CHAPITRE II
I^ sixième siècle touchait à sa fin, et personne encore ne s'était occupé de porter la foi aux Saxons. Les missions étrangères, dont Thistoire se confond avec celle de TEglise, avaient subi un moment d'arrêt inévitable, quand la Germanie s'était ruée sur TEmpire. Avant d'aller attaquer Tarrière-garde de la barbarie, il fallait amener au catholicisme le gros de l'armée hérétique ou païenne campée partout sur les terres de la chrétienté. L'initiative de l'apostolat dans les Iles Britanniques ne pouvait donc guère alors venir des églises du continent.
Il semblait de plus que le lointain archipel, un instant rapproché du centre du monde par la con- ^juête romaine, se fut de nouveau reculé derrière les brumes du nord. On ne le connaît plus dans l'univers civilisé; on a oublié à peu près tout ce qu'on en savait. Des révolutions sanglantes le déchirent, on les ignore. C'est, pour l'historien Procope, la terre mystérieuse où aborde en barque lànae des morts d'Armorique. De loin en loin, un pèlerin gallois ou irlandais passe la mer, arrive en
28 SAINT AlOrSTIN FŒ C ANTERBL'RY.
Italie, et rappelle quil y a là-bas une église, orthodoxe toujours, en dépit de quelques restes de pélagianisme, toujours en communion avec le centre de Tunité, mais si lointaine quon ne sait rien de ses coutumes, et que les lois édictées par les papes et les conciles n'arrivent plus jusqu'à elle.
De quel côté se lèvera donc pour TAngleterre le soleil de la foi? Il ne faut pas encore songer aux Irlandais. C'est à peine si Columba, le mystérieux apôtre de T Ecosse, vient de s'établir sur l'îlot sauvage d*Iona (565). Déjà, ses légions de moines partent en guerre contre le paganisme des Highlands, se dispersant sur toutes les îles et le bord de tous les lacs; mais il faut du temps avant que, de proche en proche, ils prennent le contact avec les peuples saxons. Et quand ils pourront, d'une manière efficace et suivie, prêcher l'Evangile en Northumbrle, d'autres missionnaires y auront déjà passé.
Du pays de Galles, rien ne pouvait venir. Les saints ne manquaient pas. David de Ménevia ne devait mourir qu'en 601 ; Gildas, au fond de sa cellule, écrivait ses épîlres ampoulées ; Oudoceus succédait à saint Théliau sur le siège de LlandafT. Le courant qui emportait d'une église vers l'autre moines ou ermites était plus fort que jamais. On tenait des conciles, on réformait les abus. Et cependant la foi ne franchissait pas la zone de montagnes où l'invasion l'avait refoulée. C'est que la guerre, sans être incessante, couvait toujours sous la cendre el avait de fréquents réveils : guerre au sud avec le VVessex qui multipliait ses victoires sous le roi cawlin; guerre au centre dans la vallée de la Ta-
mise avec TEst-Anglie et la Mercie naissante; guerre au nord avec Ethelfried, roi de Northumbrie. La lutte, entretenant la haine chez les Gallois, et le mépris chez les Saxons, mettait entre eux une barrière infranchissable.
Enfin, vers le déclin du sixième siècle , l'œuvre de la christianisation des peuples barbares se trouvait assez avancée pour que Rome songeât a aller de Tavant. Une grande période dans l'histoire des missions va commencer, dont le premier épisode sera la conversion des Anglais. Saint Augustin en sera l'instrument;; saint Grégoire en sera l'âme.
La tradition constante de l'église saxonne racontait que saint Grégoire le Grand , abbé au couvent de Saint-André, sur le Coelius, avait rêvé pour lui-même l'apostolat des peuples du nord. Cependant la Providence n'avait pas fait de cet ancien préteur un moine et un saint pour qu'il allât s'épuiser obscurément chez des peuplades slaves ou germaines. Pascal II l'arrache à sa douce retraite, le nomme cardinal, et l'envoie travailler pour l'église de Rome à la cour de Constantinople. Tout fécond qu'il pouvait être, ce n'était pas cet apostolat brillant que Grégoire ambitionnait. Son père dans la vie religieuse, saint Benoit, avait prêché l'Evangile aux paysans encore idolâtres du Mont- Cassin. Saint Placide, disciple chéri du patriarche
:>J SAINT Al «irSÏIX 1»E CANTERBIKY.
