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Spirochétose ictérohémorragique

Les affections actuellement décrites sous le nom d’ictères infectieux constituent un groupe artificiel et disparate, ne présentant guère d’autre trait commun que le syndrome ictérique (1). Jusqu’à ces dernières années, c'est en vain qu’on a eu recours à la bactériologie pour dissiper cette confusion, et des divers microbes successivement incriminés (Typhique, Paratyphiques, Colibacille, Staphylocoque, Streptocoque, etc.), aucun ne peut légitimement prétendre à un rôle causal. A ce point de vue, les recherches poursuivies par les Drs R. Inada, Y. Ido, R. Hoki, R. Kaneko, H. Ito et H. Matsuzaki s’imposent à l’attention, car elles aboutissent à la distinction, dans le cadre confus des ictères infectieux, d’une entité nosologique, nettement caractérisée par son agent pathogène.

L’affection étudiée par ces savants est connue depuis de longues années au Japon, où elle est désignée, en certaines régions, sous le nom d’odan-eki; elle sévit à l’état endémoépidémique en diverses parties de l’empire, mais elle est assez disséminée et ne présente jamais une grande fréquence.

La découverte du micro-organisme pathogène spécifique est le fait capital dans l’histoire de l’affection étudiée ici; le

(1) Exception faite, naturellement, de la fièvre jaune, qui serait également provoquée par un Spirochète (H. Noguchi).

INTRODUCTION

mérite en revient aux médecins japonais R. Inada et Y. Ido : en novembre 1914, ces observateurs constatent la présence d un Spirochète dans le foie d’un Cobaye inoculé avec le sang d un malade atteint d’ictère infectieux; quelques mois plus tard, ils établissent le rôle de ce microorganisme qu’ils dénomment Sp. icterohemorragiæ et font connaître les résultats de leurs importantes recherches dans une série de notes rédigées en japonais, à partir de février 1915 (1); le résumé de celles-ci, rédigé par les auteurs, nous parvint en Europe sous la forme d’un mémoire portant le titre de : The Etiology , Mode of Infection and spécifie Therapy of WeiTs Disease (Spirochætosis icterohemorragica) et publié dans le Journal of Experimental Medicine, t. XXJII, n° 3, mars 1916. Ce travail, fondamental pour l’étude de la spirochétose ictérohémorragique, a été le point de départ des nombieuses îecherches qui ont été effectuées au cours de la guerre actuelle.

La priorité de la découverte du microorganisme pathogène de la spirochétose ictérohémorragique est acquise incontestablement a R. Inada et Y. Ido ; néanmoins, en Allemagne, H. Huebener et H. Reiter d’une part, P. Uhlenhuth et Fromme d’autre part, se sont disputé le mérite de cette constatation. Un « tribunal » a même été constitué pour trancher le débat. Les arbitres Gaffky, Gartner, Otto et

Kuhn, présidés par Flügge, ont rendu le jugement suivant :

1° IL Huebener et H. Reiter ont été les premiers à réussir la transmission de la maladie de Weil au Cobaye.

2° P. Uhlenhuth et Fromme ont été les premiers à reconnaître et à décrire les Spirochètes. Il est vrai que H. Huebener et H. Reiter avaient remarqué dans leurs préparations, entre autres, des Spirochètes, et cela avant P. Uhlenhuth et Fromme, mais ils ne les ont reconnus avec exactitude

(1) Ces dates sont indiquées dans le premier mémoire du Journa of experimental Medicine (t. XXIII, n° 3, mars 1916), la seule source qui nous soit accessible.

INTRODUCTION

que plus tard. Ils n’ont donc pas le droit de donner leur nom à ces Spirochètes.

Les « juges » n’ont omis qu’une mention, celle des noms de R. Inada et Y. Ido.

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