V. (Seine-ct-Oisci, 4 décembre
Ma Révérende Mère,
Je suis très heureuse de venir vous annoncer que S' Thérèse de l'Enfant-Jésus a exaucé vos prières et mes supplications en guérissant Mademoiselle S., âgée de 67 ans, et atteinte d'une bronchite aiguë, suivie de deux congestions pulmonaires. Son état nous inspirait beaucoup d'inquiétudes.
Lorsque je reçus le sachet contenant de la laine de l'oreiller de la petite sainte, je le posai aussitôt sur la malade, qui l'accepta avec bonheur, me disant qu'elle avait pensé à demander une relique de S' Thérèse de l'Enfant-Jésus . C'était la première fois qu'elle me parlait depuis plusieurs jours. Elle ajouta en me regardant : « Oh ! que cela sent bon ! Quelle odeur de roses ! Quel délicieux parfum ! » Et pendant cinq minutes, elle respira ce même parfum. Moi qui étais près d'elle, je ne sentais absolument rien !
Le soir, à 6 h., le docteur revint, et quelle ne fut pas sa surprise de voir que la fièvre avait disparu. 11 n'en voulait pas croire ses yeux et, quatre fois, il remit le thermomètre.
Depuis ce jour, Mademoiselle S. est allée de mieux en mieux. Aujourd'hui elle est guérie et me charge de vous dire, ma Révérende Mère, que nous viendrons cet été remercier nous-mêmes la chère petite Reine à son tombeau. Veuillez nous envoyer sa « Vie », et croyez que nous sommes prêtes à nous dévouer pour la faire connaître et avancer sa béatilication. M. M.
Carmel de S. P., Espagne, i5 décembre 1908.
Ma Révérende Mère,
J'ai la consolation d'écrire à Votre Révérence ce qui suit :
Une de nos sœurs, âgée de trente et quelques années, était reconnue tuberculeuse par le médecin qui lui donnait, tout au plus, deux ans de vie.
Nous commençâmes une neuvaine à l'Immaculée Conception par l'intercession de votre aimable petite sainte, et nous la terminâmes le 20 septembre par la sainte Communion.
La malade, se voyant dans le même état, me dit : « Ma Mère, le 3o de ce mois, c'est l'anniversaire de la mort de la petite S' Thérèse de l'Enfan.t- Jésus. Ce jour-là, je crois qu'elle fera quelque chose pour moi. »
Pluie de Roses. i g^
Voyant sa confiance, nous recommençâmes une neuvaine et, le lendemain du dernier jour, je lis appeler le docteur qui, après avoir aus:ulté notre chère sœur, me dit tout surpris : « Mais elle est beaucoup mieux ! »
Cependant, je crovais qu'il fallait un certain temps pour constater une l^uérison complète. Ces jours derniers, je la fis donc examiner de nouveau. Après l'auscultation, le médecin se tourna vers moi et me dit : « 11 n'y a plus rien, elle est guérie ! » Il me promit volontiers le certificat que je vous envoie. Vous y lirez que : « Cette guérison, si prompte, lui parait étrange et merveilleuse. »
Je ne puis vous dire, ma Révérende Mère, avec quel bonheur et quelle reconnaissance nous avons récité^ au chœur, un Te Deum et un Magnificat en actions de grâces.
Chère petite S' Thérèse de l'Enfant-Jésus, combien nous l'aimons !
S' T., prieure.
Suit le certificat du médecin.
D., Suisse, 18 décembre 1908.
Ma Révérende Mère,
Pardonnez-moi si je viens un peu tard vous raconter la guérison de ma petite fille, Marie-Thérèse, âgée de deux ans, guérison obtenue par l'intercession de S' Thérèse de l'Knfant-Jésus.
En 1907, cette enfant, d'ailleurs très chétive, fut atteinte d'un mal à l'index de la main droite. La phalange supérieure devint si enflée qu'elle égalait en grosseur le pouce d'une grande personne.
Ce mal, paraît-il, était la tuberculose osseuse localisée iSpina ventosa], et on l'appelle doigt en radis.
Le docteur jugea une opération indispensable. 11 ouvrit donc le petit doigt malade et gratta l'os. Pendant cinq mois, je dus lui conduire tous les deux ou trois jours ma petite fille pour les pansements, mais l'état ne s'améliorait guère. Il se forma même une excroissance de chair, que l'on dut enlever, au moyen du cautère électrique, et le doigt suppurait toujours un peu.