élaîl mort niarlvr en Sicile. D'autres avaient été pendus par les Lombards, deux a deux, aux arbres de la campagne de Home. Le I^tran était peuplé des exilés du Monl-Cassîn, qui avaient fui devant rinvasion, n'emportant que le livre de leurs règles. (]eu\-Iîi faisaient envie à saint (îrégoire, et il trouvait ({u'il y avait pour lui mieux à faire que de la diplomatie à IJ\/.ance.
Un jour, on ne sait à quelle date, Tabbé de Saint- André traversait un des marchés publics de Rome. L n grand arrivage de denrées était étalé sur la place. Parmi les ballots et les caisses, pèle-mèle, on vovait quel(|ues bandes d'esclaves. Le spectacle n'était certes pas nouveau. L'esclavage, en ce temps-là, n'avait point encore disparu; les Juifs surtout le prati(|uaient, et Grégoire aura plus tard à lutter pour défendre contre eux les droits de la conscience et de la liberté. L'Kglise ne pouvait alors que refaire les mœurs, et apprendre aux peuples la valeur de riiomme, surtout de Tliomme baptisé.
(lette fois, ce n'était plus seulement des noirs d'Afri(|ue, des Asiatiques ou des espagnols basanés (pi'on mettait en vente. II y avait un groupe de trois (i) beaux jeunes gens, arrivés du nord. Le soleil du midi et le liàle du voyage n'avaient pas encore bruni leur corps d'une blancheur de lait. Ce visage régulier, un peu triste peut-être, encadré d'une abondante chevelure blonde, signe de noblesse, devait faire un contraste étrange avec d'autres faces flétries, souffrantes ou ignobles.
(i) l'horn, The Chroiùcles of saint Augustin.
L'ancien magistrat avait gardé , en le surnaturalisant, le goût aristocratique des belles formes, aussi bien que du beau langage et des belles mélodies. Il y avait de l'artiste en lui, et ce fut bien mal le connaître que d'en faire un iconoclaste.
Il s'arrêta donc, regarda les esclaves quelque temps et s'enquit de leur pays. — « Ils viennent de Bretagne, » répondit le vendeur; et, voulant faire valoir sa marchandise, il ajouta : « Dans celte île-là, tous ont ce teint clair et brillant. »
— Sont-ils chrétiens ou païens? demanda le moine.
— Païens, » fut-il répondu.
Grégoire gémit jusqu'au fond de l'âme : « Hélas, quelle pitié, dit-Il, que des visages si lumineux soient au pouvoir du prince des ténèbres, que la grâce de ces fronts cache une âme vide de la grâce de Dieu , malade et ignorante des joies célestes! — Et comment se nomme leur nation?
— Ce sont les Angles. »
Le saint, qui était de son temps, avait le goût des jeux de mots.
« Des Angles, dit-il, c'est bien cela, car Ils ont visage d'anges et il faut qu'ils deviennent cohéritiers des anges du ciel. — Et de quelle province les amenez-vous? ajouta-t-il.
— Du Déira. »
Vers cette époque, le roi angle du Déira, province qui correspond a peu près aux comtés d'York et de Durham, profitait des discordes du royaume voisin, la Bernicia, pour s'en emparer. Or, malgré la 'communauté de races, les peuples anglo-saxons
se traitaient en ennemis, et, pour un captif noble, il n'y avait pas de milieu entre la mort et la servitude. Les jeunes Déiriens avaient dû être pris, et vendus par leurs ennemis, peu disposés par leur défaite à respecter les droits de l'humanité .
« Déira, continua le moine, que cela est bien dit; car ils vont être « de ira erutt », arrachés à rire de Dieu et appelés a la miséricorde du Christ. — Et comment s'appelle leur prince ?
— Ella.
— Ella! Alléluia. Là-bas aussi Ton va chanter les louanges de Dieu. »
x\insi finit le célèbre dialogue, sur un mot qui devait être comme le cri de guerre des conquérants de l'Angleterre pour Jésus-Christ.
