Socr., vu
cherchait une excuse pour son- auteur dans son humilité même. Atlicus essayait de justifier son action par la crainte des violences du peuple de Constaiitinople et par les désirs de l'empereur ; la faute au reste en devait être imputée, en premier lieu, au patriarche d'Anlioche, dont les paroles pleines de témérité et d'audace étaient venues jeter le brandon de la guerre civile jusqu'aux portes du palais impérial. En cédant à des clameurs menaçantes dans l'intérêt de la paix, Atticus avait suivi l'exemple de saint Paul, qui se faisait, comme il le disait lui-même, « tout à tous » par un esprit de conciliation et d'unité. Que si l'on mettait sa conduite en regard des canons, on n'y trouverait rien de contraire aux règles écrites ni aux traditions des anciens. Les tables mystiques des églises ne contenaient pas seulement des évêques, mais des laïques et jusqu'à des femmes \ et peu importait dans quelle catégorie le nom de Jean avait été placé. D'ailleurs n'avait-il pas été évêque? Atticus avait donc pu l'inscrire pour le temps où il avait été évêque légitime et non pour les temps où il ne l'était plus, et, sous cette réserve , l'inscription ne contrevenait en rien aux jugements rendus contre lui par deux conciles. L'immixtion de son nom aux autres noms des diptyques souillait-elle ces tables vénérables ? Nullement. Personne n'avait blâmé David d'avoir donné un superbe tombeau à Saïil , ce roi rejeté de Dieu, et dans les temps actuels la présence de l'arien Eudoxe, enterré
1. Mentio namque ejus fit cum defunctis non solum episcopis, sed et presbyteris, diaconis et laicis ipsis mulieribusque. Niceph,, xiv, 26.
SOUS le même autel que les apôtres saint André, saint Luc et saint Timothée, ne diminuait en rien la vénération à laquelle ces saints avaient droite La paix était un si grand bien , elle était si vivement recommandée par le Seigneur, que lui, Atlicus, n'avait point à s'excuser d'en vouloir le rétablissement autant qu'il dépendait de lui, qu'il exhortait au contraire son collègue, le patriarche d'Alexandrie, à suivre sa conduite, pour que la chrétienté pût enfin reposer dans la concorde fraternelle et l'apaisement des partis.
Celte dernière exhortation dut mettre hors de lui, plus que tout le reste, l'homme sans frein à qui elle s'adressait. Cyrille avait été nourri par son oncle dans l'horreur du nom de Chrysostome ; il avait assisté, à côté de lui , aux débats du concile du Chêne, n'étant encore que simple prêtre, et il en avait rapporté le désir d'ajouter, quand besoin serait, une nouvelle pierre à la lapidation du martyr. Ce martyr était mort dans la tempête excitée par Théophile, mais sa mémoire vivait encore , et Cyrille pouvait y trouver matière à une vengeance, car il n'épargnait pas plus les morts que les vivants. Il répondit à l'humble justification d'Atticus par une lettre pleine d'orgueil et d'ironie, lettre que nous avons encore et que l'on peut considérer comme un modèle de noire malice et d'habileté.
« Les informations reçues de Votre Piété, lui disaitil en commençant, m'apprennent que vous avez inscrit le nom de Jean sur les tables mystiques de votre église, et j'ai su, par des personnes venues de Con-