En rentrant en France, au mois d'avril, je le fis voir à un autre docteur qui, ne le trouvant pas bien du tout, me dit qu'une seconde opération serait nécessaire.
C'est alors que, désolé, mais confiant en votre angélique sœur, je résolus de conduire mon enfant à son tombeau.
Arrivé là, j'assis tout simplement Marie-Thérèse sur la tombe de la petite sainte en disant : « Bonne petite S^ Thérèse, vous qui ave^ promis de faire du bien sur la terre, guérisse^ ma petite Marie-Thérèse. »
Eh bien, ma Révérende Mère, le doigt qui, jusqu'alors, ne cessait point de suppurer, sécha; une petite croûte se forma, puis tomba, et huit jours après, tout était cicatrisé et guéri.
Depuis cette époque, ma petite fille se porte à merveille.
De la part de son père et de sa mère, mille fois merci et vive reconnaissance à S"' Thérèse de l'Enfant-Jésus. G. H. — C. il.
2 1 décembre 1908.
C'est un devoir de reconnaissance qui m'amène aujourd'hui prés de vous. Ayant obtenu par l'intermédiaire de la petite S' Thérèse une grâce signalée, je me fais une joie de venir vous la raconter :
Depuis un certain temps, j'allais voir un pauvre malade. Elevé dans la religion, cet homme, sans devenir sectaire, était devenu plus qu'indifférent; il avait beaucoup lu, et, de ses lectures, il avait retiré avec l'incroyance la volonté de se faire enterrer civilement; cette volonté, il l'avait manifestée à ses enfants.
C'est dans ces dispositions que je le trouvai il y a deux mois. Je ne fis d'abord que des visites d'ami ; quand j'en arrivai aux visites de prêtre, quand je parlai du bon Dieu, de l'Eternité, un sourire sceptique et des paroles de dénégation accueillirent mes premières tentatives d'apostolat. Je revins souvent sur la question et toujours ce fut la même réponse : « J'ai trop lu, mon cher Monsieur, pour ne pas savoir la fausseté de toutes les religions. » Un miracle seul pouvait sauver cette âme, et ce miracle c'est à l'ange de Lisieux que je le réclamai. Je priai, je fis prier; une neuvaine fut entreprise. Elle n'était pas terminée qu'une nuit le pauvre malade, de lui-même, en pleine connaissance, me fit demander : « Va me chercher Monsieur l'abbé », dit-il à sa femme. Et, cette demande, il la réitéra depuis 1 h. jusqu'à 6 h. du matin. A 6 h., la femme, vaincue par cette persistance, vint me chercher. J'arrivai en toute hâte et en toute joie surtout. Le malade m'accueillit tout heureux; il se confessa, reçut l'Extrême-Onction. Le loup était devenu agneau, l'impie d'autrefois était devenu subitement un chrétien repenti. Oh 1 ils seront pour moi inoubliables ces instants de retour subit et convaincu vers Dieu. Longtemps j'entendrai dans mon cœur la voix, maintenant éteinte, de ce pauvre malade qui, en embrassant son Christ, lui disait avec une réelle piété : « Seigneur, nr<? pitié de moi qui vous ai offensé'.... Seigneur, je vous aime!... Mon Dieu, pardonnez-moi ! ... »
Oui, Dieu l'a pardonné, cher ami ! Plus heureux que nous, tu jouis maintenant, peut-être, de Celui que tu ne connaissais plus, de Celui que, pendant les huit jours qui suivirent ta conversion, tu prias avec tant d'humilité confiante! Tu me pardonneras d'avoir levé le voile sur tes derniers instants : il s'agissait de glorifier celle qui se fit auprès de Dieu ton avocate et ton sauveur... L'abbé M.
Collège de X., Etais-Unis, 11 janvier iûoq. Ma Révérende Mï:re, Je viens vous relater, avec une reconnaissance bien profonde, le fait d'une protection merveilleuse dont j'ai été l'objet de la part de votre angélique S' Thérèse de l'Enfant-Jésus.
