PRÉFACE
Ne visant qu'à édifier, il gaze bien des faits; il en idéalise d'autres.
Ribadeneyra dédia son livre à Carlos de Borgia, le fils aine du saint; il Favait soumis a Jean et à Gaiceran de Borgia, un autre fils et un frère de Francois. Moins riche en anecdotes que Vasquez, — dont il s'est servi, — il est plus sincère. Son récit, succinct, est simple et sérieux. Mais il ne veut, ni ne peut tout dire : trop de contemporains eussent été offensés; et il ignorait, peut-être, bien des choses que les archives nous révèlent aujourd'hui.
L'ouvrage de Vasquez était resté inédit. En i643, Nieremberg le publia sous son nom, et sans nommer l'auteur. François de Borgia venait d'être béatifié, (1624) et le culte enthousiaste qu^'on lui vouait, créait, autour du biographe, une atmosphère peu favorable à l'éclosion d^une œuvre critique. Nieremberg copia Vasquez, accentuant le panégyrique, effaçant, de l'œuvre originale, ce qui servait moins son dessein. Dans son parti-pris de louange, il exalte même Alexandre VI, taisant ce qu'avait avoué Vasquez, et sans prendre garde que des éloges si mal placés diminuaient son crédit.
Trois ans plus tôt, François Sacchini, dans le troisième volume de son Historia Societatis Jesu avait inséré les éléments de la plus sérieuse et de la meilleure biographie de saint François, qui ait été écrite.
En 1672, un an après la canonisation du saint, Verjus publiait, en France, une histoire, pauvre copie de celle de Nieremberg, la seule pourtant qui