1. Arii impietatis sectator Eudoxius sub eadem sacriflcil ara positus. Niceph., XIV, 26.
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stantinople, que l'inscription n'avait pas été portée dans le cntalogue des laïques, mais sur la liste des évêques. Examinant alors en moi-même si ceux qui agissent de la sorte suivent le sentiment des Pères de Nicée, je me suis placé en face de cette assemblée si grave et si sainte, et j'ai reconnu que le sacré collège de ces Pères détourne les yeux pour improuver une telle action, et me défend à moi-môme d'y acquiescer. Comment en effet un homme déposé du sacerdoce peut-il être mis au rang des prêtres de Dieu et avoir quelque part à leur sort vénérable, à moins que le mot de sacerdoce ne soit qu'une parole dérisoire et une fiction? Que si au contraire ce mot désigne une grande et auguste qualité qui sépare les prêtres d'avec le peuple et établit entre eux comme un mur et une barrière, il ne faut point confondre des choses qui ne peuvent point être confondues; il faut au contraire les tenir chacune dans son rangparticulier, avec l'honneur qui lui convient, ne point mettre un laïque au rang des évêques, ou ne point compter parmi les véritables prélats un homme qui n'a pas ou n'a plus cette qualité. Honorez donc, je vous en prie, les sentiments des illustres Pères, nos prédécesseurs, et consultez aussi l'opinion de ceux qui sont en ce monde; agir comme vous le faites, nest-ce pas les remplir de la plus profonde des afflictions? Épargnez également celte affliction à nous-mêmes, et faites cesser l'occasion d'un deuil public et mérité. « Il est vrai que c'est une bonne action, et digne d'un homme sage, d'avoir une conduite accommodante, selon la diversité des temps , pourvu qu'elle soit nonseulement sans danger, mais avantageuse au troupeau
de Jésus-Christ. C'est dans cet esprit que saint Paul se disait tout à tous, hasardant quelques dommages légers pour un gain considérable; mais dans la circonstance présente quel est le gain que vous espérez'?
« Voire Piété est montée sur le siège de Constantinople depuis déjà si longtemps , qu'il n'est plus personne dans cette ville qui éprouve de la répugnance à se trouver avec elle dans les assemblées ecclésiastiques, et si quelques-uns, au commencement, s'étaient séparés de vous par esprit de contention, ils se sont ralliés depuis par la grâce du Seigneur. Existe-t-il encore quelque magistrat qui n'écoute point la voix de Voire Piété, ou qui reste séparé du corps des fidèles à cause de vous? 11 n'y en a pas un, et je prie Dieu que cela n'arrive jamais. Quelles sont donc les personnes dont vous avez le dessein de procurer le salut en les faisant rentrer dans l'Église, lorsqu'au contraire vous excluez de son enceinte toute l'Kgypte, la Thébaïde, la Libye, la Pentapole, et tant d'autres provinces qui réprouvent l'œuvre que vous prétendez bonne? Vous sacrifiez ceux que la grâce du Sauveur maintient fermes dans le devoir au profit incertain de quelques esprits inquiets, et, dans l'intention de plaire à une poignée de séditieux qui hasardent leur salut pour la malice d'un seul homme , vous rompez avec des provinces fidèlement attachées aux décisions de l'Église-. Quel parti
1, Sic beatus Panlus omnibus factus est omnia, non ut exiguum quiddam lucrlfacent, parteui auteni quamdam damno atliceret, sed ut omues iuciarentiir. ^ict•ph., xiv, 27.
2, Esto ut pauci admodum sînt adhuc seditiosi qui se pro iliius malignitate periculo exponunt... Id., ibid.
croyez-vous qui soit plus agréable à Dieu, ou celui qui parle en faveur de Jean après toutes les choses dont Jean est coupable, ou celui qui a été d'avis de le punir quand il ne mettait nulle conscience à troubler et affliger tout le monde? Faites donc cesser ce qui nous divise, remettez votre épée dans le fourreau et commandez qu'on ôte le nom de Jean de la liste des évoques ; car, si peu d'estime que l'on semble faire de ce titre d'évêque, n'ayons pas du moins le regret de placer un traître dans la compagnie des apôtres. Si 4'on y écrivait le nom de Judas, que deviendrait saint Mathias, et où serait sa place dans le collège apostolique? Et qui donc voudrait effacer le nom de saint Mathias pour écrire le nom de Judas *? N'agissez pas autrement, je vous en conjure, envers l'illustre Arsace; conservezlui le rang de dignité qui lui convient, récitez son nom immédiatement après celui de Nectaire, dont la mémoire est si célèbre dans tout le monde, et, quelque chose que vous consentiez à faire par contrainte, ne flétrissez pas du moins le souvenir du bienheureux Arsace.
« Vous me direz peut-être qu'en vous conduisant ainsi vous plairez à quelques-uns. Permetlez-moi de vous parler avec liberté. Je souhaiterais de grand cœur que tous les hommes fussent sauvés ; mais si quelqu'un se sépare par l'opiniâtreté de son esprit indocile, et s'il s'oppose aux lois de l'Église, quelle perte y aurait-il quand cet homme périrait* ? Notre devoir est de dire avec saint
i. Judae nomine in eorum numerum relato, quo deinde loco Matthias nobis ponetur? Niceph., xiv, 27.
