‹ Sr Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte FaceChapitre 60 sur 75 · L. (Calvados), 29 juin · texte numérisé non relu

L. (Calvados), 29 juin

Je ne puis passer sous silence le miracle que notre chère S'' Thérèse de l'Enfant-Jésus vient de faire.

Notre lessiveuse. M"" G..., avait des plaies variqueuses depuis des années; sa jambe faisait peur, tant les plaies étaient profondes. Elle fut examinée par plusieurs médecins. Quand l'un d'eux, qui avait déjà guéri des malades atteints de cette infirmité, examina sa jambe, il fut surpris de voir de pareilles plaies; il lui ordonna un grand repos et d'aller deux fois la semaine se faire panser au dispensaire, ce qu'elle fit; et après des mois, sa jambe était toujours très mal. Il lui eût fallu le repos complet au lit, mais cela était impossible à cette pauvre femme qui vit uniquement de son travail. Elle souffrait donc atrocement, surtout la nuit. Emue de pitié, je lui conseillai une neuvaine à notre chère petite sainte et lui donnai aussi une relique pour la poser sur sa jambe. A la fin de la seconde neuvaine, toutes les plaies étaient fermées.

S' X., religieuse garde-malade.

Suit le certificat du docteur.

Pluie de Roses. 6g*

S. (Alsace), juin loio.

Les personnes les plus réfractaires à la piété — personnes du monde et jetées dans le tourbillon des œuvres matérielles — se sont trouvées conquises d'emblée à la vie d'union au Sacré-Cœur, à la communion, au pur esprit de l'Evangile par quelques mots à peine sur la chère petite sainte, par quelques pages, que dis-je ? quelques lignes de ses écrits pétris d'amour de Dieu et d'onction du Saint-Esprit. Elles suivent, depuis, allègrement la voie des aigles et étonnent leur entourage... A leur tour, elles sont apôtres et des intimes de leur amie du ciel.

Un autre groupe d'âmes, maintenant parues devant Dieu, a consolé mon ministère — grâce à l'œuvre et à la POte de S'" Thérèse — : les agonisants ! Oh! que de transformations intimes obtenues par elle à ces minutes dernières où le soleil couchant de la grâce se hâte de mûrir ses élus pour la récolte, dans la gloire ! Ici, les traits sont innombrables et ravissants... R'' P. H.

Couvent de X. (Espagne), 3 juillet iqio.

Guérison de Sœur M.

Il y avait huit ans que notre chère S' M'", Converse de ce Couvent, souffrait d'une maladie d'estomac. Plusieurs médecins, à diverses reprises, dirent que ce pouvait être un cancer ou un ulcère; mais ils ne l'affirmèrent pas, la maladie n'étant pas arrivée à son dernier degré, où les vomissements de sang ne laissent plus de doute.

Pendant ce long espace de temps, la malade eut des intervalles de mieux, elle pouvait alors travailler et suivre en partie la communauté, non pour la nourriture, car elle était à un régime spécial. Les crises, violentes arrivaient ensuite; alors elle ne pouvait prendre que du lait et en petite quantité, la morphine seule la calmait dans ce cas. Ces derniers six mois, les crises se succédèrent très rapprochées ; la malade, d'une maigreur extrême, était très faible. On comprenait que le mal progressait, et à grands pas; déjà !a morphine ne lui produisait plus l'effet ordinaire. Notre chère sœur souffrait avec une patience angélique, elle était contente de souffrir pour expier ses péchés, faire son purgatoire ici-bas et convertir les pécheurs, à l'exemple de S' Thérèse de l'Enfant-Jésus, à laquelle elle était très dévote, ayant déjà reçu d'elle, il y a quelques mois,, une grande grâce qu'elle estimait davantage que sa guérison. Les choses en étaient là, lorsqu'une des Mères françaises exilées, qui venait de lire la dernière édition de la grande Vie de S' Thérèse de l'Enfant-Jésus et les nouveaux miracles qu'elle raconte, parla à la malade de ces guérisons, surtout de celles de quatre ulcères à l'estomac, et l'engagea à faire une neuvaine. La sœur s'y refusa absolument : « Non, dit-elle, car je sais que je guérirais, et je veux souffrir pour aller au ciel, ou plutôt je ne veux

pas demander la santé, parce que je ne veux que la volonté de Dieu. » Mais le soir, la Révérende Mère Supérieure visitant la malade, celle-ci lui raconta l'offre de la Mère française : « Oui, dit la Supérieure, vous devez faire la neuvaine et demander la santé, car vous savez que la communauté a besoin de sujets. »

