‹ St. Jean Chrysostome et l'impératrice EudoxieChapitre 24 sur 93 · Pallad., dial., p. 22 et seq · texte numérisé non relu

Pallad., dial., p. 22 et seq

3. Voir dans Saint Jérôme son voyage et celui de Paula à Nitrie, I , p. 296 et seq.

ET L'IMPÉRATRICR EUDOXIE. 123

jamais été admis dans l'assemblée des pères, gens en un mot indignes d'aucun grade monastique et dont on n'eût même pas voulu faire des portiers ^ Cette indignité n'empêcha pas le patriarche de choisir plus tard parmi eux trois diacres, un prêtre et un évêque, et encore créa-t-ilun nouveau siège pour ce misérable, aucun ne se trouvant alors vacant dans les nomes d'Egypte ^ Les choses ainsi préparées, espions et patriarche se concertèrent pour un coup d'éclat.

A un jour convenu, les cinq moines quittèrent secrètement leurs cellules pour se rendre à Alexandrie dans une Église où le patriarche officiait. Là, prosternés devant son trône et simulant un trouble intérieur profond, ils lui présentèrent une requête que le patriarche connaissait bien, car il l'avait lui-même rédigée^ Il la prit de leurs mains, et, sitôt l'office terminé, 11 la porta chez le préfet d'Egypte et chez le maître des milices de la province, réclamant leur concours pour des actes de rigueur dont cette requête exposait, disait-il, la nécessitée Ces magistrats, après l'avoir lue, ne firent aucune difficulté de mettre à sa disposition

\. Ex ipso monte instruit homunculos quinque qui nunquam in cœtu seniorum eremi steterant, et indigni erant, piget dicere, qui vel ostiarii essent. Pallad., (liai., p. 22.

'2. Et hune quideni ordinat episcopum, viculo pneficiens cum civitatem non haberet... très alios diaconos ordinat qui non erant Jîgyptii sed e diversis locis. Ibid., p. 23.

3. Eos itaque subornât ut libellos darent adversus très illos senes; et falsae accusationis verba ipse, contexuit. Pallad., dial., 1. c.

4. Acceptis ab eis libellis coram ecclesia, ingreditur ad Augustalem, et contra istos supplicem libellum apud eum nomine suo deponit, ipse iEgyptioe dioceseos pontifex... potitque ut militari manu expellantur ii homines ex universa iEgypto. Id,, ut sup.

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un corps assez nombreux de soldats auquel le patriarche adjoignit les valets du palais épiscopal et une bande de scélérats (c'est le mot dont se sert l'histoire), ses compagnons habituels dans les coups de main qu'il exécutait^ Le tout forma une petite armée qu'il équipa avec célérité et mystère, et non sans la faire boire largement, car tous ces braves étaient ivres au moment du départ-. L'archevêque à leur tête, dans l'attitude d'un général, se mit en route pour Nitrie. Il avait calculé les haltes de façon à n'arriver en vue des monastères qu'après la chute du jour, afin de rendre la surprise plus complète, et en effet il était déjà pleine nuit lorsque, poussant d'horribles clameurs, la troupe gravit la sainte montagne^.

Le tableau de cette visite pastorale, tel que l'histoire nous le donne, est celui du sac d'une ville. Les assaillants pillaient, enfonçaient les portes des couvents, fouillaient les cellules, et, sous le prétexte de chercher des livres, faisaient main basse sur tout ce que pouvaient posséder ces pauvres moines*. Réveillés en sursaut et à moitié morts de frayeur, les cénobites couraient se cacher dans les coins les plus retirés de leurs enclos. D'autres en grand nombre descendaient les pentes de la montagne par des sentiers dérobés et se dispersaient dans la vallée. Grâce à l'obscurité de la nuit, beaucoup

1. Accepto igitur milite, sccleratorum multitudinem congrcgat qui circa potestates versantur, ad oninia parati. Pallad., dial., p. 23.

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