‹ St Francois de SalesChapitre 51 sur 68 · I. Sainte-Beuve. Port-Royal, t. I, p. ga · texte numérisé non relu

I. Sainte-Beuve. Port-Royal, t. I, p. ga

Avec toute l'impétuosité de son ardente nature, elle se jeta dans des austérités excessives; elle voulut se démettre de sa dignité d'abbesse; et n'ayant pu faire consentir à ce dessein ceux qui avaient autorité sur elle, elle s'appliqua, avec une énergie devant laquelle tout céda, à la réforme de son monastère, puis, en 1618, à la réforme de celui de Maubuisson où le relâchement était grand.

Ce fut à celte époque qu'elle désira vivement connaître le saint évèque de Genève, qui faisait à Paris son dernier séjour. Lui, qui ne savait se refuser à personne, vint à Maubuisson, y prêcha et y donna la confirmation. « Si j'avais eu grand désir de le voir, écritelle, sa vue m'en donna un plus grand de lui communiquer ma conscience; car Dieu était vraiment et visiblement en lui*. » De son côté saint François de Sales se sentit spécialement incliné vers cette âme ardente et généreuse, altière sans doute, attachée à son sens, fort éloignée de ce renoncement à l'esprit propre qui est la condition de la sainteté, dépourvue de cette paix intérieure qui est la condition du progrès, orgueilleuse jusqu'en son humilité, mais avide de sacrifice et capable des plus hautes vertus si ces puissantes facultés étaient disciplinées et assouplies. Il la mit en commerce d'amitié avec Mme de Chantai, autre âme virile, mais en qui tous les sentiments, toutes les pensées, toutes les visées étaient ramenées au plus bel ordre et au plus harmonieux équilibre. Lui-même, après plusieurs entretiens et plusieurs jours passés de

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