‹ St Léon le GrandChapitre 100 sur 123 · L. II, C.V · texte numérisé non relu

L. II, C.V

coups de pierre des soldats, inférieurs en nombre, qui avaient voulu résister à la sédition, et les obliger à chercher un refuge dans un ancien temple de Sérapis; il vit ensuite ces forcenés cerner l'édifice, y mettre le feu, et brûler vifs tous les malheureux qui y étaient enfermés. A la nouvelle de cet attentat, l'empereur envoya sur-le-champ et en toute hâte deux mille hommes de troupe nouvellement enrôlés, qui arrivèrent en six jours à Alexandrie. Mais ceux-ci ne valaient guère mieux que ceux qu'ils étaient chargés de réprimer : ils trouvèrent là l'occasion de se livrer à leur tour à tous les excès, maltraitèrent même les femmes et les filles, et exaspérèrent la population de telle sorte qu'elle se porta à des cruautés encore plus atroces que les premières. Après quoi les habitants s'assemblèrent dans l'Hippodrome, et prièrent Florus, général des troupes d'Egypte et gouverneur de la ville, de leur faire rendre le blé, les bains et les spectacles dont il parait qu'ils avaient été privés par ordre de l'empereur. Sur le conseil de Priscus, Florus leur promit ce qu'ils demandaient, et Protérius, de son côté, intercéda pour eux. On obtint ainsi, pour quelque temps, une apparence de soumission; mais l'effervescence du peuple était loin d'être calmée, et, parmi les évêques et le clergé, beaucoup restaient encore attachés au parti de Dioscore ^.

Il y avait en particulier un certain moine du nom de Timothée, surnommé Elure ou le chat'^y homme sans foi ni loi, d'une ambition impudente et

Page 1