‹ St Léon le GrandChapitre 121 sur 123 · MORT ET SÉPULTURE DE SALNT LÉON · texte numérisé non relu

MORT ET SÉPULTURE DE SALNT LÉON

mêlée de dignité, mais pleine aussi d'intimité et de lendresse. Il sait que parmi elles sont beaucoup d'âmes simples et de bonne volonté , exposées à pécher par légèreté et par faiblesse plus que par orgueil ou par ambition, et il leur parle en conséquence. S'il leur reproche leurs fautes, avec sévérité quelquefois, c'est en même temps d'un ton tout paternel. C'est aussi avec la sollicitude d'un père qu'il prend soin de les défendre contre la contagion des diverses erreurs qui avaient gagné une partie du peuple de Rome : comme il a expliqué le dogme dans plusieurs lettres magistrales destinées à éclairer les évêques et à servir de règles aux conciles, il l'explique ici, en termes plus familiers, aux groupes de fidèles assemblés pour l'écouter ; et il y revient souvent, sans se lasser; et il excelle à montrer sans effort combien la vérité est belle et aimable, combien, même dans les mystères qui dépassent notre raison, elle est plus propre que les erreurs les plus spécieuses à satisfaire notre esprit et notre cœur.

L'éloquence de saint Léon satisfait et touche constamment l'un et l'autre, et cela par les moyens les plus simples en apparence. Soit qu'il démontre un point de dogme, qu'il expose la morale chrétienne, ou qu'à propos d'une des fêtes de l'année il raconte un épisode de la vie du Sauveur, il nous fait paraître, avec une évidence qui semble toute naturelle et une poésie qui captive, toute l'utilité spirituelle que nous pouvons et que nous devons en retirer.

Ses grands et lointains devoirs ne lui faisaient donc pas oublier ceux qu'il appelle si souvent « mesbienaimés )), et qu'il paraît véritablement avoir aimés comme ses enfants.

La noble simplicité de son caractère se retrouve dans son style, dont toute la beauté vient de la sublimité des sujets qu'il traite, de la force et de la sincérité de ses convictions, de la droiture parfaite de ses intentions, enfin de la justesse et de la lucidité merveilleuses de son esprit. x\ucun artifice de rhétorique, aucune combinaison ingénieuse de mois ou de pensées : dans sa langue claire, sobre, et d'une majesté austère, il laisse les idées parler d'ellesmêmes et il n'en est que plus persuasif.

Il fallait un homme de cette autorité pour rasséréner la société désorientée par les malheurs publics et prête à se jeter dans tous les excès, comme il arrive aux époques de crise ; il le fallait pour maintenir l'Église dans la bonne voie, dans un temps où les vérités les plus solidement fondées sur l'Ecriture et les plus clairement confirmées par les conciles étaient de nouveau attaquées ou dénaturées par l'audace des novateurs, tandis que le schisme se préparait dans l'ombre, organisé peu à peu par une ambition mal déguisée.

La parole de saint Léon n'a point été écoutée par les obstinés, par les fils de la perdition ; et pourtant elle a la saveur de la parole divine , et elle a été ratifiée par l'Église universelle, qui rendait déjà par là un très sensible hommage à Tinfaillibilité du souverain pontife. Puisqu'elle nous est parvenue à travers les siècles, nous devons la suivre, aujourd'hui encore, comme un guide parfaitement sûr, en redisant avec confiance : a Dieu nous a parlé par la bouche de ses saints^. »

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