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O8s. LE — Fièvre lyphoïde avec infarclus de la rate. — L'observalion signale, le 17 novembre, une matité splénique très étendue ; la courbe (hermique présente, à partir de ce jour, des oscillations de température qui, le 20 et le 22, atteignent près de deux degrés. Le 24, ces oscillations disparaissent, en même temps que le tracé s'élève ; mais, à ce moment, l'observalion signale une parotidite suppurée gauche. Dans la suite, la courbe évoluera sous l’influence de cette dernière.
Nous devons toutefois faire remarquer que, bien avant le 17 novembre, dès le 12, c'est-à-dire presque au début de la fièvre typhoïde, l’on a pu constater une douleur limitée au dixième espace intercostal gauche qui, très certainement, était due à la rate. Et, pourtant, jusqu'au 17, les oscillations de température n'ont été que de quelques dixièmes. Ceci est dû, selon nous, à l'influence de l'agent éberthien, qui, agissant lui aussi sur la courbe thermique, a réduit d’une façon assez considérable l’amplitude qu'auraient présentées les oscillations thermiques, si le rôle de la rate seul avait été en Jeu.
Pas d’impaludisme dans les antécédents du malade.
Ors. IE — Fièvre typhoide. — Kien de particulier jusqu'au 18 octobre.
À partir du 19, la courbe thermique présente des irrégularités dans sa marche ; l'écart entre la température du matin et celle du soir va jusqu'à 2 degrés, le 20 ; 1°,7, le 22:-15,le 25 la douleur splénique accusée par le malade le 21 explique ce fait. Le 28 et le 29, les oscillations disparaissent sous l’action de la quinine qui à été administrée le 27, pour reprendre, une fois cette action disparue,
sr PQ jusqu'au 1° novembre, date à laquelle l'observation signale une pneumonie de la base gauche.
Pas d'impaludisme dans les antécédents du malade.
Ogs. IL. — Fièvre typhoïde. — Rien de particulier jusqu'au 15 octobre. À ce moment, l'observation signale de la splénalgie ; on observe, à la même date,sur la courbe thermique de larges oscillations atteignant 28 le 18 et 3° le 19. L'état du malade devient satisfaisant, la splénalgie diminue ; les oscillations sont réduites à quelques dixièmes. Toutefois l'observation relate la non-disparition complète de la splénalgie, et cette persistance de la douleur splénique nous explique les deux accès survenus le 31 octobre et le 2 novembre. On fait agir la quinine, et les accès cessent.
Pas d’impaludisme dans les antécédents du malade.
OBs. IV. — Convalescence de rougeole, marquée seulement par de la splénomégalie douloureuse. — La courbe
présente, dès le début, de larges oscillations de température, dont quelques-unes dépassent 3°. À partir du 19 ;janvier, époque à laquelle la quinine à été donnée dans les conditions voulues, les oscillations diminuent d’amplitude. Le 30 et le 31, la courbe tend à se relever par suite de la suppression de la quinine.
Nous concluerons donc de ces faits que l'organe splénique manifeste sa souffrance, alors même qu'on n’a pas conslaté d’impaludisme antérieur, par de larges oscillations de température ; — et nous sommes, en cela, complètement d'accord avec Piorry qui, dans son Trailé de
médecine pralique (1), établit, d'après l'analyse de 163 cas, la proposition suivante :
« Il est incontestable que des causes autres que l'influence des marais peuvent produire les fièvres intermittentes. Très fréquemment des inflammations, des douleurs et, parfois, des lésions organiques de la rate, ont été suivies de fièvres d'accès dont le type à ordinairement été quotidien... I y a un rapport manifeste entre la souffrance de la rate et les fièvres d'accès. »
Notre observation [IT confirme même ce qu'il ajoute, à savoir que la fièvre récidive presque toujours, tant que la lésion anatomique de la rate persiste : «C’est n'avoir rien fait que de dissiper les accès fébriles. On ne peut compter sur un véritable succès qu'au moment où la rate est revenue à des dimensions normales ».
Nous ne ferons pas, avec Piorry, de linflammation de la rate la cause de toutes les fièvres périodiques, mais nous tenons à insister sur ce fait, que de larges oscillations de température doivent toujours faire penser à une altération quelconque de la rate, surtout s'il existe en même temps de la douleur et de augmentation de volume de cet organe.
On devra incriminer immédiatement limpaludisme ; mais on se rappellera aussi qu'on peut rencontrer pareils phénomènes dans la tuberculose de la rate, dans les fièvres infectieuses et plus particulièrement dans la fièvre
(1) P. A. Piorry. — Traité de médecine pratique et de pathologte ratrique ou médicale. Paris, 1845, Lome VI, p. 88.