2. Si quis vero imperiiia sua ab Ecclesia recedit, et illius constitutionibus refragatur, quae ejusmodi hominis est jactura? Id., ibid.
Paul, à ceux qui se révoltent contre nous: « Nous vous « conjurons par Jésus-Christ de vous réconcilier avec « Dieu; » puis, quand nous les trouvons persistants dans leur désobéissance, nous les remettons aux mains du suprême juge. « Nous avons pris soin de la guérison de « Babylone, s'écriait Jérémie, mais elle n'a point voulu « se guérir; abandonnons-la donc, puisque son jugement « est monté jusqu'au ciel. »
« Le bienheureux Alexandre, qui était un homme extraordinairement hardi en paroles et avaitsiirp ris quelques-uns de nos très-religieux frères les évêques d'Orient par l'adresse de ses discours, est venu porter cette maladie dans votre troupeau ; gardez qu'elle ne se propage, qu'elle ne consume, qu'elle ne corrompe toutes les âmes ; vous êtes obligé plutôt d'en purger l'Église et de l'enlever comme une taie qui couvre les yeux et dérobe la vraie lumière. J'apprends même que le pieux évêque de Bérée, Acacius, dont la vieillesse est si heureuse, proteste, que l'évéque actuel d'Antioche proteste aussi qu'ils n'ont récité le nom de Jean dans les divins mystères que contraints parla violence, et qu'ils n'attendent que notre résistance pour se tirer de ce piège. Je vous parle ici librement et dans l'amertume de mon cœur. Appelés à guérir les plaies des autres, ce n'est pas à nous de les envenimer par de nouvelles blessures...
« Non, ne souffrez point que Jéchonias, après avoir été retranché de la liste des prophètes, y soit replacé avec David et Samuel, et, s'il s'est trouvé des personnes assez audacieuses pour déposer le corps d'Eudoxe à côté des apôtres, ne recevons pas comme un exemple
sacré ce qui est profane et sacrilège*. Ce n'est pas que nous insullions un mort, ni que nous ayons dessein de nous réjouir des maux des autres : telle n'est pas la conduite d'un chrétien; mais nous avons plus d'ég;irds à l'intérêt de l'Église, qui veut que les sacrés canons soient inviolables, qu'à un sentiment de compassion pour un homme. Entre ces deux partis, il faut opter. Donnez-nous la consolation de pouvoir entretenir une communion toute pure et toute saime avec Votre Piété, et ne témoignez pas faire plus d'état d'un homme mort que de la charité envers les vivants ^ »
Telle était en résumé la lettre de Cyrille, captieuse, incisive, et qui présenlait comme définitives et entourées d'une sanction unanime des décisions de conciles dont il y avait appel. C'était une attaque non-seulement contre lesdeux patriarches orientaux qui avaient fait leur soumission, mais aussi contre le pape Innocent, qui l'avait demandée. Le patriarche d'Alexandrie, en récrivant, n'avait aucun espoir de ramener Atiicus, dont il connaissait l'ambition, non plus que les deux empereurs ; il se posait en chef de parti, gardien des lois ecclésiastiques, en face de l'Église romaine, dont il dédaignait la communion. C'était un manifeste de guerre, et d'une guerre encore redoutable malgré ce
1. Ne igitur Jechoiiias rejectus ciim Davide et Samuele proplietis censeatur, neque si quibusdaiii inique placitum est ut Ividoxii reliquias eo qiio scripsistis reponere..t loco, propterea nos quoque profanum nt sacrum in alium referamus. Mcepli., xiv, 27.
2. iUud dato ut puie nos... cum pietate tua communicare possimus atque tu unius ejus^que defuncli amorem post eorum qui adhur, vivant dilectionem ac potius post Ecclesiœ sanciioues habeas. Ibid.
