Voy. Baronius, ann. 45 1 ; Hefele, 1. XI, g
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générale, on commença par écouter la lecture de cette définition, qui fut faite par un diacre de Constantinople nommé Asclépiade. Nous n'avons plus ce texte; mais nous savons qu'il fut acclamé par un grand nombre, et critiqué par quelques-uns. Si l'on en juge par les discussions qu'il souleva, il paraît probable qu'il contenait certaines expressions qui, sans être fautives en elles-mêmes, pouvaient être exploitées par les hérétiques du temps et servir de prétexte à leurs revendications. Ce fut sans doute l'avis des légats, car ils finirent par déclarer que, si l'on ne voulait pas se mettre d'accord avec la lettre de saint Léon, ils demanderaient acte de leur opposition, et repartiraient aussitôt pour Rome, afin de presser la convocation d'un concile en Occident.
Les commissaires impériaux, qui n'étaient ce jourlà qu'au nombre de trois, comprirent immédiatement la gravité de cette mesure, qui pouvait être rendue nécessaire par l'opiniâtreté des partisans d'Anatole, mais qui allait interrompre subitement les opérations du concile et compromettre les bons effets déjà produits par les séances précédentes. Ils proposèrent donc un arrangement, qui consistait à choisir six évêques d'Orient (du patriarcat d'Antioche), et trois de chacun des diocèses d'Asie (exarchat d'Éphèse), d'Illyrie, de Pont et de Thrace, et de les réunir à Anatole et aux légats du pape, afin de former une nouvelle commission qui serait chargée de modifier la définition de la foi de manière à la faire accepter de tout le monde.
Comme cette proposition était accueillie par de vives réclamations, ils insistèrent, et firent voir clairement quel intérêt actuel il y avait à changer les
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expressions de la formule qu'on venait de lire'. Puis, selon leur habitude, ils envoyèrent un message à l'empereur pour lui demander son sentiment. Celui-ci répondit qu'il ne voyait que trois choses à faire : ou nommer une commission nouvelle, ainsi que l'avaient proposé les officiers; ou décider que chaque évêque déclarât sa foi par la bouche de son métropolitain; ou enfin, s'ille fallait, réunir un concile en Occident.
Après de longues discussions, l'on se décida enfin à s'en remettre à une commission, qui fut composée impartialement de gens de tous les partis-; on y fit même entrer plusieurs de ceux qui avaient joué un triste rôle au conciliabule d'Ephèse.
Ces évoques se retirèrent dans une chapelle de l'église, où ils demeurèrent un certain temps; puis ils revinrent, rapportant la nouvelle définition qu'ils venaient de rédiger, et aussitôt l'archidiacre de Constantinople Aétius la lut à haute voix devant toute l'assemblée.
1. Cette formule, par exemple, disait que Jesus-Christ e'tait de deux natures et non pas qu'il y avait deux natures en Jésus- Christ, comme avait dit saint Léon. Celte différence subtile eût ete' assurément sans importance, si Dioscore, qui admettait la première de ces deux expressions, n'avait pas reconnu luimême qu'il avait fait condamner saint Flavien pour avoir soutenu la seconde.
2. C'étaient, outre les le'gats et Anatole. Julien de Cos, Maxime d'Antioche, Juvénal de Jérusalem. Thalassius de Césarée, Eusèbe d'Ancyre, Quintillus, Atticus et Sozon, évêques d'UÏyrie, Diogène de Cysique, Léonce de Magnésie, Fiorentius de Sardes. Eusèbe de Dorylée. The'odore de Tarse. Cyrus d'Anazarbe. Constantin de Bostre, Théodore de Claudiopolis. en Isaurie. Francion, Sébastien et Basile, evêques de Thrace. — Telle fut Torigine des congrégations qui, dans les conciles suivants, se tinrent en dehors des séances générales, et furent chargées de préparer le texte des décrets.
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Celte définition contient, après un court préaml)ule, le texte entier des symboles de Nicée et de (^onstanlinople, puis elle ajoute : « Ce sage et salutaire symbole de la doctrine divine suffirait pleinement à éclairer et à confirmer les âmes pieuses
Mais les ennemis de la vérité, en répandant leurs hérésies, ont inventé des expressions nouvelles'. » 11 faut donc leur répondre en donnant une forme nouvelle à l'expression de la vérité. Le concile de Chalcédoine affirme qu'il reçoit toujours le symbole de Nicée. Il reçoit celui de Constantinople, dont les auteurs n'ont pas prétendu qu'il manquât quelque chose au précédent, mais ont été obligés de répondre aux erreurs que l'on enseignait alors sur le Saint- Esprit. Il reçoit les lettres de saint Cyrille à Nestorius et aux Orientaux. Il reçoit enfin l'admirable lettre de Léon à Flavien, qui réfute si merveilleusement les hérésies les plus récentes.
La lecture se termine par cette profession de foi : « Suivant donc les saints pères, nous enseignons tous unanimement qu'il faut reconnaître un seul et même fils de Dieu, qui est notre Seigneur Jésus-Christ, parfait dans sa divinité et parfait dans son humanité; vrai Dieu, et en même temps vrai homme composé d'une âme raisonnable et d'un corps ; consubstantiel au Père selon la divinité, et consubstantiel à nous-mêmes selon l'humanité 2; semblable à nous en
I. Novas voccs dans le texte latin. Le grec, tel que nous l'avons, dit >cevo:piov(a;, k de vaines expressions » ; m-us il paraît bien probable que le latin traduit le texte véritablef qui de- \ait être xaivocpwvt'aç.
1. «... 'OiJLOoûaiov xio naTp\ xaià TTjV Ge6Tr;Ta, xa\ ôixoouatov tov aùtbv ^{AÎv xotTa Tr)v àvOp(j)7:oTriTa. » Le rapport e'noncé par les mois « consubstantiel à son père » est un rapport d'identité'
toutes choses, à Vejcception du pèche * ; engendré de toute éternité par son père selon la divinité, et dans les derniers temps, pour notre salut, né selon l'humanité de la vierge Marie, mère de Dieu. Il faut reconnaître un seul et même Jésus-Christ, notre Seigneur, fils unique de Dieu, en deux natures-, sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation ; de sorte que l'union des deux natures ne supprime pas leur différence, mais laisse subsister ce qui est propre a chacune d'elles, et que toutes deux se réunissent en une seule personne et une seule hvpostase. Donc notre Seigneur Jésus-Christ n'est pas séparé ou divisé en deux personnes, mais il est un seul et même fils unique et verbe de Dieu : c'est là ce que les prophètes nous ont dit de lui, c'est ce que lui-même no\is a enseigné, c'est la foi que les pères nous ont transmise. »
Les peines portées contre quiconque professerait une doctrine contraire, étaient la déposition pour les évêques et les clercs, et l'anathème pour les moines et les laïques.
Le décret fut approuvé avec un enthousiasme tout
absolue : il y a unité numérique et singulière. Le rapport énoncé par la formule « consubstantiel à nous » est un rapport de simple similitude.