ANATOMIE PATHOLOGIQUE
1° Lésions veireuses. — L'étude que nous avons faite déjà de ces lésions, à propos dela discussion pathogénique, nous permettra d’être bref. Nous avons envisagé la topographie et la constitution du thrombus, d’une part, et les déformations veineuses, d'autre part.
Pour le coagulum, il faut remarquer qu’il ne s’agit plus dans ces cas, comme dans les pyléphlébites aiguës, d’un simple caillot eruorique, mou et noirâtre. On peut trouver (Edens) des coagulations récentes présentant ces caraclères ; mais il y a toujours, plus ou moins masqués par celles-ci, un ou plusieurs caillots anciens, c’est-à-dire durs, adhérents aux parois et plus ou moins décolorés. Le caillot peut être unique et s'étendre sans solution de continuité dans tout ou partie des veines du système porte (Cerné-Dévé). Dans d’autres cas (Edens), les coagulations récentes étant enlevées, on trouvait plusieurs caillots isolés qui restaient attachés
aux parois veineuses. Surle vivant, comme sur le cada-
vre, au cours d’une opération comme à l’autopsie, cet état des veines se reconnait facilement, avant toute dissection, au simple toucher qui perçoit des cordons durs, donnant la sensation d’une plume d’oie, ou mieux de vaisseaux injectés au suif.
Les veines présentent parfois des sinuosités plus ou moins marquées, selon le degré d’ancienneté de la lésion. Elles décrivent des courbes complexes, se contournent parfois en spirale, présentent des varicosités multiples, des inégalités de calibre allant jusqu’à donner de véritables dilatationsiané vrysmatiques, fusiformes, ou sacciformes (obs. personnelle : v. fig. et obs. Edens, Umber, Dock-Warthin). Cette analogie avec des lésions artérielles est frappante. Elle n’a rien d'étonnant, si l’on se rappelle que le tronc porte est une veine artérioïde par la disposition des fibres musculaires de ses tuniques, par l’absence de valvules et par la faculté de se contracter. Dans plusieurs cas, on a signalé de véritables lésions d’athérome du tronc porte, avec calcification des parois, transformation « osseuse » (Dock- Warthin, Raikem, Durand-Fardel).
La topographie du thrombus est variable. Dans trois cas (Rommelaëre, Dock-Warthin [I et Il) le tronc porte seul est thrombosé, la veine splénique indemne. Dans quatre autres, il y a à la fois pyléthrombose et splénothrombose. Dans le cas de Barth, il y avait, en outre, thrombose des veines intra-hépatiques. Dans notre pièce seule, tout le système porte est thrombosé également : tronc porte, veines mésaraïques, veine splénique, veines épiploïques, veines gastriques, à
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l'exclusion des branches intra-viscérales de l’int estin et du foie. Dans plusieurs des autres cas, on trouve cà et là, en outre, une thrombose des veinules d’origine des gros troncs veineux: veines pañhcréatiques, pancréatico-duodénales, vaisseaux courts, etc... Mais ce qui est remarquable, c’est le développement considérable que prennent, à côté des veines thrombosées, celles qui ont été épargnées. Il en est de même des systèmes portes accessoires et des anastomoses portocaves. On voit, fréquemment, autour d’un gros thrombus une infinité de petites veinules dilatées et béantes à la coupe, qui ne sont autres que les vasa vasorum démesurément dilatés. Ainsi s’établissent des voies veineuses collatérales vicariantes, dont l'importance extraordinaire permet de comprendre que, malgré une thbrombose très étendue ou générale,la suppléance puisse être complète. :
2 Lésions de la rate. — Dans tous nos cas, la rate est énorme et gorgée de sang. Elle est dure, lisse, hypertrophiée inégalement, selon le degré de thrombose ici ou là, Dans notre figure, c’est le pôle inférieur, dans l'observation I Dock-Warthin, c'est le pôle supérieur qui l'emporte.
Les bords sont arrondis, leurs encoches exagerées.
Voici les dimensions et les poids trouvés à l’autopsie:
Œttinger-Fiessinger I. . 529 gr.
Rommelaëre. .! . . 930 — 95x12 x 8,5 c.m.
Cerné-Dévé 1. SSD TRS NC ASE Dock-Warthin IL =: . °!° 94% — 19-4407
nr Ne Œttinger-Fiessinger II . 1.200 — , DSCRNVANATR IE ET 01.586 22108 2 19 2 Que
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En général, le tissu splénique est-dur à la coupe, et présente une surface rouge et granuleuse. Au point de vue histologique, on a constaté des lésions assez analogues dans les différents cas. Elles consistent surtout en formations fibreuses autour des vaisseaux élargis, avec atrophie de la pulpe et du tissu lymphoïde (Dock-Warthim I et II), lésions relevant de la congestion passive. En outre, dans les cas d’Edens et d’(ŒÆitinger (obs. I), toute la charpente fibreuse était épaissie, hypértrophiée, formant des travées fibreuses volumineuses. Dans son cas, M. Dévé n’a trouvé de sclérose que d’une façon accessoire et seulement dans la partie sous-capsulaire, de sorte qu’elle peut être mise sur le compte du traitement radio-thérapique. Si l’on a trouvé des veines intra-spléniques thrombosées, il n’y avait, en revanche, aucune lésion d’endophlébite et le thrombus n'adhérant pas à la paroi était manifestement rétrograde.
Lésions du pancréas.— Très souvent les veines pancréatiques sont thrombosées.Dans les cas de Umber et Edens, le tissu pancréatique est dur, surtout au niveau de la tête.
Edens signale des foyers de nécrose graisseuse confirmée par le microscope. Ce sont des lésions du même
ordre que nous trouvons signalées par M. Dévé.