‹ Spiritualisme et spiritismeChapitre 17 sur 19 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

. Le spiritisme est connu dans sa véritable nature et ne saurait faire de nous des dupes ou des complices : il se révèle comme la saisissante antithèse du spiritualisme.

N'est-ce pas le cas de rappeler la parole du vieil auteur : O piperie des mots!

Spiritualisme et spiritisme^ voilà deux termes qui se réclament de la même origine, d'une racine identique et qui désignent cependant deux doctrines opposées et contraires. Ne nous laissons pas prendre à rétiquette menteuse, et combattons sans trêvç Jç feux spiritualisme, rftîie rç*

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vêtu de la peau du lion. Trop de gens crédules sont trompés par une telle fourberie pour qu'il soit permis de se taire. La vérité doit être connue, et Terreur démasquée.

Le spiritualisme reconnaît l'existence de Dieu tout-puissant, créateur et providence du monde, personnel et absolument distinct de son œuvre.

Le spiritisme ne professe qu'un grossier panthéisme. Son Dieu — s'il est possible de rappeler ainsi — est impersonnel et se confond avec la nature même, de sorte que les adorations adressées au Créateur vont également à la créature. L'exemple de cette monstrueuse inconséquence était récemment fourni par un apôtre du matérialisme, le savant allemand Hœckel offrant € ses adorations au Dieu-nature, synthèse du Vrai, du Beau et du Bien (i) ». Le spiritisme trouve ainsi dans les pires doctrines matérialistes son appui et sa condamnation : c'est justice.

{•\) Le Monisme^ conférence à Altembourg, 9 octobre 1893.

Le Spiritualisme croit que l'homme se compose d'un corps et d'une âme, en une seule personne, il enseigne que cette âme invisible, intangible, spirituelle en un mot, douée d'intelligence et de volonté, est le principe de la vie, de la sensibilité et de la motilité, la forme du corps.

Le spiritisme au contraire, ne croit pas à l'âme spirituelle, immortelle et personnelle et professe qu'en dehors d'un esprit plus ou moins distinct du divin, il n'y a dans le corps et autour de lui qu'un fluide subtil, mais matériel, \e périsprit, capable d'expliquer les manifestations vitales ou animiques. L'âme véritable est nettement sacrifiée à ce principe hypothétique qu'aucun fait ne justifie, et que toute la philosophie condamne.

Le spiritisme se sépare, par un autre trait, du spiritualisme : non seulement il avance une doctrine aussi hardie que fausse sur Dieu et l'homme, mais il se prétend seul en possession des secrets de la

nature et capable de rendre raison de tous les mystères.

Le spiritualisme n'a pas cette outrecuidance : il se contente des données acquises par Texpèrience interne ou externe, se garde de devancer la science et s'incline humblement devant l'inconnu et le mystère. Il ne craint pas de faire, par la plume d'un Pascal, cet aveu qui l'honore et le grandit : ^ L'homme est à lui-même le plus prodigieux objet de la nature, car il ne peut concevoir ce que c'est que corps et encore moins ce que c'est qu'esprit, et moins qu'aucune chose comment un corps peut être uni avec un esprit :

c'est là le comble de ses difficultés, et cependant c'est son propre être (i). :^

Mais tout en faisant ia part de l'inconnu, le spiritualisme sait faire celle de la science acquise et certaine, et il la fait tous les jours plus grande : il connaît d'une part le corps, de l'autre l'esprit, il tient for-

(x) Pascal. Pensées.

tement, comme parle si bien Bossuet, les deux bouts de la chaîne et consacre tott^ ses efforts à les rapprocher et à le^ unir dans une harmonieuse et déûmtîve synthèse.

Il faut conclure^ il faut surtout choisir.

Le spirJù/MUsme défend, comme son i»ml*îndique, les droits de Tâme, les prérogatives de V esprit, sans méconnaître les exigences du corps, sans nier l'unité substantielle de l'homme.

En confondant Dieu et l'âme, l'esprit et le corps dans une substance unique, le spiritisme les nie également et compromet absolument les intérêts .du spiritualisme.

En face du spiritualisme définitivement vainqueur du matérialisme se dresse à cette heure le spiritisme qui prétend l'envahir, le corrompre, le détruire et lui enlever l'empire des âmes. L'alternative se pose entre eux, et le choix n'est pas douteux.

Le spiritisme^ voilà V ennemi \

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