‹ St. Jean Chrysostome et l'impératrice EudoxieChapitre 20 sur 93 · Pallad., dial., p. 24 et suiv · texte numérisé non relu

Pallad., dial., p. 24 et suiv

4. Contigerat autem sub id tempus ut clerici quidam Thcophili Constantinopoli adessent, magistratuum qui regenda? ^gypto designabantur, promotiones prscmercantes, et benevolentiam Theopliilo conciliantes in perniciem eorum qui illi minime placebant, Pallad., (liai., p. 24.

i08 JEAN CHRYSOSTOME

Cette toute-puissance dans les deux sphères ecclésiastique et civile avait valu à Théophile le surnom de Pharaon chrétien*, et ainsi sa passion du pouvoir était satisfaite; mais il en avait une autre non moins vive, celle du gain. L'avidité de Théophile était effrayante. Il aimait l'argent pour l'avoir et l'entasser; il l'aimait pour étaler un luxe favorable à son influence; il l'aimait enfin pour corrompre, pour nuire, pour étendre sa domination, et il avait inventé de curieux moyens d'en acquérir, non-seulement sans blâme, mais avec gloire aux yeux de l'Église, mettant résolument la religion de complicité dans ses vols.

La politique des empereurs romains depuis Constantin avait été de laisser les temples du culte païen se fermer d'eux-mêmes et les anciens dieux tomber de vétusté par la désertion de leurs adorateurs. De sages lois étaient même venues protéger ces vieux sanctuaires contre la destruction et la spoliation, souvent tentée sous couleur de zèle chrétien. Ainsi avaient été préservés ceux de l'Egypte, dont les richesses fabuleuses étaient restées à peu près intactes. Ces richesses enflammèrent la convoitise de Théophile. Il fut le premier, nous dit un écrivain polythéiste, qui foula aux pieds les lois de tolérance et de respect pour des pratiques séculaires^ et la manière dont il conduisit cette guerre religieuse montre assez que le fanatisme n'en était ni le seul ni le plus grand mobile. Son choix se portait

1. Furor pharaonius ipsiun possidet. Pallad., dial., p. 21. — Isid. Pelus., Epist., 1, 151.

2. Summus Alcxandrinae urbis in ^iigypto autistes Tlieophilus, qui primus sacra patritosque ritusœteraos oppugnare cœpit. Zos>im.,v, 23.

en eflfet sur les temples renommés par leur opulence et qui pouvaient rémunérer largement l'emploi de son zèle, tels par exemple que celui de Canope, contre lequel il dirigea en personne une expédition de pillage*. Il n'eut pas de cesse non plus qu'il ne fît, au cœur même d'Alexandrie, le sac du Sérapéum, dont les richesses étaient immenses et qui passait pour le temple le plus magnifique de tout l'univers après le Capitole. Le Sérapéum, entièrement bâti de marbre, était garni à l'intérieur de trois revêtements métalliques superposés, le premier de cuivre, le second d'argent, le troisième d'or^. Des statues plaquées d'or, des dons votifs en bijoux, en pierres précieuses, en or massif, s'y trouvaient à foison. Le patriarche en fit le siège, accompagné du préfet et du maître des milices, dont il requit l'assistance, parce que les païens se montraient résolus à protéger ce dernier asile de leur croyance^. Tout fut pillé, et le patriarche, par délicatesse de religion, fit main basse sur les idoles d'or* : ces idoles, si l'on en

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