Le 22 septembre 190S, étant à Ne%v-York avec notre Révérende Mère, nous eûmes à traverser, pour reprendre le train, un croisement de vo
Pluie de Roses.
ferrées encombré de voitures, de tramways, d'automobiles, etc. Je crus que notre Mère était passée et je voulus la suivre, mais elle avait vu venir, sans avoir eu le temps de m'en prévenir, un tramway électrique qui me heurta en plein front et me fit tomber. Lorsque le mécanicien parvint à l'arrêter (après un trajet de 5 ou 6 mètres), tout le monde me croyait écrasée et la foule se pressait autour de moi ; mais je me relevai sans le moindre mal ! Notre Mère s'était approchée, pâle comme sa f^uimpe... On nous entourait, on voulait m'aider à marcher. Des « reporters » de journaux demandaient mon nom. Notre Mère disait : « C'est une religieuse exilée de France, le bon Dieu a fait un miracle en sa faveur. » Alors on nous laissa passer avec une sorte de respect, bien que la foule augmentât toujours. Pour nous soustraire à une ovation, nous entrâmes dans une maison où l'on nous reçut avec la plus grande bonté et je dis à notre Mère : « C'est la petite S"" Thérèse de l'Enfant- Jésus qui m'a préservée : je l'ai sentie au moment de l'accident. ■» Et sortant de ma poche une de ses petites photographies que j'avais dans un carnet, je la baisai avec reconnaissance. Depuis, elle ne me quitte plus.
Je ne puis dire quelle impression de surnaturel nous avait envahies. Cependant, les « reporters » nous avaient suivies pour demander des détails. Ils me regardaient avec ébahissement, ne semblant pouvoir admettre que je n'eusse pas été blessée; car sous ces lourdes machines, appelées ici « streets cars » et beaucoup plus volumineuses que nos tramways français, il y a tout un attirail de chaînes qui devraient au moins blesser ceux qui sont dessous. Le mécanicien avait dit à notre Mère que j'avais été enfermée entre les roues avec tant de précision, que c'est comme si la mesure de mon corps avait été prise. Plusieurs journaux ont dû relater le fait.
Enfin, lorsque la foule fut presque dispersée, nous nous dirigeâmes vers la gare, marchant assez vite pour ne pas être suivies de nouveau. Quand nous fûmes installées dans notre compartiment, notre Mère encore tout émue me demanda : « N'avez-vous pas mal à la tête ? — Pas du tout, pas plus que si j'étais tombée sur un lit de plumes. — Ne portiez-vous pas vos lunettes bleues quand vous êtes tombée? — Oui, je les avais et les ai remises inconsciemment dans ma poche en me relevant : les voici, elles sont intactes. Je ne sais vraiment, ni comment je suis tombée, ni comment je me suis relevée ; tout ce que je puis dire, c'est qu'il m'a semblé pendant quelques instants être dans un autre monde, une puissance surnaturelle agissait. »
Nous convînmes, notre Révérende Mère et moi, de ne parler de cet événement qu'à M. l'Aumônier, pour lui demander une messe d'action de grâces. Cependant, notre Mère crut de son devoir de tout raconter au docteur du couvent. 11 vint, me croyant du moins couverte de blessures; mais... rien, pas même une égratignure ! et il partagea notre sentiment que cette protection tenait du miracle.
Veuillez, ma Révérende Mère, avec toute votre communauté, m'aider à remercier celle qui a été pour moi ce que l'ange Raphaël a été au jeune Tobie, et croyez à mes sentiments à jamais dévoués en Notre- Seigneur. S' M., née C. de V.,
5'' A'., Prieure.
Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus.
Carmcl de X., janvier 190g.
Une de nos Sœurs souffrait depuis dix ans de peines morales qui la torturaient et lui faisaient délaisser la sainte communion des semaines entières. Elle fit plusieurs neuvaines à S' Thérèse de l'Enfant-Jésus qu'elle aime beaucoup. 11 y a trois semaines, un soir, pendant l'oraison de 5 h., s'y étant rendue encore plus bouleversée que jamais et tout à fait découragée, elle redoubla de ferveur et de supplication auprès de Thérèse, priant devant son image et baisant sa sainte relique.
Tout à coup, en un clin d'oeil, dit-elle, son cœur se trouva rempli de paix et de consolation, avec l'assurance, comme le sentiment intime, que la « Petite Thérèse » avait passé près d'elle et lui avait ôté comme un lourd vêtement. Elle ne pouvait même plus se rappeler ce qui avait tant de fois tourmenté sa pauvre âme ! « Alors, dit-elle encore, j'aurais voulu pouvoir communier deux fois au lieu d'une! » Elle est toute changée depuis ce jour de grâces, et son visage, autrefois si triste, ne reflète plus qu'une joie profonde.
C'est en reconnaissance de cette inestimable faveur que notre Révérende Mère vous envoie une offrande pour la béatification tant désirée.
Saint-H. (Vendée), 18 janvier 190g.
