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OBSERVATION 123 (RECKLINGHAUSEN, XX XII

Acranien ; dérencéphale, éventralion, adhérences des membranes È de l'œuf, spina bifida occulta.

Fæœtus non à terme; l'extrémité inférieure du tronc est inclinée à gauche. Les membres gauches sont fortement fléchis, surtout au coude et au genou. Le pied gauche luxé, en arrière, est soudé à la face interne de la jambe. La cuisse gauche, fléchie, est fixée contre la paroi abdominale. La têle, reposant immédiatement sur le tronc, est

dirigée en arrière, de façon à faire un angle de 45° avec l'horizon. Sur la base cranienne repose le cerveau rudimentaire, incomplètement enveloppé dans une membrane séreuse. Vaste éventration, dont le sac, formé par les membranes de l’œuf et le placenta, est complètement fermé et se continue avec la paroi abdominale. Un pli formé par l’adossement de deux feuillets amniotiques se poursuit sur le côté gauche du fœtus, que nous avons dit être recourbé, et va jusque sur le dos. À la région lombaire, ce pli s’'épanouit autour d’une solution de continuité de la peau, large de près de 15 millimètres, au niveau de laquelle les plis amniotiques se continuent directement avec la peau. Cette solution de continuité cutanée est plate, luisante et semble fermée par une membrane séreuse ; sur son bord interne, la peau, étendue à plat, ne paraît pas soulevée en forme de tumeur ; cette peau recouvre le spina bifida et la membrane qui l’obture. La fissure vertébrale a une longueur de 45 millimètres et une largeur de 15. Depuis la première lombaire jusqu’à l'extrémité inférieure du sacrum, elle partage les arcs postérieurs d’une façon absolument symétrique; l’ouverture de la fissure n’est pas béante, elle est recouverte par une membrane épaisse, fibreuse, résistante, analogue à du tissu élastique, que forme un plan épais d’environ : millimètre et est fortement attaché de chaque côté aux pédicules rudimentaires limitant la fissure. Son bord gauche est atteint par la solution de continuité de la peau. Mais, sur tout le reste de son étendue, elle est recouverte par le tissu cellulo-adipeux sous-cutané qui, près du bord inférieur de la fissure, est coloré en brun et est très épais. De la face profonde de cette membrane, on peut assez facilement détacher la dure-mère qui lui adhère lâächement, sauf à l'extrémité inférieure de la fissure. Là, l'extrême terminaison de la moelle adhère à la dure-

mére et indirectement à la membrane de recouvrement, sur une

étendue de 5 millimètres, mais seulement par son extrème pointe: Il n’y a de libre dans la cavité de la dure-mère qu’un mince prolon:gement conique d’où partent les racines antérieures et postérieures,

plutôt récurrentes et recourbées dans leur trajet à travers la duremère. Sur ses bords libres, le pli amniotique court formant deux

minces rubans, qui entourent le bras gauche, remontent jusqu'au cerveau et s’attachent à la membrane séreuse qui revêt celui-ci. De Pautre côté, la surface d'insertion du pli se prolonge en un mince tractus qui s'attache à la surface dorsale du deuxième orteil gauche.

Malgré la présence de ces adhérences amniotiques et de cette solution de continuité de la peau, il semble bien que la membrane obturant la fissure était parfaitement indépendante du

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revêtement cutané. Recklinghausen note que, par-dessus la membrane, le tissu cellulaire sous-cutané forme une couche continue. En revanche, nous voyons comment la moelle à son extrémité adhérait au fourreau dure-mérien et, par son intermédiaire, à la membrane obturatrice.

Recklinghausen fait remarquer à propos de ce cas que, malgré les adhérences amniotiques, qui auraient pu, à en croire certaines théories longtemps considérées comme très séduisantes, exercer une traction sur la région portant le spina bifida, ou s interposer entre les lèvres de la gouttière médullaire, il ne s'est produit aucune tumeur au niveau du spina bifida; la moelle et les méninges n’ont été ni attirées au dehors ni affectées d’une fissure ouverte.

Jensen : a publié un cas très analogue à celui de Recklinghausen, mais je ne fais que le signaler ici, car le spina bifida qui se trouvait juste au niveau de l'insertion du repli amniotique consistait en une méningocèle, très petite, il est vrai, faisant saillie par l’orifice de la fissure sacrée, et ne pouvait donc être considéré comme un spina bifida occulta.

b) SPINA BIFIDA OGCULTA AVEC ATTACHE CUTANÉE, SANS TUMEUR. — Dans cette deuxième catégorie, la séparation entre l'extrémité distale de la lame épithélio-séreuse et le feuillet ectodermique ne s’est pas effectuée. Dans les cas sans tumeur, que nous étudions maintenant, la connexion entre le contenu du canal vertébral et le revêtement cutané peut se faire de deux manières différentes : ou bien la lame épithélio-séreuse est réduite à son minimum, et représente plutôt une adhérence directe de la peau à la face externe de la membrane occlusive, tandis que la face profonde de cette même membrane est plus ou moins directement en rapport avec le fourreau méningé et la face postérieure de la moelle même ; ou bien cette lame épithélio-séreuse, étirée en un cordon plus ou moins épais et plus ou moins long, ira de la face profonde de la peau jusque dans le canal spinal, en

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