‹ Spiritualisme et spiritismeChapitre 2 sur 19 · LI- S · texte numérisé non relu

LI- S

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Monsieur,

Vous €9nst^têi »v§s rmsgn 4ms U bem livrai 4mt je viens 4fi lin Us pages sa^ vmtis, qm k matérialisme est vêimu,

lifs éêfiMins les Plus hostiles 4 h r#r iiffion ehrétienne çt # t@ute religion , les Mus indépendants et Us plus sincères 4ênf leurs reeherehes expérimentales, s§nt Jereés 4e reconnaître aujourd'hui que, même pour expliquer Vactivit^. p/= taU» les forées PhysicQ'çhimiques^ les formes dynamiques ambiantes et mpon-.

dér^Ues ne suffisent plus ; e'est plus

haut qu'il faut chercher la solution du problème et V explication de la vie.

Et Von voit apparaître VâmCy forme du corps humain. C'est elle qui touche à la fois par ses coups d'ailes ^ toujours larges et hardis y au fini et à V infini, aux choses éphémères et aux réalités éternelles, au corps et à V esprit. Elle plane dans le monde des idées, où les pensées les plus élevées et les sentiments les plus nobles rappellent^ V attirent avec des séductions souveraines^ et elle s'occupe aussi de son corps à travers lequel elle rayonne; elle prend dans le réservoir de la nature les éléments physiques qui la remplissent^ elle les transforme^ elle les anime, elle les transfigure aussi ^ et, dans cette génération continuée dont parle Claude Bernard, c'est elle, avec Dieu, qui bâtit son temple et qui le répare et Ventre-tient.

Depuis Vorigine du monde, les plus grands philosophes, les patriciens de la pensée avaient eu V intuition de ces vé--

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rites; ils en avaient laissé la démonstration éloquente et précise dans des livres qui ont vaincu le temps et défié les caprices changeants de l'opinion. Nous pouvons relire encore aujourd'hui Platon et Aristote; leurs conceptions philosophiques n'ont pas vieilli. Les théologiens ont répété^ fortifié et développé dans de magnifiques commentaires^ ces démonstrations rigoureuses, et ces pensées sereines du Divin Banquet, que Von médite encore avec un charme profond, aux longues heures du soir de la vie.

Depuis longtemps aussi, les métaphysiciens spiritualistes avaient éveillé un écho dans Vâme de la Joule qui porte la signature de V Infini et qui sent^ en elle^ le vague pressentiment d'autres rivages que celui oii nous dressons notre tente dans la tempête et dans la nuit. Toutes nos tendances comme toutes nos facultés débordent le temps et V espace, elles vont au delà de la matière, elles vont à VÊtre infini.

Oest une grande consolation de voir aujourd'hui les sciences expérimentales y les sciences naturelles estimées à V excès par les esprits de notre temps, confirmer à leur tour les pressentiments de la conscience et l'enseignement de la philo- Sophie. C*est une grande joie pour V esprit de voir enfin la métaphysique, la philosophie et les sciences se réunir pour condamner le matérialisme et affirmer comme vous le démontre^ si bien, Vexistence de Vâme et son immortalité.

Vous ave^ voulu aller plus loin, jusqu'au seuil du monde invisible. Il faut bien le reconnaître, on ne vit jamais Vinquiétude de Vautre vie tourmenter ainsi les consciences^ et faire naître un mouvement intellectuel aussi étendu, aussi profond^ aussi passionné que celui dont nous sommes témoins.

Ce mouvement me frappe, sans m'étonner^ ni nC effrayer. Si je souffre de voir tant d'esprits élevés et hardis marcher loin de la vérité chrétienne, je me

réjouis de les voir épris de si grandes choses. Ils s'élèvent au-dessus du terre à terre^ au-dessus des préoccupations mesquines^ égoïstes y intéressées; ils veulent voir plus loin que cet hori^on^ plus haut que ce firmament dont le poids nous écrase^ au delà de cette tombe oU de pro^ fonds mystères cachent de grands phénomènes y et f estime que ce sentiment de Vautre vie, que cette curiosité, jusque dans son égarement^ est un honneur pour les esprits de notre temps.

Vous ave\ effleuré ces vastes problèmes avec une rare compétence, vous connaisse^ bien les œuvres des chercheurs renommés; vous discute^^ avec succès leurs théories sur la force électrique^ la force vitale^ le fluide magnétique; hypothèses étranges et mêlées, qui révèlent à la fois Vimpuissance et les inquiétudes de tant d'âmes égarées l Je voudrais vous suivre en tous ces détails, et m^ entretenir avec vous de ces problèmes dont V étude a rempli ma vie déjà bien longue;

nous le ferons plus tard dans Vintitnité du foyer.

Éclaire^ les esprits, défende^-les contre les périls et les séductions du spiritisme qu'une manœuvre coupable voudrait identifier avec le spiritualisme; arrive^ à la foule par la clarté de V exposition, et aux savants par la rigueur de vos déductions.

Ce qui fait le charme et le prix de la vie ^ cest de combattre ainsi pour de nobles causes^ de les faire aimer et d'être prêt à mourir pour elles ^ s'il plaisait à Dieu de nous demander le témoignage du sang.

Agrée\, Monsieur et cher Docteur, Vexpression de mon dévouement affectueux.

Élie MÉRIC,

Prélat de la Maison du Pape^ Professeur à la Sorbonne,

Paris, ip mars i8p8.

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