X., Angleterre, i5 octobre
Depuis onze ans. M"' D. souffrait de douleurs presque incessantes, causées par le développement d'une tumeur qui poussait de profondes racines visibles jusque sur le dos de la malade.
A mesure que le temps s'écoulait, les douleurs devenaient plus intenses et la tumeur plus volumineuse. Durant les trois dernières années avant la guérison, la malade n'eut pas une heure de répit ; elle passait des nuits blanches, rongée par la douleur incessante, ne dormant jamais plus de sept minutes de suite.
En 1909, son médecin lui conseilla de se taire opérer ; mais plusieurs chirurgiens l'ayant examinée, la déclarèrent inopérable, la tumeur affectant tous les organes du corps.
A partir de ce moment, elle ne cessa de s'affaiblir ; et, durant les dix dernières semaines qui précédèrent sa guérison, elle ne put boire que de l'eau gazeuse, additionnée d'alcool, ou un peu de glace sucrée. Cette ali-
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mentation si légère lui causait des crises de vomissements. La tumeur, devenue énorme, pesait sur les organes intérieurs et en paralysait toutes les fonctions.
Sa vie semblait toucher au terme, et on était sur le point de lui administrer de nouveau les derniers sacrements.
Bien des neuvaines avaient été faites pour obtenir sa guérison; mais une de ses amies lui ayant fait connaître S' Thérèse, « La Petite Fleur DE JÉSUS », une neuvaine fut commencée le dimanche 22 août, en l'honneur de l'angélique sainte.
Durant les trois premiers jours la malade baissa rapidement, et le jeudi on s'attendait à ce qu'elle mourût dans la nuit. Ses douleurs étaient aiguës, ses yeux voilés.
A onze heures du soir elle eut un vomissement qui l'épuisa complètement, puis elle s'endormit et, pour la première fois depuis bien des années, reposa paisiblement jusque vers cinq heures et demie du matin. Elle fut réveillée par un léger attouchement sur les épaules, comme si quelqu'un se penchait sur elle; elle sentit' en même temps une douce chaleur, telle qu'une respiration, et comprit qu'il y avait auprès d'elle une présence invisible...
Toute douleur, toute souffrance avait disparu.
M"* D. ne dit rien à personne du miracle dont elle venait d'être favorisée ; elle attendait la visite du docteur pour qu'il s'en rendît compte lui-même. Pendant une heure, il l'examina, la palpa et avoua que tous les organes fonctionnaient bien ; que l'enflure et la tumeur avaient disparu, ne laissant qu'une petite grosseur sur le côté, telle qu'une petite bille, comme pour prouver que la tumeur avait existé. Il ne restait plus trace de ces racines qu'on avait constatées auparavant jusque sur le dos de la malade.
Quand, à la fin de cet examen, une des filles de M'"" D. rentra dans la chambre, elle trouva le docteur — un protestant — la tête dans ses mains, stupéfait : « Après tout, lui dit-il, je crois en Dieu; je sais qu'il peut faire des miracles : certes, en voici un ! » X.
Suit le certificat du médecin.