‹ St Francois de SalesChapitre 60 sur 68 · Lettre du ao juillet · texte numérisé non relu

Lettre du ao juillet

ceurs; mais comment être joyeuse dans les désolations intérieures, quand la nuit se fait dans l'âme, quand les tentations contre la foi sont une obsession, quand on est dévoré de scrupules, quand on ne se sent aucun goût pour les choses spirituelles ni aucune^affection pour Dieu, quand le cœur, dans la prière, dans les méditations, dans les actes qui remplissent la vie, demeure froid comme un marbre et sec comme une terre sans eau? Or, ces cruelles épreuves, si fréquentes dans la vie des saints, secouaient et déchiraient l'âme de Mme de Chantai. Son guide le savait et appuyait d'autant plus sur son conseil favori malgré l'apparente impossibilité de le suivre, enseignant assidûment à sa fille spirituelle la distinction fondamentale, qui tient une si grande place dans le Traité de Vamour de Dieu, entre l'élément affectif de l'âme qui est flottant, involontaire, irresponsable, et l'élément effectif qui réside dans la libre volonté et qui peut toujours, avec la grâce de Dieu, tenir ferme, et s'établir dans Tordre, par conséquent dans le renoncement à la volonté propre, par conséquent dans la paix, par conséquent dans la joie, quels que soient les troubles, les ténèbres et les désolations de la partie inférieure. « Laissez faire, tout va fort bien ; tant de ténèbres que vous voudrez, mais cependant nous sommes près de la lumière; tant d'impuissance qu'il vous plaira, mais nous sommes aux pieds du Tout-Puissant*. — Souvenez-vous que c'est bon signe que le diable fasse tant de bruit et de tempêtes autour de la volonté j c'est signe qu'il n'est

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