CHAPITRE VII l'éternité
Par la connaissance du second genre, rhomme s'est conçu lui-même, il s'est posé dans la nature comme une partie dans un tout (1). Or une telle relation laisse subsister, entre l'homme et la nature, une certaine distinction; partant une certaine opposition. Le tout est extérieur à la partie, les destinées de la partie ne sauraient se confondre avec les destinées du tout; aussi Tunion avec la nature demeure-t-elle toujours imparfaite et précaire ; la tranquillité du sage est faite de résignation autant que de joie naturelle. Cette unité abstraite, au delà de laquelle le raisonnement ne peut s'élever, n'est donc pas la véritable unité ; elle suppose au-dessus d'elle une unité d'un ordre supérieur, l'unité parfaite de la réalité totale. De même que la multiplicité des individus, telle que la posait la connaissance du premier genre, impliquait une loi qui leur fût commune, de même la communauté de la loi générale implique à son tour l'identité de leur essence interne. Ainsi, comme l'unification est la fonction propre de l'esprit, et comme il appartient à une puissance spontanée de se développer jusqu'à ce qu'elle
{i)Eth., m {init.); I, 124.