X. (Loire-Inférieure), 20 juillet
Le 2 janvier, une de nos élèves, âgée de onze ans, enfant de complexion délicate, est prise de la fièvre ; on la soigne pour un point de côté.
Quinze jours plus tard, la fillette se lève et constate que les jambes lui font mal, qu'elle a beaucoup de peine à marcher. Le médecm attribue ses souffrances à la faiblesse, ordonne des fortifiants et fait frictionner les jambes; mais notre petite malade ne peut souffrir qu'on y touche sans pousser des cris, tant les douleurs sont vives et le mal fait des progrès.
Un second médecin consulté déclare de la métrifrictrique et veut forcer l'enfant à marcher; celle-ci ne peut plus faire un pas seule et sans grandes douleurs, les frictions deviennent intolérables.
Désolés de voir tant souffrir leur fillette sans qu'aucun remède puisse enrayer le mal, les parents font appel à un autre médecin, qui la soigne pour de la coxalgie. Après un mois de nouveaux traitements, la maladie, loin de céder, s'accentue toujours. Ce ne sont plus les jambes seules qui, en lui refusant service, la font souffrir; les reins sont aussi attaqués, les os se disjoignent, une bosse se forme. Le médecin veut mettre sa malade dans une gouttière, mais il fait d'abord consulter un spécialiste qui croit que l'enfant est atteinte de paralysie de la moelle épiniére. « Essayons l'électricité, dit le praticien, peut-être obtiendrons-nous un peu d'amélioration, peut-être marchera-t-elle dans un an. »
Notre petite élève s'attristait beaucoup, car l'époque de la première
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Communion approchait et elle comprenait qu'elle serait hors d'état de la faire avec ses compagnes.
Voyant que la science humaine était impuissante, nous eûmes la pensée de lui faire connaître S' Thérèse de i'Enfant-Jésus dont nous lisions la Vie, et nous l'engageâmes à lui demander sa guérison.
Cette pensée mit la joie dans son âme, elle s'écria : « La petite Fleur de Jésus me guérira ! je marcherai pour ma première Communion ! » Depuis ce jour, elle l'invoquait sans cesse. Ses parents s'unissaient à elle matin et soir, nos enfants priaient aussi avec confiance ; mais la «c petite Fleur » semblait sourde à nos supplications. Trois semaines avant la première Communion, l'enfant allait plus mal. Tout espoir de guérison était perdu. Suivant l'avis du dernier docteur, elle avait été électrisée deux fois sans succès ; n'avait-il pas dit : « Peut-être marchera-t-elle dans un an ! »
Or, dans la nuit du mercredi au jeudi de Pâques (il y avait toujours de la lumière dans la chambre, l'enfant étant devenue très peureuse et dormant très peu), en ouvrant les yeux elle vit, selon son expression, « une jolie petite ligure » qui lui souriait. Elle fut légèrement effrayée et fit un signe de croix. L'apparition sourit davantage, sembla se rapprocher
d'elle et lui dit : « Tu marcheras dans peu de temps aujourd'hui
même ! » Puis elle resta quelques instants, toujours souriante, à contempler sa petite protégée, tout à fait rassurée, et disparut
Le matin, l'heureuse voyante dit à ses parents : « Je vais marcher aujourd'hui ; j'ai vu cette nuit ma « petite Fleur » qui me l'a dit. » Elle n'avait jamais vu de photographie de S' Thérèse, mais son cœur lui disait que cette angélique vision ne pouvait être que la petite sainte qu'elle invoquait avec tant de confiance.
Vers 3 heures de l'après-midi, une voix suave et douce, qu'elle reconnaît bien, se fait entendre à son oreille : « A/arc/je .'» dit-elle. La malade se lève aussitôt et elle court se jeter dans les bras de sa mère, qui ne peut croire à tant de bonheur...
Il y avait trois mois que l'enfant ne marchait plus.
