‹ Spongiaires de la mer CaraChapitre 17 sur 23 · C. Æspèces notres · texte numérisé non relu

C. Æspèces notres

Spec. Terpios niger Nobis, pl. XXII, fig. 2.

Cette espèce couvre d’un enduit noir et très-mince les vieilles tiges de Gorgones, ainsi que les valves de l’ostrea parasitica qui se trouvent fixées sur ces tiges. Ainsi que les espèces précédentes elle ne présente pas d’oscules. Quand ou examine son tissu au microscope l’on ÿ trouve des spicules aciniformes souvent réunies en faisceaux flabelliformes sem-

blables à ceux que nous avons signalés chez le terpios corallina. Elle habite St. Thomas.

Spec. Terpios echinata Nobis, pl. XXIV, fig. 4, 5.

Ce terpios est parasite à la surface des corps marins, il s'offre sous la forme d’une croûte noire; il est un peu plus épais que les précédents; sa surface est armée de processus spiniformes aigus et rapprochés. Ces processus sont de la grosseur d’un cheveu, mais ils sont plus épais à leur base, ils sont longs d'environ une ligne; si on l’examine à la loupe, la surface entre ces processus est arcolée c.-à.-d. garnie de dépressions séparées par des lignes plus élevées.

Il présente des spicules disposées quelquefois par des faisceaux flabelliformes, d’autres fois sans ordre bien distinct.

Il habite sur les Porites dans le port de St. Thomas.

D. Æspèces de couleur verte.

Spec. Terpios fugax Nobis, pl. XXIV, fig. 6.

Cette espèce, peut-être la plus mince de toutes, se présente sous forme d’un enduit vert très-mince formant un encroûtement sur les corps marins. Quand elle est desséchée elle conserve encore sa couleur, mais l’on croirait voir une couche de poussière colorée. Vue à la loupe quand

elle est récemment desséchée, la surface de ce terpios offre des granulations tuberculiformes, ainsi que le représente notre fig. 7. Le microscope ne montre aucune trace de réseau chez elle, mais démontre des faisceaux de spicules semblables à ceux du Terpios cera/lina plongés dans une matière pulpeuse qui offre de petites granulations.

Elle habite sur les Porites du port de St. Thomas.

Gen. Tethia Accet.

Les Téthies quand elles sont vivantes sont recouvertes d’une pulpe gélatineuse jaunâtre qui est assez épaisse pour que, si on les observe dans cet état, leurs fibres ne paraissent pas à découvert. Quand elles sont sèches 1l en est tout autrement, et sans les entamer l’on peut déjà reconnaître la texture fibreuse qui les caractérise.

Le genre Téthie tel que l’a formé Lamarck doit rentrer entièrement dans cette division, et cela paraît évident d’après la caractéristique donnée par BLAINVILLE qui leur reconnaît une structure fibreuse composée en partie par des acicules divergents du centre à la circonférence.

Il est très-important de rappeler ici ce qu’on sait sur ce genre, surtout d'après les études de LieBeRküHN qui a complété ce qu'on savait très-incomplètement à cet égard. L’extérieur des Téthies se compose d’une zone épaisse de 2 à 3 millimètres; elle est incolore, difficilement déchirable, pétrie d’aiguilles disposées en faisceaux qui sont en forme rayonnante de l'intérieur à l'extérieur; ces faisceaux se grossissent à mesure que l'on s’avance vers la surface. Leur extrémité, lorsqu'il s'agit de grands et Vieux exemplaires, acquiert l’apparence à la surface d’autant de petits polygones, tandis que dans les individus jeunes ce tissu paraît une maille à gros tissu.

Au-dessous de la 1" couche il en existe une autre jaunâtre que l’on peut facilement déchirer. Elle contient de petites cellules analogues à celles qu'on trouve dans les autres spongiaires. L'intérieur du corps des Téthia est traversé par un système de tubes qui se ramifient et à leur

tour ont issue dans un tube de déjection circulaire qui aboutit à l'extérieur.

Les Téthies outre leur spicules siliceuses, contiennent dans leur composition une assez grande quantité de matière calcaire qui paraît se trouver placée dans la pulpe gélatineuse ou cutanée avec des étoiles siliceuses.

Spec. Téthia globum Nobis.

Ce spongiaire est arrondi, d’un jaune orange quand il est vivant, dans cet état sa superficie est sans aucune cellule, mais lisse et enduite de pulpe. Quand il vient à se dessécher sa surface devient rugueuse par places, mais sans présenter les éminences vermiformes que Lamarcx indique sur la Téthie orange, laquelle, il faut le dire, ressemble beaucoup à l'espèce caraïbe, puisque la seule différence qu'il y a entre elles consiste dans ce que l’une aurait son extérieur verruqueux, ce qui n'aurait pas lieu chez l’autre.

