I. — Dénomination du microorganisme pathogène
DE LA SPIROCHÉTOSE ICTÉROHÉMORRAGIQUE.
Comme on l’a vu, le microorganisme de la spirochétose ictérohémorragique a été décrit en 1915 par R: Inada et Y.Ido sous le nom de Spirochæta icteroliemorragiæ. Ultérieurement, H. Huebener et H. Reiter ont proposé le nom de Sp. noclosa , qui aurait rinconvénient de perpétuer une erreur d'interprétation, les nœuds supposés n’étant que l’image fallacieuse sous laquelle les spires apparaissaient aux regards de ces observateurs. Cette dernière appellation ne paraît pas avoir rencontré un accueil favorable; actuellement, l’expression de Sp. icteroliemorragiæ Inada et Ido est universellement employée, par les médecins alliés tout au moins. Néanmoins, à deux reprises différentes, H. Noguchi s’est cru autorisé à proposer une modification du nom générique.
Voici, en bref, les arguments invoqués par cet auteur : le vocable de Spirochæta a été créé par Ehrenberg, en 1838, pour un microorganisme différent de celui qu’on désigne actuellement sous le terme de Spirochète; il s’agissait, en effet, d’un microbe constitué par un filament axial, long de 200 à 500 (a, très flexible, entouré d’une couche de cytoplasma dessinant une spirale, vivant en liberté dans l’eau douce ou salée. La division est transversale. Le microorganisme rampe sur les corps étrangers, mais ne nage pas. Pour ces motifs, H. Noguchi estime nécessaire de transformer le nom de Spirochæta en celui de Leptospira (Xexro;, fin; craipa, spire), qui rappelle
LE PARASITE
le fait de structure caractéristique du microbe en question.
Procédant ensuite à une révision des Spirochétidés, l’auteur japonais divise ceux-ci en six genres : Spirochæta, Saprospira, Critispira , Spironema , Treponema et Leptospira , dont les caractères distinctifs sont résumés dans le tableau de la page suivante.
Telles sont, en résumé, les conceptions de H. Noguchi, en faveur desquelles militent, nous le reconnaissons, d<‘s arguments plausibles. Mais, avec F. Mesnil, on peut avoir des doutes sur la validité de certains de ces genres, ou plutôt de leurs caractères différentiels. En ce qui concerne le nom générique Spironema , proposé en juin 1915 par Yuillemin pour désigner le Microbe de la syphilis, il ne saurait, ajoute F. Mesnil, « êlre employé pour des Microbes dont, précisément, le Microbe de Schaudinn est exclu. Si l’on veut différencier génériquement les organismes du type recnrrentis à la fois des Spirochæta et des Treponema, il faut, je crois, employer le nom de Borrelia , proposé en août 1907 par Swellengrebel, quelques jours avant que Sambon (1er septembre 1907) proposât Spiroschauclinnia, après avoir remarqué que Schaudinnia, choisi par lui un mois auparavant, était préoccupé. Mais il y a aussi l’opinion qu’un seul nom générique suffit pour les Spironèmes et les Tréponèmes de Gonder et de Noguchi. Encore dans ce cas, Spironema doit, à mon avis, être écarté, pour la raison (nom préoccupé) qui a amené Schaudinn à lui substituer Treponema, même si les deux organismes ainsi baptisés n’appartiennent pas au même règne, comme l’ont particulièrement bien exposé Duboscq et Lebailly dans leur mémoire sur les Tréponèmes des Poissons. Le genre unique s’appellerait alors Treponema (cf. Dobell, Duboscq et Lebailly...) ».
Pour notre part, nous ne croyons pas devoir adopter le terme de Leptospira pour les raisons suivantes ; actuellement, dans le monde médical, il ne peut y avoir de méprise au sujet du microorganisme désigné sous le nom de Spirochæta icterohemorragiæ Inada et Ido ; abandonner ce terme c’est risquer de jeter la confusion et c’est renouveler, d’autre
LA SPIROCHÉTOSE
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