Quelques jours plus tard, l'heureuse privilégiée vint nous voir et nous lui mîmes dans les mains l'Histoire d'une àme. Lorsqu'elle fut en face de la première gravure, l'enfant s'écria : « C'est bien elle que j'ai vue, je la reconnais ! » puis elle ajouta : « Elle était en religieuse, cependant je n'avais pas remarqué le voile, sa figure seule s'est gravée dans mon àme. »
Sa physionomie en porte l'empreinte... La petite sainte lui a inspiré des pensées sérieuses pendant sa maladie ; elle nous l'a rendue, je pourrais dire convertie !
A partir du jeudi de Pâques, 3i mars, notre petite élève marcha très bien. Elle a eu le grand bonheur, grâce à S' Thérèse, de faire sa première Communion et d'être confirmée avec ses compagnes.
M" X., directrice de l'école libre.
74* Sœur Thérèse de l'EnJant-Jésus.
Saint-Jean-de-Luz (Basscs-Pyrénécs), 2? juillet igio.
Ma Révérende Mère,
Je vous adresse enfin sous ce pli la relation de la guérison vraiment merveilleuse de ma vue. J'ai laissé au temps le loisir d'imprimer à cette guérison le cachet de la réalité et de la persévérance. Si, immédiatement après la première amélioration et même à la suite des progrès plus étonnants encore de ma vue, j'avais publié ce merveilleux bienfait, on se serait avec raison demandé ce que, tout d'abord, je me suis demandé moi-même : « N'est-ce pas une de ces facilités de voir, momentanées et purement accidentelles, qui, parfois, se produisent chez des vieillards de mon âge (je suis dans ma 76" année), lueurs passagères qui ne prouvent rien ?»
Voici le fait, en toute simplicité et vérité :
Au printemps 1900, M. le D' X., de C, que je consultais au sujet d'une anémie, me regardant incidemment dans les yeux, me dit : « Savezvous que vous êtes menacé d'une cataracte ?» — « D'une cataracte, moi ? lui répliquai-je ; mais je vois encore assez bien pour mon âge, et jamais personne de ma famille n'a été affligé de ce mal. » — « Dites tout ce que vous voulez, insista-t-il, vous avez un commencement de cataracte bien caractérisée. »
Je crus à une erreur de la part du médecin. Cependant, me trouvant en septembre suivant à Paris, je suis allé consulter le distmgué oculiste Abadie, du boulevard Saint-Germain. Je fus reçu par l'un de ses aides : « Je ne vois rien, me dit celui-ci, mais venez... » Et il m'introduisit dans la chambre noire. Là, il m'examina minutieusement les yeux, à la lumière électrique. « Oui, convint-il alors, vous avez un commencement de cataracte; mais que cela ne vous inquiète pas, ça vous viendra plus tard. . et dans une dizaine d'années, quand elle sera mûre, vous viendrez nous trouver et l'on vous fera l'opération gratuitement. »
« La belle fiche de consolation ! pensai-je en m'en allant : vivre dix ans dans la perspective d'avoir les yeux gratuitement charcutés ! Et quel en sera le résultat ? »
Depuis lors, je n'ai plus consulté aucun oculiste ni aucun médecin au sujet de mes yeux, ni employé aucun remède. J'attendais que la cataracte fût « mûre •».
Cependant le pronostic de l'aide de M. Abadie ne tarda pas à se réaliser. Faible d'abord, le trouble de ma vue devint petit à petit tel que, dès l'année 1906, je ne pouvais plus que difficilement lire et écrire, même avec de fortes lunettes. J'avais comme un voile sur les yeux, et ce voile s'épaississait de plus en plus les années suivantes.
A partir du commencement de 1908, je ne pouvais plus reconnaître à douze pas mes meilleurs amis. Le crépuscule venu, je n'osais plus me hasarder dehors de peur de heurter les passants, de manquer le trottoir et de me faire écraser par les voitures.
En mai 1909, un opticien de passage ici, voulant me vendre des lunettes, me fit avec ses instruments lire, à des dislances variées, des
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imprimés à caractères gradués, tour à tour des deux yeux et de chaque œil à part. Il finit par me déclarer « Vœil droit complètement éteint et l'autre œil bien malade ».
