X. (Maine-et-Loire), i5 octobre
Depuis de longues années, ma domestique souffrait de malaises d'estomac allant toujours s'aggravant. Finalement, le docteur dit : « Il n'y a plus qu'une chance de prolongement de vie : l'opération. »
La malade, ne pouvant plus se nourrir, s'y résigna. II y avait rétrécissement et affection grave au pylore. C'était l'affaire de quelques jours, de quelques semaines au plus.
L'opération eut lieu un vendredi. Le dimanche j'allai voir la malade que je trouvai dans un état épouvantable. Des vomissements de sang à pleine cuvette l'avaient réduite à ce qu'il y a de pire : physionomie sans vie, yeux ternes. Comme voix, un souffle à peine perceptible, inconscience presque complète. Comme nourriture, une seule chose possible : de la glace trempée dans du lait. On croyait si bien à sa mort, que les
4^* Sœur Thérèse de l' Enfant-Jésus.
démarches étaient faites auprès des municipalités pour obtenir les pièces nécessaires à l'inhumation.
Mais la fille de la malade m'avait envoyé une petite relique de S' Thérèse de l'Enfant-Jésus, me demandant avec instance de la faire appliquer à sa mère. Je la confiai à la religieuse qui la soignait, et elle lui fut appliquée.
A partir de ce moment, je reçus chaque jour des nouvelles de plus en plus rassurantes. Au cours de la neuvaine, la malade avait considérablement repris. Elle mourait de faim et avait grand'peine à s'en tenir au régime exigé.
Quinze jours après, je la ramenai chez moi. Depuis longtemps elle a repris son travail, ne sent point de malaises, mange bien, en un mot se sent guérie. L'abbé B., curé.