‹ St-Honoré-Les-BainsChapitre 36 sur 59 · PRIEURE DE MAZILLES · texte numérisé non relu

PRIEURE DE MAZILLES

Les vieux titres de Mazilles sont perdus, tout ce qu'on en sait est dû à dom Viole, auteur de l'histoire de Saint - Germain -d'Auxerre et aux procès-verbaux de visite des prieurés qui dépendaient de cette abbaye.

La terre et l'église de Mazilles furent données à Saint-Germain en 886 par un noble et pieux seigneur nommé Ithier ; Charles-le-Grosdans une charte de confirmation des biens de l'abbaye-

mère, mentionne également l'église et le domaine de Mazilles. Pour la première fois le titre de prieuré est énoncé en 1151 dans une bulle d'Eugène III. Le pape nomme en même temps cinq églises dépendantes de Mazilles, savoir : Champvert , Montaron , Thaix, Vandenesse et Saint-Jacques , chapelle située dans les bois entre Vandenesse et Saint - Honoré. Dans un terrier de 1609 il n'est plus parlé de l'église de Champvert, mais bien de la paroisse d'Isenay sur laquelle Mazilles est situé. Outre une redevance en argent et en cire, les curés des églises citées plus haut étaient tenus d'assister aux vêpres du prieuré la veille de la fête de Saint- Germain, et le lendemain à la grand'messe ; le prieur leur devait donner à souper la veille de la fête. En 1186, Achard, abbé de Saint-Germain, obtint de Landérikou Landry, comte de Nevers, une réduction des droits de coutume et de sauvegarde que lui payait le prieuré. Le prieur de Mazilles était seigneur du lieu en toute justice, il devait à l 'abbaye-mère une rente de 15 livres, et le jour de la Toussaint à tous les moines un diner composé de poisson, de pois, de fromage et de plusieurs sortes de vin. Le 13 avril 1446, le prieuré fut entièrement

détruit par les flammes. Dom Antoine Dyo le rétablit bientôt après. Ce sinistre est le seul dont on ait gardé mémoire , cependant des fouilles récentes ont positivement révélé les traces de trois incendies dont le plus ancien est antérieur à 1446 et le dernier doit être rapporté à l'année 1570 et aux ravages des protestants. Ceux-ci forcèrent en même temps une maison où s'étaient réfugiés les habitants qui furent massacrés sans pitié.

Chez nous, tout établissement qui remonte à

quelques siècles est invariablement assis sur des

fondations gallo-romaines, le prieuré deMazilles

et une grande partie du village se trouvent dans

ces conditions. Naguère . encore on y découvrit

un four à chaux tout chargé et dans l'intérieur

des ossements humains, ceux du chaufournier

peut-être, avec une médaille d'argent de Valen-

tinien Ier. On trouva vers le même temps de

nombreuses cellules reposant sur des hypo-

"austes , plusieurs contenaient encore des

-mts mêlés à des débris de coquilles et de

ôssem*. "-nrés, d'où l'on induisit que le tout

bourdons le ^ ^es pèlerins ; un petit bronze

avait appartenu . a monnaie de Charles VI

de Valentinien et uk

gisaient sur le béton. .ourg de ,

Le village de Mazilles eut ses j. ^^ ^

deur, le terrier de 1609 mentionne le* . ^ plusieurs gentilshommes, tels que : Noble » de la Perrière, écuyer ;

Noble Esme de Ballore, chevalier , et sa sœur utérine damoiselle Claude d'Asnay ;

Noble Antoine Denat, écuyer.... Ce mot hôtel indiquait la qualité du maître plutôt que la splendeur du logis. On y voit aussi des notaires, Germain Guyonin en 1609, et en 1646 Jehan

Millet dont la famille existe encore. Benoist Bardot était en 1602 procureur fiscal du temporel des religieux.

On possède la liste de 21 prieurs de Mazilles de 1230 à 1790. nous citerons seulement les suivants :

Odoën ou Odon fut privé de son bénéfice en 1238 comme fauteur d'hérésies.

