Epist. LXVI
SAINT LEON l'Al>E. 37
promulguée en 44^, reconnaît formellement cet état de choses, et affirme une fois de plus l'autorité exclusive du saint siège en pareille matière ^.
Cette dissension entre le pape et l'évêque d'Arles a été l'objet de bien des discussions. Le P. Quesnel, quoique grand admirateur de saint Léon, a publié une longue apologie de saint Hilaire, dans laquelle il ne reconnaît pas suffisamment tous les droits du saint siège ; les Ballerini, qui lui ont répondu, méconnaissent à leur tour ceux de l'évêque, comme nous venons de le voir. Ni le pape ni l'évêque n'a outre-passé ses droits; tous deux ont agi avec sincérité et dans la droiture de leur cœur, tous deux peut-être avec un peu trop de hâte et d'emportement 2.
Hilaire accepta sa disgrâce avec une humilité qui lui fait grand honneur. Il écrivit plusieurs lettres au pape pour expliquer sa conduite, puis il se tut, quoique son éloquence lui rendît facile une défense plus brillante. Léon lui-même lui rendit justice, et, dans une lettre adressée plus tard aux évêques de la province d'Arles pour les féliciter de l'élection de Ravennius, successeur d'Hilaire, il appelle celui-ci un homme de sainte mémoire 3.