11 avait quelque peu exagéré, car d'une personne placée à deux pas de moi je voyais encore, de ce seul œil droit, la silhouette, mais une silhouette vague, imprécise, informe, dont je n'aurais pas pu dire si elle était d'homme ou de quoi. La vision de l'œil gauche était devenue si faible que le dimanche des Rameaux 1909, je suis tombé en bas des degrés du chœur que je ne distinguais plus, et cela devant toute la paroisse. Depuis lors, je tremblais de descendre les marches de l'autel, que j'étais obligé de chercher au tâtonnement du pied.
Bref, j'étais menacé de cécité complète à prochaine échéance, et me sentais à la veille de ne pouvoir plus ni réciter mon bréviaire, ni dire la sainte Messe.
J'envisageais déjà avec angoisse le voyage à Paris pour la fameuse opération gratuite, opération en elle-même scabreuse et de chance douteuse. Mais la divine Providence, qui dispose toutes choses avec suavité, m'avait, à mon insu, mis en relation avec les consœurs d'une « oculiste » qui sait rendre la vue aux aveugles, sans onguent ni scalpel chirurgical.
Au printemps dernier, la R'^' Mère Prieure du Carmel de Bordeaux, exilé à Zaraûz, Espagne, fit appel à mon talent d'apiculteur, et je dus lui exposer le triste état de ma vue qui me rendait incapable d'accéder à son désir. Alors elle, avec sa robuste foi de Carmélite, me répondit : « Puisque la prière est toute-puissante, nous allons faire violence au bon Dieu, et il sera bien obligé de vous rendre la vue. »
Quelques jours après, je fus tout étonné de la facilité avec laquelle je pouvais lire et distinguer à mes pieds les marches de l'autel.
Je me rendis donc au Carmel de Zaraiiz, et là, j'appris que la communauté avait fait une neuvaine pour obtenir la guérison de ma vue, par l'intercession de S' Thérèse de l'Enfant-Jésus, dont jusqu'alors j'avais ignoré l'existence.
C'est donc à un prêtre qui ne la connaissait pas, qui ne lui avait — lui personnellement — rien demandé, que votre angélique sœur avait obtenu de son divin Epoux une insigne amélioration de sa vue. Je dis « amélioration », car, pour grand et surprenant que fût ce changement en mieux, je n'avais pas recouvre la vision claire et pleine. Nous convînmes donc, la R'^• Mère et moi, de faire une seconde neuvaine, et elle me remit une image-relique de celle que dés lors j'appelais « ma céleste oculiste », me recommandant de l'appliquer sur mes yeux chaque soir de la neuvaine. Or, cette neuvame n'était pas finie que déjà je pouvais lire aisément les « Décrets de la Sacrée Congrégation des Rites » qui se trouvent imprimés en caractères très fins en tête du Bréviaire Romain de Tournai (édition de 1902, de la Société de Saint-Jean l'Evangéliste) et qui, auparavant, ne présentaient à mes yeux qu'une page maculée, indéchiffrable. Bien plus, je reconnais depuis lors les personnes à plus de cent pas.
Nous avions commencé cette neuvaine dans l'octave de la Pentecôte (19 mai). Vers la mi-juin, je suis retourné en Espagne pour mettre ordre aux ruchées du Carmel. Nous décidâmes alors de faire une troisième neuvaine, en action de grâces celle-là, et en même temps pour obtenir
76* Sœur Thérèse de r Enfant-Jésus.
une plus parfaite lucidité de vue. Et, cette fois encore, ma céleste oculiste exauça nos prières !
Ayant recouvré la vue, je voulais redevenir apiculteur. J'achète donc une colonie d'abeilles; quelques jours après, je visite ma ruchée et j'y trouve plusieurs cellules royales, dont les unes contenaient des larves déjà écloses et d'autres de simples œufs.
Oh ! la vue de ces minimes œufs d'abeille, pareils à de petits bouts de ténu fil à coudre d'un blanc bleuâtre ! Depuis des années, il m'avait été impossible de les apercevoir, même avec de puissantes lunettes, et maintenant je les voyais de nouveau à l'œil nu ! Aussi avec quelle reconnaissance mes yeux se sont instantanément levés vers le ciel où ma céleste oculiste venait de réaliser en ma faveur sa résolution de faire du bien sur la terre.
