C. Espèces lobées ou globuleuses
Spec. Polytherses Longispina Nobis.
Espèce arrondie, sessile, à peine comprimée sur les côtés, haute de 3 à 4 pouces, large de 2 à 3. Ses appendices sont plus longs que dans les autres espèces et au lieu d’être triangulaires ou comprimés, ils ont jusqu'à leur extrémité la forme de petites colonnes très-roides et bien cylindriques; quelquefois ces petites colonnes se bifurquent vers leur sommet en 2 petites colonnes plus grêles.
À l'état vivant ce polytherses est brunâtre ou même noir: en se desséchant il conserve ces couleurs; les mailles situées entre les colonnes sont larges de 4 à 5 lignes. Les oscules sont épais, les plus
grands n'ont pas 2 lignes de diamètre, d’autres oscules sont très-petits. Ce tissu intérieur est composé de larges cavernes et imite ce qui se voit chez le polytherses acuta.
Elle habite St. Thomas.
Spec. Polytherses acuta Nobis, PI. XIII fig. 3.
Masse sessile, arrondie, ou divisée en 2 ou 3 lobes qui sont quelquefois un peu comprimés, épines fortes très-larges à leur base, où elles sont prismatiques et ordinairement divisées à leur sommet en 2 ou 3 têtes obtuses; mailles larges de 3 à 5 lignes.
L'intérieur de cette éponge est formé par de larges cavernes dont quelques-unes ont près de 6 lignes de large.
A l'état vivant ce polytherses est noirâtre, et cette couleur persiste sur le sec à moins que les spécimens n’aient été longtemps à la pluie et au soleil, dans ce cas ils deviennent blanchâtres.
Il habite la Guadeloupe, St. Thomas, Tortole, Viecques, Crabb-Island.
Spec. Polytherses felix Nobis, PL XIII fig. 2.
Sessile, arrondi, ou lobé; la surface est réticulée comme chez toutes les autres espèces et garnie de processus spiniformes durs et rigides, comprimés latéralement et bien plus petits que chez l'espèce précédente. Les oscules sont peu nombreux, ils sont larges de 1 à 2 lignes, ils sont en général disséminés, et l’on en trouve souvent vers le sommet de l’éponge; les mailles sont bien plus petites que dans le polytherses acuta, car elles varient entre une et deux lignes et demie. Dans l'intérieur cette éponge est caverneuse comme les 2? espèces qui précédent ; dans l’état de vie sa couleur est d’un brun obscur.
Elle habite St Thomas, Tortole.
Spec. Polytherses capitata Nobis.
Une forme presque toujours capitée, des épines très-dures, très-obtuses et à peine saillantes, une consistance très-voisine de celle du cartilage sert à distinguer cette espèce. De plus les épines au lieu d’être
obliques à la surface comme chez la plupart des autres espèces sont perpendiculaires; elles sont fortes, épaisses, obtuses et leur hauteur n'atteint pas une ligne.
Les oscules sont épars mais en général plus nombreux que dans les autres espèces, ils ont ordinairement une ligne de diamètre; de plus vers le sommet l’on trouve 2 ou 3 oscules bien plus grands. L'intérieur est très-caverneux, et sur le sec le tissu des mailles est blanchâtre et présente non seulement l'aspect mais aussi presque la consistance de la corne. À l'état vivant cette éponge est brune et ne présente pas la rigidité très-grande qu'on lui trouve quand elle est desséchée.
Elle habite St. Thomas.
Spec. Polytherses colunnaris Nobis.
Espèce dressée mais largement adhérente à sa base, et ayant 3 à 4 fois plus de hauteur que de largeur, elle paraît composée de 4 à 5 branches droites parallèles et soudées entre elles. Elle présente sur la surface de larges crevasses qui la pénètrent quelquefois de part en part. Toute sa surface est couverte de processus spiniformes, les uns aigus les autres spatulés; des oscules petits où médiocres, mais très-nombreux sont disséminés sur les différentes parties de cette éponge, chez laquelle le caractère cartilagineux tend déjà à disparaître ainsi que chez l’espèce précédente. Couleur jaunâtre sur le sec.
Elle habite St. Thomas.
Spec. Polytherses cylindrica Nobis.
Espèce cylindrique ayant à peu près une grosseur égale dans toute sa hauteur. Processus spiniformes, noinbreux, égaux dans toute leur longueur, simples ou bifides à leur sommet et s’élevant à environ 2 lignes au-dessus de la membrane cartilagineuse des mailles. Comme cette membrane se replié sur les épines et passe de l’une à l’autre, il en résulte que les area ou planchers de ces mailles se trouvent au fond des cavités assez profondes. Le sommet des épines dépasse d’environ A de ligne la membrane qui court de l’une à l’autre.
Des oscules larges d'environ 2 lignes se trouvent dans quelques-uns des area (planchers) et percent la membrane cornée; à l’état sec la couleur est jaunâtre.
Elle habite St. Thomas.
Gen. Hyrtios Nobis.
Le genre Hyrtios se rapproche des Polytherses en ce que les mailles de son réseau sont remplies par un encroûtement tenace, lequel renferme des spicules entrecroisées en tous sens; mais il diffère des Polytherses en ce que cet encroûtement ne contient plus de fils longs et tenus que nous avons signalés en parlant de ce genre. De plus les hirtios diffèrent des genres suivants par ce même encroûtement, lequel, comme nous l'avons fait observer plus haut, renferme des spicules disposées autrement que celles que l’on trouve dans les cellules des autres divisions génériques comprenant deux systèmes de spicules ; pour cela il suffit de comparer leur tissu.
Nous ne connaissons que 3 espèces à rapporter au genre hyrtios, et à l’état vivant deux sont noires, la 3° est d’un pourpre noirâtre.
Pour terminer nous dirons que parmi les haléponges de la 1° tribu il se trouve deux genres qui se distinguent des autres par leur encroûtement tenace étendu entre les mailles; ce sont les Polytherses et les
Hyrtios.
Spec. Hyrtios proteus Nobis, PI. XIV, fig. 4.
Espèce formée par un ou plusieurs lobes, ou bien de forme gibbeuse et marquée à sa surface par quelques crêtes obtuses et épaisses, toute sa surface est échinulée par de petits processus spiniformes ayant à peine une ligne de longueur et circonscrivant des mailles qui ont 1 à 2 lignes d’étendue. Les oscules sont nombreux, ronds, superficiels et ont environ 1 à ? lignes de diamètre.
Les fibres de cette éponge sont jaunâtres et cassantes : l’encroûtement est noir, et la couleur est noire à l’état vivant et à l’état sec.
Une partie de ses fibres sont condensées en faisceaux, ce qui n’existe pas chez les hyrtios vilis et musciformis.
Elle habite St. Thomas.
Spec. Hyrtios vilis Nobis.
Masse comprimée un peu flabellée, sinuée en son bord supérieur et composée d’une charpente très-lâche de fibres gros, ronds et d’une consistance presque cartilagineuse; les mailles du réseau ont de 3 à 6 angles et sont larges de 3 à 4 lignes. Les fibres qui forment ce réseau sont quelquefois à nu sur les espèces desséchées, et se montrent avec une couleur fauve, tandis que l’encroûtement qui remplit les mailles est d'un noir foncé.
