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S. J. (Calvados), 23 septembre 1908.
Ma Révérende Mère,
Je suis allée faire un pèlerinage sur la tombe de S' Thérèse de l'Enfant-Jésus en reconnaissance d'une grande faveur obtenue par son intercession.
Voici le fait.
Le jour de la Pentecôte, mon frère a été pris d'une arthrite mtectieuse dans le genou gauche. Quelques jours après, une péricondite se déclarait au cœur, puis une miocardite. Son état alors réclama son transport dans
Pluie de Roses. , ^i
une maison de santé; il fallait prés de lui la présence continuelle d'un médecin. En arrivant à l'hôpital Saint-Joseph, médecins, interne, religieuses se sont ecnés : . C'est un mourant que vous nous amenez' il ne passera pas la nuit. . Pendant plusieurs jours, son état était Ti désespéré que les personnes qui le soignaient ne lui faisaient aucun traitement aucun remède, prétextant que c'était un condamné à mort et qu' 1 TaTaU Z'unZ T'^'"''''' tranquille. Pendant trois semaines,'i" ne pr quun peu de Champagne, et sa faiblesse était si grande qu'il perdait souvent connaissance. gauuequn perdait
Nous ayons été amenés à prier S^ Thérèse de l'Enfant-Jésus oar mi sœur aînée, religieuse Carmélite. Ma sœur, mon frère et moiTvoTs
danger."" "" "'"'""'' ''' '^ ^''''''' J^"'"' -«" ^''-^ étaUhors de
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F., Angleterre.
au noWcnr T I. ''"' ^^ i"'" '^oS. sœur Catherine C, postulante
deux ma rL. H '^°"§'"f.8^^'°" '^l ^•' ^«"d'-es, glissa malheureusement deux marches d un escalier et se foula gravement le pied. Le repos et les
îeTre'rit :nflf r;>r''^."" n'app'ortèrent aucu'ne améliorS^n! L pied restau enfle et décolore, de sorte que la sœur ne pouvait marcher.
On fait examiner la blessure à l'Hôpital du Royal Collège au moyen des Rayons X, et le pied malade est enfermé dans une gouttière de plâtre. Le chirurgien ordonne qu'il reste ainsi durant six semaines. Au bout de ce temps le mal n ayant point diminué, et la sœur souffrant beaucoup, on essa\vi 'un ves.cato.re pour réduire l'enflure, mais sans plus de succès. Enfin le
m'Sêc n^H '' ' "'P'^'i 'r ^PP^'' ' ^- ^P'-^^ ' - consultation avec le médecin du couvent, ,1 donna une très sérieuse appréciation du mal et dtclara qu il n espérait le guérir que sous sa particulière surveillance'. Une opération devient nécessaire.
Ayant su que les parents de la novice désiraient qu'elle fût soignée chez eu.x le spécialiste parla d'écrire à un certain professeur du pays pour lui donner ses conseils au sujet de l'opération. De plus, il avertit que es plus grandes précautions seraient à prendre pour le vovace et que le moindre choc suffirait pour aggraver le mal et rendre une amputation inévitable. ^
Le mardi suivant, 3 novembre, le Révérend Père C, frère de la novice arriva a F. dans le but de la ramener chez elle. 11 fut bien alfl.gé de I état de son pied, et, en le voyant d'une si mauvaise couleur enflé et urgente'™''"^ '"'°™^' '' *'°"'P'"" '^^'''"'"'^''^ 'î"'""e opération 'devenait
On prit des n^esures pour qu'une voiture d'ambulance se trouvât prête des 1 arrivée de l'infirme à G. Jusqu'alors on avait caché à sœur
1 6* Sœur Thérèse de l'Enfant- Jésus.
Catherine la nécessité de son départ. Elle fit des instances pour rester au monastère, mais le cas était trop grave et il lui fallut accepter l'épreuve. Elle fit donc bien tristement ses adieux au noviciat, et la voiture qui devait l'emporter loin du couvent qu'elle aimait et regrettait si vivement, fut demandée pour le lendemain matin, à huit heures et demie.
Venons maintenant à la Thaumaturge
qui intervint si merveilleusement cette nuit-là même.
Lors de l'accident, on avait placé sur le pied malade une médaille du Sacré-Cœur, on avait employé de l'eau de Lourdes pour les pansements. Des neuvaines furent faites au Sacré-Cœur, à la très sainte Vierge et à plusieurs saints, mais le Ciel semblait sourd à toutes les demandes.
Le 3o octobre, après la décision du chirurgien, sœur Catherine, de l'avis de sa Supérieure, commença une neuvaine à S' Thérèse de l'Enfant-Jésus et plaça parmi ses bandages un pétale de rose avec lequel S' Thérèse avait autrefois embaumé et caressé son crucifix, sur son lit d'agonie. On avait d'ailleurs dans le couvent une grande dévotion à cette jeune sainte contemporaine, et cette dévotion était sur le point de recevoir sa récompense.