Mon fils Louis, né le 27 septembre 1908, était très fort et se portait très bien, lorsque le jeudi, 8 octobre, dans l'après-midi, il fut pris d'une forte fièvre accompagnée d'une sueur abondante. Il ne dormit point la nuit suivante et ne cessa de crier. Le lendemain, ses petites mains étaient fermées, sans qu'il fût possible de les lui ouvrir. La sage-femme, le trouvant très mal, nous dit d'aller chercher le médecin. Celui-ci déclara ■qu'il était atteint du tétanos et ne nous laissa aucun espoir de guérison. Il nous dit cependant d'essayer de mettre l'enfant dans les bains; mais la maladie ne fit qu'augmenter. Bientôt mon petit garçon devint raide comme un cadavre, sa bouche était fermée, à peine si l'on pouvait faire couler entre ses lèvres quelques gouttes d'eau ou de lait, il était absolument impossible de passer la cuiller. Ses bras étaient allongés, ses mains fermées, ses poignets tournés à l'envers et repliés, de sorte que ses petites mains touchaient aux bras. Son dos et son estomac étaient contrefaits, on aurait dit deux bosses de chaque côté. Ses jambes étaient serrées l'une contre l'autre; bientôt la droite passa par-dessus la gauche et tourna. Enfin, tous les membres étaient contractés. Le pauvre petit ne pouvait faire aucun mouvement, il n'avait point de sommeil et ne cessait de crier jour et nuit. Sa maigreur était telle qu'on aurait dit un squelette. Sa peau avait, au toucher, la dureté d'une pierre. Dans les crises il devenait tout bleu.
Le médecin revint la semaine suivante ; il fut surpris de le trouver dans un état pareil et nous dit : « Pour moi, cet enfant est perdu, il ne
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vivra pas et la mort est préférable, car, s'il survit, il restera en cet état. Jamais encore, de ma vie de médecin, je n'ai vu pareille chose. » Toutes les personnes qui voyaient mon enfant me plaignaient beaucoup.
Cinq semaines s'écoulèrent ainsi. Je priais et faisais prier, accompagnant mes supplications de toutes sortes de promesses, sans rien obtenir. Touchées de mon extrême affliction, les demoiselles institutrices m'envoyèrent, le dimanche i5 novembre, une image de S'' Thérèse de l'Enfant- Jésus, à laquelle était attachée une relique, me disant qu'elles allaient prier et faire prier leurs petites filles, et nous recommandant de commencer une neuvaine à la petite sainte. Le soir même, nous commencions la neuvaine; chaque jour je faisais toucher l'image à mon enfant, demandant à S' Thérèse de l'Enfant-Jésus sa guérison ou sa mort. J'ajoutai que, s'il devait être plus tard un mauvais chrétien, je préférais le voir mourir.
La petite sainte ne fut pas sourde à nos prières. Le jeudi suivant, cinquième jour de la neuvaine, je pus faire plier le bras gauche de mon petit enfant, puis son autre bras. Bientôt il reprit le sein, et, à Noël, il était complètement guéri. Aujourd'hui, on ne le reconnaît plus, tant il est beau et fort! Il rit et commence à gazouiller; les personnes qui le voient n'en reviennent pas et croient bien à un miracle.
A sa naissance, mon petit Louis avait à la tête une bosse qui lui restait encore après sa guérison. Je fis alors toucher à sa tête l'image de S"" Thérèse, et depuis la bosse diminue de jour en jour.
Ma reconnaissance est bien grande envers S'' Thérèse de l'Enfant- Jésus, de même que ma confiance. Je demande à cette chère petite sainte de m'accorder maintenant toutes les grâces nécessaires à mon état, que mon mari et mes enfants soient toujours de bons chrétiens. Je lui demande de m'accorder cette grâce encore, de voir au moins l'un de mes enfants se consacrer à Dieu. M. G.
Suivent 19 signatures.
Couvent du Bon Pastcjr de X., France, 9 février igix).
Si les miracles extérieurs opérés par votre petite thaumaturge sont grands et admirables, que dire des miracles intérieurs de la grâce qui sont toujours plus grands et plus nombreux ! C'est une pluie serrée de roses. Dieu soit béni de cette grande consolation qu'il nous ménage au milieu d'épreuves toujours plus pénibles et plus dures! Il serait bien difficile, je crois, d'arriver à exprimer tous les bienfaits spirituels que S' Thérèse n'a cessé de faire descendre sur notre grande famille religieuse depuis un an et plus. C'est le secret du bon Dieu et du sacrement de Pénitence où le cœur du prêtre ne peut moins faire que d'être sans cesse débordant de reconnaissance. L'abbé B.,
aumônier.
24* Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus.