PAPE DÉFEND LE DOGME ET LA HIÉRARCHIE CATHO- LIQUES
Saint Léon avait été admirablement secondé par Pulchérie et par Marcien. Malheureusement Pulchérie était morte en 453, et Marcien ne devait pas tarder beaucoup à la suivre : au moment où il préparait une expédition contre les Vandales, il mourut à son tour, le 26 janvier 4^7 > après six ans et demi de règne.
Son successeur fut Léon de Thrace, qui, sans avoir peut-être toute la sagesse de son prédécesseur, montra d'ordinaire, lui aussi, un zèle bien entendu pour la cause de l'Église et pour la défense de la foi orthodoxe.
Le commencement de son règne fut l'occasion d'une recrudescence des troubles qui agitaient l'Egypte, où le parti d'Eutychès et de Dioscore était encore fort nombreux, et d'une audace égale à celle de ses chefs.
Dès l'issue du concile de Chalcédoine, ce parti
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de révoltés et d'ambitieux s'était insurgé contre les décisions des évèques dans des circonstances qu'il est nécessaire de rappeler ici brièvement^.
Aussitôt après la clôture de ce concile qui avait déposé Dioscore, les quatre évêques qui s'étaient détachés de lui avant même qu'il fût condamné, et qui avaient consenti sans difficulté à signer sa condamnation, revinrent promptement à Alexandrie. Là, non sans peine et malgré les résistances, ils parvinrent à faire élire comme patriarche et à consacrer Protérius, que Dioscore lui-même avait choisi comme archidiacre, mais qui n'en était pas moins digne de toute la confiance des cathoHques. Les auteurs anciens lui rendent un témoignage unanime, et saint Léon, en particulier, parle de lui en ces termes : « Ses paroles font voir quel il est et avec quelle sincérité il défend le dogme catholique. La fidélité de ce frère m'inspire la plus grande affection pour lui, et je remercie Dieu d'avoir écarté celui qui voulait contredire l'Évangile du Christ et se séparer de la doctrine des saints pères, et d'avoir réservé à Alexandrie un évêque que sa foi et sa vie rendent digne des anciens pasteurs de celte église 2. »
Mais son orthodoxie et sa sainteté même n'étaient pas faites pour lui concilier les faveurs de la populace d'Alexandrie, qui, selon Évagre, était plus que
I. Pour toute l'histoire de ces e've'nements d'Egypte, voy. Liberatus, Breviarium, c. xiv, xv, xvi ; — The'ophane, Chronogr.^ dans la Patrol. gr. de Migne, t. CVIII, col. 272 et suiv. ; — Évagre, Hist. eccl.^ 1. II, c. v, vin, x, xi; — Nicéphore Calliste^ Hist. eccL, I. X, c. viii, xvi- — et la Requête des évêques d'Egypte à l'empereur Le'on, dans Mansi, t. VII, col. 624.
■2. Epist. CXXX, ad Marcianum augustum^ c. i.
toute autre prompte à la colère et disposée à se soulever pour les causes les plus futiles, parce qu'elle se composait d'une multitude confuse, rebut de toutes les nations de la terre, aussi grossière et insolente que facile à entraîner à tous les excès K
Les esprits étaient donc fort divisés, les uns tenant pour Protérius tandis que les autres réclamaient Dioscore, lorsque les treize évêques égyptiens qui avaient promis de rester à Constantinople jusqu'à l'avènement d'un nouveau patriarche, revinrent à leur tour à Alexandrie, et augmentèrent encore le trouble par les calomnies qu'ils répandirent : ils avaient entre les mains une mauvaise traduction grecque de la lettre à Flavien, d'après laquelle ils prétendirent que le pape, et à sa suite le concile de Chalcédoine, avaient condamné saint Cyrille et admis les erreurs de [Xestorius. Saint Léon se plaint de la chose dans une lettre à Julien de Cos, où il prie ce dernier de faire lui-même une traduction fidèle et sûre de ce document important "-.
La contestation, ranimée par les faux bruits que semaient à dessein les partisans de Dioscore, ne tarda pas à donner Ueu aux désordres les plus graves et aux crimes les plus honteux. Nous lisons encore dans Evagre^ que l'historien Priscus, qui revenait alors de Thébaïde où il avait accompagné Maximin, assista en personne à une partie de ces événements, et qu'il a raconté dans son histoire les scènes féroces dont il fut témoin. Il vit la populace d'Alexandrie, armée contre les magistrats de la ville, poursuivre à