II. — Préparation des milieux de culture
§ 1 . Milieu au sérum de Lapin-eau physiologique. — Indiqué par Reiter et Ramme, le milieu en question se compose d’eau physiologique à 8,5 °/00 et de sérum de Lapin. Les animaux sont saignés à la carotide au moyen d’une grosse aiguille à ponction, raccordée par un tuyau de caoutchouc à un tube de verre; le sang est recueilli dans des tubes étroits, de 100 cm1 * 3 environ de contenance; après rétraction du caillot, le sérum est additionné d’eau physiologique à 8,5 %o dans la proportion de 1 partie de sérum pour 5 de solution saline; le mélange est filtré sur bougie Chamberland et réparti en tubes renfermant de l’huile de vaseline stérilisée; ces derniers sont finalement tyndallisés à 56°, pendant trente minutes, trois jours de suite. Les meilleurs résultats sont obtenus avec les milieux préparés depuis plusieurs semaines. On peut varier la formule précédente : sérum de sang de Bœuf, 1 cm3 et eau physiologique à 8,5 °/00, 9 cm*; sérum de sang de Bœuf, 1 cm3 et liquide de Ringer ou liquide de Locke, 9 cm3. Mais, nous le répétons, jusqu’à présent, aucun milieu ne nous a donné de meilleurs résultats que le mélange à 1/5 de sérum de Lapin et d’eau physiologique; c’est celui que nous utilisons pour
(1) Ces données ont été partiellement contestées par H. Noguchi.
Les divergences nous semblent sans grande importance, car le fait fondamental, la possibilité de cultiver in vitro le Sp. icterohemorragiæ y est définitivement acquise à R. Inada et à ses collaborateurs, en par¬
ticulier à Y. Ido et H. Matsuzaki.
LA SPIROCHÉTOSE
conserver les souches et pour obtenir les cultures destinées à immuniser les Chevaux producteurs de sérum.
P. Uhlenhuth a simplifié considérablement la formule précédente : à 1 cm3 de sérum de Lapin, il ajoute simplement 30 cm3 d’eau de conduite ; la réussite des cultures serait de règle à condition que le milieu soit exempt de souillure ; cet auteur a été ainsi amené à ensemencer directement le sang de Cobaye spirochétosique dans l’eau de conduite (1 de sang, 30 d’eau) : comme dans la plupart des cas, on obtiendrait ainsi une multiplication des microorganismes, P. Uhlenluth a proposé d’appliquer eette technique au diagnostic de la spirochétose chez l’Homme.
Pour notre part, l’ensemencement de quelques gouttes de sang de Cobaye dans un tube renfermant le mélange sérum de Lapin-eau physiologique nous a fourni des résultats positifs beaucoup plus constants.
§ 2. Milieux divers . — Ultérieurement, diverses formules ont été préconisées. Nous signalerons ici les milieux proposés par H. Noguchi, qui conviendraient spécialement pour l’isolement des Spirochètes :
Milieu A.
Sérum de Lapin . 1,5 voi.
Solution de Ringer . 4,5 —
Plasma citraté . 1 —
Iluile de vaseline
Milieu B.
Sérum de Lapin . 1,5 vol.
Solution de Ringer . 4,5 —
Gélose à 2 °/0 . 1 —
Huile de vaseline.
Milieu C.
Sérum de Lapin . 1,5 vol.
Solution de Ringer . 4,5 —
Gélose à 2 °/0 . 1 —
Après solidification, ajouter :
Sérum de Lapin . . . . . 1,5 vol.
Solution de Ringer . 4,5 —
Huile de paraffine.
LE PARASITE
Noguchi admet que la culture est plus précoce dans le milieu A que dans le milieu B ; en revanche, au bout d’un mois, un plus grand nombre de Spirochètes survivent dans ce dernier.
Lorsqu’on se propose d’obtenir des quantités notables de culture, Noguchi recommande l’emploi de fioles à long col de 50 à 100 cm1 * 3, rempli seulement à la moitié ou au tiers. Enfin, les races entraînées à vivre sur les milieux A, B, G fournissent un excellent développement sur le milieu sui¬
vant :
Sérum de Cheval ou de Mouton . 1 vol.
Solution de Ringer . 3 —
D’après notre expérience personnelle, aucun sérum ne fournit des cultures aussi abondantes que celui du Lapin.