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tint sans les dompter. Chaque fois qu'en Orient la révolte de quelque province ou de quelque légion venait troubler la paix publique, l'Isaurie ne manquait pas d'ajouter le fléau de ses déprédations à celui de la guerre civile.
Probus imagina, pour réduire ces féroces tribus, un moyen dont la politique moderne nous donnait encore tout récemment un exemple: après avoir forcé l'entrée de leurs montagnes, il en exporta les hommes, qu'il envoya peupler des déserts au pied du Caucase, garda les femmes, et y colonisa des légionnaires^; mais il n'atteignit point son but. La sève native et les nécessités du climat l'emportant, les fils des vétérans mariés avec les femmes isauriennes devinrent de véritables Isaures, non moins indépendants, non moins voleurs, non moins redoutables que les autres ^ On prit alors le parti de bloquer, pour ainsi dire, le pays par une ceinture de garnisons, et d'augmenter la force militaire des cités voisines. Au temps dont nous parlons, les forts de l'Isaurie étaient occupés par deux mille sept cents hommes de pied et quelques escadrons de cavalerie ^ Ces forces avaient suffi pour maintenir la paix sous le grand Théodose; mais la faiblesse de ses fils, l'invasion des Huns du Caucase, appelés par Rufin, puis l'agitation
1. Claude avait commencé avant lui cette expatriation. Isauros a suis semotoslocisin Cilicia collocàrat. Tribellius PoUio, de Tribelitano, ap. Script, rer. Aug.
2. Veteranis omnia illa quae anguste adeuntur loca privata donavit, addens ut eorum filii ab atino octavo decimo, mares duntaxat et niilitia mitterentur, nec aute lairocinari quam militari discerent.Vopisc;, in Probo, ibid.