PRÉFACE. III
ait, chez nous, fait connaître Borgia^ Bartoli, historien de valeur, écrivit, en 1681, une biographie qui eût été meilleure, si, au lieu d^utiliser les ouvrages déjà parus, Fauteur avait pu recourir à des sources encore inconnues.
Enfin, en 1702, Alvaro Cienfuegos, depuis cardinal, publiait une volumineuse histoire de saint François de Borgia. Cienfuegos disposait de riches documents, mais, rhétoriqueur intempérant, il est aussi incapable d'écrire simplement, que de rien raconter sans exagération, et, sous sa plume, l'histoire devient un poème.
Pour connaître exactement la jeunesse de François de Borgia, il faudrait recourir à des sources malheureusement scellées. Les archives du feu duc d'Osuna (anciennes archives de la maison ducale de Gandie), seraient la plus riche. J'y ai puisé trop peu, à mon gré, assez pour en tirer de très précieuses indications.
Les Archives d'État de Simancas, et nos archives nationales de Paris, possèdent toute la correspondance officielle de Borgia. L'homme qu'elles révèlent, dans le vice-roi de Catalogne, et dans le duc de Gandie, diffère grandement du personnage imaginé par les biographes antérieurs. Les archives romaines de la Compagnie de Jésus gardent le regeste du généralat de Borgia (dix-huit volumes), et de nom-
I. Je ne parle pas de rintéressant roman publié, en i863, par Mme Daurignac.