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gouvernementale à Fégaid des religieux pour leur reprendre des biens régulièrement acquis. Avec les parents ou les évêques de ceux qui désirent entrer dans la congrégation, avec les sujets de caractère indocile tels que Muscari, l'ancien abbé Basilien, les difficultés ne manquent pas non plus, sans parler des importunités de Mandarini, obstiné dans ses idées de fusion. Enfin, sous Tinfluence de livres et d'exemples qui viennent trop souvent de France, on voit monter le flot de l'irréligion, s'attaquantnon plus seulement aux moines et à l'autorité du Pape, mais aux fondements du christianisme et h l'idée même de Dieu. Voilà certainement ce qui afflige le plus Alphonse. Aussi sa plume infatigable mêlet-elle les travaux d'apologétique* aux ouvrages de direction et de piété.
Qui donc n'aurait été rapidement usé et brisé par l'incroyable labeur qu'il fournit alors? Nombreuses missions, soit à l'occasion du jubilé de lySo, soit plus tard comme à Bénévent, exercices spirituels à Ciorani, neuvaines, retraites multipliées, notamment celle qui est donnée au clergé napolitain sur les pressantes instances du cardinal Sersale, qui a succédé en iy5i^ au cardinal Spinelli, voilà quel-
1. Une Brève dissertation contre les erreurs des modernes incrédules paraît, en 1766, entre les Visites au Saint Sacrement (1744), les Gloires de Marie (lyôo), la Theologia moralis (1753), la Préparation à la mort (1^58), le Grand moyen de la prière (1^59), la Véritable épouse de Jésus-Christ el Scha (iy6o).
2. A cette occasion, Liguori lui écrivit une lettre très franche sur la réforme de son clergé. Ce prélat paraît avoir
qiies-iines des fatigues auxquelles il semble près de succomber au printemps 1756, dans une crise douloureuse admirablement supportée. A peine rétabli ', il va, par ses exhortations et ses pénitences, réformer les mœurs peu édifiantes d'Amalfi. Il a, vers le même temps, la joie de faire pénétrer en Calabre quelques-uns de ses religieux. Si infirme et vieilli qu'il paraisse, on le voit prêcher la mission de Salerne en ijjS, et une autre, sa dernière, à Noie, en février 1709. On lui demandera encore des retraites et un très grand nombre de sermons. Le gouvernement non plus ne l'oublie pas, et il lui confie l'ingrate besogne de réformer l'hospice de Gaëte, où des centaines de pauvres filles abandonnées végètent dans l'ignorance, le désordre et hi malpropreté. Il semble vraiment avoir conquis le droit de se reposer après une vie bien remplie; et c'est pourtant le moment où des charges nouvelles vont lui être imposées avec le ministère épiscopal. Pendant que Liguori avait constitué pour servir le Christ une milice d'élite, la scène politique n'avait pas manqué d'animation à Naples. La domination autrichienne avait pris fin durant la guerre de siic-
peu défendu les Jésuites lors de leur expulsion de Naples, et passa pour être le candidat des cours bourboniennes au conclave de 176g.
I. On dit qu'à la suite de cette crise, durant laquelle il avait médité en face de la mort, il eut scrupule d'avoir élé parfois trop indulgent dans sa Théologie morale, ha troisième édition de cet oiivrage, parue en 17^7, accuse en effet une certaine évolution dans le sens d'une plus grande rigueui-.
cession de Pologne. Don Carlos, abandonnant son duché de Parme et de Plaisance, sur les conseils de sa mère Elisabeth Farnèse, qui s'ingéniait à tirer parti des conflits européens pour rétablissement de ses enfants, s'était fait acclamer dans sa nouvelle capitale le lo mai 1734. Puis il avait chassé les Impériaux de Gaëte, deCapoue, et rapidement occupé la Sicile, où Palerme lui fit un triomphe*. Bien qu'il amenât avec lui le marquis Bernard Tanucci^ et qu'il dût devenir lui-même l'un des ennemis les plus acharnés des Jésuites, ce prince de dix-sept ans montrait une foi vive. Il voulut que sa première visite à Naples fût pour la cathédrale, où le cardinal Pignatelli le bénit avec joie. Il ne craignait pas de chanter publiquement, à certains offices, ou délaver, par dévotion, les pieds des pauvres et des
1. Ces conquêtes lui furent reconnues par le traité de Vienne (1735).
2. Né à Pise en 1698, mort sans avoir abusé de son long pouvoir pour faire fortune, en 1783, on voit qu'il vécut presque le même temps que Liguori. Malgré la guerre qu'il fit aux ordres religieux, malgré ses mauvais procédés avec Rome, il avait certainement la conviction qu'il ne se montrait pas l'ennemi du christianisme. Il y avait alors un tel enchevêtrement du spirituel et du temporel, le monde clérical donnait tant de prise aux critiques, l'idéal en vogue alors du bon tjran était si loin du libéralisme, qu'une pareille illusion pouvait s'expliquer en ce temps-là. Liguori dédiait son Triomphe de f Église {1772) au ministre qui n'a jamais « cessé de travailler avec zèle aux intérêts de notre sainte religion ». Le ministre, malgré tous les embarras qu'il causa au fondateur des Rédemptoristes, entendait être son protecteur et le vénérait profondément. (Voy. Tannoia, liv. II, chap. iij xxxix et l.)