En vraie fille d'obéissance, la sœur, voyant là l'ordre du ciel, commença dés le lendemain, dimanche 12 juin, une neuvaine très fervente ayant la conviction intime qu'elle allait guérir. Elle plaça sur son estomac une relique de « Térésita », rendit tous les médicaments à l'infirmière, disant : « A présent, j'attends Térésita, c'est elle qui doit me guérir. »

Les premiers jours de la neuvaine furent pénibles, surtout de nuit où Ja malade ne pouvait trouver aucun repos (depuis longtemps d'ailleurs). De jour, elle travaillait tant qu'elle pouvait à son emploi de cordonnière, trop même, et comme une des sœurs qui faisait la neuvaine avec elle J'en reprenait, disant qu'elle gâterait l'œuvre de S' Thérèse : « Laissezmoi, répondit la vaillante sœur, quand Térésita verra que je n'en puis plus, elle viendra, je l'attends, je l'attends ! »

Sa grande foi fut récompensée. Le soir du 18, elle se coucha comme à l'ordinaire, ne pouvant trouver de position reposante dans son lit. Un peu avant minuit, elle s'assoupit; alors il lui sembla qu'elle sentait prés ■d'elle une personne qui voulait la guérir. Comprenant que c'était Térésita, la malade lui dit : « Non, non, je ne veux pas guérir, si ce n'est pour la plus grande gloire de Dieu. » Mais S' Thérèse, sans faire cas de ces paroles, ou plutôt accomplissant la volonté divine^ soulevait les couvertures et passait doucement sa main sur l'estomac de la sœur. «Alors, dit celle-ci, je sentis comme une rosée céleste qui tombait goutte à goutte dans tout mon intérieur et le rafraîchissait d'une manière qui ne se peut dire. Le bien-être surnaturel que j'éprouvais m'éveilla et je me dis à moi-même : « Mon Dieu I serait-ce vrai ? suis-je guérie ?... »

Elle se leva, fit plusieurs mouvements qu'avant cette guérison miraculeuse elle ne pouvait absolument se permettre sans beaucoup souffrir; plus rien... aucune douleur! elle se sentait bien, très bien.

Au même instant, minuit sonna : « Oui, pensa la malade, c'est vrai, Thérèse de l'Enfant-Jésus est descendue à l'heure de la naissance de l'Enfant-Dieu », et, profondément émue, elle pleura. Puis, elle récita le Te Deum et la prière à la sainte Trinité, si en honneur en Espagne, et passa le reste de la nuit en actions de grâces. A 4 heures, elle se leva comme la communauté et courut chez la Mère Supérieure : « Ma Mère, je suis guérie; Térésita est venue ! » La prudente Prieure demanda à la miraculée une épreuve de quinze jours avant de rien publier de ce fait merveilleux.

Pendant cette quinzaine, S^ Marie a repris toute la vie commune : lever, nourriture, travail. Elle a mangé exprés les choses les plus indigestes et dont elle était privée depuis des années, elle a bu du vin... et tout a été trouvé excellent, rien ne lui a fait mal. Les premiers jours il lui restait une grande faiblesse, dans les jambes surtout, mais peu à peu les forces sont revenues avec l'alimentation. Aujourd'hui, sa santé est excellente et elle semble rajeunie. Son visage, très souvent enflammé autrefois par l'ardeur intérieure qui lui dévorait l'estomac, a repris une teinte naturelle. Enfin, tout prouve que Thérèse est « descendue» et que, voyant du bien

Pluie de Roses. yr

à faire sur ce petit coin de terre, elle a laissé tomber du ciel un pétale de rose ou plutôt une rosée bienfaisante qui a rendu la santé à sa privilégiée. Nous l'appelons ainsi, puisque voilà deux fois qu'elle reçoit de S' Thérèse des preuves de son affection. S' X.

Couvent de la Providence, X., 14 juillet 1910.