La téthia globum ne devient jamais plus grosse que le poing; il est même fort rare qu’elle atteigne cette grosseur: elle a généralement le volume d’une petite pomme.

Elle se trouve à la Guadeloupe, à St. Thomas, à Viecques.

Gen. Geodia Accet.

Les Géodies peuvent être libres ou fixées. Leur couche corticale est épaisse et très-fournie de carbonate de chaux. Si l’on examine cette couche corticale au microscope, l’on voit qu’elle se compose de globules sphériques de nature siliceuse empilés les uns sur les autres sur plusieurs rangs. La partie intérieure présente de grandes spicules siliceuses distribuées dans la matière pulpeuse centrale. Il n’y a pas de réseau, et il n’y a par conséquent qu'un seul système de spicules.

Aux caractères que nous avons signalés il faut ajouter que les géodies sont pourvues d’une ou de deux fossettes sur lesquelles se voient des

oscules agglomérés en nombre variable. De plus les Géodies ne sont pas toujours libres. La Géodie bosselée de Lamarck, que possède M. Büse pharmacien à St. Thomas et dont nous donnons le dessin, présente évidemment des points d'attache peu étendus. Une seconde espèce que nous ferons bientôt connaître est largement adhérente aux corps marins.

Spec. Geodia gibberosa, LamarcK Anim. sans vert. 1° et 2e édit. SCHWEIGER, Beobach. pl. IT, fig. 18, 19. BLAINVILLE, Manuel d'actinologie. pl. XCT, fig. 4.

Nobis pl. XXV, fig. 1.

Masse suborbiculaire, un peu allongée suivant son diamètre vertical, ayant une consistance pierreuse et une couleur d’un jaune blanchâtre. Sa hauteur est d'environ 8 à 10 pouces, sa largeur est de 5 à 7. A l’état sec elle est creuse intérieurement et ses parois ont à peine 2 à 3 lignes d'épaisseur. A son sommet se trouve une dépression un peu cratériforme large de 2 à 3 pouces et demi, dans laquelle se trouve un grand nombre d’oscules arrondis, égaux et ayant une demi-ligne de diamètre. Sur les bords de la dépression cratériforme, l’on ne trouve que des pores punctiformes qui succèdent aux oscules.

La surface de cette Géodie est plus où moins bosselée, et ne présente sur l’une de ses moitiés que des pores punctiformes arrondis, tandis que l’autre moitié offre des pores stelliformes qui sont le résultat tantôt des échancrures qui entament leurs bords, tantôt de ce que chacune de ces ouvertures sont formées par le groupement de 2 ou 3 petites fentes linéaires. -

Chez cette espèce les globules siliceux de la croûte sont très-délicatement réticulés à leur surface.

Elle à été recueillie à Tortole. Cette espèce appartient à M. Hever dont nous avons déjà parlé.

Spec. Geodia cariboa Nobis, pl. XXV, fig. 8.

Cette géodie différe beaucoup de la précédente en ce qu’elle est

aplatie et largement fixée; de plus sa surface n’est pas poreuse comme chez la Géodie bosselée, mais elle est finement réticulée, ce qui semble dû à la saillie des globules sphériques qui forment les couches de l’encroûtement. Enfin chez cette nouvelle espèce, l’on ne trouve plus une cavité cratéroïde pour contenir les oscules, ceux-ci sont distribués sur une et plus souvent 2 petites places qui n’en contiennent guère chacune que de Dans:

L'on voit que les caractères extérieurs de cette espèce sont bien tranchés; elle est jaune à l’état vivant, mais elle blanchit en séchant. Elle n’est pas creuse intérieurement quand elle est vivante; son intérieur est rempli de pulpe farcie de spicules, et est creusé par des canaux. Quant à l’espèce précédente, ne l'ayant observée qu'à l’état sec, nous ne pouvons dire si sa cavité intérieure est l'effet du dessèchement ou une

chose normale.

Elle habite St. Thomas.

3gme TRIBU.

TRICUSPIDATAE.

Gen. Euryades. Nobis.

Ce genre possède un réseau corné bien formé et les fibres qui for- ‘ment son tissu sont creuses et n’ont pas de spicules dans la composition de leurs parois; dans le tissu l’on trouve çà et là de grandes spicules tricuspides qui sont rares et clair semées.