La surface offre des oscules superficiels ayant 2 à 3 lignes de diamètre. L'hyrtios vilis est comme la précédente d’une couleur noire tant à l’état vivant qu'à l’état sec.
Ses fibres bien plus lâches, ses mailles bien plus larges la distinguent de la précédente.
Elle habite St. Thomas.
Spec. Hyrtios musciformis Nobis, PI XIV, fig. 3.
Cette éponge est parasite, elle forme une gaîne épaisse de quelques lignes autour des branches des polypiers. Sèche elle est d’un pourpre noirâtre, vivante elle est d’un pourpre foncé qui s’attache aux doigts, et cétte couleur ne peut s’enlever qu'avec difficulté.
L'épaisseur de cette espèce est de 2 à 3 lignes, elle est composée de fibres courtes anastomosées ensemble et d’un aspect cartilagineux, dont les interstices sont remplis par la matière pulpeuse de couleur de pourpre dont nous avons parlé.
Quand elle est sèche elle ressemble grossièrement à certains lichens très-courts, et les fibres dont il a été question devenant plus saillantes rendent sa surface un peu hérissée. Dans les interstices de ces fibres
l’on trouve des fragments de la matière pulpeuse desséchée qui examinés au microscope présentent la même structure que celle que l’on observe chez les hyrtios vilis et proteus.
Cette espèce est commune dans le port de St. Thomas.
Gen. Agelas Nobis.
Les Agelas ont deux systèmes de spicules, savoir un premier système servant à renforcer les parois de leurs fibres qui sont creuses et cornées, et un second système composé de spicules ##fracellulaires c.-à.-d. qui font saillie par l’une de leurs extrémités dans les mailles du réseau. Ces espèces sont encroûtées à leur surface, l’encroûtement est mince et très-finement poreux ce que l’on ne peut voir qu’à la loupe; de plus elles sont très-fibreuses à l’intérieur.
Leurs fibres encore cornées et creusées, leur tissu très-fibreux les distinguent parfaitement des Amphimédon, des Halysios, et même des Pandoros qui n’ont pas du reste leur encroûtement finement poreux. Chez les Agelas la texture est fibreuse, chez les Thalisias elle est plutôt terreuse, et chez les Amphimédon elle est plutôt spongieuse.
Spec. Agelas dispar Nobis, PI XV, fig. 1.
Espèce pédiculée, renflée en forme de masse arrondie vers son sommet et souvent un peu aplatie vers sa partie supérieure. Sur une partie souvent assez limitée de sa surface l’on trouve de petits oscules superficiels ronds, nombreux et serrés. Le reste de la surface présente des oscules superficiels et bien plus grands (2 lignes de diamètre) et un grand nombre de cavités sinueuses qui pénètrent dans la masse, et peuvent être considérées comme des oscules confluents ou déformés. Cette éponge est rigide quand elle est sèche, et présente alors une couleur d’un blanc jaunâtre; l’intérieur de son tissu est très-caverneux.
Var. a.
Quelques spécimens qui ne peuvent être séparés de l’espèce que nous
venons de décrire, présentent sur toute leur surface des oscules petits et arrondis semblables à ceux que nous avons indiqués comme groupés dans une place limitée de l'agelas dispar. Elle offre aussi les cavités sinueuses qui ont été mentionnées dans cette dernière.
Elle habite la Guadeloupe, Ste. Croix, St. Martin, Thomas, Viecqnes.
Spec. Agelas rudis Nobis, PI XV, fig. 2.
Masse comprimée latéralement et qui serait flabelliforme, si elle avait plus de hauteur; le bord supérieur est obtus, épais et arrondi; les deux faces ainsi que le bord supérieur offrent quelques oscules arrondis et d’autres ouvertures obliques, allongées, irrégulières qui pénètrent de part en part la masse commune. Le reste de la surface est trèsfinement poreuse. Quand on l’examine à la loupe les oscules, ainsi que les ouvertures obliques dont il a été question, ont environ ? lignes de diamètre ; sur le vivant la couleur est rouge, elle devient jaunâtre par le
dessèchement.
Elle habite St. Thomas. ;
Spec. Agelas albo-lutea Nobis.
Masse roide, comme chertacée, flabelliforme, naissant d’une base comprimée et gardant à peu près la même épaisseur dans toute son étendue, son bord supérieur est obtus et ondulé, sa surface est revêtue d’un encroûtement blanc jaunâtre très-adhérent quoique mince, et qui vu à la loupe est très-finement poreux. Cette éponge qui est épaisse de quelques lignes est dépourvue d’oscules, elle est d’une couleur blanc jaunâtre.
Elle habite St. Thomas.
Spec. Agelas dilatata Nobis, PI. XIV, fig. 1.
Masse élargie plutôt aplatie, surface roussâtre au-dessus, noirâtre de côté, pores petits presque également épars.
Elle habite la Guadeloupe.
Les genres que nous allons maintenant passer en revue ont leurs spicules intracellulaires autrement disposées que chez les polytherses et les Hyrtios; ici ils sont adhérents par l’une de leurs extrémités aux mailles du réseau et leur autre extrémité fait saillie dans les cellules. De plus le nombre de ces spicules ainsi disposées dans chaque maille est trèspetit, tandis que ce nombre était considérable pour l’encroûtement des mailles des polytherses et des Hyrtios.
Gen. Amphimédon Nobis.
Espèces diversiformes, non encroûtées n'étant pas garnies de pinceaux fibreux qui les rendent hérissées. Leur surface est poreuse ou réticulée, leur intérieur spongieux ; plusieurs de ces espèces sont rouges ou rougeâtres, cependant il y en a une de verte, une autre violette, mais cette coloration peut être considérée comme dérivant du rouge. Parmi ces espèces il y en a qui, lorsqu'elles sont vivantes et qu'on les touche, occasionnent un prurit fort incommode. Chez les amphimédon les parties cornées du réseau sont plus ou moins atrophiées et disparaissent presque complètement chez certaines espèces.
A. Espèces à surface réticulée, c'est-à-dire parcourues par des nervures formant une nervure par leurs anastomoses.
Spec. Amphimédon compressa Nobis, PI XVII, fig. 2.
Masse large, comprimée à peu près de la forme de la main lorsqu'elle est ouverte et les doigts rapprochés, mais sans divisions, un peu aiguë au sommet; les bords sont épais et présentent 1 à 3 séries d’oscules superficiels arrondis, larges de 1 à 2 lignes au plus; les faces qui sont quelquefois excavées quelquefois un peu bombées peuvent présenter une côte saillante; elles sont réticulées par des nervures qui se dichotomisent et entre les nervures il existe des espaces qui
sont divisés par des prolongements parallèles qui vont d’une nervure à l’autre. Les espaces qui sont situés entre ces prolongements constituent des pores arrondis ou allongés, petits ou grands qui rendent la surface très-poreuse.