Un chroniqueur afUrme que l'abbé de Saint- André recueillit les captifs dans son couvent. Mais une blessure avait été faite à son cœur, et, plus que jamais, il rêva d'apostolat aux terres lointaines.
On sait comment il s'en alla trouver le pape Pelage II, et, à force d'instances, obtint son congé. Il avait conscience de sa popularité à Rome; il se rendait compte qu'il fallait faire vite et en cachette. Quelques compagnons zélés se donnèrent à lui, et tous partirent dans le plus grand secret. Mais Dieu avait ses desseins. Il y avait trois jours que la bande de missionnaires cheminait sur la voie Flaminienne, quand on s'aperçut à Rome que Grégoire n'était plus là. Aussitôt on courut au pape qui officiait à la basilique vaticane, et, avec colère : « Ah ! Apostolique, s'écriait la foule, qu'avez vous-fait? Vous avez offensé saint Pierre, et détruit Rome! Vous avez
^é partir Grégoire, vous Tavez chassé. » La sédi- L allait éclater.
I «pendant Grégoire et ses compagnons se re- Bfcient, laissant passer la chaleur du jour. Ils «nt dans une prairie occupés a leurs affaires, îgoire lisait. Tout a coup, raconte son biographe, i sauterelle tomba sur le livre et s'arrêta immot. Le saint la regarda un instant, et ne put résister tentation de faire encore un jeu de mots : « Loia, dit-il, elle est bien nommée; elle semble as dire : Loco sta, restez ici. Je vois que nous rriverons pas à l'étape. Allons, debout; sellez les es, et en route ! »
ît voilà que des messagers arrivent à bride abat- ; les chevaux sont à bout, ruisselants de sueur, st un ordre de retour qui venait de Rome, cal, qui ne demandait pas mieux que de céder, ait expédié en hâte. « Vous le voyez, fit le saint, ous Tavais dit, il faut nous en retourner. » Ils rerent donc a Rome. C'était avant 588. En Sgo, îgoire était pape.
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amais peut-être fardeau plus lourd n'avait pesé l'épaule d'un pontife, et jamais, pour le porter, î plus active n'avait eu à son service un corps 5 débile. Les temps étaient durs. Grégoire avait )mbattre, et presque h la même heure, les amons patriarcales et la tyrannie césarienne de By-
zaïice, le schisme en Istrie, les Lombards dans la plaine du Pô, la simonie en Gaule, Tarianisme en Espagne, le donatisme en Afrique. L'Italie était misérable au delà de toute expression, exploitée par la fiscalité grecque et ravagée par les Lombards. Et pourtant la guerre défensive ne suffisait pas à Grégoire, il lui fallait des conquêtes. Il fait évangéliser les paysans de Corse et de Sardaigne, toujours idolâtres, et se préoccupe de la propagation de la foi en Perse. L'heure était mal choisie, semble-t-il, pour les ambitions apostoliques. Les rêves tournaient au noir et l'on attendait la fin du monde. Tant de calamités pesaient sur cet empire, a la durée duquel les imaginations, empreintes des poétiques promesses faites a la Rome impériale, s'étaient longtemps ob^ tinées à croire. Rome disparaissait, et, avec elle, le monde. Grégoire, lui aussi, attendait la consommation des siècles. « Voici que le monde s'en va; les villes sont rasées, les camps dispersés, les églises en ruines, plus personne, ne cultive le sol. Et nous-mêmes, si peu nombreux, derniers restes du peuple, nous recevons sans cesse les coups du glaive qui achève la destruction. » Et la ville des empereurs, menacée, assiégée par les Lombards, lui apparaît, à travers les métaphores étranges des prophètes, comme une chair qu'on fait bouillir sur le feu, qui se dissout et s'en va en miettes, comme un vieil aigle chauve qui n'a plus ailes ni plumes. Et il conclut : a Le monde va finir, ensevelissons nos désirs mondains avec lui (i). »
(i) Ep. 3, 29, Hoinel. iiiEzech.