Spec. Euryades notabilis Nobis, pl. XXV, fig. 3. Espèce gibbeuse ou lobée, perforée de tubes nombreux ayant de 3 à 5 lignes de diamètre; l’orifice de ces tubes est souvent dégagé de

la masse commune, en sorte que ces espèces de syphons font une saillie de 3 à 4 lignes au-dessus de la masse commune; les orifices sont légèrement ciliés par l'extrémité des nervures qui se voient dans l’intérieur des tubes.

Cette éponge quand elle est vivante est d’un rouge carmin , cette couleur réside dans sa matière pulpeuse qui se détruit par la dessiccation. Aussi à l'état sec, l'Euryades notabilis n'offre plus qu'un réseau de fibres à surface légèrement échinulée, percé par de gros tubes dont nous avons parlé, lesquels offrent des nervures sur leur paroi intérieure. Dans cet état sec son réseau est tout-à-fait à jour, quand on le place entre l'oeil et la lumière; la couleur rouge carmin a également disparu pour faire place à une coloration rougeûtre.

Elle habite St. Thomas.

2e DIVISION.

OPENPSEP NON COTETE

Les espèces de cette famille sont dépourvues d’un véritable réseau de fibres, et elles ne consistent que de la partie molle des animaux avec des spicules. Il faut se garder de prendre pour des fibres certains filainents dus à des végétaux microscopiques qui se développent dans les cellules laissées vides par les V30a. Dans une des deux sections dont se compose cette famiile les spicules sont entassées les unes sur les autres et réunies par la poulpe; leur intérieur est creusé de canaux qui débouchent à l'extérieur par des oscules. Les spicules sont de deux qualités dont les unes très-grandes à forme tricuspidée, les autres sont aciniformes et très-petites.

L'autre section est aussi dépourvue de fibres en réseau; les spicules sont plongées dans une substance gélatineuse, qui renferme aussi de petites granulations arrondies, disséminées et éparses. Les spicules sont en forme d’aiguille, les utricules communiquent avec l’eau ambiante par des pores arrondis dont les orifices extérieurs sont situés sur la surface des coquilles dans l’épaisseur desquelles ces animaux vivent en parasites, mais ces utricules communiquent entre elles par des tubes allongés, lorsque les utricules sont situées à distance les unes des autres, soit par de simples pertins, lorsque ces utricules sont rapprochées et confluent, en sorte que dans ce cas la communication qui existe entre ces

petites vessies ressemble assez bien à celle, suivant laquelle les tubes des Calamopora communiquent entre eux. Comme exemple de cette structure nous citerons la #304 Strombi qui habite entre la couche calcaire des S/rombes.

Ce dernier groupe de spongiaires ressemble assez bien par sa structure à certaines éponges qui se développent sous forme de membrane mince à la surface des corps marins, et qui comme elles ont des spicules, cependant elles en sont différentes par leur manière de vivre et par la disposition qu'elles affectent dans l’intérieur des coquilles.

Dans le résumé des faits que nous avons rapportés sur l’observation directe des spongiaires, nous avons dit que le travail plus explicite sur les éponges perforantes est dû à M. Hancock et qu'il pense que ce phénomène est dû en partie aux proéminences des aiguilles siliceuses sortant un peu de la surface de lanimal, comme à l’action des corpuscules particuliers qui la couvrent. Ce serait donc une action mécanique à laquelle est due la perforation, elle serait donc différente de celle qui s'exerce par certains mollusques qui par l’entremise de leurs valves (Pholas, lithodomus) exécutent une telle opération. Cependant l’action mécanique ne suffirait pas à elle seule pour expliquer dans tous les cas ce phénomène, car la perforation non seulement se fait par des animaux qui ont des parties dures mais aussi par des animaux qui en sont dépourvus, et nous avons pu constater qu'une espèce d’holothuria de l’île de St. Thomas, de la Guadeloupe, est perforante ; elle se creuse dans les madrépores des cavités d’une forme ovale allongée qui se montrent parfaitement sur son corps. Nous savons aussi les ravages qu’exerce dans les rivages de la mer du Nord un petit crutacé qu'on appelle Limnoria terebrans, et M. Davin STEvENSON ne craint pas d’aflirmer que l’action destructive de la Limnoria terebrans surpasse celle des animaux qui appartient au teredo navalis. Voyez proceedings of the R. Society of Edinburgh, vol IV , pag. 612 (1861—1862). Il faut donc recourir au suc qui permettrait à ces animaux de creuser les pierres, mais ce suc ne serait pas toujours le même, car tandis que divers animaux se bornent à creuser comme les éponges les madrépores

et les pierres calcaires, nous savons par les écrits de l’amiral pu Perrr Taouars qu'il y a des mollusques qui se creusent des cavités dans le granit, ce qui prouverait que ce suc dont il est question doit singulièrement varier de nature.