En outre chacune des faces présente quelques oscules épars qui peuvent être un peu plus grands que ceux des bords, et qui ont quelquefois leur ouverture déchirée en étoile.
A l'état vivant cette espèce est d’un beau rouge, en séchant elle devient blanchätre.
Elle habite St. Thomas, Ste. Croix, Viecques.
Spec. Amphimédon arborescens Nobis, PI. XIV, fig. 2
Espèce divisée en rameaux parallèles, tortueux, quelquefois ces rameaux sont soudés entre eux jusqu'à une certaine hauteur. Des oscules superficiels ou à peine saillants se trouvent sur un ou deux rangs le long des rameaux; ils ont un diamètre d'environ 2? lignes. Le tissu de cette espèce est semblable à celui de l'espèce précédente, seulement sa surface est un peu moins poreuse, Sa couleur à l’état vivant est d’un rouge vif, elle peut conserver cette teinte si elle est desséchée avec soin, si non elle devient d’un blanc jaunâtre. Le port de l’amphimédon arborescens la fait ressembler beaucoup à la spongia rubens dont elle a la couleur: sa taille est d'environ 8 à 12 pouces.
Elle habite St. Barthélemy, St. Thomas, Tortole.
Variété ensiforme.
Cette espèce présente une variété ensiforme dont les rameaux sont comprimés, dressés, égiformes et osculés sur leurs bords. Couleur rouge.
Elle habite St. Thomas.
B. Æspèces à surface poreuse ou celluleuse à l'état sec, pouvant cependant être réticulée quand elles sont vivantes.
Spec. Amphimédon variabilis Nobis, PL XXI, fig. 4et PI. XXIT, fig. 2.
Cette éponge est très-variable dans sa forme: tantôt elle est lobée et ses lobes peuvent être comprimés ou obtus, d'autrefois elle est flabelliforme, dans tous les cas les oscules sont en général situés sur le bord libre des lobes, et quand l'espèce est flabelliforme ces ouvertures peuvent être unilinéaires et suivre la ligne courbe du bord.
Cette espèce est rouge quand elle est vivante, dans cet état elle est douce comme du coton et très-malléable, caractère qui la différencie de la Thalysias ignis, quand cette dernière est privée de son encroûtement ; de plus à l'état frais notre éponge est parsemée de pores et de lacunes irrégulières qui sont le plus souvent situées en séries régulières et linéaires, ce qui fait que la surface est réticulée, mais ce caractère tout aussi bien que sa imollesse se perdent sur le sec, alors la surface est seulement poreuse, et la disposition réticulaire peut disparaître entièrement.
Quand elle est sèche, cette éponge devient grisâtre et fragile, sa surface est celluleuse par les pores qui s’y trouvent. Ces pores sont tantôt très-petits, d'autrefois ils peuvent recevoir une tête d’épingle, ils sont non seulement de grandeur inégale, mais aussi de formes différentes et trèsirrégulières : elle renferme de la chaux et fait effervescence avec les acides.
L'espèce qui se rapproche le plus de Z’amphimédon variabilis est la Thalisias ignis; mais à l’état de vie, si toutes deux sont rouges, la première est réticulée et elle est très-douce au toucher, tandis que la seconde n’est pas réticulée et est plus ou moins roide. De plus le système spiculifére est bien plus développé chez la Talysias ignis que chez celle qui nous occupe: cette dernière présente encore, quand on l’examine au microscope, des pièces cartilagineuses rougeâtres de forme très-irrégulière qui ne se trouvent pas dans l'autre.
A l’état sec l’amphimédon n’est jamais bien encroûtée, tandis que
la Thalisias ignis est toujours revêtue d’un encroûtement complet si elle a été bien desséchée, Elle habite le port de St. Thomas.
Spec. Amphimédon ferox Nobis, PI XIT, fig. 6.
Espèce d’un rouge brique; quand elle est vivante elle se présente sous l’aspect d’une lame encroûtante plus où moins étendue à la surface des rochers et ayant une épaisseur de 3 à 4 lignes. A l’état vivant sa surface libre n’est ni poreuse ni celluleuse, mais très-unie; dans cet état elle présente des oscules épars larges d’environ 1 à 2 lignes, et faisant une saillie de 1 à 2 lignes au-dessus du niveau de la masse.
A l'état sec, comme la matière pulpeuse s’est desséchée, la surface n’est plus unie, mais présente des dépressions ou de petites fentes régulières, séparées les unes des autres par de petites crêtes minces et plus ou moins longues. Le caractère des oscules est conservé, mais la coloration naturelle a disparu et est remplacée par une teinte jaunâtre.
Cette espèce est une de celles que l’on doit éviter de toucher à cause de ses caractères caustiques.
Elle habite l’île de Water-island près de la côte de St. Thomas.
Spec. Amphimédon dilatata Nobis.
Erecta, flabellata, compressa in vivo rubra osculatis; utraque facie tenue punctata ac os.
Spec. Amphimédon viridis Nobis, PI XVI, fig. 2, 3.
Cette éponge qui est cylindrique et allongée, n'est pas dressée mais couchée et elle rampe sur les pierres; elle présente à sa surface des oscules disséminés lesquels sont saillants et déchirés sur leurs bords. Leur saillie est d'environ 2? lignes et leur ouverture est large d'à peu près autant.
Cette espèce qui est verte et unie quand elle est vivante, devient jaunâtre et très-cassante quand elle est sèche. Dans ce dernier état elle n’est plus lisse, car sa surface se garnit d’un grand nombre
de petits pores, ce qui est dû au retrait de la pulpe gélatineuse. Elle habite le rivage nord de l’île de Water-island, sa couleur la fait tout de suite reconnaître, quand on étudie les espèces sur le vivant.
Spec. Amphimedon Noli-tangere Nobis, PI XV, fig. 3.
Masse épaisse, arrondie, lobée à sa surface. Chaque lobe est épais de 12 à 15 lignes et percé à son sommet d’un oscule qui a 4 à 5 lignes de diamètre. A l’état frais cette éponge est lisse et d’une couleur violette, c’est ainsi que nous l’avons dessinée; quand elle est desséchée sa surface est finement poreuse, et ces pores sont nombreux, rapprochés, et du diamètre d’un trou que ferait une épingle ordinaire.
Quand on touche imprudemment cette éponge lorsqu'elle est vivante, l’on éprouve dans les mains une forte cuisson et une sensation d’engourdissement très-désagréable qui peut durer plusieurs heures.
Elle habite les côtes de St Thomas.
Spec. Amphimedon leprosa Nobis, PI. XV, fig. 4.
Espèce formée de lobes peu nombreux, aux extrémités desquels il y a des pores; les oscules sont médiocres et circulaires. Couleur orange, la surface est rude au toucher; pour la forme générale cette espèce rappelle le genre Thalysias dont elle se distingue par ses oscules et par sa texture.
Elle habite la Guadeloupe.
Gen. Thalisias Nobis.