L'an 1323 , le 7 novembre , frère Gauthier, humble abbé du monastère monsieur Saint-Germain d'Auxerre, de l'aveu du prieur de Mazilles, considérant : « que les manans dudit lieu et de « Saisy étaient fort chargés de tailles, abonnées, « corvées et autres debtes ; qu'ils n'avaient point « d'usaiges pour leurs nécessités et pour leurs « bestials, et pour cette cause, étaient en voye « plusieurs des dicts manans de soi retraire es

« bois ou en aller hors du pais accorde des

« droits d'usage dans les bois du prieuré....

Claude de Charmes, en 1508, fut le premier prieur commendataire et réduisit le monastère à deux religieux , moyen certain d'augmenter ses propres revenus.

François de Thianges vivait en 1551, il laissa tomber le prieuré en un tel état de délabrement, que Nicolas de Marconvi.lle, délégué de Louis de

Lorraine abbé de Saint-Germain , saisit les revenus de Mazilles et ne les relaxa qu'à la prière de Philippe Cormiot , prieur de Coulonges et de Jacques de Reugny, seigneur du Tremblay, qui se portèrent caution en donnant hypothèque sur leurs biens. Dans son procès-verbal de visite, Marconville constate que deux châsses conservées dans l'église, contenaient des reliques de Saint-Germain, de Saint-Laurent et de plusieurs autres saints personnages.

Le dernier prieur fut Antoine- Augustin Verron, prêtre, bachelier de l'université de Salamanque, curé de Souvigny en Bourbonnais ; il vivait encore en 1790.

Une statue de pierre représentant St-Germain existait d'ancienneté au-dessus du portail de l'église, tout naturellement en 1793 elle fut reléguée dans une étable à porcs. Le troupeau se montrait-il indocile, le pâtre en rendait le saint responsable, le menaçant irrévérencieusement d'une volée de bois vert. Or, il arriva qu'au temps de la glandée les porcs s'étant échappés, le gardien eut mille peine de les rejoindre; au retour, maussade, rompu de fatigue et trempé jusqu'aux os, il s'en prit tout de bon à la statue

qu'il chargea de coups. Mal en advint : dans la nuit même les jambes du mécréant se tordirent et jusqu'à sa mort il demeura contrefait. La leçon-a porté ses fruits ; on invoque toujours Saint-Germain, mais personne ne s'avise plus de le battre. Le prieuré est actuellement habité par M. le baron d'Espiard qui l'a restauré avec l'amour du propriétaire et le respect de l'archéologue ; il y conserve une précieuse collection de médailles et de pierres gravées antiques, fruit de trente années de fouilles intelligentes dans les ruines du vieil Autun. Nous devons à M. Henri d'Espiard qui marche dignement sur les traces paternelles, les notes qui nous servent à composer ce chapitre.

MONTCHANIN.

Maison voisine du prieuré et mal à propos qualifiée de fief; ce ne fut jamais qu'un bien en toute roture comme on disait autrefois. Voici la liste de ses principaux propriétaires depuis

Pierre Rollot et Eliette Leblanc sa femme , vendent le 9 décembre 1564, à noble Jean de Po-

nard écuyer, seigneur de la verrerie de la Boue ;

Anne sa petite fille, mariée à Charles deRaffin écuyer, seigneur de Sermaize en Maconnois, eut en partage l'hôtel Ponard avec tous les biens situés en la justice du prieuré. Charles de Raffin vendit à Louis de Montchanin , dont le fils Eléonor, praticien à La Nocle et intendant du marquis de Jaucourt d'Espeuilles , revendit à Georges Saugy, fermier du prieuré de Mazilles.

Ce dernier rétrocéda à M. François Pelle, bourgeois philosophe, longtemps employé aux affaires intimes du "roi Louis XV. M. Pelle, notre très-honoré grand-oncle, a laissé des mémoires curieux, mais d'un style par trop gaulois pour qu'il nous soit permis d'en donner le moindre extrait.

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