En ce qui regarde les éponges perforantes l’action mécanique doit produire, sinon exclusivement, du moins en grande partie, cette perforation; cela est bien probable tant à cause des matières qu’elles creusent qu'à cause de la simplicité de leur organisation.

En effet la séparation d’un acide quelconque suppose un appareil et des fonctions très-peu conciliables avec la simplicité organique dont sont doués les êtres qui nous occupent maintenant.

Les Oxyspongiae sont très-nombreuses en espèces. M. LIEBERKüEN dit que seulement dans la Tridacna gigas on en a compté 12 espèces et sur toute la côte de Northumberland, dit M. Hancock, la surface de presque toutes les pierres voisines de la ligne de la marée est perforée par ces êtres, les cellules, dans lesquelles demeurent plusieurs espèces, ont une forme différente.

C’est dans les oxyspongiae qu'il faut placer le genre Halisarea proposé par M. Lreserküun, bien qu'il puisse former une section à part.

lre TRIBU.

IMPERFORANTES.

Gen. Medon.Nobis.

Les Médons qui composent le premier groupe des oxyspongiae sont

jaunâtres, fragiles, et blessent facilement, quand on les touche, et causent un prurit très-violent. C’est à ce genre que se rapporte probablement

l’être que M. Boncuarp CHanNtEREAU décrit dans les Aunales des Sciences naturelles, \V° serie, pag. 217, tom. XVI. Nous en connaissons deux espèces.

Spec. Medon imberbis nobis, pl. XXII, fig. 2, 2*, 2.

Cette éponge, à peu près de la grosseur du petit doigt consiste en un corps cylindroïde, fixé aux vieilles coquilles où aux madrépores. De ces corps s'élèvent un ou deux prolongements qui se terminent chacun par un oscule. Notre fig. 2’, pl. XXIT, représente deux de ces spicules tricuspides grossis.

La couleur sur le vivant, comme sur le sec, est d’un blanc jaunâtre ; les prolongements concaves qui supportent l’oscule sont longs de 4 à 5 lignes, mais comme ils sont très-fragiles il est difficile de les observer sur les spécimens secs.

Le medon imberbis est très-commun sur les pierres submergées et les madrépores des côtes de St. Thomas, aussi lorsqu'on fait des pêches de madrépores, a-t-on les plus grandes peines pour éviter d’être piqué par les spicules de cette espèce qui est très-fragile et se brise sous les doigts.

Spec. Medon barbata Nobis, pl. XXIV, fig. 9, 10.

Espèce petite, isolée et globuleuse, ou consistant dans la réunion de 2 ou 3 petites masses arrondies, chacune de ces masses, qu’elles soient isolées ou arrondies présente un oscule avec un cou peu allongé et légèrement etranglé dans son milieu. La surface de ces masses d’éponges est garnie de poils très-longs qui sont rigides. La grosseur de cette éponge varie entre celle d’un pois et celle d’une noisette; la couleur est d’un jaunâtre clair.

Elle habite les côtes de St. Thomas et se trouve fixée aux corps marins.

2me TRIBU.

PREMRE FAO REAENETEES:

Gen. Vioa Nardo.

Spec. Vioa Duvernoysi. DucHAssAING DE FoNBRESSIN, Awim. rad. des Antilles, p. 27.

Nobis, pl. XXV, fig. 4.

Cette espèce a des utricules bien plus petites que celles du Y704 Michelinii et Vioa Nardina; ses tubes sont en outre plus allongés que chez le W. Michelin, et ses vésicules plus confluents que chez le V. Nardina, les oscules sont ronds et se montrent des deux côtés des coquilles qu’elle habite, elle se termine à sa circonférence par le prolongement de ses tubes qui sont souvent bifurqués à leur terminaison.

Ce spongiaire habite les coquilles du genre pirxa, elle se trouve à la Guadeloupe, et puisqu'elle n’a pas encore été dessinée, nous en donnons la fig. grossie d’une portion au N°. 4 de la pl. XXII.

Spec. Vioa dissociata. DucHAssaING DE FoNBREssIN, A4wim. rad. des Antilles, pag. 21.

Nobis, pl. XXII, fig. 5, 6.

