‹ St Francois de SalesChapitre 52 sur 68 · I. Sainte-Beuve, Port-Royal t t. I, p. ïi · texte numérisé non relu

I. Sainte-Beuve, Port-Royal t t. I, p. ïi

suite à Maubuisson, continua à la diriger par d'admirables lettres dont dix ont été publiées. Elle s'y peint parles conseils mêmes qu'elle reçoit et qu'elle avait sollicités. Et la cordialité de ces relations épistolaires apparaît avec une grâce exquise dans ces premières lignes de la troisième lettre : « Il n'y aura donc plus en moi de monsieur pour vous, ni en vous de madame pour moi -, les anciens cordiaux et charitables noms de père et de fille sont plus chrétiens, plus doux et d'une plus grande force pour témoigner la dilection sacrée que Notre Seigneur a voulu être en nous* ».

Avant tout, allant au plus pressé, il lui recommande la paix dans l'humilité, dans la simplicité et dans le confiant abandon à la conduite de Dieu. « Je dis à cette chère fille que le chemin qu'elle doit suivre n'est point extraordinaire, car c'est une très humble, paisible et forte douceur. Elle ne doit en sorte quelconque penser si elle sera des âmes basses ou des hautes, mais se reposer en Dieu, marchant devant lui en simplicité et humilité. Qu'elle ne regarde point où elle va, mais avec qui elle va : avec son époux, son roi et son Dieu crucifié. C'est aller avec l'époux crucifié que de s'abaisser et s'humilier, se mépriser soi-même jusqu'à la mort de toutes nos passions, et je dis jusqu'à la mort de la croix. Mais cela doit être pratiqué doucement, paisiblement, constamment et non seulement suavement, mais allègrement et joyeusement*. »

Cet esprit doit exclure toute recherche littéraire dans

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