ET L'IMPÉRATRICE EUDOXIE. o29
i|ue Cyrille appelait ladéserlion d'unepartiede l'Orient, car il avait derrière lui tous les évoques de l'Egypte, de la Cyrénaïque, de la Pentapole, tremblants sous sa domination, sans compter l'Afrique caitlmginoise, qui, retenue par ses liens d'antique fraternité avec l'Égypie, semblait faire partie de son cortège. Un tiers du monde chrétien obéissant ainsi aux passions de cet homme hardi, téméraire, capable de tout pour régner, et en lutte directe avec le chef de l'Église romaine, le danger de schisme était plus grand peut-être à cause de Chrysostome mort qu'il ne l'avait été pour Ghiysostome vivant. Toutefois Innocent ne faiblit point. Comme un démenti éclatant au manifeste de Cyrille, il proclama son union avec les Églises d'Orient rentrées dans l'orthodoxie, et avec Atticus tout le premier, comptant sur l'action de Dieu, qui, dans les orages de ce monde, ne demande aux hommes que l'amour persévérant du bien et le courage.
Cette nouvelle guerre dura pendanttoute la vie d'Innocent. Sous les successeurs de ce glorieux pape, Cyrille, que d'autres disputes et d'autres haines occupèrent bientôt en Orient, eut besoin de l'appui de l'Église romaine, et comme, pour obtenir son appui, il fallait qu'il rentrât d'abord dans sa communion, il consulta ou feignit de consulter quelques évéqnes égyptiens fatigués du schisme, et inscrivit le nom abhorré de Chrysostome sur les diptyques d'Alexandrie. Malgré la paix prononcée à l'autel, les rancunes ne quittèrent point son cœur; i mais enfin il obtint contre d'aulres ennemis l'alliance j qu'il convoitait. Dix ans après, il figundt avec le titre I de légat du pape dans les querelles du nestorianisme.
Tout n'était pas fini, mais déjà Innocent pouvait être proclamé à bon droit le paciûcateur de la chrétienté. On ne contemple point sans respect et sans admiration dans l'histoire cet homme simple et grand, ce prêtre des montagnes d'Albequi montrait au monde, sous le vêtement du pontife chrétien, l'âme calme et froide des vieux Romains. Un poëte latin avait célébré jadis en de beaux vers « l'homme juste, inébranlable dans ses desseins, et résistant aux assauts de l'univers entier avec une impassibilité qui ne tenait point de la terre. » L'idéal du poëte païen semblait s'être réahsé dans la personne d'un pape chrétien, défenseurde lajustice,et que rien n'avaitpu faire sortir « de la forte assiette de son âme, non... mente qualil solida. » S'il n'assista pas au dénoûmentde son œuvre. Innocent put prévoir, avant de mourir, que son inflexible volonté avait fini par dompter les faits, et que l'Église marcherait sûrement dans la voie qu'il avait tracée par la pensée.
Cependant la mort déblayait, d'année en année, le terrain sur lequel tant de passions s'étaient agitées depuis un tiers de siècle autour de la personne ou du nom de Chrysostome. Frappé à son tour en 425, Atlicus laissa le siège métropolitain de Gonstantinople à des successeurs qui n'avaient point trempé dans la persécution, et les dissidents joannites rentrèrent successivement dans la communion des archevêques. En même temps que l'unité se reformait, la vénération enthousiaste pour l'exilé de Gueuse renaissait dans son église, etl'on ne craignait plus de prêcher ouvertement sur sa gloire et sur son martyre, en face même des persécuteurs. Enfin le sort des élections amena sur le trône
épiscopal en 434 un homme qui, dans son enfance, avait été lecteur et scribe de Chrysostome, et même, dit un iiistorien, « serviteur attaché à sa personne. » Proclus, c'était son nom, conservait pieusement la jmémoire de son ancien maître, et ne négligeait aucune ioccasion de la rappeler au peuple. Un jour donc de •l'année 437, comme il faisait son panégyrique à l'ocjcasion de sa fête, les assistants l'interrompirent par des |dcclamations. « Nous demandons, s'écrièrent-ils, qu'on nous rende notre évêque Jean , nous voulons le corps de notre père ! » Proclus se hâta de faire connaître à l'empereur ce vœu populaire, dans la satisfaction duquel il entrevoyait un retour complet de la paix.