A. Tentendre, on le prendrait pour un pessimiste ^ un désespéré : « Voilà onze mois que je ne me •Ve pour ainsi dire plus; j'ai de tels accès de goutte ^ de tels ennuis, que la vie m'est a charge. Je •^faille sous la douleur, j'aspire à la mort, remède ^prême. Le peuple et le clergé de cette ville souf- ^€nt de la fièvre... personne qui. ait la force de tra- ^^iller. Aux environs, on ne parle que de morts. '-H^i mortalité et la langueur ont envahi l'Afrique. En -Jrient, c'est encore pis. Tous sont frappés, la fin du '^onde approche. » (Epi 9, i23.)
Et malgré tout, le pape ne cesse d'agir; si les pactoles semblent parfois d'un découragé, les actes aont d'un homme qui croit h l'avenir.
Plus que toute autre, la lointaine terre des Saxons préoccupait son cœur. L'esclavage y sévissait toujours; il résolut de le faire tourner au salut de sa chère. Angleterre. Au prêtre Candidus, administrateur du petit patrimoine de Saint-Pierre en Gaule, il écrivait : « Nous voulons que votre charité, avec l'argent qu'elle recevra, se procure des habits pour les pauvres ; ou encore, de jeunes esclaves anglais de dix-sept à dix-huit ans, qui seront donnés h Dieu et élevés dans un monastère. Employez-y la monnaie gauloise qui n'a point cours ici... Mais parce i que les enfants que vous pourrez acheter ainsi se- I ront païens, je veux qu'un prêtre les accorcvYÀÇC^^ .
:n\ SAINT AIGUSTIX DE CAXTERBURY.
Si, venant à tomber malades en route, ils se trouvaienl en danger de mort, le prêtre les baptiserait. Que votre charité y mette tout son zèle. » Ep. 6,
Kes désirs du pape furent-ils réalisés? Plusieurs
(Toient que les jeunes esclaves furent instruits dans une de ces maîtrises où le pape en personne doDnail des leçons de chant. Les élèves gaulois et ger> mains y affluaient. Quoi qu'il en soit, le pape ne voulait pas attendre davantage pour porter en Angleterre le flambeau de la foi. Peut-être sa mauvaise santé raverlissait-elle de se hâter. Il y avait une autre raison.
Des nouvelles venues de Tîle trop longtemps abanui'v hii faisaient croire que l'heure du salut avait enfin sonné. Un peu trop prompt à transformer HeH(lé»ii»s apostoliques en réalités, il écrivait : « H nous a été rapporté, que la nation des Angles Houhaile ardemment de se convertir. Mais les prêtres (lu voisinage (s'agit-il des prêtres francs ou du clergé gallois?) les négligent et ne s'occupent pas d'enflammei* leurs désirs par la prédication. »
l)\)ii venaient ces nouvelles évidemment exaf^érées.*
Kn fu)/!, oii dans les premiers mois de SgS, (irégoire de '^Fours était à Rome, et il put raconter au pape (|u'une jeune princesse franque, orpheline, sa protégée, venait d'épouser un prince an- ' glais (i) . (]e prince, l'archevêque de Tours ne sait pas son nom, il ignore même qu'il soit roi : « In Can-
(i) Gre^. Tur., 9, 36 sq.
tia régis cujusdam fi)ius. » A plus forte raison, ignore-t-il quels motifs lui faisaient rechercher cette alliance étrangère. Nous sommes mieux informés que l'historien contemporain.
Ethelbert, roi du Kent dès Tage de huit ans, s'était senti un grain d'ambition. On lui avait si souvent répété qu'arrière petit-fils d'Hengist, premier envahisseur de la Grande-Bretagne, il avait le droit ; de jouer le premier rôle et d'être Brethwalda, \. qu'il finit par se sentir h l'étroit dans sa péninsule. \ Son domaine était pourtant le plus riche en somme
Ide toute l'heptarchie. Tout près, le Gwentet la vallée de la Tamise étaient toujours en proie à la guerre. \ Mais le Kent, conquis depuis longtemps, isolé du reste par la vaste forêt d'Anderida, se développait tranquillement. Bien peuplé, il cultivait en sécurité ses jolies vallées, ses collines arrondies, fertiles, encadrées dans les bois. Il renouait avec le continent des relations de commerce , et reprenait lentement les traditions nautiques du passé.
