C. Constantin del. lith
Imp. Lafontaine.
LA SPIROCHÉTOSE CHEZ LES ANIMAUX
Ces processus coexistent souvent, mais, en général, l’un des deux prédomine.
La dégénérescence graisseuse (pl. VII, 3; fig. 10) est surtout accusée dans la zone qui avoisine la veine centrale. La nécrose (pl. VII, 1; fig. 11) est moins nettement localisée; elle affecte une disposition insulaire; çà et là, on observe des nodules assez volumineux, formés d’un magma informe, dans lequel on ne distingue guère plus autre chose que des débris nucléaires. Presque toutes les cellules, qu’elles soient normales ou altérées, renferment d’assez nombreuses granulations biliaires; mais la surcharge n’est jamais très marquée et les canalicules intercellulaires ne sont pas engorgés.
Enfin, nous signalerons spécialement l’existence de caryocinèses non rares dans les cellules des lobules. Il s’agit là d’un processus peu fréquent dans le foie, dont nous avons déjà constaté quelques exemples dans l’épithélium biliaire et que nous retrouverons dans le rein; nous reviendrons ultérieurement (p. 166) sur sa signification.
La lumière des sinusoïdes est assez souvent obstruée, en partie tout au moins, par des cellules étoilées hyperplasiées, bourrées de débris macrophagés, en particulier d’hématies, ainsi que par des leucocytes de diverses espèces (mononucléaires et leucocytes à noyaux polymorphes et à granulations amphophiles). . Ces derniers n’émigrent, qu’exceptionnellement et enproportion infime, dans le parenchyme hépatique proprement dit; par contre, dans les espaces porte s'accumulent des éléments mononucléés, lymphocytes grands et petits, cellules plasmatiques, éléments embryonnaires qui constituent une ébauche très discrète de transformation lymphoïde (pl. VII, 4).
§ 2. Reins. — Abstraction faite des phénomènes hémorragiques assez variables suivant les individus, les jnodifications rénales présentent une assez grande fixité : elles sont avant tout caractérisées par de la surcharge biliaire ainsi que par des altérations épithéliales du segment à bordure en brosse et à bâtonnets, et, comme il est de règle dans toutes
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les néphrites, celles-ci ont une répartition segmentaire (pl. VJII) : à côté de faisceaux de tubes sensiblement normaux, certains groupes sont profondément touchés. La
Jo&. 12. Hein hémorragique de Cobaye spirochétosique. Le sang est figuré en noir.
lésion fondamentale consiste en des phénomènes de nécrose compliqués d’un léger degré de pycnose; le phénomène le p us manifeste est représenté par la formation de cylindres o struant les eanalicules urinaires et appartenant aux catégories suivantes : cylindres hyalins (prédominants), gra-
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nuleux, cellulaires (infiniment plus rares) et leucocytaires. Enfin, avec A. Monti, signalons, chez certains sujets, des traînées intraparenchymateuses de leucocytes (pl. VIII).
Quant aux hémorragies, elles ne font jamais complètement défaut, mais leur intensité et leur extension varient avec les animaux, et, vraisemblablement même, avec le moment du prélèvement. Dans les cas discrets, on observe quelques hématies extravasées dans les espaces intertubulaires, ainsi qué dans les lumières canaliculaires ; dans les formes plus sévères, c’est le cas habituel, les hémorragies gagnent en étendue, dessinent d’assez vastes lacs qui dissocient les canalicules et font irruption dans la lumière de ceux-ci, donnant ainsi naissance à des hématuries modérées ; enfin, quelques Cobayes, peu nombreux à la vérité, offrent l’exemple de reins presque complètement infiltrés de sang (fig. 12). Le glomérule est alors le siège d’une congestion marquée ; l’espace limité par la capsule est distendu par des hématies qui refoulent le peloton vasculaire et se déversent dans le tube urinipare. D’autre part, le tissu interposé aux canalicules est inondé de sang qui s’insinue entre ces derniers et les comprime.
En général, l’élément conjonctivo-vasculaire du rein reste passif; cependant, chez certains Cobayes, le tissu interstitiel offre des signes de réaction scléreuse au début.
De même que le foie, les tubes urinipares, en particulier le segment à bordure en brosse et à bâtonnets, sont fréquemment le siège d’une rénovation assez active : en certaines régions, en effet, on observe les différentes phases de la caryocinèse (pl. VIII, 8, 9 et 10), avec quelques figures anormales (pl. VIII, 11).
Au niveau de la vessie, nous noterons des taches hémorragiques peu importantes; la desquamation épithéliale s’y effectue de façon plus intense que normalement.
L’urine est fortement chargée d’albumine et de pigments biliaires; elle renferme, en outre, des cylindres appartenant aux différentes catégories indiquées à propos des lésions