‹ Spirochétose ictérohémorragiqueChapitre 43 sur 71 · MATÉRIEL · texte numérisé non relu

MATÉRIEL

inoculé

Urine.

Foie-surrénale.

Urine.

Foie-surrénale.

Foie-surrénale.

Urine.

Lorsqu’on opère avec des virus provenant directement de

LA SPIROCHÉTOSE CHEZ LES ANIMAUX

l’Homme, les écarts sont beaucoup plus accusés, ainsi qu’en témoignent les quelques observations ci-dessous:

Obs. I. — Le Dr G. L... s'infecte an cours d’un des deux passages de virus pratiqués le 2 et le 4 septembre; l’ictère apparaît le 15 du même mois. Le 17, 3 Cobayes sont inoculés (1), le 1er avec 8 cm3 d'urine, le 2e avec 6 cm3 d’urine, le 3° avec 5 cm3 de sang. Le 1er animal meurt de spirochétose en 5 jours, le 2e en 10 jours, le 3e en 12 jours. Un 4° Cobaye, inoculé le 29 septembre aveco cm3 d’urine du même malade, succombe de spirochétose manifeste en 17 jours. Le Dr G. L... était atteint d’une forme assez grave (2).

Obs. Iï. — Le soldat P..., dont le cas fut sévère, est atteint d’ictère le 26 août. Le 3 septembre, 2 Cobayes sont inoculés, le 1er avec 5 cm3 d’urine, le 2e avec 5 cm3 de sang. Le 1er animal seul s’infecte et meurt de spirochétose en 10 jours.

Obs. III. — Le soldat Cl... est examiné le 3 septembre ; son état est des plus inquiétants; il est en proie à une fièvre très violente et à un ictère intense. 2 Cobayes sont inoculés ce même jour, le 1er avec 5 cm3 de sang, le 2e avec 5 cm3 d’urine; ce dernier seul contracte la spirochétose dont il succombe en 12 jours.

Obs. IV. — Le 26 novembre, le soldat S... présente un ictère peu marqué et une fièvre légère. 2 Cobayes inoculés à cette date avec 5 cm3 d’urine meurent de spirochétose en 8 et 10 jours, alors qu’un animal qui a reçu 5 cm3 de sang reste normal.

Obs. V. — Le soldat E. J... a souffert d’un ictère bénin. Le 22 septembre, il est apyrétique et à peine jaune. L’inoculation à 2 Cobayes de 5 cm3 d’urine provoque une spirochétose mortelle en 7 et 10 jours.

Obs. VI. — Le 30 novembre, le professeur F. Widal nous prie d’examiner une malade de son service, atteinte de jaunisse. Il s’agit d’une cuisinière parisienne ayant été en rapport avec un soldat ictérique et présentant les symptômes de l’ictère catarrhal. A cette date, la malade est jaune, mais n’a plus de fièvre et est levée. 2 Cobayes reçoivent 5 cm3 d’urine, 2 autres 5 cm3 de sang. Les 2 premiers succombent de spirochétose en 19 et 29 jours. Des 2 animaux inoculés avec le sang de la malade, un seul meurt ictérique en 30 jours; le 2e succombe de pasteurellose en 32 jours.

(1) Toutes les injections ont été pratiquées par voie sous-cutanée.

(2) Voir l'observation du D1 2’ G. L..., p. 224.

Antérieurement, on a vu (p. 88), à propos des animaux réservoirs de virus, que, chez le Cobaye, l’évolution de la maladie provoquée par le Spirochète du Rat est également sujette à des variations comparables au point de vue de la durée.

En dépit de cette absence de fixité, si on tient cependant à indiquer des moyennes, nous admettrons approximativement que le virus de passage tue le Cobaye en 4-8 jours et que, pour le virus d’origine humaine immédiate, la mort survient aux environs du 10e jour. Mais, nous le répétons, ces données n’ont qu’une valeur des plus relatives.