Malgré tout, l'ambition dévorait le cœur du jeune monarque. Il voulait se battre et conquérir. Au nord-ouest, la Tamise l'arrêtait, et Andérida au sud-ouest. Restait une bande de terre où longtemps s'étaient maintenus quelques Bretons dans la banlieue de Londres . Mais Londres venait de succomber, et la vallée de la Tamise demeurait libre. Ethelbert s'y précipita. Un adversaire inattendu le guettait sur le seuil du Kent, Ceawlîn roi du Wessex, qu'il croyait occupé avec les Gallois. Les vétérans Saxons eurent facilement raison des Kantiens redevenus soldats, et Ethelbert battu h Wim-
SAINT AUGUSTIN DE CANTEHBURY. 'i
.'.< -VINT ALirr>TlN I»E CANTERFîLRY.
bledon se retira tout honteux ^(^ . II avait seize
.'UlS.
Repoussé sur le champ de bataille^ il se retourna du II autre côté. Déjà, sous le règne de Justinien, (les Anglais s'étaient mêlés à une ambassade fran- ! (;îiise députée à Constantinople. Là-bas, on avait S salué leur présence comme une preuve que la lireiagne faisait toujours partie du patrimoine des Osîirs Procope, \\e\. Goth. IV, fio\ On a penséque ces Anglais venaient du Kent. C'était un premier pas lail du côté de Tétranger. Les Anglais en firent un se- (!()nd. l ne douzaine d'années après sa défaite de Wiinhlcdon. Kthelbert songea à une alliance conlineiitale, et demanda en mariage une princesse du s;inf( de P'iance. Vers celte époque, son vainqueur à Wirubledon était écrasé lui-même par les Bretons à l'îiddiley (.*)H4;; la puissance du Wessex s'écroulait, laissant libre champ aux ambitions d'Ethelbert. Périls événeinerits, dont sans doute Grégoire de Tours ni! parla point à Rome, mais qui devaient avoir leur imporlancc dans la conversion de l'Angleterre.
I^n revanche, Tarchevôque pouvait raconter tout au long riiistoirc romanesque de la nouvelle reine (lu Kent, Berthe ou Adclberga. Elle était fille de (iaribert I, roi de Paris, et d'Ingoberga. Son père, (lébauclié comme tous ceux de sa famille, avait passe sa vie dans de honteux concubinages; entre autres faiblesses, il s'était épris de deux suivantes de la reine, filles d'un cardeur de laine; l'une d'elles était r(*ligiejise. Ingoberga, pour arracher le cœur du roi il ses indignes amours avait essayé la honte. Un jour, elle foi'i^a le cardeur de laine à exercer son métier sous
fenêtres du palais. Caribert s'irrita, épousa séance :inte Tune de ses deux maîtresses et lui donna 3 de reine. Ingoberga n'eut plus qu'à fuir en hâte c sa fille. Grégoire accueillit les deux fugitives a ars et se chargea d'elles. En 56^, Caribert mourait ommunié; en SSg, Ingoberga, s'éteignait dans un nastère, Berthe restait seule au monde. Vers cette ►que, Ethelbert cherchait une épouse parmi les ncesses franques. On lui accorda l'orpheline, ^es tuteurs cependant avaient mis une condition : 3t que Berthe aurait toute liberté de pratiquer sa et qu'elle garderait près d'elle un évèque pour ipelain. Ethelbert accorda tout ce qu'on voulut. /oUr ce que l'évèque de Tours pouvait raconter pape. Il ajouta peut-être que le roi tenait ses messes, que le chapelain était Luidhard, évê- ! de Senlis, et que la reine avait h sa disposition une lie petite église délaissée depuis la conquête. Jerthe avait apporté avec elle les souvenirs de la rie. La chapelle fut dédiée à saint Martin, en venir sans doute des longues années passées à nbre de la basilique de Tours. Elle n'oubliait pas 1 plus la femme de son grand-père Clotaire I, legonde, morte en 58^. De la vient qu'aujourui encore une rue de Canterbury porte le nom la sainte reine de France. Arrière-petite fille de nte Clotilde, Berthe sut prier, attendre le moment Dieu et disposer lentement son mari superstitieux t touches de la grâce.
Si le Pape n'eut pas connaissance de toutes ces parularités, du moins il en sut assez pour comprendre e l'heure était venue et qu'il pouvait cotumeTveex .