VII. — Evolution de la spirochétose
Dans les lignes qui suivent, nous envisageons la spirochétose typique du Cobaye.
§ 1. Durée de la maladie. — Les indication fournies par les expérimentateurs, relativement à la durée de la spirochétose ictérohémorragique chez le Cobaye, sont assez discordantes ; les données numériques, en particulier, varient sensiblement. Ces divergences nous paraissent surtout imputables, pour la majeure partie, à la façon particulière dont réagissent les sujets, à la nature du virus, à la dose inoculée, à la voie d’administration, enfin à une foule d’autres facteurs qu’on ne saurait préciser.
Pour nombre de maladies infectieuses, les germes conservés dans Les laboratoires fournissent plus ou moins rapidement des virus fixes, dont divers Trypanosomes, notamment, sont des exemples typiques. A la vérité, par passages chez le Cobaye, A. Monti et Yeratti ont obtenu des souches provoquant régulièrement fictère en quatre jours, la mort en cinq. Cependant, le fait ne nous paraît pas général ; nous avons entretenu plusieurs virus pendant des mois, quelques-uns pendant deux années et jamais nous n’avons observé une fixité aussi parfaite. Certes, après un certain nombre de passages chez l’animal, le virus d’origine humaine tend à se stabiliser, la mort survient avec des lésions plus accusées et plus constantes, mais la durée de la maladie ne se laisse jamais enfermer dans des limites précises. Pour les divers sujets inoculés non seulement avec des matériels différents, mais même avec des quantités égales d’un matériel identique, on peut constater des différences de plusieurs jours, en ce qui concerne la date d’apparition de l’ictère et celle de la terminaison fatale. 11 y a plus : en injectant des doses égales d’un même matériel virulent, on constate des écarts sensibles dans la durée de l’infection. C’est là un fait que met en évidence l’exemple suivant choisi entre un très grand nombre d’autres : 3 Cobayes reçoivent chacun, par voie sous-cutanée, 1 cm3 d’urine; 3 autres, 1 cm3 d’une émulsion de foie et de surrénale, prélevés sur un même animal mort en cinq jours, consécutivement à l’inoculation d’un virus conservé au laboratoire depuis plus d’un an. Les animaux succombent dans l’ordre suivant :