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PLANCHE X

Ganglion lymphatique de Cobaye spirochétosique .

1. Vue d’ensemble du ganglion; te, tissu conjonctif; tl, tissu lym¬

phoïde; les hématies en jaune.

2. Sinus rempli d’hématies libres ou à l’intérieur d’hématophages, h.

Spi roc hé t ose ic térohém orragiqae.

Pl

Constantin del. lith.

Imp. Lafontaine.

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moins rougeâtre ; l’examen histologique y décèle une série de modifications d’importance variable.

Tout d’abord, les follicules et les cordons peuvent être le siège de petites hémorragies en nappe; d’autre part, le tissu caverneux est plus ou moins complètement obstrué par des hématies (pl. X, 1). Les sinus sous-corticaux et interfolliculaires sont également engorgés, mais, dans ces espaces, les hématies sont moins abondantes.

Au point de vue des espèces cellulaires, il convient de signaler une proportion anormale de leucocytes à granulations amphophiles, répartis sans ordre apparent dans les follicules et les cordons; en outre, on y observe des cellules uninucléées, à granulations basophiles métachromatiques, légèrement plus abondantes que normalement, éparses au milieu des lymphocytes ou à l’intérieur des divers sinus. Mais ce ne sont là que des faits de structure peu significatifs. La caractéristique de la réaction ganglionnaire, au cours de la spirochétose ictérohémorragique, consiste dans les phénomènes hématophagiques (pl. X, 2); chez tous les Cobayes examinés, les sinus caverneux renferment un nombre plus ou moins élevé de macrophages, bourrés de globules rouges aux divers stades de la digestion intracellulaire; chez certains sujets, ce processus atteint un degré exceptionnel d’intensité : l’espace laissé libre par les éléments normaux et les hématies extravasées est complètement occupé par de volumineux hématophages au contact les uns des autres, mesurant fréquemment plus de 25 p. et regorgeant de globules rouges (1) ; parfois, on note aussi à leur intérieur des débris cellulaires de nature diverse.

Les processus hématophagiques paraissent ainsi jouer un rôle important au cours de la spirochétose ictérohémorragique; ils ne sont pas, d’ailleurs, l’apanage des ganglions lymphatiques; en effet, on les retrouve, à un degré moindre, il est vrai, dans plusieurs autres organes, notam-

(1) Leur nombre est difficile à préciser, mais il semble atteindre souvent 40-50.

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ment dans le foie, dans la rate (R. Inada et R. Kaneko) et dans le poumon au niveau des foyers hémorragiques. On est, de la sorte, amené à se demander si la macrophagie des hématies n’est pas en rapport avec des perturbations du milieu hémolymphatique.

En regard des modifications dont le ganglion lymphatique est le siège, il n’est pas indifférent de rappeler que les Spirochètes y sont toujours très peu abondants.

§ 6. Tube digestif. — L’œsophage ne paraît pas modifié. Au niveau de l’estomac, en outre de l’injection bilieuse, on observe des hémorragies : celles-ci siègent à trois niveaux différents : dans la muqueuse, au voisinage de la surface libre; dans l’épaisseur de la sous-muqueuse; enfin, entre les faisceaux de la musculature. Chez certains Cobayes, les cellules épithéliales superficielles sont infiltrées de leucocytes à noyaux polymorphes en état de pycnose.

Comme on l’a vu, l’intestin, dans presque toute son étendue, est le siège d’hémorragies; celles-ci sont surtout accusées dans la sous-muqueuse; et, en nombre de points, des lacs sanguins étendus séparent la musculature des couches sus-jacentes; en outre, les villosités sont congestionnées et, souvent, leurs vaisseaux sont rompus; exceptionnellement, on observe des pertes de substances, par lesquelles le sang s’écoule dans la lumière intestinale.

Le pancréas rentre dans la catégorie peu nombreuse des organes qui demeurent indemnes; notons, à ce propos, que les Spirochètes paraissent être très rares, exceptionnels même dans cet organe.

§ 7. Cœur. — Le muscle cardiaque renferme de minuscules taches hémorragiques disséminées; par places, on observe des leucocytes à noyaux polymorphes ainsi que de très petits amas de cellules embryonnaires (pl. XI, 4).

Xous n’avons pas observé de modifications de la fibre, de l'endothélium non plus que des tuniques de l’aorte.

§ 8. Poumons. — A propos de l’anatomie pathologique,

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nous avons signalé l’importance des hémorragies (fig. 13) au niveau des poumons; ici encore, nous sommes en présence d’un organe profondément modifié mais ne renfermant, par contre, qu’une faible proportion de Spirochètes : ceuxci sont particulièrement rares au niveau des lésions.

La plupart des vaisseaux pulmonaires sont congestionnés; cette condition est manifeste pour les capillaires qui, en se déchirant, donnent naissance à des épanchements sanguins, distendant les alvéoles sur un rayon de plusieurs millimètres.

Très rapidement, entre les hématies s’infiltrent de nombreux macrophages qui englobent cellesci (pl. XI, 1).

En outre , certaines régions présentent de l'oedème nettement caractérisé. Les voies aériennes sont souvent obstruées partiellement par des débris cellulaires, du sang et de la fibrine.

Fig. 13.— Poumon de Cobaye spirochétosique. Les hémorragies dessinent des ilôts, i.

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