Chez les Thalisias les portions cernées du réseau sont atrophiées et les mailles ne sont fermées que par des faisceaux de spicules. Leur surface ne présente pas de pinceaux fibreux, mais elle est en général lisse et recouverte d’un encroûtement persistant. Ce genre diffère du précédent par la présence de son encroûtement ; de plus la surface ne
présente ni nervures anastomosées, ni une texture celluleuse, ainsi que cela a lieu pour les amphimedon. Quelquefois cependant la croûte alcyonique de ces espèces examinée à la loupe laisse apercevoir un réseau très-serré de pores très-fins.
Spec. Thalisias ignis Nobis, PL. XVIII, fig. 1, 2.
Large et adhérente, gibbeuse ou étendue en plaques larges et plus ou moins épaisses, cette espèce est d’un beau rouge quand elle est vivante. Les oscules sont superficiels ou saillants de quelques lignes trèsclairsemés et ont environ 2? lignes de diamètre, d’autrefois les oscules sont déformés et ont une forme allongée, ce qui peut provenir de la fusion de 2? ou 3 oscules.
À l’état sec notre espèce se présente sous forme d’une masse jaunâtre revêtue d’un encroûtement fragile; elle est alors très-friable, intérieurement poreuse: bien que ses spicules soient siliceuses , elle contient dans son tissu du carbonate calcaire et fait effervescence avec les acides.
Cette éponge jouit de qualités caustiques; elle produit la même sensation que les orties.
Ceux qui voudront l’observer se la procureront très-aisément, car elle est très-commune et se fixe de préférence sur les pilotis et autres pièces qui séjournent dans l’eau. Elle nous paraît voisine de la spongia urens des auteurs.
Elle habite le port de St. Thomas.
Spec. Thalisias Carbonaria. (spongia) LamarCcK, Annales du Muséum , tom XX, p. 375 — num. 20 et Aisf. nat. 1 et ? édit. vol. 2. p. 546.
Espèce d’un noir foncé rampante sur les pierres et les madrépores, elle est tantôt assez mince tantôt elle se renfle en lobes assez épais; ses oscules sont très-saillants et vont en diminuant de grosseur de leur base à leur sommet. Ces oscules ont 4 à 5 lignes de saillie et leur ouverture n’a qu'un diamètre d’une ligne et demie; mais ils sont trèsfragiles, en sorte que l’on ne peut guère les observer dans les collec-
LE
tions. La texture intérieure est poreuse, mais d’un aspect et d’une consistance comme terreuse.
Elle habite la Guadeloupe, Ste. Croix, St. Barthélemy, St. Thomas.
Spec. Thalysias proxima Nobis, PI. XVIIT, fig. 3.
Espèce dressée en forme de main, divisée en forme de doigts à son sommet. Sa couleur est noire, son encroûtement vu à la loupe présente des pores très-petits et très-confluents; ses oscules sont superficiels, larges d’environ une ligne. Le caractère des oscules la sépare aisément
de la précédente, dont elle s'éloigne aussi par son port. Elle habite St. Thomas.
Spec. Thalysias rugosa Nobis, PL. XVIIT, fig. 4.
Espèce très-rigide comme les deux précédentes et divisée en gros lobes courts, obtus, bosselés et irrégulièrement contournés ; surface trèsfinement poreuse comme chez la précédente; oscules épars, superficiels larges d’environ une ligne; la couleur est brune sur le vivant et se conserve telle chez les individus secs; sa couleur bien moins foncée, sa forme différente nous ont engagés à la séparer de la précédente dont elle est très-voisine.
Les Thalisias proxima et rugosa ayant des oscules superficiels ne peuvent se confondre avec la spongia Carbonaria.
Elle habite St. Thomas.
Spec. Thalysias coccinea Nobis, PI XVIII, fig. 5.
Espèce d’un rouge vif, talpiforme, largement adhérente aux pierres et autres corps marins; sa surface est bombée quelquefois bosselée, mais très-lisse. L’encroûtement contient des corps siliceux stelliformes à rayons très-courts.
En séchant elle devient blanche, et paraît alors de nature crétacée à l'extérieur. Si l’on entame sa croûte avec un canif l’on voit qu’elle est blanche et compacte. Ce caractère la rapproche tout-à-fait des espèces du genre alcyonium de Lamarok.
A l'état sec son intérieur est également compacte ce qui est produit en grande partie par ce dessèchement, car à l’état frais elle est celluleuse. Elle habite St. Thomas.
Spec. Thalysias vesparia (Olegonium) Lamarck.
Cette espèce présente un encroûtement qui est composé de spicules siliceuses: la surface est très-finement poreuse et offre des oscules groupés par places éparses; le tissu interne est semblable à celui que nous avons signalé pour la famille des amphimédiens. L'on ne trouve pas chez cette espèce de réseau corné; les mailles sont seulement formées par des fascicules de spinites qui se rencontrent de manière à former un réseau.
Ste. Croix et l’île Fagoux près de la Guadeloupe.
Spec. Thalysias Subtriangularis DucHassaING DE FONBRESSIN, Axim. rad. des Antilles, pag. 26.
NobissEL XV he. retPL XVII, ie, 1.
Masse phytoïde haute de 1 à 2? pieds, à rameaux très-lâches; la tige et les rameaux sont comprimés et de forme légèrement triangulaire; les oscules sont un peu saillants et situés sur une seule ligne qui occupe l’une des arêtes de la tige et des rameaux; vue à la loupe, la surface est finement poreuse; la couleur est d’un jaune clair tant chez les spécimens vivants que chez ceux qui sont secs.
Var. A. Cylindrica Nobis, PI XIV, fig. 1.
Les rameaux sont cylindriques, les oscules sont situés à l’extrémité des ramuscules qui naissent sur les rameaux.
Var. B. Lyriformis Nobis, PL XVI, fig. 1.
Flabelliforme, les rameaux sont soudés ensemble et sont plus ou moins parallèles; la soudure se prolonge presque jusqu’au sommet des rameaux qui sont percés par des oscules terminaux.
Cette espèce ainsi que les précédentes fait effervescence avec les acides, et ainsi que ses variétés elle est très-commune.
Nous les avons rencontrées à la Guadeloupe à St. Thomas, et nous les avons reçues de Viecques et de Tortole.
Spec. Thalysias hyano Nobis, PL XVI, fig. 1.
Espèce comprimée composée de deux ou trois tubes séparés supérieurement, peu courbes; surface noduleuse et poreuse , murailles épaisses.
Habite la Guadeloupe.
Spec. Thalysias varians Nobis, PI. XIII, fig. 6.
An alcyonium distortum et aleyonium marius diaboli auctorum.
Espèce généralement difforme et divisée en deux ou trois lobes courts très-obtus , noueux et très-difformes. La planche XCVIT, fig. 4, de SEBA et celles n’Esper XXI et XXII représentent assez bien les principaux aspects de cette espèce, mais les extrémités des lobes de notre espèce ne présentent pas les oscules que l’on attribue à l’alcyon difforme des auteurs.
