OBSERVATION
Bertino. Annali di ost. e ginec. 1902, n. 5, p. 513.
Femme de 30 ans, admise à l’Institut obstétrico-gynécologique, le 26 mars, 1901,
Menstruation régulière. Dernières règles 3 années et demie auparavant, mais aménorrhée physiologique, liée à 3 grossesses et aux allaitements successifs. Dernier accouchement le 25 avril 1898, suites de couches normales, d’ailleurs comme les précédentes.
Au cours du dernier allaitement, elle pensa, à cause de certains symptômes, qu’elle était de nouveau enceinte, et, par crainte de nuire à l'enfant, elle cessa d’allaiter le 13 mai. D'autre part, il lui parut que cette grossesse n'allait pas comme les autres (douleurs abdominales
fréquentes, mouvements de l'enfant plus pénibles, plus superficiels).
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Le 1° novembre 1900, au matin, 6° mois de la grossesse suivant son calcul, elle fut prise brusquement, de violentes douleurs abdominales, plus particulièrement localisées dans le flanc gauche, de pertes de connaissance, etc. Comme, la veille, la femme avait mangé des champignons, la premiere idée fut qu'il s'agissait d’un empoisonnement, idée qui fut admise par le médecin appelé, lequel fit une médication dans ce sens (émétique) qui resta sans effet. Durant 3 jours, dculeurs abdominales et pertes de connaissance, se reproduisirent avec la même
intensité, en dépit de l'administration des narcotiques et des calmants.
À partir de ce moment, la femme ne perçut plus les mouvenents actifs du.
fœtus, elle nota simplement que la masse formée par le corps du fœtus s’éfait déplacée vers la fosse illiaque gauche, où elle tendait plutôt vers la ligne médiane. Les premiers trois jours passés, les symptômes les plus notables furent des vomissements et une constipation rebelle. Peu à peu, les douleurs s'atténuèrent, mais ne disparurent tout à fait qu'après un mois. Dans les premiers jours de décembre, survint une perte de sang qui se prolongea environ 22 jours, et fut suivie d'un écoulement jaune rousseätre et légèrement FÉnIDE. En janvier 1900, l'expulsion de l'enfant ne se faisant pas spontanément, il fut donné dés remèdes (du seigle ergoté, semble-t-il), et un médecin introduisit dans Ja cavité utérine une bougie qui fut laissée 8 jours (elle amena quelques contractions). On introduisit ensuite à, plusieurs reprises et sans succès des cônes de laminaire. La femme fut alors abandonnée à son triste sort. À partir de ce moment, /a féHidité de l'écoulement alla en augmentant jusqu'en maïÿ 1902, époque à Jaquelle Ja femme fut étonnée de voir qu'elle rendait par le vagin des fragments d'os. On en conserva une bonne partie. Ils étaient tous de petite dimension (de Ja grosseur d’un pois à celui d’un haricot, etc.). Vers Ja même époque, la peau, au niveau de l’ombilic, devint rouge, douloureux au toucher, et bientôt, on vit sortir, en cet endroit, un liquide jaunâtre, fétide, semblable à celui qui s'écoulait par Je vagin. ÏH n’y eut pas, à ce niveau, élimination de fragments osseux mais de débris de Hssus Sphacéles. Quant à J malade, clouée dèjà dans son lit, son état ne fit qu'empirer (suppurahon lente, fièvre à intervalles irrégulières, nutrition défectueuse, etc.).
Examen actuel. — Ventre gros comme dans une grossesse à 5 mois, douloureux à la pression. Au palper, on perçoit une tumeur médiane,
presque sphérique, qui de quelques doigts au dessous du nombril,
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descend près de la symplupe. La cicatrice ombilicale est déprimée, entourée d’une zone rouge. I] en sort, spontanément, et plus par la pression, un liquide sanieux, Hrès féfide. La masse est immobile, elle se prolonge dans le petit bassin; la peau qui la revêt est fixe, sauf sur les côtés. La consistance esF pâteuse, sauf en un point, en haut, où l'on trouve comme une grosseur dure, arrondie, au niveau de laquelle on
provoque par la pression des bruits de craquements.
Organes génitaux extérieurs de pluripare. — Vagin plutôt étroit, court. La portion vaginale du col, de petit volume, de consistance cartilagineuse et déplacé en avant et en bas, l’orifice externe est limité par deux petites lèvres bien distinctes, il ne permet pas l'introduction du doigt. Corps de l'utérus gros comme dans une grossesse à 5 mois ; il occupe le petit bassin et se continue en haut avec la masse perçue à travers la paroi abdominale. 1] est mou, pâteux, fixe.
D'un côté comme de l’autre du corps de l'utérus, rien de spécial. Le col étant mis en vue, on voit sourdre de l’orifice externe Île liquide dont il a été parlé plus haut. L’hystéromètre pénètre de 14 centimetres. 11 donne l'impression qu'il touche des parties dures osseuses. On sent l'extrémité de l’hystéromètre à travers la paroi abdominale. Au toucher rectal, la face postérieure de la tumeur, qui se continue avec le col est lisse, régulière, elle efface complètement le Douglas. Le catheter vésical se dirige en avarit, derrière la symphyse. Urine trouble, jaune, rousseâtre, à réaction alcaline, non albumineuse, riche en phosphastes. 1
C'est dans ces conditions que l'auteur essaya de débarrasser Ja femme par Ja voie vaginale. La tentative fut Jaborieuse, irréalisable, mais elle permit de noter ce fait intéressant que le liquide injecté dans l'utérus refluait en partie par la cicatrice abdominale.
11 y avait donc communication entre l'utérus et la tumeur. On procéda ensuite à Ja laparatomie, qui permit de constater la présence d'un kyste fœtal extra-uterin, rempli d'os et d'un liquide brunätre à odeur nauséabonde, et d'enlever successivement ce qui restait du squelette du fœtus, (Os crâniens, faciaux, phalanges, métacarpes, vertèbres, etc).
, La poche fut ensuite tres minutieusement lavée, puis tamponnée, les tampons ayant un double but : assurer Îe drainage et prévenir toute hémorragie secondaire. Tamponnement du vagin à la gaze stérilisée. Suites opératoires tres régulières. Le traitement consista en renouvel-
lement du fxmoonnement et en lxvages ‘avec la solution salée physiolo-
PDO =
£ique. Au début, on constata que la sonde introduite dans l'utérus pénétrait par la partie inférieure dans la tumeur. Peu à peu, la poche kystique se tétrécit, toute fétidité disparut, il se forma une sorte de cloison médiane qui divisa la poche en deux portions ; ultérieurement, aucune partie du liquide introduit dans l'utérus ne pénétra dans Ja. poche kystique.
Au commencement d'août, l'examen ‘donnait : au col de l'utérus fait suite un corps allongé, adhérent à la paroi antérieure de l’abdomen, légèrement mobilisable sur ses côtés ; il a un volume égal à celui de l'utérus d’une femme non enceinte, il est en légère antéversion. Les mouvements qu'on Jui imprime, par l'examen combiné, sont un peu douloureux et se transmettent a la paroi abdominale qui porte la cicatrice, reste de l'intervention. Le cathéter utérin pénètre facilement dans l'utérus, la concavité dirigée en avant, et mesure 7 centimètres.
On ne sent pas son extrémité à travers Ja paroi abdominale.