Ma sœur et son mari étaient un sujet de mauvais exemple pour leur nombreuse famille de sept enfants. Aucun moyen n'avait été épargné pour les rappeler à leurs devoirs. Ne sachant plus à quel saint me recommander, j'abandonnai à la bonne Providence le soin d'intérêts si chers et si sacrés.

Cependant, sur les instances réitérées d'une de nos sœurs, je me décidai, quoique avec un peu d'hésitation, à prier S' Thérèse, et je demandai à la chère petite sainte qu'elle me fit savoir par un signe manifeste, le 2 janvier, qu'elle s'occupait de ma requête. Ce jour même, au matin, sans que rien put le faire pressentir, sans que j'aie fait aucune démarche nouvelle, ma sœur et mon beau-frère venaient me témoigner leurs regrets et me faire des promesses pour l'avenir.

Toute saisie de ce résultat inespéré, je le fus bien davantage au récit qu'ils me firent. Ne pensant nullement la veille à faire ce voyage, ils s'étaient sentis comme poussés par une force surnaturelle et s'étaient décidés, presque malgré eux, à venir vers moi.

Vous pensez, ma Révérende Mère, que non seulement j'étais ébranlée, mais convamcue de la puissance de S' Thérèse au ciel !

Après avoir fait connaître la petite sainte à ces pauvres égarés et glissé son image dans leur foyer, je lui demandai instamment d'achever son œuvre en ramenant aux pratiques de la vie chrétienne cette famille d'infidèles baptisés. Elle n'a pas fait les choses à demi. J'ai eu dernièrement le bonheur de voir mon beau-frère et ma sœur s'approcher du tribunal sacré et de la Table sainte avec une foi et une simplicité vraiment édifiantes. S' B.

Trouville-sur-Mer (Calvados), 16 juillet 1910.

Je soussignée, M"' M., demeurant à TrouvillIe-sur-Mer, certifie l'exactitude abiolue des faits ci-dessous relatés et en autorise la publication pour la plus grande gloire de Dieu et de S' Thérèse de l'Enfant-Jésus.

Ma fille ainée, Thérèse, née le 6 octobre 1898, se trouva prise, 14 jours avant la première Communion de l'année dernière, fixée au 6 juin, d'une entérite aiguë telle qu'elle ne pouvait plus rien prendre que de l'eau bouillie. Un remède donné imprudemment à dose trop forte l'avait affaiblie à ce point que, trois jours avant la première Communion, le jeudi dans l'après-midi, quand elle voulut se lever pour essayer ses habits de première communiante, elle s'évanouit et dut aussitôt se remettre au lit. Le docteur, qui la voyait tous les jours, déclara qu'il

72* Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus.

était impossible de songer à ce qu'elle prît part à la cérémonie du dimanche.

Le lendemain vendredi, découragée, j'allai assister à la Messe. Je rencontrai M. l'abbé L., il me parla de Si" Thérèse de l'Enfant-Jésus et m'engagea à l'invoquer pour la guérison de ma fille. Je le fis aussitôt, et quels ne furent pas mon étonnement et ma joie en rentrant quand je constatai une amélioration subite et considérable ! Le docteur, revenu dans la matinée, m'autorisa à lever l'enfant une heure, et, si le mieux continuait le lendemain samedi, à la faire confesser dans son lit, et à la faire assister à la Messe de communion le dimanche matin, à condition qu'elle se recoucherait aussitôt et se reposerait toute la journée.

Le lendemam, le mieux s'était confirmé et même augmenté. Thérèse alla se confessera l'église et prit part à tous les exercices de retraite de l'après-midi. Le dimanche, levée dès 5 heures du matin, elle assista, non seulement à la Messe de communion, mais encore à la grand'Messe, aux Vêpres et à la procession extérieure, sans aucune fatigue. Le lendemain, elle assista à la Messe d'actions de grâces, et le surlendemain, au pèlerinage de Notre-Dame de Grâce, à Honfleur.

Depuis, elle n'a jamais été malade, si bien que je suis heureuse de pouvoir la compter au nombre de ceux qui ont manifestement éprouvé la bienfaisante protection de la petite S"' Thérèse dont elle porte le nom.

En foi de quoi j'ai signé la présente attestation. M"" M.

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