Théodose II, qui occupait toujours le trône des césars d'Orient et gouvernait alors par lui-même, iacquiesça sans hésitation au désir du peuple et de jl'archevêque. Élevé dans son jeune âge par les soins |de sa sœur aînée Pulchérie, qui n'avait jamais partagé, jau plus fort des discordes religieuses, les sentiments jde leur commune mère, il avait de bonne heure {admiré et plaint en secret le grand orateur persécuté iqu'il appelait « le docteur de l'univers et le patriarche k la bouche d'or. » Des ordres furent aussitôt donnés ;pour que le corps de l'exilé fût ramené à Conslantijnople et déposé dans l'église des Apôtres. Chrysostome quitta donc la chapelle de Saint-Basilisque, où il reposait depuis trente ans, et la châsse qui contenait ises restes fut transférée de ville en ville jusqu'à Ghal- Icédoine, au milieu d'un concours immense de peuple, I de prêtres et de moines qui se renouvelaient inces-
samment. A Chalcédoine, la trirème impériale, magnifiquement ornée, l'attendait, car l'empereur n'avait pas voulu qu'un autre navire reçût le sacré dépôt. Toute la ville était là : son empereur, son sénat, ses premiers magistrats, ses grands officiers, et la mer était couverte d'une telle multitude de navires et de barques remplis de monde et éclairés de torches, car c'était le soir, » que, depuis l'embouchure du Pont-Euxin jusqu'à la Propontide, on l'eût prise pour un continent*-, » c'est ainsi que s'expriment les historiens.
Le convoi, à son passage par la ville, ne reçut pas moins d'honneurs et de pompe. Une place avait été disposée pour le cercueil dans cette église des Saints- Apôtres, fondée par Constantin pour être le lieu de sépulture des empereurs chrétiens et des évêques de Constantinople. Arcadius et Eudoxie y avaient été enterrés près du chef de leur race. Au moment où le cercueil de Ghrysostome fut déposé sur la pierre, Théodose se dépouilla de son manteau de pourpre pour l'en couvrir; puis, les yeux et le front baissés vers ces restes infortunés, il leur demanda pardon pour son père et pour sa mère, priant le saint évêque d'oublier le mal qu'ils lui avaient fait par ignorance -.
1. Transiit et imperator et senatus imperatorius : transiit et jam patriarcha et judices magistratusque omnes, deinde generis et setatis homines omnis, fretum ardentibus funalibus tegentes... Niceph. Cal., XIV, 43. — Mari prse navigiorum multitudine continentis instar effecto. Theodoret, v, 36.
2. Imperator... sacro tumulo chlamyde tecto et fronte atque oculis urnae irnpositis, communem supplex precationem pro parentibus fecit. Niceph., xiv, 43, — Oculos et frontem loculo admovens, pro parentibus supplicavit... Socr., vi, 36.
Avant de sceller le corps dans le caveau, Proclus voulut le présenter au peuple du haut de l'estrade où siégeaient les archevêques, et le peuple, par une acclamation formidable qui ébranla les voûtes de la basilique, s'écria d'une commune voix: « 0 père, reprends ton trAne M » Tel fut le dernier triomphe de Jean Chrysostome; puis il alla prendre sa place non loin d'Arcadius et d'Eudoxie, et persécuteurs et persécuté dormirent ensemble, sous le pardon de la mort. Sa réhabilitation, bien avancée sans doute, n'était pourtant pas encore complète : l'Église le proclama bienheureux et martyr sans effusion de sang *.
Qu'était devenue cependant au milieu de tant de péripéties diverses la noble et sainte femme dont l'âme était attachée à celle de Chrysostome par un lien inattaquable à la mort même? L'histoire ni l'Église n'ont point voulu les désunir et lui ont accordé un place à côté de celui qui avait été pour elle un guide, un père, presque une image de Dieu. Les contemporains ne nous disent pas de quelles amères douleurs les dernières persécutions de cet ami affligèrent Olympias; mais il semble qu'elle trouva, dans le coup suprême qui terminait ses maux, une magnanime consolation. Il ne souffrait plus; bien loin de là, il avait reçu la récompense du combat, la couronne des martyrs, et veillait sur elle du sein de Dieu:
1. Atque ubi sacer Proclus virum sanctum in eumdem suutn thronum coUocavit, plebs circumfusa ore uno exclamavit : Recipe, inquiens thronum tuiim, o pater. Mceph.,-xiv, 43.