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pèlerins. Il donnait de riches joyaux h saint Janvier et instituait, sous son vocable, un ordre de soixante-dix chevaliers. La fille du roi de Saxe, Marie-Amélie, qu'il prit pour femme en 1738, était une très pieuse princesse. Le Président de Brosses qui fut admis, en novembre 1739, à l'honneur de lui baiser la main, ne jugea pas que ce fût une bien grande faveur, et il ne parle pas plusrévérencieusement de son auguste époux, auquel il trouva « la taille médiocre, le visage long et étroit, le nez fort saillant, la physionomie triste et timide ». Taciturne et indifférent, il n'aurait guère eu de passion que pour la chasse. Ce ne fut pourtant pas en réalité le roi terne et fainéant que dépeignent ces méchants propos. Bravement il avait conquis sa couronne à la pointe de l'épée, et il savait la défendre . Lorsque pendant la guerre de succession d'Autriche les troupes des Habsbourg teintèrent de la lui disputer (i744\ il les battit de suite, et les reconduisit vivement jusqu'à Bologne. Sous son règne, les finances publiques se relevèrent, la puissance excessive de la noblesse fut restreinte, les arts et la science historique profitèrent des fouilles ouvertes à Herculanum. Et cet îirrière-petit-fils de Louis XIV fut, lui aussi, grand bâtisseur, laissant, comme monuments de son passage, les superbes châteaux de Caserte, de Capo di Monte, de Portici, de belles rues à Naples, un hospice des pauvres, et le vaste théâtre San Carlo. Ce n'est pas sans regret que, le 6 octobre 17^9, on le vit s'embarquer pour l'Espagne, dont il allait
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occuper le trône, devenu vacant par la mort de son frère Ferdinand VI.
Il laissait les Deux-Siciles à son troisième fils* un enfant de huit ans, dont Téducalion ne fut -uère soignée par le prince de San Nicandro son gouverneur, m par le marquis Tanucci, vrai chef delà régence. C'est seulement en 1820, après un rè^ne prodigieusement long, mais coupé de quelques hlterruptIons^ que devait mourir ce roi Ferdinand IV que les lazzaroni, ses bons amis, appelaient, à cause de son nez très bourbonien, le roi nasone lin 1768, il épousa Marie-Caroline d'Autriche, auquel son contrat de mariage donnait droit d'entrée dans les conseils de l'État, dès qu'elle aurait un hls, et qm, huit ans plus tard, fit congédier Tanucci, en un moment où son hostilité persistante donnait aux Rédemptoristes les plus vives inquiétudes. Cette célèbre amie d'Acton, de lady Hamiltoa et de Nelson devait montrer, qu'en temps de révolution il ne faut pas trop compter sur la prétendue douceur féminine. Il est vrai que les Jaco^ bins pouvaient justement paraître odieux à la sœur de Marie-Antoinette. Quoi qu'il en soit, c'est seulement l'arrière-petit-fils de Ferdinand IV et de Marie-Caroline, François II, qui perdit définitive-
I. Son uremier fils, Philippe, étant infirme de corps et surtout d esprit et le second, Charles-Antoine, étant destiné a succéder, en Espagne, à son père.
Jo!;nh'r'^'''^"' panhénopéenne (,799); domination de Joseph Bonaparte et de Murât (i8o6-i8i5).
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ment le liône de Naples, chassé, en 1860, par Galibaldi et Victor-Emmanuel.
Ainsi disparut sans retour une monarchie qu'il n'a pas sufti de jeter bas pour assurer à l'Itahe méridionale une paisible prospérité* et qui par les liens de famille qu'elle nouait de trône a trône, pouvait servir une giande idée qui n'est pas morte, celle du rapprochement des nations latines. Liguori avait vu ses brillants débuts. Il ne leur avait prêté qu'une médiocre attention, trop absorbé par son œuvre religieuse pour s'occuper beaucoup de politique, très peiné parles tracasseries administratives dont il fut continuellement poursuivi, très fidèlement soumis à une famille rovale qui le vénérait et lui demandait souvent des prières, des bénédictions^ ou même des missions^. Et sans doute, dans l'agitation extérieure de cette société légère, l'établissement de la congrégation des Rédemptoristes ne parut pas généralement un événement de grande conséquence. Aujourd'hui pour-