Il n'y a donc plus de doute possible : la guérison de ma vue est réelle et persévérante. Et cette guérison, incontestablement merveilleuse puisqu'elle est obtenue sans l'intervention d'aucun secours ni remède humains, je la dois évidemment à l'intercession de celle que nous avions invoquée : S' Thérèse de l'Enfant-Jésus, morte en 1897, au Carmel de Lisieux.
Gloire à Dieu 1 et reconnaissance à ma céleste oculiste !
Abbé Ch. W'kber, prêtre habitué.
Alençon (Orne), 25 juillet 1910.
En lisant l'Histoire d'une âme, j'éprouvai une émotion profonde, et, voyant que S' Thérèse de l'Enfant-Jésus voulait employer sa vie du ciel à convertir les pécheurs, je la priai d'avoir pitié de moi car j'étais du nombre de ces derniers... Je lui demandai d'être ma médiatrice prés du bon Dieu, d'être mon guide ; chaque jour, matin et soir, je répétais cette prière.
Mais bientôt je désirai un signe évident de sa protection et je me disais : « Oh 1 si je pouvais la voir, je serais certain alors qu'elle veut bien être ma protectrice et mon guide! » Puis je me repentis de ce désir que je trouvai présomptueux, et je n'y pensai plus.
Or, à quelque temps de là, vers 3 h. ^4 du matin (c'était en été et, par conséquent, au moment de l'aurore) alors que je dormais si profondément que je n'avais plus conscience de l'existence, j'eus tout à coup une vision en esprit. J'aperçus au fond de ma chambre une nuée lumineuse et j'entendis un appel. Je me dirigeai donc en esprit vers cet être mystérieux, et comme j'approchais, la nuée s'ouvrit et je me trouvai en présence d'une jeune religieuse toute brillante de lumière et couronnée d'un nimbe d'or. Ses traits et ses vêtements étaient ceux des portraits de S' Thérèse ; son regard était très vif et son visage étincelant ; une lumière argentée baignait l'ensemble de l'apparition. Elle s'avança vers moi jusqu'au milieu de l'appartement et me dit : « Monsieur, suivez-moi ! ■» Puis elle disparut et, peu après, la lumière argentée qui l'enveloppait s'évanouit à son tour.
Je m'éveillai très ému et réfléchis à la signification de cette vision.
Pluie de Roses. yy^
« Suipe^->nui •», m'avait dit Sœur Tiiércse ; c'était la réponse à ma prière quotidienne : « Soye^ mon guide, conduisez-moi à Dieu ».
J'ai fait part à mon confesseur de cette faveur insigne et des sentiments qu'elle m'avait inspirés ; il m'a dit qu'il fallait y croire.
Et maintenant je comprends mieux que jamais que, pour aller au ciel, Je dois suivre Sœur Thérèse dans sa voie d'humilité, de confiance et d'amour. A. V.
Tours (Indrc-et-Loirc), 28 juillet igio.
Vous recevrez, à la fin de cette semaine ou au commencement de l'autre, un ex-voto que j'offre avec une pieuse reconnaissance à S' Thérèse de l'Enfant-Jésus. Voici dans quelle circonstance j'avais fait cette promesse :
Il y a environ douze jours, une de mes tantes faisait une malheureuse chute dans la rue et se cassait la cuisse. L'os sortant fit plaie, et le mal s'aggrava tellement qu'au bout de quelques jours tout espoir était perdu. Je ne quittais guère ma pauvre blessée car une angoisse me torturait : je savais ma tante très incroyante, et je ne voulais pas la voir partir ainsi pour l'au delà.
Cependant le 22 juillet arriva, apportant une nouvelle aggravation du mal et aucune amélioration morale. La gangrène s'était déclarée et faisait de terribles progrès. La Sœur garde- malade me demanda s'il fallait parler. Je crus que le moment était venu. Alors ce fut une lutte terrible : la mort approchait, ma pauvre tante ne voulait pas recevoir le prêtre, elle ne voulait pas prier, elle nous repoussait même avec violence et en blasphémant. Ce fut bientôt une question de minutes...