« Le vendredi soir, 3o octobre, écrit sœur Catherine dans sa relation, « j'avais commencé une neuvaine à la « Petite Fleur » avec une grande « confiance. Je ne la perdais pas de vue un seul instant, toujours je la « priais d'avoir pitié de moi et de me guérir pour sauver ma vocation.
« Le 3 novembre, veille de mon départ, je me couchai vers g heures, « ressentant une excessive douleur dans le pied. Je conjurai alors la « Petite Fleur » de m'obtenir enfin du Dieu Tout-Puissant ma guérison. « A chaque fois que je m'éveillais, je lui faisais les mêmes instances. « Vers 3 heures, je m'éveillai encore, mais cette fois, ma cellule était « remplie de lumière. Je ne savais quoi penser de cette exquise clarté et « je m'écriai : « 0 mon Dieu ! qu'est-ce que cela ? » Je restai dans cette « lumière pendant trois quarts d'heure, et je n'arrivais pas à me ren- « dormir, malgré mes eftbrts. Alors je sentis comme l'impression de « quelqu'un qui enlevait les couvertures de mon lit et m'excitait à me « lever. Je remuai mon pied, et quelle ne fut pas ma surprise de trouver « les sept mètres de bandages, qui avaient été liés très fortement et « dont je n'aurais pu me passer, complètement retirés. Je regardai mon « pied, il était entièrement guéri. Je me levai, je marchai, et, ne sentant « plus aucun mal, je tombai à genoux en m'écriant : «. O Petite Fleur de « Jésus, qu'est-ce que vous ai>e!{ fait pour moi ce matin ! Je suis «. guérie ! »
Vers l'heure de la Messe, on vint chercher sœur Catherine pour la conduire à la chapelle, mais elle dit qu'elle n'avait plus besoin de l'appui d'un bras, ni de la canne dont elle se servait d'habitude. Elle descendit seule l'escalier et courut vers sa Supérieure.
« La « Petite Fleur s m'a guérie !
ma Mère », lui dit-elle. Et tout aussitôt, la nouvelle se répandit dans la communauté, comme une traînée de poudre. Une sorte de crainte planait sur la maison avec le sentiment que Dieu avait passé par là.
Pluie de Roses.
La Mère Provinciale vint bientôt et se rendit compte par elle-même de l'événement. Pour prouver qu'elle était bien guérie, la novice marcha de long en large à l'extérieur de l'église, et montra qu'elle portait sa chaussure ordinaire, au lieu de la chaussure d'infirme qu'on lui avait préparée à cause de l'enflure.
Enfin, elle resta tout le temps de la iVlesse à genoux et marcha d'un pas ferme pour recevoir la sainte Communion des mains de son frère. Celui-ci ignorait encore le miracle, mais il avoua ensuite que jamais, depuis sa première Messe, il n'avait reçu autant de consolations divines qu'à cette Messe-là. Témoignage touchant encore du pouvoir d'intercession de S' Thérèse en faveur des prêtres, pour lesquels elle aimait tant à prier !
Immédiatement après la Messe, la Mère Prieure alla le trouver et lui raconta ce qui était arrivé. Alors, très ému, il entonna le Te Deum, que la novice poursuivit debout avec la Communauté entière, dans une Joie et une émotion indicibles.
L'examen du pied montra que la décoloration, l'enflure, les marques du vésicatoire et des pointes de feu avaient disparu et qu'il était revenu à sa forme naturelle.
La gratitude de la novice et des sœurs fut profonde, en vérité, devant cette intervention de leur bien-aimée « Petite Fleur ». D'autres, pour lesquels son parfum odorant est une joie toujours renaissante, apprendront avec plaisir ce nouveau gage de sa puissance au milieu d'une génération incroyante.
« Vous nous regarderez d'en haut, n'est-ce pas ? » disait-on à S' Thérèse de l'Enfant-Jésus, lorsque, âgée de 24 ans, elle était mourante à Lisieux.
« Non, répondit-elle, je descendrai. »
A F., comme en bien d'autres lieux, la « Fleur de Jésus » descendit.
N'cndée, 6 novembre 1908.
J'aurais pu, dès le premier jour de la neuvaine, vous écrire pour vous annoncer la guérison de mon petit Jean, mais je ne l'ai pas voulu pour ne pas agir avec témérité.
Dés que nous avons eu attaché à la robe du petit malade le morceau d'étofle ayant appartenu à votre S' Thérèse de l'Enfant-Jésus, les vomissements et autres accidents ont cessé; ils ont cessé si brusquement que nous n'osions pas y croire. Depuis ce jour, l'enfant se porte à merveille; jamais il n'avait été aussi gai. C'est de grand cœur que ma femme et moi nous remercions S"' Thérèse. Docteur C.
G., Ecosse, 8 novembre 1908.
Une guérison spirituelle — délivrance d'une tentation qui durait depuis plusieurs années — a été obtenue en un instant par une relique
I 8* Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus.
de S' Thérèse de l'Enfant-Jésus, dans un couvent de G. La religieuse avait déjà demandé de quitter la Congrégation, et maintenant elle est si heureuse d'y être restée ! T.