L’encroûtement cortical de notre éponge est très-résistant et d’une couleur fauve. La masse intérieure est très-poreuse et remplie d’une masse de petites cavernes. La surface n'offre ni pores ni oscules.
Var. A. digitata.
Cette variété a une forme à peu près palmée, ses autres caractères ne permettent pas de la séparer de la Thalysias varians.
Var. B. incrustans.
Est la même espèce qui encroûte la surface des corps marms, sans produire ni lobes, ni ramifications.
Les spécimens du type le plus commun se sont trouvés à la Guadeloupe, à St. Barthélemy, à St. Thomas, à Tortole: les variétés A. et B. proviennent de St. Thomas.
Spec. N. Thalysias virgultosa (spongia) Lamarck, Æanales du Muséum, vol. XX p. 446 num. 9 et Auim. sans vert. 1 et 2? édit. vol. 2 p. 565. Esper, pl. sup. 2 tab. 66. Lamoroux, Po/yp. flex. 66.
Nobis PI. XXIIT, fig. 8.
Cette espèce fait passage au genre suivant, car quelquefois elle est hérissée par quelques pinceaux, cependant son encroûtement tenace nous la fait conserver parmi les Thalysias.
Lamarox indique cette espèce comme appartenant peut-être aux mers
du nord de l'Europe. Nous croyons que la figure qu’en donne Esper ne peut se rapporter qu'à notre espèce. Elle habite la Guadeloupe, St. Thomas, Viecques, et sans doute les îles voisines.
Spec. Thalysias saxicava Nobis.
Cette éponge a des parties visibles à l'extérieur qui sous forme de petites plaques ou de bandelettes assez épaisses, rampent à la surface des vieux madrépores.
Ces bandelettes présentent çà et là des oscules superficiels, par lesquels l’eau pénètre dans les parties cachées de l'éponge, qui se trouvent situées dans l’intérieur des madrépores, où elle occupe des cavités ou galeries irréguhères et assez larges.
La partie de ce spongiaire qui est située à la surface de la roche madréporique offre l’aspect et la consistance des espèces que nous avons rangées dans le genre Thalysias, elle ressemble surtout à la Thalysias varians.
Cette ressemblance est non moins frappante lorsqu'il s’agit de la texture. Le microscope fait voir qu'il n’y a pas la moindre trace de réseau corné et l’on ne trouve qu’une pulpe solide, forée de spicules siliceuses aciniformes et renfermant des pièces irrégulières qui sont en partie calcaires.
La partie de ce spongiaire qui est logée dans les galeries est beaucoup plus mince que les parties extérieures, mais présente une structure microscopique semblable à ce que nous venons de décrire.
Cette espèce doit-elle être séparée des Thalysias à cause de la manière dont elle habite dans les pierres? Sa structure permet-elle d’en faire un genre à part?
Cette éponge habite St. Thomas.
Gen. Pandaros Nobis.
Ce genre comprend un certain nombre d'espèces qui se ressemblent par leur port, par leur couleur et quelques autres caractères.
Les éponges qui appartiennent à cette division sont peu ou point pourvues d’encroûtement, leur principal caractère consiste en ce que leur surface est pourvue de pinceaux ou de processus fibreux, qui rendent leur surface hérissée. Parmi les espèces de ce genre, l’on en rencontre
ayant encore un réseau corné où cartilagineux fortifié par des spicules: chez d’autres ces parties tendent plus où moins à disparaître.
Toutes ont à l’état frais une couleur rouge où purpurine; elles sont généralement ramifiées ou bien disposées en éventail.
A. Bspèces phytoïdes.
Spec. Pandaros arbusculum Nobis, PL XVIIT, fig. 6.
Plusieurs petits rameaux ayant environ une ligne de diamètre s’élèvent du tronc commun, se divisent de distance en distance et s’anastomosent quelquefois; ils se terminent à une hauteur à peu près égale en formant. une touffe arrondie; vus à la loupe les rameaux principaux sont finement échinulés; les ramuscules sont un peu aplatis et se divisent en pinceaux. :
Cette espèce n’a que 2? ou 3 pouces de haut; elle est rouge quand elle est fraîche, mais en se desséchant elle devient jaunâtre; elle n’offre pas d’oscules. i
Nous considérons les rameaux eux-mêmes comme étant des pinceaux ou des houppes, ce qui nous fait placer cette espèce dans cette section.
Cette éponge habite St. Thomas.
Spec. Pandaros pennata Nobis, PI. XX, fig. 3. Plusieurs rameaux s'élèvent d’une base commune et sont très rappro-
chés; ils ont de légères connexions anastomotègues les uns avec les autres au moyen de faisceaux; leur surface est hérissée de nombreux pinceaux formés par de longues fibres parallèles; les pinceaux de la partie inférieure sont en général cylindriques, mais ceux de la partie supérieure sont flabelliformes, très-minces à bord supérieur arrondi.
Cette éponge est très-jolie quand elle est en vie, elle offre alors une couleur d’un rouge violet; quand elle est sèche, elle devient d’un violet noirâtre et même d’un jaune sale, elle ne présente pas d’oscules distincts.
Elle habite St. Thomas.
Spec. Pandaros lugubris Nobis.
D'une souche très-courte s’élèvent des tiges de 1 à 2 lignes de diamètre , lesquelles s’anastomosent à des distances assez rapprochées pour former des mailles de 4 à 5 lignes de larce; de distance en distance ces rameaux s’aplatissent et atteignent 4 ou 5 lignes de largeur, et se terminent par des ramuscules obtus longs de 2? à 3 lignes, que nous considérons comme des pinceaux.
Cette espèce présente des pores nombreux, mais n'offre pas d’oscules distincts; elle est de couleur pourpre quand on la retire de la mer; en séchant elle devient d’un violet noïrâtre et même jaunâtre, si elle a longtemps séjourné à la pluie et au soleil.
Elle habite St. Thomas.
Spec. Pandaros angulosa Nobis, pl. XVI, fig. 4.
La tige principale s'élève à peu de hauteur, se divise en 2 ou 8 branches, et le tout forme une masse subdendroïde haute de 5 à 7 pouces. La souche comme les rameaux sont anguleux, rigides, couverts de pinceaux aigus, droits et comprimés qui rendent la surface hérissée. Cette surface offre aussi çà et à des cavernes ou cellules. Cette espèce offre des oscules épars assez petits, ainsi que quelques grands trous qui
traversent la masse de part et d'autre.
La couleur sur le vivant est d’un gris bleuâtre; en séchant les spécimens deviennent grisätres.
Elle habite St. Thomas.
B. Zspèces flabelliformes.
Spec. Pandaros acanthifolium Nobis, pl. XX, fig. 2.
Masse flabelliforme, pédiculée à sa base, sa partie supérieure qui représente un éventail est percée à jour sur plusieurs points. La tige comme les expansions sont couvertes de pinceaux grêles, allongés qui sont épais d’environ une ligne et longs de 4 à 5; le bord supérieur ou bord convexe se termine également par de semblables pinceaux, qui peuvent être considérés comme la terminaison des rameaux dont l’anastomose à formé l'expansion flabelliforme.
Cette éponge paraît voisine de la P. æevampalina, mais elle est distincte par une tige ronde et cylindrique couverte de pinceaux allongés, et sa surface n'offre pas de loges favéolaires, comme chez l’espèce de LamarcœKk.
Le Pandaros acanthifolium est d’un beau pourpre quand il sort de la mer, mais en séchant il devient noirâtre.
Cette espèce habite St. Thomas.
Spec. Pandaros juniperina (spongia). LamARCK, Annales du Museum , tom. XX, pag. 444 et Anim. sans vert., 1® et 2° édit. vol. II, pag. 563 ; Esrer, tab. LI, in suppl.
Nobis, pl. XIX, fig. 8.
Elle habite la Guadeloupe, St. Thomas, Viecques.
Spec. Pandaros Walpersii Nobis, pl. XX, fig. 1.
Espèce très-comprimée, légèrement pédiculée et se divisant en quelques expansions flabelliformes; les deux faces sont garnies de pinceaux comprimés et très-nombreux, ce qui rend cette espèce très-hérissée ; entre
ces pinceaux l'on observe des oscules nombreux et petits; à l’état de vie cette éponge est d’un beau rouge, mais en séchant elle devient jaunâtre. Sa surface n’est nullement encroûtée.
Nous avons dédié cette espèce à la mémoire du Professeur G. Waz- PERS de Berlin, auteur des 4vnales de Botanique.
Le Pandaros Walpersii habite St. Thomas.
Gen. Phorbas Nobis.
Espèce ayant un réseau cartilagineux très-développé, les fibres cartilagineuses se réunissent souvent pour former des faisceaux plus ou moins forts ou épais, l’on rencontre dans ce genre deux systèmes de spicules comme chez les amphimédons, les Thalysias et les Pandaros; mais le développement des parties cartilagineuses du réseau permet de les distinguer.
Les deux espèces que nous connaissons sont d’une teinte plus ou moins rapprochée du rouge; leurs fibres cartilagineuses ne paraissent pas creusées et sont forcées par de nombreuses spicules.
Spec. Phorbas Viecquensis Nobis.
Cette éponge est formée par un seul tube ou par 2 tubes réunis; ses parois sont formés par un réseau à jour, résultant de l’anastomose de grosses cordes cartaligineuses ayant près d’une ligne de diamètre; des ramifications très-courtes partent de ces cordes pour former des processus tuberculiformes à la surface extérieure des tubes ; outre ces grosses cordes, l’on voit des fibres plus fines mais également cartilagineuses qui forment aussi des anastomoses.
Le réseau à jour de cette éponge est sans aucun doute rempli sur le vivant par la pulpe gélatineuse, mais nous n'avons observé que des spécimens desséchés. Les tubes qui forment cette éponge ont 2 ou 3 pouces de diamètre.
Vivante elle est évidemment pourpre, nous croyons pouvoir le conclure 19%
des spécimens qui n'étaient pas complètement altérés; mais quand les influences atmosphériques ont fait complètement disparaître cette coloration, le squelette cartilagineux est jaunâtre.
Elle habite Viecques.
Spec. Phorbas amaranthus Nobis, pl. XXI, fig. 1.
Quelques rameaux assez courts s’élèvent d’une base commune, restent soudés dans une partie de leur longueur, deviennent ensuite libres pour bientôt se terminer en s’atténuant. Cependant bien que ces rameaux, qui sont pen nombreux, soient soudés à leur base, la trace de cette soudure existe toujours d’une manière évidente
Toute la surface de cette éponge est très-grossière et présente beaucoup de lacunes et de pinceaux; il se trouve des trous irréguliers qui traversent de part en part toute la substance; bien que le réseau soit moins grossi que chez l'espèce précédente, il présente encore une grande adhésion.
A l’état de vie, cette éponge est d’un rouge pourpré qui peut se conserver si on la dessèche avec soin.
Elle habite St. Thomas.
2me TRIBU.
SUBARMATAE.
Cette tribu peut se diviser en deux sous-tribus dont l’une, celle des Niphatiens , comprendra les espèces ayant un réseau corné fortifié ou non par une couche de spicules semblables à celles que nous avons déjà nommées spicules du premier système; nous donnerons pour exemple la planche E, fig. 1.
Ceux des Miphatiens qui n’ont pas ce premier système de spicules, présentent le deuxième système, c.-à.-d. qu’ils ont des spicules intra-
cellulaires, lesquelles adhèrent par l’une de leurs extrémités au réseau corné et font saillie par l’autre dans les cavités interceptées par les filets cornés du réseau. C’est ce qui arrive par exemple pour le genre 4yelus.
La seconde sous-tribu ou celle des Terpiens ne présente pas de réseau visible, et les spicules sont diversement disposées comme nous le dirons en traitant des genres qu'elle renferme.
1 SOUS-TRIBU. — NIPHATIENS.
Gen. Niphates Nobis.
Le genre Niphates n’a que des spicules intracellulaires ou du second système. Ces spicules sont simples, rares et très-disséminées, en sorte que la plupart des mailles en sont dépourvues. Tissu composé d’un réseau corné en fout semblable à celui des éponges vraies; surface peu ou point encroûtée sans réseau régulier, mais irrégulièrement poreux, et présentant en général des oscules superficiels et le plus souvent disposés par séries linéaires. Les espèces de ce genre sont phytoïdes pour là plupart. Leur couleur à l’état vivant est jaunâtre; mises dans l’eau elles deviennent très-molles. Elles ressemblent beaucoup aux éponges
vraies, et établissent le passage entre elles et les halysponges.
Spec. Niphates erecta Nobis, pl. XXI, fig. 3.
Phythoïde composée de rameaux parallèles qui naissent dès la base ou à une très-petite hauteur; la surface est hérissée de pinceaux courts et nombreux. Très-poreuse, ainsi que celluleuse, mais sans offrir des nervures bien marquées. Les oscules ont environ 2 lignes de diamètre; ils sont régulièrement formés à leur ouverture; ils sont superficiels et situés sur un ou deux rangs peu réguliers. Les rameaux sont de la grosseur du doigt et un peu enflés à leur extrémité. Hauteur 8—12 pouces.
Elle habite St. Thomas.
Spec. Niphates venosa Nobis, pl. XXI, fig. 2.
Semblable à la précédente pour son port et pour sa grosseur, mais sa surface également hérissée de pinceaux non encroûtés n’est plus vésiculeuse, mais marquée par des nervures fortes et nombreuses ; entre ces nervures existent des pores allongés presque aussi grands que le diamètre d’une tête d’épingle; les oscules sont semblables à ceux de l'espèce précédente et tous deux sont jaunâtres à l’état vivant comme à l’état sec.
Elle habite St. Thomas, Tortole, Viecques.
Certains spécimens moins fortement réticulés établissent un passage entre cette espèce et la précédente.
Spec. Niphates Thomasiana Nobis, pl. XXII, fig. 1.
La base de cette éponge est rampante, mais çà et là s’élèvent quelques rameaux droits et roides; la surface n’est plus hérissée comme chez les espèces précédentes, mais est finement poreuse. Ces pores sont à peine aussi grands que ceux que ferait une pointe d’aiguille ordinaire.
L’encroûtement est très-mince et assez fugace. Les oscules sont bien arrondis, bien formés et légèrement saillants, ils sont larges d’environ 1 à 2 lignes et se trouvent situés sur les rameaux suivant 1 où ? lignes irrégulières. Ceux qui se trouvent sur la partie rampante qui forme la base, sont généralement placés sur le sommet.
La couleur est jaunâtre comme chez les précédentes. Elle habite St. Thomas.
Gen. Acamas Nobis.
Chez les espèces de ce genre l’on n’observe plus les spicules intracellulaires , elles sont remplacées par les spicules du 1° système, lesquelles forment une couche serrée autour des tubes et servent à les renforcer en y adhérant sur toute leur étendue. Les fibres cornées sont creuses
et renferment à l’ordinaire du carbonate de chaux qui ôte leur transparence et empêche quelquefois d'observer les spicules, si l’on n’a pas employé d’abord l’acide sulfurique pour dissoudre le sel calcaire.
Les fibres cornées des acamas sont grossières, et leur tissu est un réseau à jour, très-lâchement fermé, la poulpe gélatineuse qui est trèsfluide disparaît aussitôt que l’on tire ces spongiaires de l’eau. La fluidité et la disparition prompte de la poulpe des acamas tendent à nous confirmer dans l'opinion que leur poulpe ne contient pas de spicules, lesquelles servent en général à donner de la consistance à cette partie des spongiaires.
Spec. Acamas laxissima Nobis, pl. XXII, fig. 3.
Espèce en truffe arrondie ou lobée, fibres lâächement anastomosées de manière à constituer une éponge licheniforme. Les fibres ont environ la grosseur d’un cheveu, les mailles ont deux ou trois lignes de large. Cette éponge est noirätre quand elle est vivante; la poulpe gélatineuse disparaît en s’écoulant dès qu'on la retire de l’eau, ce qui fait que sèche elle est toujours réduite à son squelette corné qui est d’abord brun mais qui devient blanchâtre en se desséchant.
Il serait possible que l’on trouvât des oscules à cette espèce si l’on pouvait l’observer avec la poulpe, mais n'ayant pu l’examiner dans cet état, nous devons rester dans le doute.
Elle habite St. Thomas.
Spec. Acamas violacea Nobis, pl. XXII, fig. 4.
Cette éponge est rampante, mais elle projette quelques rameaux dressés et obtus à leur sommet; sa surface présente des mailles un peu déprimées remplies par la matière pulpeuse à forme pentagonale ou hexagonale, et de chaque angle des mailles s'élève un processus assez épais qui souvent se bifurque à son sommet. Les processus sont plus courts que le diamètre des mailles qui est de 1 à 2 lignes.
Telle est l’espèce observée vivante, et dans cet état elle présente une couleur violette. En se desséchant elle se trouve réduite à son réseau
corné et elle est alors gris sale. Les rameaux de cette petite éponge ne dépassent guère le volume d’une plume d’oie. Elle habite Viecques et St. Thomas.
2"® SOUS-TRIBU. — TERPIENS.
Gen. Arcesios Nobis.
Dans les espèces de ce genre les spicules sont groupées autour de centres nombreux d'où elles partent en rayonnant; les spicules qui partent de l’un de ces centres viennent se mettre en contact par leurs extrémités avec ceux des spicules qui partent des points centraux les plus voisins.
Spec. Arcesios prominula Nobis, pl. XXIT, fig. 6.
Masse d’un bleu jaunâtre appliquée à la surface des corps marins présentant à sa surface des oscules très-proéminents, s’élevant sous forme de petits tubes grèles qui vont en s’atténuant de leur base à leur sommet.
Cette éponge est petite, délicate et difficile à bien conserver, sa surface vue à la loupe est très-finement poreuse; la saillie des tubes lesquels se terminent par les oscules est de 2 à 3 lignes, leur diamètre est d'environ une ligne; quelquefois ces tubes se rauifient en d’autres tubes plus petits qui se terminent à leurs extrémités par un oscule.
Elle habite les côtes de St. Thomas.
Spec. Arcesios porosa Nobis, pl. XXIT, fig. 3.
Espèce un peu comprimée, divisée en lobes obtus percés d’oscules à leur sommet, la masse interne est très-poreuse, la couleur est d’un jaune clair.
Outre les oscules qui se trouvent au sommet des lobes, l’on en trouve quelques-uns de superficiels sur les autres parties de cette
éponge; la surface est en outre très-poreuse et les pores qu'on y observe ont la grandeur des trous que pourrait faire une forte épingle ; les oscules dont nous avons parlé ont 2? ou 3 lignes de diamètre.
L’'arcesios porosa est d’une petite taille, sa configuration extérieure la rapproche de la spongia tubulifera de Lamarck, mais elle en diffère beaucoup par sa structure.
Dans cette espèce, bien que les spicules soient disposées en rayons autour de centres nombreux!, l’on ne trouve pas de point obscur pour chaque centre, ainsi que cela arrive pour l’arcesios prominula. L’arcesios hostilis n'offre pas non plus de ces points obscurs.
Elle habite St. Thomas.
Spec. Arcesios hostilis Nobis.
Espèce d’un rouge brique, d’un aspect comme velouté, formant une croûte très-mince, mais quelquefois très-étendue sur les pierres submergées et sur les madrépores. Quand elle est desséchée, elle devient jaunâtre et examinée alors à la loupe, l’on voit que la surface est armée de nombreuses spicules saillantes.
Bien que cette éponge occupe quelquefois une grande étendue en superficie, son épaisseur est si peu considérable quon ne peut l'indiquer par des mesures. Non seulement elle rampe sur les pierres, mais elle pénètre dans les cavités que les coquilles lithophages ont creusées dans leur épaisseur. La couleur, ainsi que les caractères indiqués, seront toujours suffisants pour la faire reconnaître.
Elle est commune sur les côtes de St. Thomas.
Gen. Terpios Nobis.
Ce sont des espèces membraniformes qui n'offrent pas de trace de réseau, mais sont composées d’une poulpe . gélatineuse farcie de spicules qui ne présentent plus les dispositions que nous avons signa-
lées chez les genres précédents. Ces spicules sont tantôt distribuées sans
ordre dans la poulpe gélatineuse et s’y entrecroisent en tous sens, sans être jamais réunies en faisceaux ; d’autres fois elles sont réunies en fascicules disposés en éventail, parce que les spicules qui composent ces groupes sont convergentes par l’une de leurs extrémités et divergentes par l’autre.
A. Espèces rouges, oranges, ou violettes à l’état vivant.
Spec. Terpios corallina Nobis, pl. XXII, fig. 1.
