serait le moyen de les gâter de suite. L'attachement des domestiques pour lelirs maîtres est général ; les Espagnols ne tarissent pas en éloges à cet égard, et l'expérience me l'a démontré à rnoi*^ même.

Je crois pouvoir afiSrmer que les Tagalitz , «ous une meilleure administration , seraient sûrement devenus un peuple remarquable , et cela est d'au^tant plus à présumer qu'ils habitent une contrée où la nature s'est plue à r^andre ses dons avec abondance.

Terminons ici cet ouvrage, et condiums par l'axiome : « deliberaijdum est niu quod sta-*

TUENDUM SEMEL. »

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