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SAINT-MICHEL

Saint-Michel-en-longue-Selve (in longa-silva) était jadis une paroisse à la collation du prieur de Semelay : actuellement elle est réunie à Remilly. On connaît des seigneurs de Saint- Michel à partir du XVe siècle. Cette terre a passé par les femmes des Du Crest aux Sallonnicr

de Varenne, et en dernier lieu à la famille de Champeaux-Laboulaye. L'église date du treizième siècle ; depuis longtemps convertie en grenier à fourrage , elle doit être prochainement restaurée et servira de chapelle aux élèves de la Ferme-Ecole, qui sera transférée à Saint- Michel en 1867.

APPONAY.

Nous ne saurions quitter ces parages sans donner un souvenir à l'ancienne chartreuse d'Apponay située commune de Remilly, aux abords de la route de Decize, entre Fours et Luzy ; M. l'abbé Baudiau, dans son histoire du Morvan, tomel, p. 355 et suivantes, lui a consacré une notice détaillée.

Fondée à latin du XIIe siècle par Théobald. évoque de Nevers, dans une contrée déserte et malsaine, où le sol est à peine dompté après sept cents ans de labeurs, on se figure aisément quelles rudes épreuves durent affronter les premiers pionniers chrétiens qui vinrent s'établir en ces lieux désolés.

Plus d'une fois ils furent tentés d'abandonner

l'entreprise ; mais l'acte de fondation stipulait pour ce cas le retour pur et simple d'Apponay avec tous ses accroissements à l'église de Nevers : grâce à cetteprécautipn, aux encouragements des souverains pontifes, à l'abnégation, à la persévérance des religieux, la chartreuse vécut jusqu'à la suppression des couvents en 1790.

On peut voir dans le cabinet de M. Lorry une très-ancienne copie de l'acte d'institution d'Apponay. Entre autres privilèges les frères élisaient librement leur prieur ; il était interdit de bâtir à moins de douze cents toises de leur maison.

Quand la chartreuse commençait à prospérer. le 3 août 1520, un incendie consuma tous les bâtiments et réduisit les moines à la plus extrême misère. Pour leur venir en aide on ouvrit une souscription qui produisit cinq cent quatre vingts livres, sur quoi le roi François [,r en donna vingt. Avec cette somme considérable pour l'époque, on releva la maison et même on y ajouta un logis pour les hôtes.

En 1570 les calvinistes mirent Apponay à sac et emmenèrent à la Charité-sur-Loire le prieur et le procureur qui durent payer une rançon si

forte, qu'il fallut pour l'acquitter mettre en gage plusieurs domaines.

Après des fortunes diverses, au moment de la suppression le monastère comptait encore sept frères, et possédait huit domaines, des vignes, des forêts considérables, une tuilerie, plusieurs moulins, trente-huit étangs grands et petits, des dîmes et des rentes, le tout produisant environ seize mille livres.

A une certaine époque, les bons pères firent venir du vin de Beaune — pour les malades sans aucun doute — et le mirent soigneusement en bouteilles. Lorsqu'il fut en bon point on s'assembla pour le goûter ; le précieux liquide fut trouvé violet, bourbeux et d'une insupportable amertume. Dom Prieur en prit occasion de prêcher la pénitence ; en réalité , les bouteilles fabriquées à Fours, (anciennement Maison en longue-salle) contenaient des sels solubles d'où venait tout le mal. Les mêmes accidents s 'étant reproduitsen divers endroits, Fours abandonna la fabrication du verre : au commencement de ce siècle on y monta une manufacture de porcelaine qui fonctionne encore. La terre d'Apponay appartient actuellement à madame la marquise de Pomereu.

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