Espèce membraniforme, d’un rouge vif formant une couche mince à la surface des corps marins; quand elle est desséchée elle devient blanchâtre, et elle présente alors une surface très-légèrement poreuse. Si dans cet état on l’examine à la loupe, l’on voit que sa surface est hérissée d’une foule de petites spicules ayant une de leurs extrémités libre, Le microscope fait voir que son parenchyme renferme des spicules réunies en forme d’éventail disposées d’une manière irrégulière. Sa couleur, ses spicules plus grandes et autrement disposées la distinguent de l’arcesios hostilis qui lui ressemble par son aspect. Sa couleur à l'état vivant la rapproche du Terpios Desbonii, mais celui-ci devient crétacé à la surface lorsqu'il est desséché, et présente une texture que nous avons détaillée, qui ne permet pas de les confondre.
Elle habite St Thomas.
Spec. Terpios Desboni Nobis.
Ce terpios est parasite à la surface des corps marins, formant tantôt une croûte mince, tantôt des masses caverneuses autour des corps sur lesquels il se fixe; sa couleur à l’état vivant est d’un rouge de corail qui se change en blanc par la dessiccation. La lame qui forme la surface est lisse et bien pourvue de carbonate de chaux ; les lames qui se rencontrent au-dessous de celles-là et qui divisent l’intérieur de cette éponge en vastes cellules ou cavernes sont minces, papyracées, transparentes et bien moins riches en carbonate calcaire. A part cela la lame
superficielle de cette éponge comine celles qui constituent sa portion caverneuse sont semblables pour leurs spicules qui sont tantôt jetées comme au hasard, tantôt disposées par faisceaux flabelliformes.
Quand on examine les portions de cette éponge dans les endroits où elle rampe sur les pierres en y formant une lame peu épaisse et sans caverne, l’on voit que sur les pièces sèches ces portions sont composées de deux membranes distinctes faciles à isoler; l’une est la première dont nous avons parlé; elle est blanche et chargée de carbonate de chaux: l’autre est plus jaune, plus transparente et est semblable à celle que nous avons indiquée comme formant le tissu caverneux.
Le caractère de ces deux membranes dont l’externe est blanche lorsqu'elle est sèche, la présence par ci par la d’un tissu caverneux suffisent pour distinguer cette espèce de la précédente. Elle est dédiée à M. J. Drspoxnes, naturaliste instruit résidant à la Guadeloupe.
Elle habite St. Thomas.
Spec. Terpios aurantiaca Nobis.
Chez cette espèce qui est assez épaisse il y a en général des rameaux basilaires qui s’anastomosent et donnent naissance à des lobes courts, obtus et formant par leur soudure une masse plus ou moins bosselée inégale; dans ce cas les rameaux basilaires sont grêles et distincts; d’autres fois l’on a une masse comprimée lobée plus haute que large sans rameaux basilaires distincts. Dans tous les cas et à l’état vivant cette éponge est d'un jaune orange très-vif; elle est compacte à l'intérieur où l’on n’aperçoit que de petits canaux acquifères ; elle est trèsfragile et si on la brise, son intérieur représente à peu près ce que l'on voit sur une tranche de foie pour la compacité et presque pour la couleur ; à la surface il n’y a pas d’oscules distincts.
Quand cette éponge est desséchée, elle devient noire et son intérieur devient alors caverneux par le retrait des parties, car en séchant elle diminue beaucoup de volume; dans cet état son extérieur vu à la loupe présente tantôt des granulations noires, et tantôt dans d’autres endroits l'on peut voir distinctement une grande quantité de spicules
pressées les unes contre les autres ; cela se reconnaît surtout sur les ramuscules de la base.
Ayant desséché une de ces éponges, elle devint noire et quelques jours après l'ayant mise à macérer dans l’eau, elle reprit en peu de temps son volume et sa couleur primitive.
Cette éponge n'ayant ni réseau corné, ni réseau formé par des faisceaux de spicules, mais ces appendices siliceux étant disséminés et s’entrecroisant de toutes manières dans sa poulpe, nous avons dû la placer parmi les Terpios.
Elle habite le port de St. Thomas, et se trouve en grande quantité dans le voisinage de l’hôpital des lépreux.
Spec. Terpios tenuis Nobis, pl. XXIV, fig.
Espèce encroûtante et formant une couche mince et peu étendue à la surface des corps marins. Vue à la loupe sa surface présente une espèce de treillis dont les mailles sont déprimées et imitent à peu près la distribution d’un damier. Cette éponge a environ un quart ou un cmquième de ligne en épaisseur; sa couleur qui est violette sur le vivant ne change que peu par la dessiccation; son tissu est calcarescent et fait effervescence avec les acides, qui cependant ne dissolvent pas ses spicules aciniformes qui sont allongées et qui s’entrecroisent sans ordre marqué.
Elle habite St. Thomas.
B. Zspèces jaunätres ou blanchätres à l’état vivant.
Spec. Terpios cladocera Nobis, pl. XXII, fig. 4.
Ce spongiaire forme une croûte très-mince qui rampe à la surface des tiges de la c/adocera arbusculum en formant une gaîne mince à chaque rameau. Comme on peut le voir par notre dessin à l’endroit où ont lieu les dichotomies du polypier pierreux, l'éponge en s'étendant
d’un rameau à l’autre forme à l’angle des dichotomies une espèce de palmure qui se conserve en se desséchant. d
Lorsque ce terpios est vivant, il est jaunâtre et offre dans sa substance de nombreux tubereules dont nous n'avons pas vérifié la nature ; en se desséchant ce caractère disparaît, et cette éponge se présente alors sous l’aspect d’une membrane blanchâtre très-mince autour des rameaux de la cladocera. Dans cette espèce l'on trouve seulement des spicules aciniformes disséminées dans la ‘matière pulpeuse; elles ne sont plus situées en faisceaux divergents comme chez les terpios corallina et Desbonii.
Elle habite le port de St. Thomas.
Spec. Terpios Jania Nobis, pl. XXII, fig. 8, 9.
Ce terpios est parasite sur une espèce de Janiae (plante de la famille des corallines). On sait que les Janies quand elles se développent librement se présentent sous forme de petites touffes arrondies. Or nous trouvions souvent que les Janies que nous retirions de la mer, s’offraient sous forme de masses cylindriques percées en leur centre d’un syphon central, ainsi qu'on peut le voir dans la table XIX fig. 8; ayant recherché la cause du phénomène, il devint évident qu'il était occasionné par le parasitisme d’une éponge en forme de membrane trèsfine, transparente, laquelle agglutinait les articulations de ces corallinaires et leur imprimait cette forme étrange. L’inspection microscopique nous fit voir que cette membrane délicate était composée de matière pulpeuse farcie de spicules aciniformes s’entrecroisant d’une façon irrégulière.
En se desséchant ces groupes de Janies conservent toujours leur disposition tubulaire, et avec le microscope l’on peut encore retrouver les débris de la membrane et les spicules qui composent cette éponge.
Nous avons observé un si grand nombre de fois cette disposition chez les Janies que nous ne doutons point que cette forme tubuleuse toujours constante ne suflise à caractériser cette espèce, qui est difficile à étudier et que nous avouons être incomplètement connue.
Elle habite St. Thomas.