Cette espèce n'est plus finement ramifiée à sa périphérie, comme l'espèce précédente, ce qui tient à ce que le système des tubes est bien moins développé; les utricules sont confluentes, les tubes très-fins et n’atteignent souvent pas les utricules voisines ; à l'extérieur de la coquille l’on voit des oscules qui établissent la communication avec l’eau de mer. L'intérieur de la valve offre sur l’emplacement de chaque utricule un ou deux points noirs qui ne nous ont pas paru perforés.

Elle habite la Guadeloupe dans la coquille des espèces du genre p#xna. Grossie nous en donnons le dessin au N°. 5 et 6 de la pl. XXII ci-jointe.

Spec. Viva strombi Nobis.

Les utricules de cette espèce sont presque quadrangulaires et s’étendent parallèlement les unes contre les autres dans l’épaisseur de la coquille; elles ne sont séparées entre elles de la coquille que par une mince tranche de tissu, et elles communiquent par un trou dont ces sortes de cloison sont percées. Le système des tubes disparaît donc tout-à-fait chez cette espèce qui offre encore une autre particularité. Dans les endroits où la coquille est mince, il n’y a qu’une seule rangée de ces utricules, dans ceux où elle est plus épaisse on trouve 2 rangs d’utricules, l’un au-dessus de l’autre; des pores arrondis situés sur les deux faces de la coquille font communiquer les utricules avec l’eau de la mer.

Elle habite la coquille du genre Sfrombus gigas qui vit dans la mer Caraïbe.

Gen. Euryphylle Nobis.

A côté des ioa qui vivent en parasites dans les coquilles, on trouve d’autres spongiaires qui vivent dans les pierres madréporiques, et dont l’organisation est très-voisine des 204. Ces spongiaires habitent des sortes de galeries irrégulières qu’elles se creusent dans l’intérieur des madrépores ; les galeries sont tapissées par le tissu du parasite qui est en tout semblable à celui des 7304. C’est un tissu muqueux solidifié par des granules et par des spicules siliceuses en forme d’aiguilles ; il n’y a aucune trace de réseau produit par des fibres. Ces parasites communiquent avec l’eau de la mer par des ouvertures rondes, qui se trouvent à la surface des madrépores et qu’ils creusent eux-mêmes, car ces trous sont tous de même forme et parfaitement circulaires. Ces ouvertures dont le diamètre oscille entre % ligne et trois lignes sont formées par un diaphragme dont le tissu est celui de l'éponge même ; ces diaphragmes

sont percés à leur centre par un trou arrondi qui peut être considéré comme un véritable oscule.

Les galeries dont nous avons parlé ont une forme assez irrégulière, étant tantôt plus larges et tantôt plus étroites; elles communiquent les unes avec les autres.

Nous indiquerons deux espèces dont l’une /’Æwryphylle latens et l'autre 'Zuryphylle dubbia qui diffèrent dans la grandeur des diaphragmes qui ont de 1 à 3 lignes de diamètre chez la première, tandis qu'elles n’ont pas plus de % ligne chez la seconde. La couleur de l'Euryphylle latens lorsque nous l'avons examiné déjà un peu changé, était d’un brun jaunâtre, tandis que / Zwryphylle dubbia à l'état frais offrait une couleur jaune orange, tant pour les diaphragmes que pour le tissu contenu dans les galeries.

L'Buryphylle latens est figurée en grandeur naturelle au N°. 7 de la pl XXV ci-jointe, et une tranche du tissu vu au microscope est dessinée au N°. 8 de la même planche; tandis que les dessins N°. 5, 6, se rapportent à / Zwryphylle dubbia.

La revue des spongiaires de la mer des Caraïbes, que nous venons d'achever n’est certainement pas complète, comme nous l’avons dit dans la préface, et elle pourrait notablement s’accroître avec le temps, mais elle suffit à présent pour montrer que, si le tableau des êtres d’une seule partie de la zoologie a pu être 5 fois plus étendu que ce qu’on en connaissait par des publications antérieures, en égard même aux limites d’un espace relativement restreint, il y a lieu de croire que la zoologie se trouve encore en présence d’un champ très-vaste à exploiter dans la série des aquatiques.

L’ample moisson qui reste encore à recueillir nous effraie, mais le

témoignage de bienveillance que la Société Royale Hollandaise vient d'accorder à cet essai est un puissant encouragement à poursuivre nos recherches, et à en faire connaître les résultats. Bien que bornés à la partie descriptive, ces travaux pourront être de quelque intérêt; car ils sont tout au moins encore du ressort de la philosophie.

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