Opusc. VI, cap. xxxvi et opusc. IV
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gent se permettraient de consacrer des églises, d’ordonner des clercs, de vendre des prélatures ou des abbayes. Un autre décret contre la simonie que mentionne Pierre Damien doit manifestement être rapporté au même synode : « Quiconque aura été ordonné par un évêque simoniaque, sachant qu’il l’était, fera une pénitence de quarante jours et continuera d’exercer les fonctions de son ordre 1 » . Notre saint assista à cette assemblée, puis il revint à Fonte-Avellana.
A diverses reprises durant son séjour en Italie, l’empereur pria le saint moine, dont il n’avait pas tardé à apprécier les vertus et les talents, de se rapprocher du pape afin de l’aider de ses conseils. Au monastère de San Apollinare de Ravenne, où il le revit en avril 1047, il le chargea d’aller rendre compte à Clément des affaires ecclésiastiques de la province. Mais Damien s’excusait toujours, ne voulant se meltre en route que sur un ordre exprès du pontife. Enfin il écrivit à Clément, qu’il taxait de mollesse, cette lettre qu’il faut bien avouer un peu rude pour le pauvre pape accablé sous le poids d’une charge peut-être trop lourde pour ses épaules, mais qu’il n’avait nullement convoitée :
« Au seigneur Clément, évêque du siège suprême, Pierre, moine pécheur, présente l’hommage de son humble respect.
« Que Votre Béatitude sache, excellent seigneur, que l’invincible empereur m’a ordonné et, si je l’ose dire, m’a fait l’honneur de me prier non pas une fois, mais souvent, d’aller vers vous pour vous in-
i. Opusc. VI, cap. xxxv.
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former de l’état des églises de notre pays et pour vous dire ce qu’il me semble nécessaire de faire. Comme je redoutais les difficultés de la route et que je me récusais, il m’a intimé l’ordre formel de partir. Après une absencede trois jours j’ai trouvé dans mon désert une missive impériale que je dois vous remettre en mains propres. Toutefois j’hésite encore. Veuillez donc examiner cette lettre et puis daignez me dire si je dois me rendre auprès de vous. Je suis incertain sur ce que je dois faire ; je ne veux pas perdre mon temps à courir de côté et d’autre, et cependant je souffre et je suis triste de voir les églises de nos contrées en une telle confusion par la faute des mauvais évêques et abbés. Et à quoi sert, cher seigneur, de dire que le siègeapostolique est revenu des ténèbres à la lumière si dans ce pays nous sommes encore dans les ténèbres ? Que sert d’avoir sous clef des vivres en abondance, si soimême on meurt de faim ? ou d’avoir au côté une épée bien aiguisée si on ne la fait vibrer sur les bataillons ennemis qui nous entourent ?... Travaillez donc à vaincre par la vertu céleste les cœurs qui résistent à Dieu et rassasiez nos estomacs qui ont faim de la parole divine. Quand nous voyons ce voleur (c’est-à-dire cet évêque) de Fano, qu’avaient excommunié ceux-mêmes qui portaient le nom de pape sans l’être ; celui d’Osimo, qui est chargé de tant de crimes inouïs, et d’autres encore aussi coupables, revenir d’auprès de vous avec tant d’arrogance et d( satisfaction, notre espérance est bien forcée de se ciiaugeren deuil. Nous comptions que vous rachèteriez Israël. Relevez donc, bienheureux seigneur, la justice foulée aux pieds. Déployez la vigueur de la discipline ecclésiastique afin que les su-
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perbes soientliumiliéselles liumbles encouragés1. »
Ce que Clément répondit à cette lettre, nous l’ignorons. Toutefois le voyage qu’il entreprit vers la fin de l’été dans la province d’Ancône nous autorise à penser que les exhortations de Damien avaient été écoutées. Il tenait sans doute à se rendre compte par lui-même de la situation des églises au sujet desquelles Damien lui avait écrit. Peut-être aussi avait-il le dessein de visiter dans sa solitude le prieur de Fonte-Avellana et de s’entretenir avec lui des graves questions du moment ?2
Mais il ne put réaliser ses projets, car tombé malade vers la fin de septembre au monastère de Saint-Thomas d’Aposella, dans le comté de Pesaro et le diocèse de Ravenne, il y mourut le 9 octobre, empoisonné, disent certains auteurs, par l’ancien pape Benoît IX. Une semaine avant de trépasser, il avait adressé les adieux les plus tendres, les plus affectueux à son épouse, l’Église de Bamberg, dont il avait toujours gardé le titre. Il eut le mérite d’être le premier pontife légitime qui s’attaqua h la corruption toujours plus envahissante. S’il le fit en usant de ménagements peu compris de Damien, c’est qu’il y était obligé par la nécessité de ne pas soulever contre lui seigneurs et évêques simon iaq ues.
A la nouvelle de sa mort, les Romains envoyèrent des ambassadeurs à l’empereur de retour en Allemagne afin qu’il désignât lui-même, en vertu de sa qualité de patrice, un successeur au pontife défunt. Poppon, évêque de Brixen, en Tyrol, choisi par Henri III, ne put être couronné sous le nom de
i . Epis! .. III, lib. 1.
□ . Slciudorff, Jahrbüchcr des deutchen Reiclts tinter Heinric/i III. Leipzig, 1874, II, 26.
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Damasell que le 17 juillet de l’année suivante, car, dans l’intervalle, Benoît IX, par un nouveau coup de force, était remonté pour la troisième fois sur le trône pontifical. Il devait l’occuper encore du 8 novembre 1047 au 17 juillet 1048. Touché enfin de repentir, il se réconcilia avec Dieu et mourut péuitent au monastère grec de Grotta-Ferrata, près de Tusculum. Damien, lui, ne croit pas h cette conversion et il met bel et bien Benoît en enfer.
Le pontificat effectif de Damase II ne fut que de vingt-trois jours. Il mourait, en effet, à Préneste le 9 août 1048. On ne manqua pas cette fois encore d’attribuer cette mort au poison.
De nouveau sollicité de nommer un pape, l’empereur était rendu perplexe par le refus de plusieurs prélats qu’avaient effrayés la mort précipitée des derniers pontifes et le mauvais vouloir des Italiens vis-à-vis des Allemands. Il finit par désigner au commencement de décembre et d’accoyd avec les évêques, assemblés en diète à Worms, le saint évêque de Toul, Brunon, qui était son parent etqui fut l’un des plus dignes successeurs de Pierre. Il n’accepta qu’après des hésitations réitérées et à la condition expresse que son élection serait spontanément ratifiée par le clergé et par le peuple de Rome. Après avoir récrié les affaires de son diocèse, Brunon partit en pèlerin pour la ville éternelle quelques jours après la Noël de 1048. Le 12 février io4p, premier dimanche de Carême, il était intronisé et prenait le nom de Léon IX