Malgré toute mon angoisse, je ne désespérais pas et répétais sans cesse : « Cœur sacré de Jésus, j'ai confiance en vous ! » Quand, tout à coup, poussée par une impulsion irrésistible, je fis mentalement cette prière : «Mon Jésus, glorifiez votre petite servante S' Thérèse de l'Enfant-Jésus; si ma tante consent à se confesser et si elle le peut faire en pleine connaissance, je lui enverrai un ex-voto au Carmel de Lisieux. »
A peine avais-je terminé que je me penchai sur la mourante et lui demandai si elle voulait baiser ma médaille du Sacré-Cœur : elle fit un signe d'acquiescement et l'embrassa; puis, je lui demandai si elle me permettait d'amener un prêtre : elle dit « oui » deux fois, et fermement.
L'aumônier, découragé, était parti ; personne à la cathédrale, personne à l'archevêché ; enfin je ramenai un prêtre. Je pus en quelques mots le mettre au courant ; ma tante se confessa en pleine lucidité et, à peine l'absolution donnée, elle perdait connaissance et expirait.
Au ressouvenir de cette grâce inespérée, mon àme s'est émue d'une reconnaissance sans nom, et c'est avec une joie profonde que je viens exécuter ma promesse. M"' M. V.
y8* Sœur Thérèse de l' Enfant-Jésus.
(Calvados), 3i juillet igio.
Le mardi 5 avril 1910, vers 4 h. >2 du soir, passant devant le monument funèbre de M. le comte de Colbert-Laplace, qui se trouve en face du cimetière de Lisieux, je fus poussée à invoquer S-- Thérèse de l'Enfant-Jésus pour lui demander la guérison de M'"' G...
La manière dont j'avais été attirée à la prier me causa une vive impression et me donna une certaine assurance d'être exaucée. Cinquante mètres plus loin, je trouvai une personne qui était chargée, de la part de M' G..., de me demander de passer la nuit prés de sa femme presque agonisante.
Vers 8 h. j'arrivai chez la malade que je voyais pour la première fois, ce ménage n'étant installé dans notre paroisse de Saint-J. de M.^ que depuis le 28 décembre 1909. Je la trouvai très mal, éprouvant des étouffements terribles et de vives douleurs dans le côté gauche, répandant d'abondantes sueurs froides. Elle me lit remarquer l'entlure de l'abdomen et de l'estomac; tout faisait prévoir une mort prochaine. Il faut dire que cette pauvre femme, affaiblie par une pleurésie qui avait exigé dix vésicatoires, était de plus épuisée par la venue d'un enfant qu'elle avait porté en ce triste état. Cet enfant, le douzième, était né six jours avant, le 3o mars 19 10.
J'exhortai la malade à la confiance et je lui suggérai d'invoquer la petite S' Thérèse dont elle n'avait jamais, me dit-elle, entendu parler. Ensuite je lui dis de dormir... que je me chargeais du reste.
Dans la soirée, vers 8 h. ■',^, le docteur vint et parut rélléchir longuement avant de rédiger son ordonnance. 11 fut reconduit jusqu'à la barrière de la cour par le mari et lui dit : « Mon pauvre homme, qu'allezvous devenir ? Votre femme peut mourir à l'instant ; et, si elle passe la nuit, elle ne passera pas la journée de demain. » Puis il le fit se tourner et lui traça sur le dos un carré : « Tout cela est creux comme une lanterne, dit-il, et le poumon gauche est complètement pourri. »
Pendant la nuit, la malade n'eut aucun repos. Entre 5 h. ',, et 5 h. ^o du matin, alors que j'étais dans la cuisine contiguë à la chambre, elle se sentit plus mal et appela son mari ; un instant après, ses yeux se portèrent sur un tableau de Jésus en croix qui était près de son ht et elle s'écria : « Oh ! que c'est beau 1 que c'est beau ! » puis elle se mit à rire et à pleurer. . .
