‹ Splénomégalies Primitives Dites IdiopathiquesChapitre 6 sur 44 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Un cas de splénomégalie primitive, tout à fait inconnue, observé chez un enfant de moins de cinq ans, dans le service du professeur Estor, nous a paru devoir faire le sujet de notre thèse. Il nous semblait en effet intéressant, non seulement de préciser la clinique et l'anatomie pathologique de ces affections primitives de la rate, mais encore de rechercher dans la mesure du possible leur nature et leurs causes.

Or, en consultant la littérature médicale à ce sujet, nous avons été frappé de la diversité d'opinions qui régnait parmi les auteurs, et de l'obscurité de cette partie de la pathologie de la rate. Tandis que les auteurs groupent très bien les splénomégalies secondaires : les unes consécutives aux maladies infectieuses, aiguës ou chroniques : les autres consé-

cutives aux maladies du sang : les autres enfin, relevant de

la slase sanguine dans les organes (maladie du cœur à la période d'asystolie, maladies du foie, cirrhoses primitives, pyléphlébites), ces mêmes auteurs ne S ‘entendent plus du tout lorsqu'il s'agit de catégoriser ce que l’on entend sous le nom

vague de splénomégalies primitives, dites encore idiopathiques, et la plus grande obscurité règne encore sur la nature et sur les causes de ces affections. es

Ces splénomégalies idiopathiques comprennent un certain nombre d'aflections, différenciées les unes des autres, par les auteurs qui les ont successivement décrites, et ces auteurs ont donné pour chacune des formes un tableau clinique et anatomique spécial. En interprétant, chacun à leur manière, ce qu'ils voyaient, ils ont ainsi créé, à propos de ces hypertrophies mal connues de la rate, un certain nombre de maladies distinctes. |

Voilà ce que l’on peut constater.

Aussi, me suis-je demandé, en comparant les tableaux cliniques, les examens histologiques, les comptes rendus des nécropsies, s'il ne serait pas possible de simplifier un peu ces notons, et de montrer les points de différence ou de ressemblance que peuvent présenter ces affections. De plus, en essayant d'approfondir l'étiologie et la pathogénie, ne seraitil pas possible de grouper un peu ces hypertrophies idiopathiques de Ia rate qui paraissent si dissemblables au premier abord, et de les ramener à quelques types bien nets ?

Cette classification des splénomégalies primitives ne sera pas d’ailleurs à mon sens quelque chose de définitif. Je la donne pour ce qu'elle vaut, comme essentiellement temporaire, basée sur des examens et des études incomplètes, et pouvant être remaniée lorsque l’on sera en possession d'examens anatomiques, histologiques et bactériologiques nombreux et précis. Ceux-ci étant pour le moment en trop petit nombre pour qu'on puisse se faire une idée précise de la

question, ma thèse ne peut donc être qu’un travail d'acheminement vers la connaissance d'une question encore obscure, indiquant seulement la voie dans laquelle il faut chercher.

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