C'est-à-dire, évidemment, sous condition, le baptême
eût-il été donné par des hérétiques, sont valablement baptisés.
En Gaule, l'autorité du pape se manifeste plus énergiquement encore dans ses démêlés avec saint Hilaire et dans les événements qui en sont la suite. Hilaire, évéque d'Arles, et présidant en cette qualité un concile de la province, en 444> avait déposé Célidonius, évéque de Besançon, accusé devant ce concile d'avoir autrefois épousé une veuve, et de plus d'avoir condamné à mort un coupable, alors qu'étant laïque il remplissait les fonctions de magistrat. Bien qu'aucun de ces deux actes ne constituât une faute, ils étaient de nature à lui interdire l'épiscopat. Célidonius en appela à Rome, et, devant un concile convoqué tout exprès, il réussit à prouver la fausseté des accusations portées contre lui, auxquelles sans doute Hilaire avait ajouté foi un peu trop légèrement. JNlais l'évêque d'Arles fut encore accusé, devant le même concile, de plusieurs actes arbitraires et violents, dont l'un surtout avait suscité une grande animosité contre lui : Projectus, un évéque de Gaule qui n'était même pas de sa province, étant tombé malade, il avait, sans autre raison, sacré un autre évéque pour le remplacer de son vivant.
Tous ces faits peuvent prouver que saint Hilaire s'est quelquefois trompé, parce qu'il a agi avec trop de hâte et de violence; mais ils ne prouvent rien, cela va sans dire, ni contre sa sincérité ni contre la sainteté de sa vie.
Après avoir entendu tous les témoins et fait con-
donné dans ces circonstances n'ayant de valeur qu'autant qu'il n'a pas été' pre'cédé par un baptême valable.
sciencieusement la lumière sur tous les points, le pape écrivit aux évêques de la province de Vienne une lettre décréiale ^ pour réformer tous les abus et régler toutes les contestations.
Quoi qu'en disent les Ballerini^, il semble bien qu'Hilaire n'ait pas commis précisément un abus de pouvoir en déposant un évêque sur lequel il n'avait aucune autorité. Une action si exorbitante serait bien difficile à croire, et de plus nous savons que le pape Zosime avait institué l'évêque d'Arles son vicaire dans les Gaules. Saint Léon lui-même reconnaît la chose assez clairement, puisqu'il dit que la sentence portée par Hilaire aurait été maintenue 3 si la vérité des faits imputés par lui avait été constatée. Seulement le pape était strictement dans son droit lorsqu'il réformait des sentences même rég-ulières, quand elles étaient mal fondées et par conséquent injustes.
Il rétablit donc sur leurs sièges les deux évêques déposés, Célidonius et Projectus. Quant à Hilaire, il le prive de tous ses droits de métropolitain, par conséquent de toute suprématie sur la province de Vienne, C'est à l'évêque de Vienne lui-même que fut alors attribuée cette suprématie, comme nous pouvons le conclure d'un passage d'une autre lettre un peu postérieure ^.
Une constitution de l'empereur Valentinien III,