Ibid
à ces mots de sot et de sotte ; et pratiquez soigneuse* ment la déhonnaireté^ . »
Mais le saint directeur sait que cela est plus vite dit que fait. « Oui; il est vrai que vous avez toujours dedans le cœur une invariable résolution d'être toute à Dieu, mais aussi que cette grande activité naturelle vous fait sentir une grande vicissitude de saillies. » Et il n'a garde de s'en étonner, sachant bien « qu'elle n'a aucune volonté de nourrir ses inclinations revêches, vaines et un peu mutines — — Ne serais-jepas un déloyal arrogant si je ne regardais cette chère fille en douceiir parmi les efforts qu'elle a faits de s'affermir en la douceur, en l'humilité, en la simplicité*. »
On ne s'étonnera pas que la jeune abbesse, se connaissant elle-même et expérimentant le bien que de tels conseils faisaient à son âme ait éprouvé l'ardent désir de déposer sa crosse et d'entrer à la Visitation où l'esprit qui les avait dictés se respirait comme une atmosphère. Elle s'en ouvrit à Mme de Chantai qui entra pleinement dans ses vues. Le saint évêque, qui poussait la discrétion jusqu'au scrupule lorsqu'il s'agissait de recevoir dans sa modeste compagnie quelque personne considérable appartenant déjà à un autre ordre, n'écarta pas absolument ce projet, mais il renvoya la décision au Saint-Siège qui seul avait droit d'autoriser le passage. Il était, hélas ! aux dernières étapes de sa vie. Et quelque temps après sa mort la mère Angélique Arnaud tombait sous une direction qui, loin