A ce bruit qui me parut étrange, je me rendis près d elle ; aussitôt elle me dit : « O ma Sœur, que c'était beau! J'ai vu le ciel ouvert, puis j'ai entendu distinctement à mon oreille une petite voix si douce qui m'a dit : « Aie confiance! tu guériras... » Mais, ma Sœur, criez donc au miracle 1 je suis guérie, je ne souffre plus du tout, je ne suis plus entlee, je marcherais bien, je veux me lever ! »
On ne le lui permit pas. A ce moment je ne pensais nullement au miracle, mais simplement à un délire qui annonçait la mort prochaine. Alors elle dit à son mari, à sa mère et à moi : « Otez toute cette pharmacie qui est là devant moi ; retirez-vous, fermez la porte, que je sois seule pour penser aux belles choses que j'ai vues !... »
Pluie de Roses. jg^
Dans la journée le médecin revint et dit au mari : « Je suis stupéfait, je n'y comprends plus rien !» et à la femme : « Je ne sais pas d'où vous revenez, vous êtes ressuscitée !... » — « Cette guérison est un miracle », dit-il encore à d'autres.
Le miracle était bien réel, car voilà plusieurs mois que M"" G... jouit d'une parfaite santé et peut donner elle-même à sa nombreuse famille tous les soins qu'elle réclame. S' S'-J.
La guérison s'est parfaitement maintenue jusqu a ce jour. 2 janvier 191 1.
(Loire-Inférieure), 17 août lyio.
Une pauvre vieille femme infirme, M"" V., âgée de 84 ans, ne peut marcher. Elle demeure seule toute la journée. Sa vie toute de privation était bien triste avant qu'elle connût S' Thérèse. Mais un jour je lui portai une image de la petite sainte. Ce fut alors le bonheur qui entra dans sa maison; sa tristesse a disparu, elle ne s'ennuie plus et quand, le matin, je la quitte pour aller à mes autres pauvres et malades, elle me dit en souriant : « Vous me quittez, ma Sœur, mais je ne suis plus seule, je cause avec la petite sainte qui me garde et ne me quitte pas. » Le soir, je la trouve à la même note. La chère sainte a apporté avec elle dans ce pauvre réduit la paix de l'àme, la joie du cœur, elle y a comblé toutes les absences.
Tous mes malades auxquels j'ai pu donner son portrait ont éprouvé de sa présence un bien-être évident que je constate avec reconnaissance.
S' S'-P., religieuse garde-malade.
N., Belgique. 3o août 1910.
Je soussigné, F. F., avocat, me fais un devoir d'attester l'exactitude des faits suivants :
Je souffrais depuis plusieurs années d'eczéma étendu et permanent à la partie inférieure des jambes, depuis la cheville jusqu'au genou. Fréquemment il se produisait des poussées inflammatoires douloureuses, quelquefois des abcès ou furoncles. Cette affection cutanée ne paraissait guère laisser d'espoir de guérison, et le traitement consistait uniquement dans l'emploi de simples palliatifs : enveloppements humides, compresses, poudres adoucissantes telles que talc ou autres du même genre.
Aucune amélioration ne se produisait, lorsque, dans mon entourage, on eut la pieuse pensée de recourir à l'intercession de la petite S' Thérèse de l'Enfant-Jésus, envers qui ma femme et ma fille professaient une dévotion particulière.
Aux bandages qui entouraient la partie malade, on attacha une relique provenant d'objets ayant appartenu à cette sainte religieuse, et des neuvaines de prières eurent lieu pour obtenir ma guérison.
Bientôt l'intîammation disparut avec les rougeurs, rugosités, pustules
Sœuj- Thérèse de l' Enfant-Jésus.
et tous les phénomènes douloureux ou pénibles par lesquels le mal n'avait cessé de s'accuser depuis des années. La peau a repris complètement son aspect normal, et il ne reste aucune trace, soit externe, soit interne, des désordres passés. Il en est ainsi depuis un an environ et, à en juger par les apparences, il n'y a, semble-t-il, aucune raison de supposer que la guérison, qui est complète, n'ait pas le caractère d'une guérison durable et définitive.
Je fais la présente déclaration pour rendre hommage à la vérité, et je serais heureux si l'autorité compétente pouvait un jour en faire état, en vue de la glorification de la pieuse carmélite à l'intercession de laquelle nous avons eu, en famille, la confiance d'avoir recours '.
F. F., avocat.
Signature légalisée à I Kvèché de N...