§ 2. Symptômes. — Les symptômes cardinaux sont la lièvre, l’ictère et les hémorragies.

A. Fièvre. — Dès la fin du premier jour, la spirochétose se traduit souvent par une ascension thermique, qui ne fait jamais défaut, mais sur le degré de laquelle les données numériques des divers expérimentateurs ne concordent pas toujours.

R. Inada, Y. Ido et R. Hoki fixent le maximum à 40° C. Pour Ch. Nicolle et Ch. Lebailly, cette température est souvent dépassée et, dans un cas, elle a atteint 41°o. Sur les Cobayes conservés dans notre laboratoire, nous avons obtenu des chiffres plus faibles en opérant de la façon suivante (1) : l’animal est maintenu, tête première, dans un tambour étroit ; le thermomètre, spécialement construit pour ce but particulier et dûment contrôlé, est enfoncé de 3-4 cm. dans le rectum. Voici les températures relevées sur quelques animaux choisis parmi ceux dont l’incubation a eu une durée moyenne de 8-10 jours (voir tableau ci-contre) :

Il ressort de ces chiffres que la fièvre débute peu de temps après l’inoculation, qu’elle atteint son acmé (38°5-40°) plus ou moins rapidement, qu’elle persiste pendant quelques jours, pour tendre ensuite vers la normale et finalement

(i) Ch. Nicolle et Ch. Lebailly enfoncent le thermomètre de 7-8centimètres dans le rectum du Cobaye.

Températures rectales.

LA SPIROCHÉTOSE CHEZ LES ANIMAUX

(Le signe (*) correspond au jour où l’ictère apparaît.)

LA SPIROCHÉTOSE

s’abaisser notablement (35° environ"! ; la mort survient, pour ainsi dire toujours, dans l'hypothermie et l’adynamie.

B. Hémorragies. — Les épanchements sanguins sont consécutifs à la fièvre, mais leur apparition ne présente pas de fixité ; ils peuvent se produire à toutes les périodes, les 3-4 premiers jours écoulés.

Les hémorragies externes, les seules dont nous ayons à nous occuper ici, ont trois origines : les fosses nasales, l’anus et les organes génitaux femelles. Elles sont toujours très peu abondantes et suffisent simplement à rougir le pourtour des orifices naturels. Elles sont fréquentes, mais non constantes.

G. Ictère. — L’ictère présente des caractères particuliers : il est extrêmement intense; au point de vue teinte, sa valeur est celle des solutions picriquées saturées; il est concomitant à la chute de la température, par conséquent très tardif ; à la période d’état, sa durée est limitée environ à un jour, au bout duquel survient presque toujours la mort (1).

La coloration jaune est généralisée à l’ensemble des téguments; elle est manifeste chez les animaux à pelage clair; chez les autres, il laut la rechercher au niveau des régions glabres, des muqueuses, et surtout dans la cornée. L’urine présente aussi des signes caractéristiques : cholurie, cylindrurie, albuminurie, spirochéturie, souvent hématurie.

D. Symptômes divers. — Il est encore un dernier symptôme assez significatif : chez un certain nombre de Cobayes spirochétosiques, les vaisseaux capillaires de la conjonctive oculaire se congestionnent; en d’autres termes la muqueuse s injecte; ce signe est précoce et s’observe plusieurs jours avant l’ictère .

Quant aux autres réactions, elles sont banales : amaigrissement sensible du corps, hérissement des poils, flaccidité des flancs, paresse à se mouvoir, asthénie progressive et <tdle. A la fin de la maladie, le Cobaye est immobile et fi oid , il cesse de réagir aux excitations; sa pression arté-

(G • oir la note de la page 128.

LA SPIROCHÉTOSE CHEZ LES ANIMAUX

rielle est abaissée et sa fragilité est telle que la moindre intervention ou même la manipulation provoque la mort.

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